{"id":118604,"date":"2026-06-01T23:37:37","date_gmt":"2026-06-01T23:37:37","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/118604\/"},"modified":"2026-06-01T23:37:37","modified_gmt":"2026-06-01T23:37:37","slug":"souverainete-numerique-leurope-peut-elle-vraiment-sortir-des-griffes-damazon-microsoft-et-google","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/118604\/","title":{"rendered":"Souverainet\u00e9 num\u00e9rique : l&rsquo;Europe peut-elle vraiment sortir des griffes d&rsquo;Amazon, Microsoft et Google ?"},"content":{"rendered":"<p>La souverainet\u00e9 num\u00e9rique europ\u00e9enne est-elle en train de basculer ? Fin mai 2026, la Commission europ\u00e9enne a d\u00e9voil\u00e9 un plan d\u2019envergure pour reprendre le contr\u00f4le de ses infrastructures num\u00e9riques : construire davantage de data centers sur le sol europ\u00e9en, relancer la fabrication de semi-conducteurs, et limiter le recours aux g\u00e9ants du cloud am\u00e9ricain pour stocker les donn\u00e9es sensibles des \u00c9tats. Derri\u00e8re l\u2019ambition affich\u00e9e, la r\u00e9alit\u00e9 industrielle reste fragile. Le pari est immense : tripler la capacit\u00e9 europ\u00e9enne de data centers en cinq ans et reprendre la main sur les infrastructures critiques. Derri\u00e8re l\u2019ambition affich\u00e9e, la r\u00e9alit\u00e9 industrielle reste fragile.<\/p>\n<p>UP\u2019 a suivi ce dossier depuis ses premi\u00e8res heures, et le tableau est moins triomphal qu\u2019il n\u2019y para\u00eet. Gaia-X, projet lanc\u00e9 en 2020 pour doter l\u2019Europe d\u2019un cloud de r\u00e9f\u00e9rence commun, s\u2019est dilu\u00e9 dans les compromis. Bleu et S3NS, deux offres fran\u00e7aises de cloud con\u00e7ues pour h\u00e9berger les donn\u00e9es les plus sensibles de l\u2019\u00c9tat selon les crit\u00e8res de l\u2019ANSSI, peinent \u00e0 convaincre les grands comptes publics de migrer. \u00c0 chaque cycle d\u2019annonces, les m\u00eames obstacles resurgissent : d\u00e9pendance technologique aux briques am\u00e9ricaines, fragmentation entre \u00c9tats membres, et un lobbying transatlantique particuli\u00e8rement bien organis\u00e9 \u00e0 Bruxelles.<br \/>La souverainet\u00e9 num\u00e9rique ne sera pas un acte l\u00e9gislatif. Ce sera une bataille de dix ans \u2014 et 2026 n\u2019en marque peut-\u00eatre que le vrai d\u00e9part. Mais, <a href=\"https:\/\/www.lesechos.fr\/idees-debats\/cercle\/souverainete-numerique-europeenne-ne-nous-laissons-pas-intimider-martele-thierry-breton-ancien-commissaire-europeen-2199210\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\">\u00ab Ne nous laissons pas intimider \u00bb<\/a>, d\u00e9cr\u00e8te l\u2019ancien commissaire europ\u00e9en Thierry Breton.\u00a0<\/p>\n<p>Souverainet\u00e9 num\u00e9rique Europe 2026 : ce que pr\u00e9voit vraiment le Tech Sovereignty Package<\/p>\n<p>Le 27 mai dernier, la Commission europ\u00e9enne a pr\u00e9sent\u00e9 ce qu\u2019elle appelle son \u00ab\u00a0paquet souverainet\u00e9 technologique\u00a0\u00bb (Tech Sovereignty Package) \u2014 en clair, un ensemble de lois visant \u00e0 r\u00e9duire la d\u00e9pendance de l\u2019Europe aux grandes plateformes num\u00e9riques am\u00e9ricaines. Trois chantiers sont ouverts simultan\u00e9ment : encadrer le d\u00e9veloppement du cloud et de l\u2019intelligence artificielle sur le territoire europ\u00e9en (Cloud and AI Development Act, CADA), relancer la fabrication de puces \u00e9lectroniques (Chips Act 2.0), et interdire aux administrations publiques de confier leurs donn\u00e9es les plus sensibles \u00e0 Amazon, Microsoft ou Google \u2014 sauf \u00e0 passer par des filiales juridiquement ind\u00e9pendantes et plac\u00e9es sous contr\u00f4le europ\u00e9en. L\u2019objectif affich\u00e9 : tripler la capacit\u00e9 europ\u00e9enne en data centers d\u2019ici 2032 et harmoniser les r\u00e8gles d\u2019achat public du num\u00e9rique \u00e0 l\u2019\u00e9chelle de l\u2019Union.<\/p>\n<p>Ce plan a failli ne jamais voir le jour : il a \u00e9t\u00e9 report\u00e9 \u00e0 deux reprises, r\u00e9v\u00e9lant les r\u00e9sistances politiques que suscite ce virage. Concr\u00e8tement, minist\u00e8res, h\u00f4pitaux et tribunaux devront \u00e0 terme s\u2019assurer que certains traitements de donn\u00e9es restent sur des infrastructures europ\u00e9ennes \u2014 une contrainte majeure pour des administrations qui ont massivement adopt\u00e9 les outils des g\u00e9ants am\u00e9ricains ces dix derni\u00e8res ann\u00e9es.<\/p>\n<p>Pourquoi l\u2019Europe veut-elle restreindre l\u2019usage d\u2019AWS, Microsoft Azure et Google Cloud ?<\/p>\n<p>L\u2019Europe veut restreindre l\u2019usage des grands fournisseurs de cloud am\u00e9ricains (hyperscalers) pour les donn\u00e9es publiques sensibles pour trois raisons. La premi\u00e8re est juridique : la loi am\u00e9ricaine sur l\u2019acc\u00e8s aux donn\u00e9es h\u00e9berg\u00e9es \u00e0 l\u2019\u00e9tranger (Cloud Act) et la loi sur la surveillance du renseignement \u00e9tranger (Foreign Intelligence Surveillance Act, FISA Section 702) permettent aux autorit\u00e9s f\u00e9d\u00e9rales am\u00e9ricaines d\u2019acc\u00e9der \u00e0 des donn\u00e9es h\u00e9berg\u00e9es par des soci\u00e9t\u00e9s am\u00e9ricaines, o\u00f9 qu\u2019elles se trouvent. Aucune barri\u00e8re contractuelle ne prot\u00e8ge enti\u00e8rement contre ce risque, comme l\u2019a confirm\u00e9 l\u2019arr\u00eat Schrems II de la Cour de justice de l\u2019UE (CJUE) en 2020.<\/p>\n<p>La deuxi\u00e8me raison est \u00e9conomique. En 2026, trois acteurs am\u00e9ricains \u2014 Amazon Web Services (AWS, 32 % du march\u00e9 europ\u00e9en), Microsoft Azure (24 %) et Google Cloud (12 %) \u2014 captent pr\u00e8s des deux tiers du cloud europ\u00e9en, selon Synergy Research Group. Cette concentration prive l\u2019industrie europ\u00e9enne de la valeur ajout\u00e9e associ\u00e9e \u00e0 ces infrastructures, et limite la capacit\u00e9 europ\u00e9enne \u00e0 orienter le d\u00e9veloppement de services d\u2019intelligence artificielle (IA) souverains.<\/p>\n<p>La troisi\u00e8me raison est g\u00e9opolitique. Avec la nouvelle administration am\u00e9ricaine arriv\u00e9e en janvier 2025 et la rh\u00e9torique d\u2019une \u00ab<a href=\"https:\/\/www.cnbc.com\/2026\/05\/07\/eu-commission-cloud-sensitive-data.html\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\"> tech am\u00e9ricaine pour l\u2019Am\u00e9rique<\/a> \u00bb, Bruxelles consid\u00e8re que l\u2019asym\u00e9trie d\u2019approvisionnement est devenue un risque strat\u00e9gique. AWS pourra continuer \u00e0 h\u00e9berger des sites institutionnels, mais ne pourra plus traiter les dossiers m\u00e9dicaux des patients europ\u00e9ens ni les donn\u00e9es fiscales des contribuables.<\/p>\n<p>Cloud souverain europ\u00e9en : o\u00f9 en est-on vraiment ?<\/p>\n<p>L\u2019offre europ\u00e9enne de cloud souverain s\u2019est consolid\u00e9e en 2025 et 2026, mais reste fragment\u00e9e. OVHcloud, Scaleway, Aruba (Italie), Ionos (Allemagne), StackIT (Allemagne, filiale de la Schwarz Gruppe) constituent les acteurs principaux. \u00c0 cela s\u2019ajoutent des consortiums hybrides : Bleu (joint-venture Capgemini-Orange-Microsoft), S3NS (Thales-Google), Proximus avec Mistral AI. Cette diversit\u00e9 t\u00e9moigne de la difficult\u00e9 \u00e0 choisir entre une autonomie totale, plus co\u00fbteuse, et une coop\u00e9ration encadr\u00e9e avec les acteurs am\u00e9ricains, plus rapide.<\/p>\n<p>Le 17 avril 2026, la Commission europ\u00e9enne a d\u00e9j\u00e0 <a href=\"https:\/\/france.representation.ec.europa.eu\/informations\/souverainete-numerique-la-commission-octroie-180-millions-deuros-quatre-fournisseurs-europeens-2026-04-17_fr\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\">attribu\u00e9 un march\u00e9 de 180 millions d\u2019euros<\/a> sur six ans \u00e0 quatre fournisseurs europ\u00e9ens \u2014 Post Telecom (avec CleverCloud et OVHcloud), StackIT, Scaleway, et Proximus \u2014 pour les besoins cloud des institutions, organes et agences de l\u2019UE. Ce contrat est embl\u00e9matique : il montre que Bruxelles peut, par la commande publique, structurer une demande europ\u00e9enne capable de financer le d\u00e9veloppement industriel.<\/p>\n<p>Les obstacles techniques : o\u00f9 l\u2019\u00e9cart se creuse-t-il ?<\/p>\n<p>L\u2019\u00e9cart de capacit\u00e9 entre l\u2019Europe et les \u00c9tats-Unis reste substantiel. Les grands fournisseurs am\u00e9ricains disposent ensemble d\u2019environ 1 000 data centers en Europe, contre 250 \u00e0 300 pour les acteurs europ\u00e9ens. La capacit\u00e9 de calcul d\u00e9di\u00e9e \u00e0 l\u2019IA est encore plus d\u00e9s\u00e9quilibr\u00e9e : sur les 50 plus grands clusters de processeurs graphiques (GPU) H100 et B100 actifs en Europe en mars 2026, 41 sont la propri\u00e9t\u00e9 d\u2019entreprises am\u00e9ricaines, selon le barom\u00e8tre EU Compute. Le Cloud and AI Development Act (CADA) pr\u00e9voit de <a href=\"https:\/\/www.europarl.europa.eu\/legislative-train\/theme-a-new-plan-for-europe-s-sustainable-prosperity-and-competitiveness\/file-cloud-and-ai-development-act\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\">financer la cr\u00e9ation de nouveaux clusters europ\u00e9ens,<\/a> mais la cha\u00eene d\u2019approvisionnement en semi-conducteurs avanc\u00e9s reste tributaire de TSMC (Ta\u00efwan) et de Nvidia (\u00c9tats-Unis).<br \/>Le Chips Act 2.0, qui doit accompagner le CADA, vise \u00e0 corriger cette d\u00e9pendance, mais les premi\u00e8res lignes de production europ\u00e9ennes de semi-conducteurs \u00e0 2 nanom\u00e8tres ne sont pas attendues avant 2029, selon les calendriers actuels d\u2019Intel \u00e0 Magdebourg et d\u2019STMicroelectronics-GlobalFoundries (STMicro-GF) en France.<\/p>\n<p>Comment l\u2019Europe peut-elle d\u00e9velopper un cloud souverain face aux g\u00e9ants am\u00e9ricains ?<\/p>\n<p>L\u2019Europe peut d\u00e9velopper un cloud souverain face aux g\u00e9ants am\u00e9ricains en combinant trois leviers : la commande publique massive et coordonn\u00e9e, l\u2019investissement dans des infrastructures critiques (data centers, semi-conducteurs, fibres), et un cadre juridique qui rend l\u2019usage des fournisseurs am\u00e9ricains contraignant pour les donn\u00e9es les plus sensibles. Le Tech Sovereignty Package activerait simultan\u00e9ment ces trois leviers \u2014 une premi\u00e8re dans l\u2019histoire de la politique num\u00e9rique europ\u00e9enne.<\/p>\n<p>Les positions des \u00c9tats membres divergent toutefois. La France et l\u2019Allemagne plaident pour des mandats fermes via la commande publique. Les Pays-Bas et l\u2019Irlande, qui h\u00e9bergent d\u2019importants centres op\u00e9rationnels des fournisseurs am\u00e9ricains, demandent une approche plus souple. Microsoft a d\u00e9j\u00e0 alert\u00e9 sur les risques de discrimination contre les acteurs non-UE au regard des r\u00e8gles de l\u2019Organisation mondiale du commerce (OMC).<\/p>\n<p>L\u2019enjeu citoyen : la confiance comme bien public<\/p>\n<p>Pour les citoyens, l\u2019enjeu d\u00e9passe la technique. Ce qui est en jeu, c\u2019est la possibilit\u00e9 que des donn\u00e9es de sant\u00e9, des dossiers fiscaux, des d\u00e9cisions judiciaires puissent \u00eatre trait\u00e9s sans risque d\u2019acc\u00e8s par des juridictions \u00e9trang\u00e8res. Dans une <a href=\"https:\/\/projetarcadie.com\/eurobarometre-2026\/\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\">\u00e9tude Eurobarom\u00e8tre de mars 2026<\/a>, 71 % des Europ\u00e9ens estiment que la souverainet\u00e9 num\u00e9rique doit \u00eatre une priorit\u00e9 strat\u00e9gique de l\u2019UE \u2014 un niveau de consensus rarement atteint sur les sujets technologiques.<\/p>\n<p>Ce chiffre traduit une prise de conscience progressive. Pendant des ann\u00e9es, la question du cloud souverain est rest\u00e9e l\u2019apanage des experts et des d\u00e9cideurs publics. Mais les scandales successifs \u2014 r\u00e9v\u00e9lations sur l\u2019acc\u00e8s des agences am\u00e9ricaines aux donn\u00e9es d\u2019utilisateurs europ\u00e9ens, fuites de dossiers m\u00e9dicaux, interrogations sur la confidentialit\u00e9 des outils d\u2019IA utilis\u00e9s dans les administrations \u2014 ont fait descendre le d\u00e9bat dans l\u2019opinion. Le citoyen ordinaire commence \u00e0 comprendre que lorsque son h\u00f4pital stocke son dossier m\u00e9dical sur un serveur Microsoft ou Amazon, ce dossier est potentiellement accessible \u00e0 des autorit\u00e9s \u00e9trang\u00e8res, sans qu\u2019aucun juge europ\u00e9en n\u2019ait son mot \u00e0 dire.<\/p>\n<p>Les implications sont concr\u00e8tes. Un contribuable fran\u00e7ais dont les donn\u00e9es fiscales transitent par un cloud am\u00e9ricain, un patient dont le diagnostic oncologique est analys\u00e9 par une IA h\u00e9berg\u00e9e hors d\u2019Europe, un justiciable dont le dossier judiciaire est archiv\u00e9 sur des serveurs soumis au Cloud Act am\u00e9ricain : autant de situations aujourd\u2019hui courantes, et que le Tech Sovereignty Package entend progressivement faire dispara\u00eetre.<br \/>La souverainet\u00e9 num\u00e9rique, en ce sens, n\u2019est pas qu\u2019une affaire de puissance industrielle ou de comp\u00e9tition g\u00e9opolitique. C\u2019est aussi une question de confiance \u2014 entre les citoyens et leurs institutions, entre les \u00c9tats et les infrastructures sur lesquelles reposent leurs services publics. C\u2019est peut-\u00eatre l\u00e0 son enjeu le plus profond, et le plus difficile \u00e0 quantifier.<\/p>\n<p>27 mai 2026 : le jour o\u00f9 l\u2019Europe a choisi son camp num\u00e9rique<\/p>\n<p>Ce 27 mai, la Commission europ\u00e9enne a franchi le pas. En pr\u00e9sentant officiellement le Tech Sovereignty Package, elle a transform\u00e9 des ann\u00e9es de d\u00e9bats en textes concrets : un cadre l\u00e9gislatif pour le cloud et l\u2019IA (CADA), un plan de relance pour la fabrication de puces (Chips Act 2.0), et des restrictions effectives sur l\u2019usage des fournisseurs am\u00e9ricains pour les donn\u00e9es publiques sensibles. Pour la premi\u00e8re fois, l\u2019Union europ\u00e9enne dispose d\u2019une doctrine coh\u00e9rente \u2014 et non plus d\u2019une s\u00e9rie de bonnes intentions.<\/p>\n<p>Concr\u00e8tement, si les textes sont adopt\u00e9s tels quels, les changements seront significatifs. Les administrations europ\u00e9ennes \u2014 minist\u00e8res, h\u00f4pitaux, tribunaux \u2014 devront migrer leurs donn\u00e9es les plus sensibles vers des fournisseurs certifi\u00e9s europ\u00e9ens d\u2019ici 2029. Les march\u00e9s publics du num\u00e9rique seront soumis \u00e0 des crit\u00e8res de souverainet\u00e9, favorisant des acteurs comme OVHcloud, Scaleway ou StackIT. Et les<a href=\"https:\/\/france.representation.ec.europa.eu\/informations\/souverainete-numerique-la-commission-octroie-180-millions-deuros-quatre-fournisseurs-europeens-2026-04-17_fr\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\"> 180 millions d\u2019euros d\u00e9j\u00e0 engag\u00e9s en avril 2026<\/a> pour les institutions de l\u2019UE pr\u00e9figurent un effet d\u2019entra\u00eenement sur les \u00c9tats membres.<\/p>\n<p>Reste la question qui f\u00e2che : une bagarre avec Washington est-elle in\u00e9vitable ? Tr\u00e8s probablement, oui. L\u2019administration am\u00e9ricaine a d\u00e9j\u00e0 fait savoir, par la voix de ses ambassadeurs et de ses lobbys tech, qu\u2019elle consid\u00e8re ces mesures comme une forme de protectionnisme d\u00e9guis\u00e9. Microsoft, Amazon et Google disposent de relais puissants \u00e0 Bruxelles et dans plusieurs capitales europ\u00e9ennes \u2014 Irlande et Pays-Bas en t\u00eate. Des plaintes aupr\u00e8s de l\u2019OMC ne sont pas \u00e0 exclure. Mais l\u2019Europe joue ici une carte g\u00e9opolitique autant qu\u2019\u00e9conomique : dans un contexte de tensions transatlantiques croissantes depuis 2025, Bruxelles assume d\u00e9sormais que la d\u00e9pendance num\u00e9rique est aussi une vuln\u00e9rabilit\u00e9 strat\u00e9gique. Le bras de fer ne fait que commencer.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"La souverainet\u00e9 num\u00e9rique europ\u00e9enne est-elle en train de basculer ? 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