{"id":122170,"date":"2026-06-05T13:21:21","date_gmt":"2026-06-05T13:21:21","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/122170\/"},"modified":"2026-06-05T13:21:21","modified_gmt":"2026-06-05T13:21:21","slug":"ormuz-gnl-cuivre-le-triple-defi-qui-redessine-la-place-du-maroc-sur-lechiquier-energetique-mondial","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/122170\/","title":{"rendered":"Ormuz, GNL, cuivre : le triple d\u00e9fi qui redessine la place du Maroc sur l\u2019\u00e9chiquier \u00e9nerg\u00e9tique mondial"},"content":{"rendered":"<p>Perturbation des routes maritimes, flamb\u00e9e des primes de risque, ru\u00e9e sur les m\u00e9taux de l\u2019\u00e9lectrification : le rapport 2026 de l\u2019Agence internationale de l\u2019\u00e9nergie (AIE) saisit le Maroc \u00e0 un double tournant historique. Entre financements devenus prohibitifs pour les \u00e9conomies \u00e9mergentes et obstacles \u00e0 la transformation industrielle locale, la fen\u00eatre d\u2019opportunit\u00e9 reste \u00e9troite. D\u00e9tails.<\/p>\n<p>La 11e \u00e9dition du rapport World Energy Investment de l\u2019Agence internationale de l\u2019\u00e9nergie (AIE), publi\u00e9e le 28 mai, agit comme un r\u00e9v\u00e9lateur des fractures et des recompositions qui traversent l\u2019\u00e9conomie \u00e9nerg\u00e9tique mondiale. Alors que le conflit au Moyen-Orient \u00e9branle les certitudes les mieux ancr\u00e9es, le document offre une photographie des flux de capitaux qui dessineront le paysage de demain. Dans ce maelstr\u00f6m, le Maroc n\u2019appara\u00eet pas comme un figurant.<\/p>\n<p>Le Royaume est saisi dans les radars de l\u2019AIE \u00e0 un double tournant, illustrant \u00e0 la fois les vuln\u00e9rabilit\u00e9s aigu\u00ebs des importateurs de combustibles et les opportunit\u00e9s tangibles pour qui sait se positionner sur les cha\u00eenes de valeur des ressources critiques. Notre analyse d\u00e9bute par le signal le plus imm\u00e9diat de la prudence marocaine. Le rapport de l\u2019AIE est sans ambigu\u00eft\u00e9 : \u00able Maroc a report\u00e9 l\u2019approvisionnement de ses infrastructures d\u2019importation de GNL pr\u00e9vues, d\u2019un co\u00fbt d\u2019un milliard de dollars, dans le cadre d\u2019une r\u00e9\u00e9valuation de ses besoins gaziers \u00e0 long terme\u00bb. On ne peut ignorer le contexte tectonique dans lequel s\u2019inscrit cette d\u00e9cision. Le march\u00e9 mondial du gaz est pris en tenaille.<\/p>\n<p>D\u2019un c\u00f4t\u00e9, 2025 a \u00e9t\u00e9 une ann\u00e9e record pour les d\u00e9cisions finales d\u2019investissement dans de nouvelles capacit\u00e9s de liqu\u00e9faction, avec plus de 100 milliards de m\u00e8tres cubes (bcm) approuv\u00e9s, \u00abdont pr\u00e8s de 90% aux \u00c9tats-Unis\u00bb, pr\u00e9cise le rapport. De l\u2019autre, la crise du Moyen-Orient a \u00abretard\u00e9 les effets de r\u00e9\u00e9quilibrage du march\u00e9\u00bb et \u00abrenouvel\u00e9 les inqui\u00e9tudes quant \u00e0 la fiabilit\u00e9 et au co\u00fbt du gaz chez les importateurs sensibles aux prix\u00bb. La perturbation de la confiance dans le transit par le d\u00e9troit d\u2019Ormuz est au c\u0153ur de cette r\u00e9\u00e9valuation.<\/p>\n<p>Le constat de l\u2019AIE est le suivant : \u00abLa confiance dans la fiabilit\u00e9 du transit par le d\u00e9troit d\u2019Ormuz a \u00e9t\u00e9 profond\u00e9ment \u00e9branl\u00e9e, et pourrait rester fragile m\u00eame une fois qu\u2019une r\u00e9solution au conflit imm\u00e9diat sera trouv\u00e9e\u00bb. Pour un pays comme le Maroc, qui ne dispose d\u2019aucune production domestique significative et doit articuler sa strat\u00e9gie d\u2019importation autour d\u2019une volatilit\u00e9 devenue structurelle, la suspension est un aveu de lucidit\u00e9 strat\u00e9gique. \u00c0 quoi bon s\u2019engager dans des infrastructures on\u00e9reuses de regaz\u00e9ification si les volumes qataris, cens\u00e9s irriguer le march\u00e9, sont retard\u00e9s ? L\u2019AIE confirme que les deux premiers trains de l\u2019expansion de North Field East au Qatar, dont 11 bcm\/an \u00e9taient attendus pour le troisi\u00e8me trimestre 2026, \u00abseront probablement retard\u00e9s de plus d\u2019un an\u00bb. Ce report marocain contraste avec la fr\u00e9n\u00e9sie d\u2019investissements observ\u00e9e ailleurs.<\/p>\n<p>Le rapport note qu\u2019\u00abun record de 140 bcm de nouvelles capacit\u00e9s de regaz\u00e9ification ont \u00e9t\u00e9 mises en service en 2025, avec des d\u00e9penses d\u2019investissement totalisant plus de 20 milliards de dollars\u00bb. Mais ces chiffres agr\u00e9g\u00e9s masquent une r\u00e9alit\u00e9 g\u00e9ographique : l\u2019Europe a absorb\u00e9 la moiti\u00e9 de ces investissements en r\u00e9action \u00e0 l\u2019invasion russe de l\u2019Ukraine. Le Maroc, lui, observe et temporise. Disons que c\u2019est la cons\u00e9quence directe d\u2019un monde o\u00f9 la mani\u00e8re dont l\u2019approvisionnement mondial en p\u00e9trole et en gaz, et une grande partie de l\u2019\u00e9conomie mondiale, peut \u00eatre perturb\u00e9 en bloquant une voie navigable de 50 km de large, ne sera pas vite oubli\u00e9e.<\/p>\n<p>Le Maroc se donne le temps de voir si la vague de projets am\u00e9ricains, qui peinent face \u00e0 l\u2019inflation des co\u00fbts, offrira une alternative plus s\u00fbre et plus abordable que le corridor moyen-oriental. Soulignons qu\u2019environ 30% des projets en construction ont connu des d\u00e9passements de co\u00fbts, ajoutant environ 15 milliards de dollars aux d\u00e9penses totales.<\/p>\n<p>La d\u00e9pendance p\u00e9troli\u00e8re et l\u2019ombre port\u00e9e des raffineries endommag\u00e9es<br \/>Au volet gazier s\u2019ajoute une vuln\u00e9rabilit\u00e9 p\u00e9troli\u00e8re que les donn\u00e9es de l\u2019AIE quantifient de mani\u00e8re implacable. La section r\u00e9gionale Afrique r\u00e9v\u00e8le que \u00abla part des importations en provenance du Moyen-Orient pour l\u2019Afrique est de 37% pour le p\u00e9trole\u00bb. Cela signifie que plus d\u2019un tiers du brut et des produits raffin\u00e9s consomm\u00e9s sur le continent transitent par une zone de guerre. Le conflit n\u2019a pas seulement perturb\u00e9 les routes maritimes ; il a physiquement d\u00e9truit l\u2019outil de raffinage.<\/p>\n<p>L\u2019AIE recense plus de 30 installations \u00e9nerg\u00e9tiques endommag\u00e9es, dont des raffineries et des usines p\u00e9trochimiques. Le cas de la raffinerie Bapco \u00e0 Bahre\u00efn est embl\u00e9matique : \u00abBapco a d\u00e9clar\u00e9 un cas de force majeure et a \u00e9t\u00e9 contrainte de donner la priorit\u00e9 \u00e0 l\u2019approvisionnement domestique lorsque sa capacit\u00e9 de pr\u00e8s de 400.000 barils par jour a \u00e9t\u00e9 endommag\u00e9e par des frappes de drones\u00bb. Des perturbations en amont qui ont des r\u00e9percussions directes sur les importateurs. L\u2019AIE note que le conflit \u00abpourrait inciter les gouvernements \u00e0 se m\u00e9fier davantage d\u2019une forte d\u00e9pendance aux importations de produits p\u00e9troliers\u00bb et \u00abentra\u00eener une augmentation des d\u00e9penses pour constituer des stocks commerciaux et strat\u00e9giques\u00bb.<\/p>\n<p>Le Maroc, en sa qualit\u00e9 d\u2019importateur net, subit de plein fouet cette logique de prix et de raret\u00e9, alors m\u00eame que les investissements mondiaux dans le raffinage sont en chute libre, \u00aben baisse de 15% \u00e0 un peu plus de 40 milliards de dollars\u00bb en 2026. L\u2019\u00e9quation est complexe : des sources d\u2019approvisionnement d\u00e9grad\u00e9es, des primes de risque qui explosent, et un march\u00e9 des produits finis qui se contracte. La suspension du projet GNL s\u2019inscrit ainsi dans un questionnement plus large sur l\u2019allocation optimale des ressources financi\u00e8res face \u00e0 une facture \u00e9nerg\u00e9tique qui promet d\u2019\u00eatre sal\u00e9e.<\/p>\n<p>L\u2019\u00e9mergence du Maroc comme p\u00f4le des min\u00e9raux critiques<br \/>Le deuxi\u00e8me projecteur braqu\u00e9 par l\u2019AIE sur le Maroc est d\u2019une tout autre nature, et t\u00e9moigne d\u2019une transformation structurelle prometteuse. Dans la section consacr\u00e9e aux min\u00e9raux critiques, l\u2019agence \u00e9tablit un lien direct entre la transition \u00e9nerg\u00e9tique mondiale et le sous-sol africain. \u00abLa part de l\u2019Afrique dans les investissements miniers mondiaux est pass\u00e9e de 14% \u00e0 19% au cours de la derni\u00e8re d\u00e9cennie\u00bb, note le rapport.<\/p>\n<p>Et au sein de cette dynamique, trois pays sont explicitement d\u00e9sign\u00e9s comme les principaux b\u00e9n\u00e9ficiaires de la croissance des investissements dans le cuivre : \u00abla R\u00e9publique D\u00e9mocratique du Congo, le Maroc et la Zambie\u00bb. L\u2019on ne peut que souligner la port\u00e9e de cette mention. Le cuivre est le m\u00e9tal de l\u2019\u00e9lectrification, et le rapport insiste sur son r\u00f4le central : alors que les investissements dans les m\u00e9taux de batterie se sont effondr\u00e9s, l\u2019investissement dans le cuivre a augment\u00e9 de 8%, soulignant son r\u00f4le central dans l\u2019\u00e9lectrification. La trajectoire est d\u2019autant plus remarquable que le rapport note que \u00ables d\u00e9penses mini\u00e8res greenfield ont doubl\u00e9, passant d\u2019environ 3,5 milliards de dollars en 2016 \u00e0 un peu plus de 7 milliards de dollars en 2024\u00bb, et que \u00abplus de 90% de cette croissance s\u2019est concentr\u00e9e sur le cuivre\u00bb.<\/p>\n<p>Le Maroc se trouve ainsi propuls\u00e9 dans le trio de t\u00eate continental de cette recomposition des flux d\u2019investissement productif. Cependant, l\u2019analyse ne saurait \u00eatre compl\u00e8te sans en souligner les limites structurelles que l\u2019AIE pointe. La volont\u00e9 des \u00c9tats africains de capter plus de valeur ajout\u00e9e est r\u00e9elle. Depuis 2023, 13 pays africains ont impos\u00e9 des interdictions d\u2019exportation sur les min\u00e9raux critiques pour tenter d\u2019accro\u00eetre la transformation locale. Mais les obstacles restent colossaux. Le diagnostic est lapidaire : \u00abLa raret\u00e9 de l\u2019eau, les p\u00e9nuries d\u2019\u00e9lectricit\u00e9 ainsi que le manque d\u2019infrastructures et de capital humain emp\u00eachent la r\u00e9gion de capturer une plus grande part de la valeur en aval\u00bb.<\/p>\n<p>Le Maroc, qui a fait de la mont\u00e9e en gamme industrielle un axe strat\u00e9gique, est directement interpell\u00e9 par ce constat. L\u2019investissement minier ne se traduit pas encore par une perc\u00e9e \u00e9quivalente dans le raffinage, o\u00f9 \u00abmalgr\u00e9 l\u2019\u00e9mergence de nouveaux projets, l\u2019investissement ne montre qu\u2019une l\u00e9g\u00e8re croissance au cours de la derni\u00e8re d\u00e9cennie, atteignant 2,5 milliards de dollars en 2024\u00bb. L\u2019enjeu pour le Royaume est de d\u00e9passer ce plafond de verre, faute de quoi il restera un fournisseur de mati\u00e8res premi\u00e8res brutes, aussi critiques soient-elles, dans un march\u00e9 o\u00f9 la valeur se concentre sur les maillons industriels domin\u00e9s par la Chine, qui \u00abrepr\u00e9sente environ 75% de l\u2019investissement manufacturier total dans les \u00e9nergies propres en 2025, y compris 80% de la capacit\u00e9 de la cha\u00eene d\u2019approvisionnement en batteries lithium-ion\u00bb.<\/p>\n<p>Le co\u00fbt du capital comme obstacle syst\u00e9mique<br \/>Le d\u00e9cryptage des enjeux marocains ne peut faire l\u2019impasse sur la dimension macro-financi\u00e8re, tant les conditions de financement sont devenues un facteur discriminant dans la comp\u00e9tition \u00e9nerg\u00e9tique mondiale. L\u2019AIE dresse un tableau alarmant pour les \u00e9conomies \u00e9mergentes. \u00abLe conflit au Moyen-Orient a d\u00e9clench\u00e9 une volatilit\u00e9 sur les march\u00e9s financiers, ralentissant les d\u00e9cisions d\u2019investissement \u00e0 court terme et poussant \u00e0 la hausse les co\u00fbts de financement \u00e0 long terme\u00bb, peut-on lire. Les donn\u00e9es agr\u00e9g\u00e9es pour l\u2019Afrique fournies par l\u2019AIE sont \u00e9loquentes : la prime de risque pays a bondi \u00e0 12,95%, tandis que la d\u00e9pr\u00e9ciation de la devise contre le dollar am\u00e9ricain a atteint des proportions vertigineuses.<\/p>\n<p>Pour le Maroc, ces moyennes continentales, bien qu\u2019\u00e0 nuancer, rappellent une r\u00e9alit\u00e9 implacable explicit\u00e9e par l\u2019AIE : \u00abLes entreprises de ces march\u00e9s sont particuli\u00e8rement expos\u00e9es car les co\u00fbts de financement sont d\u00e9j\u00e0 au moins le double de ceux des \u00e9conomies avanc\u00e9es et de la Chine, et de nouvelles augmentations pourraient r\u00e9duire les rendements des projets en dessous des niveaux acceptables pour les investisseurs\u00bb. Un rench\u00e9rissement du capital qui frappe de mani\u00e8re asym\u00e9trique.<\/p>\n<p>L\u2019AIE est formelle : \u00abSi les co\u00fbts d\u2019emprunt restent \u00e9lev\u00e9s plus longtemps, les technologies \u00e0 forte intensit\u00e9 capitalistique seront affect\u00e9es de mani\u00e8re disproportionn\u00e9e, y compris les technologies \u00e0 faibles \u00e9missions qui ont g\u00e9n\u00e9ralement des co\u00fbts initiaux \u00e9lev\u00e9s mais des co\u00fbts d\u2019exploitation beaucoup plus faibles que les alternatives fossiles\u00bb.<\/p>\n<p>Pour le Maroc, qui ambitionne de d\u00e9velopper des projets massifs dans les \u00e9nergies renouvelables et l\u2019hydrog\u00e8ne vert, ce diagnostic r\u00e9sonne comme un avertissement. La robustesse des \u00e9nergies propres en mati\u00e8re de s\u00e9curit\u00e9 \u00e9nerg\u00e9tique joue en leur faveur, mais l\u2019\u00e9quation financi\u00e8re se durcit. Notons que, dans ce contexte, la suspension du terminal GNL peut aussi se lire comme un arbitrage financier : dans un monde o\u00f9 les liquidit\u00e9s se rar\u00e9fient, immobiliser un milliard de dollars dans une infrastructure dont le business model est \u00e9branl\u00e9 par la g\u00e9opolitique devient un luxe que peu d\u2019\u00c9tats peuvent se permettre.<\/p>\n<p>L\u2019AIE observe par ailleurs une mutation profonde dans les sources de capitaux, avec une implication croissante des investisseurs institutionnels dans les entreprises \u00e9nerg\u00e9tiques, y compris publiques. Une pr\u00e9sence accrue qui complexifie l\u2019\u00e9quilibre entre les int\u00e9r\u00eats nationaux et les rendements pour les actionnaires, en particulier en p\u00e9riode de volatilit\u00e9 des march\u00e9s. Pour le Maroc, cela implique une marge de man\u0153uvre qui pourrait se r\u00e9duire, car les exigences de rentabilit\u00e9 financi\u00e8re entrent parfois en contradiction avec les imp\u00e9ratifs de souverainet\u00e9 \u00e9nerg\u00e9tique.<\/p>\n<p>Le soleil et l\u2019\u00e9lectron : la promesse d\u2019une r\u00e9silience domestique<br \/>Dans ce paysage de contraintes, le rapport esquisse une voie de sortie qui correspond aux atouts structurels du Maroc : le d\u00e9veloppement massif des ressources domestiques propres. Les experts en transition \u00e9nerg\u00e9tique souligneront que la dynamique continentale est enclench\u00e9e.<\/p>\n<p>L\u2019AIE r\u00e9v\u00e8le que \u00ab15 pays africains ont signal\u00e9 des importations solaires record de plus de 400 millions de dollars au premier trimestre 2026, contre 650 millions de dollars pour l\u2019ensemble de 2025\u00bb. M\u00eame si le Maroc n\u2019est pas explicitement nomm\u00e9 dans ce segment, ce chiffre continental valide la pertinence d\u2019une strat\u00e9gie de d\u00e9ploiement solaire et \u00e9olien dans un pays d\u00e9pendant du p\u00e9trole moyen-oriental. L\u2019argumentaire de l\u2019AIE sur le lien entre \u00e9nergies propres et s\u00e9curit\u00e9 \u00e9conomique est sans appel.<\/p>\n<p>\u00abCes investissements dans les \u00e9nergies renouvelables, le nucl\u00e9aire, l\u2019\u00e9lectrification et l\u2019efficacit\u00e9 au cours de la derni\u00e8re d\u00e9cennie ont tangiblement am\u00e9lior\u00e9 la s\u00e9curit\u00e9 \u00e9nerg\u00e9tique dans les principales r\u00e9gions importantes de combustibles et r\u00e9duit les \u00e9missions\u00bb, explique le rapport.<\/p>\n<p>La quantification est pr\u00e9cise : pour cinq grandes r\u00e9gions importantes (dont l\u2019Inde et l\u2019Asie du Sud-Est), \u00abces investissements ont permis d\u2019\u00e9viter environ 260 milliards de dollars de co\u00fbts d\u2019importation de combustibles fossiles en 2025\u00bb, un tiers de ces \u00e9conomies provenant directement des renouvelables. Bien que l\u2019Afrique ne soit pas dans ce groupe de calcul, le m\u00e9canisme est parfaitement transposable \u00e0 un pays comme le Maroc. Chaque m\u00e9gawatt install\u00e9 est une ligne de d\u00e9fense contre une facture libell\u00e9e en dollars et expos\u00e9e \u00e0 la volatilit\u00e9 du d\u00e9troit d\u2019Ormuz.<\/p>\n<p>La pouss\u00e9e de l\u2019\u00e9lectrification, que l\u2019AIE qualifie d\u2019\u00ab\u00e8re de l\u2019\u00e9lectricit\u00e9\u00bb, est un autre signal fort. Les d\u00e9penses \u00e9lectriques (r\u00e9seaux, stockage, production) repr\u00e9sentent d\u00e9sormais pr\u00e8s de 60% de l\u2019investissement \u00e9nerg\u00e9tique mondial. L\u2019agence se f\u00e9licite d\u2019un \u00abr\u00e9\u00e9quilibrage bienvenu\u00bb en faveur des r\u00e9seaux, dont les d\u00e9penses mondiales bondissent \u00e0 550 milliards de dollars.<\/p>\n<p>Pour le Maroc, cette tendance globale signifie que les bailleurs de fonds et les partenaires techniques internationaux sont structurellement tourn\u00e9s vers le soutien aux infrastructures \u00e9lectriques. Cependant, l\u00e0 encore, le rapport pointe les goulets d\u2019\u00e9tranglement qui menacent les ambitions marocaines : \u00abLes contraintes sur la vitesse d\u2019expansion du r\u00e9seau, y compris la lenteur des autorisations dans de nombreux cas, soulignent l\u2019importance d\u2019investir dans une utilisation plus intelligente et plus efficace de l\u2019infrastructure existante\u00bb.<\/p>\n<p>Entre le marteau de la crise moyen-orientale et l\u2019enclume de la comp\u00e9tition industrielle<\/p>\n<p>En d\u00e9finitive, le rapport World Energy Investment 2026 de l\u2019AIE ne raconte pas une histoire unique, mais la confrontation de deux forces qui travaillent le Maroc. La premi\u00e8re est la force du choc : une d\u00e9pendance r\u00e9siduelle mais encore significative au p\u00e9trole du Golfe qui expose le pays \u00e0 une instabilit\u00e9 syst\u00e9mique, et un march\u00e9 gazier si incertain qu\u2019il justifie le report d\u2019un investissement structurant d\u2019un milliard de dollars. La seconde est la force de l\u2019opportunit\u00e9 : l\u2019affirmation d\u2019un positionnement strat\u00e9gique dans les min\u00e9raux critiques, coupl\u00e9e aux b\u00e9n\u00e9fices tangibles que procure le d\u00e9ploiement d\u2019une capacit\u00e9 \u00e9lectrique bas-carbone domestique. Le Maroc, tel qu\u2019il appara\u00eet dans les radars de l\u2019AIE, est un pays qui sait faire preuve de retenue tactique (en suspendant son projet GNL) tout en capitalisant sur ses avantages comparatifs (le cuivre, le solaire).<\/p>\n<p>Ainsi, la conclusion du rapport r\u00e9sonne comme une feuille de route implicite pour le Royaume: \u00abLe conflit au Moyen-Orient renforce un basculement vers la s\u00e9curit\u00e9, la confiance et la diversit\u00e9 comme consid\u00e9rations cl\u00e9s lors du choix des projets et des partenaires \u00e9nerg\u00e9tiques, aux c\u00f4t\u00e9s des co\u00fbts, des prix et de la performance environnementale\u00bb.<\/p>\n<p>Pour un pays qui mise sur une int\u00e9gration industrielle pouss\u00e9e et une d\u00e9carbonation de son mix, l\u2019alignement avec cette nouvelle grammaire de l\u2019\u00e9nergie mondiale est une validation strat\u00e9gique. L\u2019\u00e8re qui s\u2019ouvre, marqu\u00e9e par la qu\u00eate de r\u00e9silience et de diversification des cha\u00eenes d\u2019approvisionnement, offre une fen\u00eatre d\u2019opportunit\u00e9 unique. \u00c0 condition, comme le rappelle l\u2019AIE, que les obstacles au financement et \u00e0 la mont\u00e9e en gamme industrielle ne viennent pas, \u00e0 leur tour, bloquer le chemin.<\/p>\n<p>Bilal Cherraji \/ Les Inspirations \u00c9CO<\/p>\n<p>A regarder aussi<\/p>\n<p>                  <img class=\"ytsponso-v46-side-showlogo\" src=\"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/logo_colored_transparent_4k_from_vector_source-scaled.png\" alt=\"L'Entretien des \u00c9CO\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\"\/><br \/>\n                                      <img class=\"ytsponso-v46-side-showlogo-dark\" src=\"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/logo_entretien_eco_sombre_transparent_4k-scaled.png\" alt=\"\" aria-hidden=\"true\" loading=\"eager\" decoding=\"async\"\/><\/p>\n<p><\/p>\n<p>&#13;<\/p>\n<p><\/p>\n<p><a dir=\"LTR\" class=\"alert-main\" href=\"https:\/\/leseco.ma\/maroc\/marques-marocaines-mondial-2026-le-grand-test-publicitaire.html\" target=\"_blank\" rel=\"nofollow noopener\">&#13;<br \/>\n    &#13;<br \/>\n        &#13;<br \/>\n        &#13;<br \/>\n        &#13;<br \/>\n<\/a><\/p>\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"Perturbation des routes maritimes, flamb\u00e9e des primes de risque, ru\u00e9e sur les m\u00e9taux de l\u2019\u00e9lectrification : le rapport&hellip;\n","protected":false},"author":2,"featured_media":122171,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":"","_share_on_mastodon":"0"},"categories":[83],"tags":[10015,14055,210,86,13335],"class_list":["post-122170","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","category-maroc","tag-cuivre","tag-detroit-dormuz","tag-gnl","tag-maroc","tag-ormuz"],"share_on_mastodon":{"url":"https:\/\/pubeurope.com\/@afrique\/116697712832153291","error":""},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/122170","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=122170"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/122170\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/media\/122171"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=122170"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=122170"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=122170"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}