{"id":12278,"date":"2026-02-12T21:43:28","date_gmt":"2026-02-12T21:43:28","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/12278\/"},"modified":"2026-02-12T21:43:28","modified_gmt":"2026-02-12T21:43:28","slug":"les-constructeurs-automobiles-chinois-accelerent-en-afrique-du-sud","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/12278\/","title":{"rendered":"les constructeurs automobiles chinois acc\u00e9l\u00e8rent en Afrique du Sud"},"content":{"rendered":"<p>Le 23 janvier dernier, le constructeur automobile japonais Nissan a annonc\u00e9 la vente de ses actifs industriels de Rosslyn, pr\u00e8s de Pretoria, \u00e0 la filiale sud-africaine de Chery Automobile, troisi\u00e8me constructeur chinois en termes de volume. Cette d\u00e9cision marque la fin de la production de v\u00e9hicules Nissan en Afrique du Sud, sur fond de restructuration. Le groupe a enregistr\u00e9 une perte nette de 4,5 milliards USD (environ 3,8 milliards d&rsquo;euros) sur son dernier exercice, et fait face \u00e0 une baisse continue de ses volumes industriels, notamment dans la nation arc-en-ciel o\u00f9 la production est tomb\u00e9e \u00e0 environ 17 000 unit\u00e9s en 2024, contre plus de 54 000 en 2012.<\/p>\n<p>L\u2019accord porte sur la vente des terrains, des b\u00e2timents et des actifs associ\u00e9s de l\u2019usine de Rosslyn, avec une finalisation attendue \u00e0 la mi-2026, sous r\u00e9serve des autorisations r\u00e9glementaires. Nissan conservera toutefois une pr\u00e9sence commerciale et basculera vers un mod\u00e8le fond\u00e9 sur l\u2019importation de v\u00e9hicules, notamment depuis la Tha\u00eflande, avec de nouveaux lancements annonc\u00e9s pour 2026. Pour Chery Automobile, cette acquisition repr\u00e9sente une opportunit\u00e9 strat\u00e9gique d\u2019implantation industrielle dans le principal hub automobile africain. D\u00e9j\u00e0 pr\u00e9sent sur le segment commercial en Afrique du Sud, le constructeur n\u2019a pas encore pr\u00e9cis\u00e9 quels mod\u00e8les seront assembl\u00e9s \u00e0 Rosslyn ni les volumes envisag\u00e9s.<\/p>\n<p>L&rsquo;op\u00e9ration illustre n\u00e9anmoins une dynamique plus large de recul progressif des constructeurs historiques sur le march\u00e9 sud-africain, face \u00e0 la mont\u00e9e en puissance de marques chinoises. Plusieurs autres constructeurs chinois renforcent en effet leur pr\u00e9sence dans ce pays.<\/p>\n<p>Prolif\u00e9ration des constructeurs chinois sur le march\u00e9 sud-africain&#13;\n<\/p>\n<p>BYD y acc\u00e9l\u00e8re son expansion afin d\u2019accompagner la demande croissante pour les v\u00e9hicules \u00e9lectriques et hybrides. Sa strat\u00e9gie repose sur des prix comp\u00e9titifs et sur des investissements dans les infrastructures de recharge, en partenariat avec des acteurs locaux de l\u2019\u00e9nergie et du r\u00e9seau \u00e9lectrique. Beijing Automotive Group (BAIC), un constructeur automobile d\u00e9tenu par l&rsquo;\u00c9tat chinois, d\u00e9veloppe aussi ses capacit\u00e9s d\u2019assemblage en Afrique du Sud pour consolider son implantation industrielle sur le continent et y r\u00e9duire sa d\u00e9pendance aux importations.<\/p>\n<p>Geely Auto positionne le march\u00e9 sud-africain comme hub strat\u00e9gique pour son expansion africaine, en s&rsquo;appuyant sur des partenariats locaux dans la distribution, la logistique, le financement automobile et les infrastructures de recharge, avec une strat\u00e9gie d\u2019int\u00e9gration progressive de la cha\u00eene de valeur. D\u2019autres groupes chinois comme Changan, Leapmotor, GAC et SAIC sont engag\u00e9s dans des discussions avec les autorit\u00e9s sud-africaines, afin d\u2019envisager une production locale, en particulier sur les segments hybrides et \u00e9lectriques. Leur objectif est de transformer une pr\u00e9sence commerciale fond\u00e9e sur l\u2019importation en une implantation industrielle, afin de r\u00e9duire les co\u00fbts logistiques et de b\u00e9n\u00e9ficier des incitations fiscales pr\u00e9vues par Pretoria.<\/p>\n<p>Au total, entre 15 et 20 marques automobiles chinoises sont aujourd\u2019hui actives dans la nation arc-en-ciel. La majorit\u00e9 op\u00e8re encore par importations, mais la tendance s\u2019oriente vers l\u2019assemblage local, soutenu par les autorit\u00e9s sud-africaines qui cherchent \u00e0 relancer une industrie automobile locale en ralentissement. Entre 2022 et 2024, 12 entreprises du secteur ont cess\u00e9 leurs activit\u00e9s dans le pays, entra\u00eenant la perte de plus de 4 000 emplois. La production locale, \u00e9tablie \u00e0 515 850 unit\u00e9s en 2024, reste loin de l\u2019objectif de 784 509 fix\u00e9 par le South African Automotive Masterplan 2035. Le pays demeure n\u00e9anmoins le premier march\u00e9 automobile du continent, avec un secteur repr\u00e9sentant 22,6 % de la production manufacturi\u00e8re et 5,2 % du PIB national.<\/p>\n<p>L\u2019int\u00e9r\u00eat croissant des constructeurs chinois s\u2019explique par une combinaison de facteurs \u00e9conomiques et industriels. Le march\u00e9 chinois est caract\u00e9ris\u00e9 par une surcapacit\u00e9 de production et une guerre des prix qui r\u00e9duit les marges. Dans ce contexte, l\u2019Afrique du Sud appara\u00eet comme un relais de croissance offrant \u00e0 la fois un march\u00e9 important, une base industrielle et un acc\u00e8s facilit\u00e9 \u00e0 certains march\u00e9s d\u2019exportation.<\/p>\n<p>Simple vecteur de croissance ou relais vers l\u2019Europe ? &#13;\n<\/p>\n<p>Les constructeurs du g\u00e9ant asiatique renforcent aussi leur implantation industrielle \u00e0 l&rsquo;\u00e9tranger dans un contexte o\u00f9 ils sont confront\u00e9s \u00e0 un durcissement des barri\u00e8res commerciales occidentales. L\u2019Union europ\u00e9enne a engag\u00e9 des enqu\u00eates sur les subventions aux v\u00e9hicules \u00e9lectriques chinois, et envisage un rel\u00e8vement des droits de douane afin de prot\u00e9ger la comp\u00e9titivit\u00e9 de son industrie automobile. Or, il se trouve que l\u2019Afrique du Sud est historiquement l\u2019un des principaux exportateurs de v\u00e9hicules vers l&rsquo;UE, \u00e0 travers des accords commerciaux.<\/p>\n<p>L\u2019implantation accrue d\u2019usines chinoises sur ce march\u00e9 pourrait ainsi r\u00e9pondre \u00e0 une double logique\u00a0: diversifier les d\u00e9bouch\u00e9s et contourner partiellement les barri\u00e8res visant les importations directes depuis P\u00e9kin. Ces groupes pourraient b\u00e9n\u00e9ficier d\u2019un acc\u00e8s pr\u00e9f\u00e9rentiel au march\u00e9 europ\u00e9en sous l\u2019\u00e9tiquette sud-africaine, tout en r\u00e9duisant les co\u00fbts logistiques et les risques politiques associ\u00e9s aux exportations depuis la Chine. \u00c0 ce stade cependant, aucune entreprise chinoise n\u2019a officiellement annonc\u00e9 de strat\u00e9gie d\u2019exportation vers l\u2019Europe depuis l\u2019Afrique du Sud. Les investissements r\u00e9pondent \u00e9galement \u00e0 la saturation du march\u00e9 chinois et \u00e0 la recherche de nouveaux relais de croissance.<\/p>\n<p>La question sur la finalit\u00e9 r\u00e9elle de cette implantation industrielle reste donc ouverte, entre strat\u00e9gie commerciale africaine et repositionnement g\u00e9o-industriel face aux tensions avec les \u00e9conomies occidentales. Pour les constructeurs locaux et les acteurs historiques, cette mont\u00e9e en puissance chinoise est ambivalente. Elle peut soutenir l\u2019investissement, pr\u00e9server des emplois et acc\u00e9l\u00e9rer la modernisation technologique du secteur. Mais elle accro\u00eet aussi la d\u00e9pendance \u00e0 des groupes \u00e9trangers et intensifie la pression concurrentielle sur les marges et les parts de march\u00e9.<\/p>\n<p>Base industrielle&#13;\n<\/p>\n<p>\u00c0 moyen terme, l\u2019enjeu pour Pretoria sera de faire de cette vague d\u2019implantations un levier de renforcement durable de sa base industrielle, plut\u00f4t qu\u2019une simple plateforme d\u2019assemblage au service de strat\u00e9gies industrielles \u00e9trang\u00e8res. Quant aux constructeurs historiques comme Volkswagen, Toyota, Ford et Mercedes-Benz, s&rsquo;ils conservent une position importante en Afrique du Sud, leur place sur ce march\u00e9 est de plus en plus contest\u00e9e par l\u2019arriv\u00e9e massive des marques chinoises. La concurrence sur les segments hybrides et \u00e9lectriques, o\u00f9 les groupes chinois offrent des mod\u00e8les \u00e0 co\u00fbts comp\u00e9titifs et des infrastructures de recharge, exerce une pression croissante sur leurs parts de march\u00e9 et leurs marges.<\/p>\n<p>Dans ce contexte, ils devront adapter leurs strat\u00e9gies via l\u2019innovation, la diversification et le renforcement de partenariats locaux, afin de rester comp\u00e9titifs face \u00e0 la mont\u00e9e des acteurs chinois.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"Le 23 janvier dernier, le constructeur automobile japonais Nissan a annonc\u00e9 la vente de ses actifs industriels de&hellip;\n","protected":false},"author":2,"featured_media":12279,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":"","_share_on_mastodon":"0"},"categories":[123],"tags":[58,6232,6229,6,140,6231,424,3313,254,6230,59,256,253],"class_list":["post-12278","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","category-afrique-du-sud","tag-58","tag-accelerent","tag-acquisitions","tag-afrique","tag-afrique-du-sud","tag-automobiles","tag-chinois","tag-constructeurs","tag-electriques","tag-industrialisations","tag-la-tribune-afrique","tag-sud","tag-vehicules"],"share_on_mastodon":{"url":"https:\/\/pubeurope.com\/@afrique\/116059845699926280","error":""},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/12278","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=12278"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/12278\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/media\/12279"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=12278"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=12278"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=12278"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}