{"id":121366,"date":"2026-06-04T16:05:20","date_gmt":"2026-06-04T16:05:20","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/121366\/"},"modified":"2026-06-04T16:05:20","modified_gmt":"2026-06-04T16:05:20","slug":"berd-le-maroc-parmi-les-economies-les-plus-resilientes-de-la-region-mediterraneenne","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/121366\/","title":{"rendered":"BERD : le Maroc parmi les \u00e9conomies les plus r\u00e9silientes de la r\u00e9gion m\u00e9diterran\u00e9enne"},"content":{"rendered":"<p>La BERD maintient ses pr\u00e9visions de croissance pour le Maroc \u00e0 4,4% en 2026 et 4% en 2027, confirmant la r\u00e9silience de l\u2019\u00e9conomie nationale dans une r\u00e9gion m\u00e9diterran\u00e9enne fragilis\u00e9e par les tensions g\u00e9opolitiques, la hausse des prix de l\u2019\u00e9nergie et l\u2019incertitude commerciale mondiale.<\/p>\n<p>Dans une conjoncture mondiale redevenue plus incertaine, le Maroc fait partie des rares \u00e9conomies de la r\u00e9gion sud et est de la M\u00e9diterran\u00e9e dont les pr\u00e9visions de croissance r\u00e9sistent aux r\u00e9visions \u00e0 la baisse. Dans son rapport \u00abRegional Economic Prospects\u00bb de juin 2026, la Banque europ\u00e9enne pour la reconstruction et le d\u00e9veloppement (BERD) maintient ses anticipations pour le Royaume, avec une croissance attendue \u00e0 4,4% en 2026 puis \u00e0 4,0% en 2027. Une trajectoire qui tranche avec le ralentissement pr\u00e9vu pour l\u2019ensemble de la r\u00e9gion, p\u00e9nalis\u00e9e par les tensions au Moyen-Orient, la hausse des prix de l\u2019\u00e9nergie, les perturbations commerciales et le durcissement des conditions financi\u00e8res.<\/p>\n<p>La lecture de la BERD est prudente, mais elle confirme un point essentiel. Le Maroc aborde ce nouveau cycle de turbulences avec une dynamique plus solide que plusieurs \u00e9conomies comparables. Apr\u00e8s une progression de 3,8% en 2024, la croissance marocaine a acc\u00e9l\u00e9r\u00e9 \u00e0 4,6% en 2025. Pour le premier trimestre 2026, l\u2019institution retient m\u00eame une estimation de 5,0%, avant une normalisation graduelle du rythme d\u2019activit\u00e9 sur l\u2019ensemble de l\u2019ann\u00e9e. Dans un rapport largement marqu\u00e9 par les r\u00e9visions n\u00e9gatives, cette stabilit\u00e9 des pr\u00e9visions marocaines constitue en soi un signal.<\/p>\n<p>Une croissance au-dessus de la moyenne r\u00e9gionale<br \/>Le contraste est particuli\u00e8rement net avec l\u2019environnement r\u00e9gional. La BERD estime que la croissance de la r\u00e9gion sud et est de la M\u00e9diterran\u00e9e devrait ralentir \u00e0 2,5% en 2026, avant de rebondir \u00e0 4,2% en 2027. Le Maroc se situe donc nettement au-dessus de cette moyenne en 2026, avec une pr\u00e9vision de 4,4%. Il appara\u00eet, aux c\u00f4t\u00e9s de l\u2019\u00c9gypte, comme l\u2019un des moteurs de la performance r\u00e9gionale observ\u00e9e en 2025. Cette trajectoire s\u2019inscrit dans un contexte international nettement moins porteur.<\/p>\n<p>\u00c0 l\u2019\u00e9chelle de l\u2019ensemble des \u00e9conomies couvertes par la BERD, la croissance devrait revenir de 3,4% en 2025 \u00e0 3,1% en 2026, avant de se redresser \u00e0 3,6% en 2027. L\u2019institution souligne que la guerre au Moyen-Orient, d\u00e9clench\u00e9e fin f\u00e9vrier 2026, a entra\u00een\u00e9 une hausse des prix du p\u00e9trole et du gaz, perturb\u00e9 les cha\u00eenes d\u2019approvisionnement et affaibli l\u2019\u00e9lan \u00e9conomique du premier trimestre dans plusieurs grandes \u00e9conomies de son p\u00e9rim\u00e8tre.<\/p>\n<p>Dans ce paysage, le Maroc b\u00e9n\u00e9ficie d\u2019un positionnement relativement r\u00e9silient. La BERD rel\u00e8ve que l\u2019activit\u00e9 a nettement acc\u00e9l\u00e9r\u00e9 en 2025 et que les pr\u00e9visions n\u2019ont pas \u00e9t\u00e9 revues \u00e0 la baisse depuis f\u00e9vrier. Cela distingue le Royaume d\u2019autres \u00e9conomies plus directement expos\u00e9es aux effets du conflit r\u00e9gional, \u00e0 la volatilit\u00e9 \u00e9nerg\u00e9tique ou aux tensions sur le commerce mondial.<\/p>\n<p>L\u2019inflation comme point d\u2019appui<br \/>Autre \u00e9l\u00e9ment favorable, l\u2019inflation marocaine reste contenue. Selon la BERD, elle est pass\u00e9e d\u2019un niveau moyen de 0,7% en 2025 \u00e0 une d\u00e9flation de 0,1% au premier trimestre 2026, sous l\u2019effet de la baisse des prix alimentaires. Cette \u00e9volution contraste avec la tendance observ\u00e9e dans une grande partie de la r\u00e9gion, o\u00f9 l\u2019inflation est repartie \u00e0 la hausse au d\u00e9but de 2026, port\u00e9e par les prix de l\u2019\u00e9nergie et des produits alimentaires. Ce contexte a permis \u00e0 Bank Al-Maghrib d\u2019adopter une position d\u2019attente. La banque centrale a maintenu son taux directeur \u00e0 2,25% en mars 2026, apr\u00e8s une baisse cumul\u00e9e de 75 points de base au cours des dix-huit mois pr\u00e9c\u00e9dents.<\/p>\n<p>Des \u00e9quilibres ext\u00e9rieurs sous surveillance<br \/>Le rapport met aussi en \u00e9vidence une tension sur les comptes ext\u00e9rieurs. Le d\u00e9ficit du compte courant a doubl\u00e9 en 2025 pour atteindre 2,4% du PIB, sous l\u2019effet d\u2019un d\u00e9ficit commercial plus large. Cette \u00e9volution rappelle que la solidit\u00e9 de la croissance marocaine reste expos\u00e9e au co\u00fbt des importations, notamment dans un environnement marqu\u00e9 par la volatilit\u00e9 de l\u2019\u00e9nergie et des mati\u00e8res premi\u00e8res. Cette d\u00e9t\u00e9rioration a cependant \u00e9t\u00e9 partiellement amortie par deux facteurs majeurs. Le premier est le tourisme, avec un record de 19,8 millions d\u2019arriv\u00e9es en 2025. Le second est la vigueur des transferts des Marocains r\u00e9sidant \u00e0 l\u2019\u00e9tranger. La BERD souligne d\u2019ailleurs que les recettes touristiques ont soutenu les comptes ext\u00e9rieurs de plusieurs \u00e9conomies de la r\u00e9gion, notamment le Maroc et l\u2019\u00c9gypte. Les r\u00e9serves officielles constituent un autre amortisseur. Elles se sont \u00e9tablies \u00e0 49 milliards de dollars en mars 2026, soit pr\u00e8s de six mois d\u2019importations. Dans un contexte o\u00f9 les tensions g\u00e9opolitiques peuvent peser sur les flux commerciaux, les co\u00fbts de transport et les conditions de financement, ce niveau de r\u00e9serves contribue \u00e0 renforcer la capacit\u00e9 de r\u00e9sistance du pays.<\/p>\n<p>Un arbitrage budg\u00e9taire d\u00e9licat<br \/>Sur le plan budg\u00e9taire, le gouvernement vise un d\u00e9ficit de 3,5% du PIB en 2026. La BERD pr\u00e9cise que cette trajectoire int\u00e8gre une hausse des d\u00e9penses d\u2019investissement et des d\u00e9penses sociales. Le Maroc se trouve ainsi dans un arbitrage classique, mais devenu plus exigeant. Il doit poursuivre l\u2019effort d\u2019investissement public, accompagner les besoins sociaux et maintenir une trajectoire budg\u00e9taire soutenable. L\u2019institution souligne, pour l\u2019ensemble de son p\u00e9rim\u00e8tre, que les pressions budg\u00e9taires augmentent avec le choc \u00e9nerg\u00e9tique et la remont\u00e9e des rendements obligataires. Les \u00e9conomies de la r\u00e9gion sud et est de la M\u00e9diterran\u00e9e figurent parmi les plus expos\u00e9es \u00e0 ces tensions, en raison de niveaux d\u2019endettement et de charges d\u2019int\u00e9r\u00eat parfois \u00e9lev\u00e9s.<\/p>\n<p>Dans le cas marocain, le rapport ne signale pas de rupture, mais il replace la politique budg\u00e9taire dans un environnement international moins favorable. La BERD identifie deux risques principaux pour le Maroc. Le premier concerne une hausse des prix des mati\u00e8res premi\u00e8res. Le second tient \u00e0 l\u2019incertitude entourant la politique commerciale mondiale. Ces deux facteurs sont ext\u00e9rieurs \u00e0 l\u2019\u00e9conomie marocaine, mais peuvent affecter ses \u00e9quilibres par plusieurs canaux, \u00e0 commencer par la facture d\u2019importation, les co\u00fbts de production, les \u00e9changes industriels et la demande adress\u00e9e par les partenaires commerciaux.<\/p>\n<p>Le rapport insiste plus largement sur le durcissement du contexte mondial. Les tensions commerciales, la hausse des droits de douane am\u00e9ricains en 2025, la r\u00e9orientation des flux commerciaux et les perturbations li\u00e9es au conflit au Moyen-Orient composent un environnement o\u00f9 les pr\u00e9visions restent entour\u00e9es d\u2019un haut degr\u00e9 d\u2019incertitude. Pour le Maroc, l\u2019enjeu sera donc de transformer la r\u00e9silience actuelle en consolidation durable.<\/p>\n<p>La croissance pr\u00e9vue \u00e0 4,4% en 2026 ne rel\u00e8ve pas d\u2019un simple rebond statistique. Elle intervient dans un environnement r\u00e9gional affaibli et dans un cycle mondial marqu\u00e9 par des chocs successifs. Mais elle suppose que les moteurs internes restent solides et que les amortisseurs externes, notamment les recettes touristiques, les transferts des MRE et les r\u00e9serves, continuent de jouer leur r\u00f4le.<\/p>\n<p>Sanae Raqui \/ Les Inspirations \u00c9CO<\/p>\n<p>A regarder aussi<\/p>\n<p>                  <img class=\"ytsponso-v46-side-showlogo\" src=\"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/logo_colored_transparent_4k_from_vector_source-scaled.png\" alt=\"L'Entretien des \u00c9CO\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\"\/><br \/>\n                                      <img class=\"ytsponso-v46-side-showlogo-dark\" src=\"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/logo_entretien_eco_sombre_transparent_4k-scaled.png\" alt=\"\" aria-hidden=\"true\" loading=\"eager\" decoding=\"async\"\/><\/p>\n<p><\/p>\n<p>&#13;<\/p>\n<p><\/p>\n<p><a dir=\"LTR\" class=\"alert-main\" href=\"https:\/\/leseco.ma\/maroc\/mouton-pourquoi-le-prix-nest-pas-pres-de-baisser.html\" target=\"_blank\" rel=\"nofollow noopener\">&#13;<br \/>\n    &#13;<br \/>\n        &#13;<br \/>\n        &#13;<br \/>\n        &#13;<br \/>\n<\/a><\/p>\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"La BERD maintient ses pr\u00e9visions de croissance pour le Maroc \u00e0 4,4% en 2026 et 4% en 2027,&hellip;\n","protected":false},"author":2,"featured_media":121367,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":"","_share_on_mastodon":"0"},"categories":[83],"tags":[404,445,86,41205],"class_list":["post-121366","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","category-maroc","tag-berd","tag-croissance","tag-maroc","tag-perspectives-2026"],"share_on_mastodon":{"url":"https:\/\/pubeurope.com\/@afrique\/116692695445101899","error":""},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/121366","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=121366"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/121366\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/media\/121367"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=121366"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=121366"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=121366"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}