{"id":125141,"date":"2026-06-09T07:44:17","date_gmt":"2026-06-09T07:44:17","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/125141\/"},"modified":"2026-06-09T07:44:17","modified_gmt":"2026-06-09T07:44:17","slug":"numerique-interswitch-detenu-par-le-britannique-helios-defie-par-des-fintechs-nigerianes","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/125141\/","title":{"rendered":"Num\u00e9rique : Interswitch, d\u00e9tenu par le britannique Helios, d\u00e9fi\u00e9 par des fintechs nig\u00e9rianes"},"content":{"rendered":"<p>Au Nigeria, plusieurs fintechs majeures menacent de suspendre l&rsquo;acceptation des cartes Verve. Derri\u00e8re ce conflit technique se joue une bataille strat\u00e9gique autour d&rsquo;Interswitch, op\u00e9rateur cl\u00e9 des paiements du pays et contr\u00f4l\u00e9 majoritairement par le fonds britannique Helios Investment Partners.<\/p>\n<p>Au Nig\u00e9ria, Verve, marque de cartes de paiement d\u00e9tenue par Interswitch, fait face \u00e0 une contestation ouverte de plusieurs acteurs majeurs de l&rsquo;\u00e9cosyst\u00e8me fintech nig\u00e9rian, parmi lesquels Paystack et Flutterwave. R\u00e9unis au sein de l&rsquo;Association of Point of Sale Service Providers, ces op\u00e9rateurs ont menac\u00e9 fin mai de suspendre l&rsquo;acceptation des cartes Verve sur leurs r\u00e9seaux si certaines pratiques commerciales d\u00e9nonc\u00e9es comme anticoncurrentielles n&rsquo;\u00e9taient pas abandonn\u00e9es. Face \u00e0 l&rsquo;escalade, la Banque centrale du Nigeria (CBN) a convoqu\u00e9 les diff\u00e9rentes parties afin d&rsquo;\u00e9viter toute perturbation du syst\u00e8me de paiement national. Si aucun accord n&rsquo;a encore \u00e9t\u00e9 rendu public, l&rsquo;affaire d\u00e9passe largement le cadre d&rsquo;un simple diff\u00e9rend tarifaire.<\/p>\n<p>Les fintechs contestataires reprochent \u00e0 Verve d&rsquo;imposer que toutes les op\u00e9rations effectu\u00e9es avec ses cartes transitent exclusivement par les infrastructures techniques d&rsquo;Interswitch. Selon elles, cette obligation emp\u00eache le recours \u00e0 des op\u00e9rateurs concurrents et limite artificiellement la concurrence sur le march\u00e9. Elles d\u00e9noncent \u00e9galement une nouvelle structure tarifaire introduite en 2025 qui, selon leurs calculs, conduit \u00e0 des frais sup\u00e9rieurs aux plafonds g\u00e9n\u00e9ralement appliqu\u00e9s par les autres r\u00e9seaux de cartes pr\u00e9sents dans le pays. Les op\u00e9rateurs affirment en outre que certains pr\u00e9l\u00e8vements sont effectu\u00e9s directement sur leurs comptes de r\u00e8glement sans possibilit\u00e9 pr\u00e9alable de v\u00e9rification ou de contestation.<\/p>\n<p>Interswitch rejette ces accusations. Des responsables du groupe expliquent que ces r\u00e8gles visent avant tout \u00e0 renforcer la tra\u00e7abilit\u00e9 des transactions et \u00e0 lutter contre les fraudes. Selon eux, certains acteurs contourneraient les proc\u00e9dures pr\u00e9vues par le r\u00e9seau, cr\u00e9ant des risques pour l&rsquo;int\u00e9grit\u00e9 du syst\u00e8me de paiement. Cette ligne de d\u00e9fense ne convainc toutefois pas les fintechs qui ont saisi les autorit\u00e9s de la concurrence et demandent d\u00e9sormais une clarification r\u00e9glementaire.<\/p>\n<p>Une bataille autour des infrastructures de paiement&#13;\n<\/p>\n<p>Fond\u00e9e en 2002, Interswitch a accompagn\u00e9 la transition progressive de l&rsquo;\u00e9conomie vers les paiements num\u00e9riques et demeure aujourd&rsquo;hui un acteur incontournable du secteur. Depuis 2010, le fonds d&rsquo;investissement britannique Helios Investment Partners d\u00e9tient environ 52 % du capital, acquis pour environ 72 millions d\u2019euros au taux de change de l\u2019\u00e9poque. En 2019, le g\u00e9ant am\u00e9ricain Visa a acquis pr\u00e8s de 20 % des parts \u00e0 l&rsquo;occasion d&rsquo;un investissement de 200 millions de dollars qui avait alors valoris\u00e9 Interswitch \u00e0 plus d&rsquo;un milliard de dollars, faisant d&rsquo;elle la premi\u00e8re licorne fintech du continent africain. Cette dimension internationale nourrit\u00a0 le d\u00e9bat actuel alors que plusieurs acteurs locaux accusent l&rsquo;entreprise d&rsquo;utiliser sa position dominante pour verrouiller le march\u00e9.<\/p>\n<p>L&rsquo;enjeu est consid\u00e9rable car Verve demeure la premi\u00e8re carte bancaire du pays. Elle repr\u00e9sente environ 40% des cartes actives au Nigeria, avec une forte pr\u00e9sence aupr\u00e8s des m\u00e9nages \u00e0 revenus faibles et interm\u00e9diaires. Pourtant, le march\u00e9 a profond\u00e9ment chang\u00e9 ces derni\u00e8res ann\u00e9es. Les paiements instantan\u00e9s par virement bancaire dominent d\u00e9sormais largement les usages num\u00e9riques. Port\u00e9s par les infrastructures de la Nigerian Inter-Bank Settlement System (NIBSS), ils repr\u00e9senteraient plus des deux tiers des paiements \u00e9lectroniques et l&rsquo;essentiel des transactions sans esp\u00e8ces du pays. Cette \u00e9volution explique pourquoi les fintechs estiment pouvoir exercer une pression sur Verve sans provoquer de perturbation majeure pour l&rsquo;\u00e9conomie. Mais elle souligne aussi la d\u00e9pendance persistante de millions d&rsquo;utilisateurs \u00e0 un r\u00e9seau qui reste incontournable dans les paiements de proximit\u00e9.<\/p>\n<p>NewsletterMa Tribune<\/p>\n<p class=\"text-2xl mb-8\">L\u2019actualit\u00e9 qui compte pour vous, chaque jour dans votre bo\u00eete mail.<\/p>\n<p>S&rsquo;inscrireS&rsquo;inscrireS&rsquo;inscrire<img alt=\"Illustration de la newsletter Ma Tribune\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" data-nimg=\"fill\" class=\"relative! rounded-xl\" style=\"position:absolute;height:100%;width:100%;left:0;top:0;right:0;bottom:0;object-fit:cover;color:transparent\"   src=\"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/1775746687_775_ma-tribune.png\"\/><\/p>\n<p>Une plus grande souverainet\u00e9 des paiements&#13;\n<\/p>\n<p>Pour les autorit\u00e9s nig\u00e9rianes, l&rsquo;affaire intervient \u00e0 un moment particuli\u00e8rement sensible. La Banque centrale cherche \u00e0 renforcer la concurrence dans le secteur tout en pr\u00e9servant la stabilit\u00e9 du syst\u00e8me financier. En 2023, elle a lanc\u00e9 sa propre carte domestique, AfriGo, avec l&rsquo;ambition affich\u00e9e de r\u00e9duire l&rsquo;influence des r\u00e9seaux internationaux et de favoriser une plus grande souverainet\u00e9 des paiements. Le diff\u00e9rend actuel place d\u00e9sormais le r\u00e9gulateur face \u00e0 un choix d\u00e9licat : prot\u00e9ger un champion historique des paiements, majoritairement contr\u00f4l\u00e9 par des investisseurs \u00e9trangers, ou soutenir les fintechs locales qui r\u00e9clament un acc\u00e8s plus ouvert aux infrastructures essentielles.<\/p>\n<p>Pour Helios Investment Partners, qui n&rsquo;a toujours pas concr\u00e9tis\u00e9 le projet d&rsquo;introduction en Bourse d&rsquo;Interswitch \u00e9voqu\u00e9 depuis plusieurs ann\u00e9es, l&rsquo;issue du dossier sur la valorisation de l&rsquo;un de ses actifs africains les plus embl\u00e9matiques est \u00e0 suivre.<\/p>\n<p>Plus largement, cette confrontation sera observ\u00e9e comme un test de la capacit\u00e9 du Nigeria \u00e0 arbitrer entre souverainet\u00e9 et attractivit\u00e9 des capitaux \u00e9trangers, sur un march\u00e9 du num\u00e9rique qui poursuit son developpement rapide.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"Au Nigeria, plusieurs fintechs majeures menacent de suspendre l&rsquo;acceptation des cartes Verve. Derri\u00e8re ce conflit technique se joue&hellip;\n","protected":false},"author":2,"featured_media":125142,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":"","_share_on_mastodon":"0"},"categories":[176],"tags":[58,605,42146,42144,42147,42145,42143,59,192,11397,416],"class_list":["post-125141","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","category-nigeria","tag-58","tag-britannique","tag-defie","tag-detenu","tag-fintechs","tag-helios","tag-interswitch","tag-la-tribune-afrique","tag-nigeria","tag-nigerianes","tag-numerique"],"share_on_mastodon":{"url":"https:\/\/pubeurope.com\/@afrique\/116719036980842616","error":""},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/125141","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=125141"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/125141\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/media\/125142"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=125141"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=125141"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=125141"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}