{"id":13096,"date":"2026-02-13T16:27:06","date_gmt":"2026-02-13T16:27:06","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/13096\/"},"modified":"2026-02-13T16:27:06","modified_gmt":"2026-02-13T16:27:06","slug":"le-nigeria-ouvre-une-nouvelle-phase-de-cession-dactifs-publics-91-entreprises-concernees","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/13096\/","title":{"rendered":"Le Nigeria ouvre une nouvelle phase de cession d&rsquo;actifs publics\u00a0: 91 entreprises concern\u00e9es"},"content":{"rendered":"<p>A l\u2019occasion de plusieurs interventions publiques et m\u00e9diatis\u00e9es r\u00e9cemment, le ministre nig\u00e9rian des Finances et Coordinateur de l&rsquo;\u00c9conomie, Wale Edun, a annonc\u00e9 que le gouvernement f\u00e9d\u00e9ral d\u00e9butera une nouvelle phase de vente d&rsquo;actifs publics \u00e0 des investisseurs priv\u00e9s au cours de cette ann\u00e9e 2026. L&rsquo;initiative s&rsquo;inscrit dans une strat\u00e9gie approuv\u00e9e de longue date, visant \u00e0 optimiser le portefeuille d&rsquo;actifs de l&rsquo;\u00c9tat, \u00e0 mobiliser des capitaux priv\u00e9s et \u00e0 g\u00e9n\u00e9rer des recettes budg\u00e9taires dans un contexte de fortes contraintes fiscales. Aucune valorisation globale des actifs concern\u00e9s ni aucun calendrier d\u00e9taill\u00e9 des transactions n&rsquo;a \u00e9t\u00e9 communiqu\u00e9 \u00e0 ce stade. Le processus sera pilot\u00e9 par le Bureau of Public Enterprises (BPE), agence d&rsquo;ex\u00e9cution cr\u00e9\u00e9e par la loi sur la privatisation et la commercialisation de 1999, sous la supervision du National Council on Privatization (NCP), pr\u00e9sid\u00e9 par le Vice-Pr\u00e9sident de la R\u00e9publique.<\/p>\n<p>Pr\u00e8s de 100 actifs identifi\u00e9s&#13;\n<\/p>\n<p>Selon les informations communiqu\u00e9es par le BPE, 91 actifs f\u00e9d\u00e9raux ont \u00e9t\u00e9 identifi\u00e9s comme susceptibles d\u2019\u00eatre privatis\u00e9s ou commercialis\u00e9s. Ces actifs comprennent des entreprises int\u00e9gralement d\u00e9tenues par l&rsquo;\u00c9tat, des participations partielles, des concessions et des partenariats public-priv\u00e9. La r\u00e9partition sectorielle approximative fait ressortir une pr\u00e9dominance du p\u00e9trole et du gaz, qui repr\u00e9sentent 25 \u00e0 30% des actifs identifi\u00e9s, suivis de l&rsquo;\u00e9lectricit\u00e9 et de l&rsquo;\u00e9nergie (environ 20%), de l&rsquo;agriculture et de l&rsquo;agro-industrie (environ 15%), de l&rsquo;industrie et du manufacturing (environ 15%), de l&rsquo;aviation et du transport (environ 10%) et d&rsquo;autres secteurs tels que les services, les ports, l&rsquo;h\u00f4tellerie et la p\u00e9trochimie (15 \u00e0 20%).<\/p>\n<p>Parmi les actifs cit\u00e9s dans les documents publics et les rapports sectoriels figurent l&rsquo;Ajaokuta Steel Company, les raffineries de Port Harcourt, Warri et Kaduna, des filiales de la Nigerian National Petroleum Company (NNPC Limited), des actifs a\u00e9roportuaires, ainsi que des entit\u00e9s du secteur \u00e9lectrique, dont des soci\u00e9t\u00e9s de production et de distribution.<\/p>\n<p>Le BPE a toutefois pr\u00e9cis\u00e9 que la Transmission Company of Nigeria est exclue de toute cession totale. Des consultations ont \u00e9t\u00e9 organis\u00e9es par le BPE avec le Nigeria Labour Congress (NLC) dans le cadre de retraites de gestion et d&rsquo;\u00e9changes institutionnels, afin d&rsquo;encadrer les conditions sociales du processus.<\/p>\n<p>Cette initiative s&rsquo;inscrit dans la continuit\u00e9 des programmes de privatisation engag\u00e9s depuis 1999. Entre 2001 et 2005, environ 100 entreprises publiques ont \u00e9t\u00e9 transf\u00e9r\u00e9es au secteur priv\u00e9 ou conc\u00e9d\u00e9es. Depuis l&rsquo;adoption de la loi de 1999, plus de 140 entit\u00e9s ont fait l&rsquo;objet d&rsquo;op\u00e9rations de privatisation ou de concession. La Banque mondiale a soutenu ces r\u00e9formes d\u00e8s 2001, au moyen d\u2019un projet d\u2019appui au renforcement des capacit\u00e9s institutionnelles du BPE.<\/p>\n<p>Le Fonds mon\u00e9taire international (FMI), lors de ses consultations \u00e9conomiques r\u00e9centes, a encourag\u00e9 les r\u00e9formes structurelles visant \u00e0 r\u00e9duire les pressions budg\u00e9taires et \u00e0 renforcer les partenariats public-priv\u00e9. Sur le plan budg\u00e9taire, le budget f\u00e9d\u00e9ral 2024 int\u00e8gre explicitement des recettes attendues de privatisation \u00e0 hauteur de 298 milliards de nairas (environ 180 millions d&rsquo;euros), en nette progression par rapport aux 206 milliards de nairas encaiss\u00e9s en 2023 (environ 124 millions d&rsquo;euros) et aux 91 milliards de nairas encaiss\u00e9s en 2022 (environ 55 millions d&rsquo;euros). Aucune estimation officielle des recettes totales attendues \u00e0 partir de 2026 n&rsquo;a \u00e9t\u00e9 publi\u00e9e.<\/p>\n<p>Un contexte macro qui doit encore rassurer les investisseurs&#13;\n<\/p>\n<p>Le contexte macro\u00e9conomique demeure marqu\u00e9 par des d\u00e9fis structurels majeurs. La dette publique atteignait 87% du PIB en 2023, avec une inflation de 28,9%, un taux de pauvret\u00e9 de 46 % de la population \u2014 soit environ 104 millions de personnes \u2014 et un PIB par habitant d&rsquo;environ 1690 euros. Le taux d&rsquo;alphab\u00e9tisation est de 62% et l&rsquo;\u00e9conomie informelle repr\u00e9sente pr\u00e8s de 60% du PIB, tandis que le taux d&rsquo;\u00e9pargne domestique n&rsquo;est que de 11%. Les besoins annuels estim\u00e9s en infrastructures par la Banque mondiale s&rsquo;\u00e9l\u00e8vent entre 84 \u00e0 126 milliards d&rsquo;euros jusqu&rsquo;en 2030, dont 25 \u00e0 34 milliards d&rsquo;euros pour le seul secteur \u00e9nerg\u00e9tique, afin d&rsquo;atteindre une capacit\u00e9 stable de 10 000 MW. Dans le secteur \u00e9lectrique, les entreprises et m\u00e9nages nig\u00e9rians auto-g\u00e9n\u00e8rent encore entre 50 et 70% de leur \u00e9lectricit\u00e9, ce qui illustre l&rsquo;ampleur du d\u00e9ficit d&rsquo;infrastructures.<\/p>\n<p>Le p\u00e9trole repr\u00e9sente plus de 80% des exportations du pays et concentre historiquement 40 \u00e0 50% des flux d&rsquo;IDE, suivi des t\u00e9l\u00e9communications (environ 20%) et du manufacturing (environ 15%). L&rsquo;indice de perception de la corruption de Transparency International classait le Nigeria au 150e rang sur 175 pays en 2022.<\/p>\n<p>Les annonces interviennent dans un contexte de r\u00e9formes \u00e9conomiques engag\u00e9es depuis 2023, dont la suppression des subventions aux carburants et l&rsquo;unification du taux de change du naira. Les institutions financi\u00e8res internationales ont int\u00e9gr\u00e9 ces r\u00e9formes structurelles dans leurs \u00e9valuations macro\u00e9conomiques du pays, le FMI pr\u00e9voyant une croissance du PIB de 4,4% \u00e0 l&rsquo;horizon 2026.<\/p>\n<p>Le processus annonc\u00e9 par le gouvernement comprend quatre \u00e9tapes : la revue et la s\u00e9lection finale des actifs, actuellement en cours ; l&rsquo;\u00e9valuation et la structuration des transactions, qui pourront prendre la forme de ventes directes, d&rsquo;introductions en bourse, de concessions ou de partenariats public-priv\u00e9 ; le lancement d&rsquo;appels d&rsquo;offres ; et, enfin, le transfert de propri\u00e9t\u00e9 assorti de clauses contractuelles relatives \u00e0 l&#8217;emploi et aux standards op\u00e9rationnels. Les premi\u00e8res transactions sont attendues au cours de 2026, selon les d\u00e9clarations du ministre des Finances.<\/p>\n<p>Des opportunit\u00e9s pour l\u2019Europe mais aussi des risques \u00e0 suivre&#13;\n<\/p>\n<p>La France compte environ une centaine d&rsquo;entreprises implant\u00e9es au Nigeria, qui emploient plus de 10 000 personnes et affichent un stock d&rsquo;IDE de 4,5 milliards d&rsquo;euros en 2024. TotalEnergies domine avec ses blocs p\u00e9troliers offshore et onshore, ses 530 stations-service et ses projets solaires. Schneider Electric, Engie et Air Liquide sont pr\u00e9sents dans l&rsquo;\u00e9nergie et l&rsquo;industrie, CMA CGM (propri\u00e9taire de La Tribune Afrique) dans les transports et logistique, Pernod Ricard et Danone dans l&rsquo;agroalimentaire, Sanofi\/Biogaran et Cerba dans la sant\u00e9, et Bollor\u00e9, devenu leader de la diffusion du divertissement via Canal+\/Multichoice. C\u00f4t\u00e9 europ\u00e9en, au sens large, le groupe suisse MSC (qui a repris les activit\u00e9s de Bollor\u00e9 Africa Logistics) et le danois AP M\u00f8ller-Maersk, dans la logistique et les ports. Heineken (Pays-Bas) conna\u00eet une forte croissance de son chiffre d&rsquo;affaires au Nigeria apr\u00e8s une restructuration de sa pr\u00e9sence. Unilever et Nestl\u00e9 maintiennent leur production malgr\u00e9 des ajustements r\u00e9cents, et Siemens Energy (Allemagne) est engag\u00e9 dans la modernisation du r\u00e9seau \u00e9lectrique. En revanche, Holcim (Suisse) a quitt\u00e9 le pays en 2025 en c\u00e9dant Lafarge Africa \u00e0 Huaxin Cement, et Shell a proc\u00e9d\u00e9 \u00e0 un d\u00e9sinvestissement majeur en 2022.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"A l\u2019occasion de plusieurs interventions publiques et m\u00e9diatis\u00e9es r\u00e9cemment, le ministre nig\u00e9rian des Finances et Coordinateur de l&rsquo;\u00c9conomie,&hellip;\n","protected":false},"author":2,"featured_media":13097,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[176],"tags":[58,2235,6619,6622,6620,277,59,192,5915,1389,6618,6621],"class_list":{"0":"post-13096","1":"post","2":"type-post","3":"status-publish","4":"format-standard","5":"has-post-thumbnail","7":"category-nigeria","8":"tag-58","9":"tag-2235","10":"tag-cession","11":"tag-concernees","12":"tag-dactifs","13":"tag-entreprises","14":"tag-la-tribune-afrique","15":"tag-nigeria","16":"tag-nouvelle","17":"tag-ouvre","18":"tag-phase","19":"tag-publics"},"share_on_mastodon":{"url":"https:\/\/pubeurope.com\/@afrique\/116064265365508240","error":""},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/13096","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=13096"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/13096\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/media\/13097"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=13096"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=13096"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=13096"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}