{"id":125425,"date":"2026-06-09T13:23:10","date_gmt":"2026-06-09T13:23:10","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/125425\/"},"modified":"2026-06-09T13:23:10","modified_gmt":"2026-06-09T13:23:10","slug":"la-souverainete-numerique-cle-de-leconomie-africaine","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/125425\/","title":{"rendered":"La souverainet\u00e9 num\u00e9rique : cl\u00e9 de l&rsquo;\u00e9conomie africaine"},"content":{"rendered":"<p>[DIGITAL Business Africa \u2013 Avis d\u2019expert. Par Dr Pisso Ekwa Nseke* ] \u2013 \u00a0Alors que l\u2019Afrique acc\u00e9l\u00e8re sa marche vers l\u2019int\u00e9gration \u00e9conomique \u00e0 travers la Zone de libre-\u00e9change continentale africaine (<a href=\"https:\/\/www.digitalbusiness.africa\/afcfta-startup-partnership-program-la-zlecaf-et-la-korea-africa-foundation-lancent-un-programme-dacceleration-pour-30-startups-africaines-postulez\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener nofollow\">ZLECAf<\/a>), les d\u00e9bats se concentrent l\u00e9gitimement sur l\u2019industrialisation, le financement du d\u00e9veloppement, les infrastructures de transport ou encore la transformation locale des mati\u00e8res premi\u00e8res. Ces enjeux demeurent fondamentaux. Ils conditionnent la capacit\u00e9 du continent \u00e0 cr\u00e9er de la valeur, des emplois et de la prosp\u00e9rit\u00e9.<\/p>\n<p>Pourtant, une dimension essentielle de cette ambition collective reste encore insuffisamment prise en compte : la souverainet\u00e9 num\u00e9rique.<\/p>\n<p>Longtemps, la souverainet\u00e9 \u00e9conomique s\u2019est mesur\u00e9e \u00e0 l\u2019aune du contr\u00f4le des ressources naturelles, de la capacit\u00e9 industrielle ou encore de la ma\u00eetrise des instruments mon\u00e9taires. Ces \u00e9l\u00e9ments restent au c\u0153ur de la puissance des \u00c9tats. Toutefois, l\u2019\u00e9conomie mondiale du XXIe si\u00e8cle repose d\u00e9sormais sur une autre ressource strat\u00e9gique : la donn\u00e9e.<\/p>\n<p>Les flux financiers, les \u00e9changes commerciaux, les cha\u00eenes logistiques, les syst\u00e8mes de paiement, les administrations publiques, les universit\u00e9s, les entreprises et m\u00eame les interactions sociales sont aujourd\u2019hui structur\u00e9s par des infrastructures num\u00e9riques dont l\u2019importance strat\u00e9gique est comparable \u00e0 celle qu\u2019ont pu repr\u00e9senter les chemins de fer, les ports ou les ol\u00e9oducs au si\u00e8cle dernier.<\/p>\n<p>La question qui se pose \u00e0 l\u2019Afrique est donc simple : peut-on v\u00e9ritablement parler de souverainet\u00e9 \u00e9conomique lorsque les infrastructures num\u00e9riques qui soutiennent l\u2019activit\u00e9 \u00e9conomique demeurent largement d\u00e9pendantes d\u2019acteurs ext\u00e9rieurs au continent ?<\/p>\n<p>Il ne s\u2019agit nullement de plaider pour une forme de repli ou d\u2019autarcie technologique. L\u2019Afrique a besoin d\u2019investissements, de partenariats et d\u2019innovations venus du monde entier. Mais l\u2019ouverture ne saurait se confondre avec la d\u00e9pendance. Dans un environnement international marqu\u00e9 par la comp\u00e9tition technologique et g\u00e9o\u00e9conomique, la capacit\u00e9 des \u00c9tats africains \u00e0 conserver une ma\u00eetrise strat\u00e9gique de leurs infrastructures num\u00e9riques devient un imp\u00e9ratif de s\u00e9curit\u00e9 \u00e9conomique.<\/p>\n<p>La ZLECAf constitue sans doute le projet d\u2019int\u00e9gration \u00e9conomique le plus ambitieux jamais entrepris sur le continent. Toutefois, il serait illusoire de croire qu\u2019un march\u00e9 continental peut fonctionner efficacement sans une infrastructure num\u00e9rique continentale \u00e0 la hauteur de ses ambitions.<\/p>\n<p>L\u2019int\u00e9gration \u00e9conomique n\u2019est plus seulement physique ; elle est \u00e9galement num\u00e9rique.<\/p>\n<p>Un entrepreneur de Douala doit pouvoir commercer avec un partenaire de Nairobi aussi facilement qu\u2019avec un client local. Une entreprise install\u00e9e \u00e0 Lagos doit pouvoir effectuer des transactions s\u00e9curis\u00e9es avec Johannesburg ou Kigali en temps r\u00e9el. Les administrations douani\u00e8res, les syst\u00e8mes bancaires et les plateformes logistiques doivent \u00eatre capables de communiquer entre eux de mani\u00e8re fluide et s\u00e9curis\u00e9e.<\/p>\n<p>En d\u2019autres termes, les r\u00e9seaux de fibre optique, les centres de donn\u00e9es, les plateformes de paiement num\u00e9rique et les infrastructures cloud sont devenus les nouvelles autoroutes de l\u2019\u00e9conomie mondiale.<\/p>\n<p>Cette r\u00e9alit\u00e9 conf\u00e8re aux t\u00e9l\u00e9communications une place centrale dans les strat\u00e9gies de d\u00e9veloppement. Pendant longtemps, les infrastructures num\u00e9riques ont \u00e9t\u00e9 consid\u00e9r\u00e9es comme un secteur d\u2019accompagnement. Elles sont d\u00e9sormais au c\u0153ur m\u00eame de la comp\u00e9titivit\u00e9 des nations.<\/p>\n<p>Aucune \u00e9conomie moderne ne peut prosp\u00e9rer durablement sans connectivit\u00e9 fiable, accessible et s\u00e9curis\u00e9e. La question n\u2019est donc plus celle de l\u2019acc\u00e8s \u00e0 Internet. Elle est celle de la r\u00e9silience, de la ma\u00eetrise technologique et de la capacit\u00e9 du continent \u00e0 produire lui-m\u00eame les outils de sa transformation num\u00e9rique.<\/p>\n<p>Par ailleurs, l\u2019Afrique \u00e9volue dans un contexte international marqu\u00e9 par une comp\u00e9tition croissante entre grandes puissances autour des technologies \u00e9mergentes, de l\u2019intelligence artificielle, des semi-conducteurs, des infrastructures num\u00e9riques et des minerais strat\u00e9giques n\u00e9cessaires \u00e0 la transition \u00e9nerg\u00e9tique.<\/p>\n<p>Loin d\u2019\u00eatre une contrainte, cette situation peut constituer une opportunit\u00e9 historique pour le continent.<\/p>\n<p>L\u2019Afrique ne devrait pas \u00eatre contrainte de choisir entre Washington, P\u00e9kin, Bruxelles, New Delhi ou les puissances du Golfe. Elle gagnerait davantage \u00e0 d\u00e9velopper une diplomatie \u00e9conomique fond\u00e9e sur la diversification des partenariats et la d\u00e9fense de ses int\u00e9r\u00eats strat\u00e9giques.<\/p>\n<p>Autrement dit, le v\u00e9ritable enjeu n\u2019est pas l\u2019alignement, mais l\u2019autonomie.<\/p>\n<p>Dans cette perspective, les institutions financi\u00e8res africaines ont un r\u00f4le majeur \u00e0 jouer. Apr\u00e8s avoir accompagn\u00e9 le financement du commerce et des infrastructures traditionnelles, le moment semble venu de r\u00e9fl\u00e9chir \u00e0 la cr\u00e9ation de m\u00e9canismes d\u00e9di\u00e9s au financement des infrastructures num\u00e9riques strat\u00e9giques : centres de donn\u00e9es, cybers\u00e9curit\u00e9, intelligence artificielle, r\u00e9seaux de fibre optique r\u00e9gionaux et services cloud africains.<\/p>\n<p>Ces investissements paraissent parfois moins visibles qu\u2019un port ou une autoroute. Pourtant, leur impact sur la comp\u00e9titivit\u00e9 future du continent pourrait \u00eatre tout aussi d\u00e9terminant.<\/p>\n<p>L\u2019histoire \u00e9conomique nous enseigne que les grandes transformations reposent toujours sur la ma\u00eetrise des infrastructures qui structurent les \u00e9changes. Hier, il s\u2019agissait des routes maritimes et des voies ferr\u00e9es. Aujourd\u2019hui, il s\u2019agit des r\u00e9seaux num\u00e9riques.<\/p>\n<p>L\u2019Afrique ne pourra pleinement r\u00e9aliser son ambition de souverainet\u00e9 \u00e9conomique sans souverainet\u00e9 num\u00e9rique.<\/p>\n<p>Le v\u00e9ritable d\u00e9fi du continent n\u2019est donc pas seulement de commercer davantage avec lui-m\u00eame. Il consiste \u00e9galement \u00e0 construire les infrastructures, les comp\u00e9tences et les capacit\u00e9s technologiques qui lui permettront de ma\u00eetriser son destin dans l\u2019\u00e9conomie num\u00e9rique mondiale.<\/p>\n<p>\u00c0 l\u2019heure o\u00f9 les dirigeants africains r\u00e9fl\u00e9chissent aux voies de l\u2019\u00e9mergence et de l\u2019int\u00e9gration, la souverainet\u00e9 num\u00e9rique appara\u00eet moins comme un choix que comme une n\u00e9cessit\u00e9 strat\u00e9gique.<\/p>\n<p>Par Dr Pisso Ekwa Nseke <\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" data-od-removed-fetchpriority=\"high\" data-od-xpath=\"\/HTML\/BODY\/DIV[@id='td-outer-wrap']\/*[2][self::DIV]\/*[2][self::DIV]\/*[1][self::DIV]\/*[1][self::ARTICLE]\/*[1][self::DIV]\/*[1][self::DIV]\/*[3][self::DIV]\/*[1][self::DIV]\/*[3][self::DIV]\/*[2][self::DIV]\/*[7][self::DIV]\/*[3][self::DIV]\/*[24][self::P]\/*[1][self::IMG]\" decoding=\"async\" class=\"alignleft wp-image-120288 \" src=\"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-content\/uploads\/2026\/06\/Dr-Pisso-Ekwa-Nseke-.jpg\" alt=\"\" width=\"397\" height=\"319\"  \/>*Internationaliste, analyste des risques g\u00e9opolitiques, enseignant d\u2019Universit\u00e9 et cadre sup\u00e9rieur des t\u00e9l\u00e9communications.<\/p>\n<p>X (Twitter) : @pissonseke | LinkedIn : <a href=\"https:\/\/cm.linkedin.com\/in\/pisso-nseke\" target=\"_blank\" rel=\"noopener nofollow\">Pisso Nseke Ph.D<\/a> | Facebook : Pisso Nseke<\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"[DIGITAL Business Africa \u2013 Avis d\u2019expert. 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