{"id":134059,"date":"2026-06-18T15:41:17","date_gmt":"2026-06-18T15:41:17","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/134059\/"},"modified":"2026-06-18T15:41:17","modified_gmt":"2026-06-18T15:41:17","slug":"elections-2026-les-marocains-posent-leurs-conditions","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/134059\/","title":{"rendered":"\u00c9lections 2026 : les Marocains posent leurs conditions"},"content":{"rendered":"<p>Une enqu\u00eate de l\u2019association Les Citoyens r\u00e9v\u00e8le que les Marocains ne tournent pas le dos aux urnes. Ils posent des conditions claires. Int\u00e9grit\u00e9, programmes, renouvellement, transparence\u2026 Leur cahier des charges est sur la table. Le croisement avec une analyse prospective des \u00e9lections de 2021 par le Policy Center for the New South permet de comprendre pourquoi la recomposition politique de l\u2019\u00e9poque n\u2019a pas apais\u00e9 la d\u00e9fiance. Pr\u00e8s de quatre mois avant le scrutin, la balle est dans le camp des partis.<\/p>\n<p>L\u2019abstention n\u2019est pas un renoncement. C\u2019est un verdict. Une enqu\u00eate de perception men\u00e9e par l\u2019association Les Citoyens, et publi\u00e9e ces derniers jours \u00e0 moins de quatre mois des \u00e9lections l\u00e9gislatives, a \u00e9t\u00e9 largement comment\u00e9e pour ses indicateurs de d\u00e9fiance. \u00ab66,6% des Marocains jugent le vote important, mais seuls 13,6% font confiance aux r\u00e9sultats des derni\u00e8res \u00e9lections\u00bb, apprend-on.<\/p>\n<p>L\u2019\u00e9tude r\u00e9v\u00e8le aussi que 24,1% des Marocains ne voteront pas \u00abquoi qu\u2019il arrive\u00bb, que 41,3% ont boycott\u00e9 2021 et que 13,6% seulement font confiance aux r\u00e9sultats. Et m\u00eame si ces chiffres accrochent, ils ne disent pas tout. Ils occultent m\u00eame ce qui rend cette enqu\u00eate vraiment pr\u00e9cieuse. Les 76% des Marocains qui ne se sont pas encore retir\u00e9s du jeu, et d\u2019ailleurs m\u00eame une partie des 24%, ne demandent pas moins de politique. Ils en demandent plus et mieux.<\/p>\n<p>\u00c0 travers leurs r\u00e9ponses, ils dressent un cahier des charges d\u00e9mocratique pr\u00e9cis pour le prochain cap. On insiste sur l\u2019int\u00e9grit\u00e9 du scrutin, les programmes clairs, le renouvellement des candidats, le contr\u00f4le du financement. Une exigence qui change le regard sur la prochaine \u00e9ch\u00e9ance et qui, si elle \u00e9tait prise au s\u00e9rieux, pourrait redessiner le paysage politique.<\/p>\n<p>Paradoxe d\u00e9mocratique<br \/>Le premier enseignement du rapport tient dans un contraste frappant, qui est aussi une contradiction f\u00e9conde. D\u2019un c\u00f4t\u00e9, 66,6% des personnes interrog\u00e9es consid\u00e8rent le vote comme un devoir civique important ou tr\u00e8s important. De l\u2019autre, seules 13,6% d\u00e9clarent avoir confiance dans les r\u00e9sultats des derni\u00e8res \u00e9lections. Ce foss\u00e9, est expliqu\u00e9 par le rapport : \u00abla d\u00e9fiance n\u2019est pas un retrait de la d\u00e9mocratie, mais un jugement sur ses op\u00e9rateurs\u00bb. Cette d\u00e9fiance se v\u00e9rifie \u00e0 tous les niveaux de la cha\u00eene repr\u00e9sentative. Plus de 88% des r\u00e9pondants estiment que les partis politiques ne s\u2019int\u00e9ressent pas suffisamment aux pr\u00e9occupations des citoyens et 90,4% jugent que les \u00e9lus ne respectent pas leurs engagements. Surtout, 79,5% des citoyens consult\u00e9s d\u00e9clarent n\u2019avoir aucun contact avec les partis en dehors des p\u00e9riodes \u00e9lectorales. Une rupture de proximit\u00e9 qui explique en grande partie le sentiment d\u2019abandon.<\/p>\n<p>\u00abLes partis n\u2019apparaissent pas comme des acteurs visibles de la vie quotidienne des r\u00e9pondants, mais comme des entit\u00e9s lointaines dont l\u2019existence se manifeste essentiellement \u00e0 l\u2019approche des \u00e9ch\u00e9ances \u00e9lectorales\u00bb, note le rapport.<\/p>\n<p>Une g\u00e9n\u00e9ration qui veut voter\u2026 sous conditions<br \/>Contrairement \u00e0 une id\u00e9e re\u00e7ue, les moins de 30 ans sont les plus dispos\u00e9s \u00e0 se rendre aux urnes en septembre. L\u2019enqu\u00eate le montre sans ambigu\u00eft\u00e9 : 49,8% des 18\u201124 ans d\u00e9clarent vouloir voter \u00abcertainement\u00bb ou \u00abprobablement\u00bb. C\u2019est le taux le plus \u00e9lev\u00e9 de toutes les tranches d\u2019\u00e2ge. Les jeunes ne sont donc pas apathiques. Ils sont m\u00eame plus critiques que leurs a\u00een\u00e9s sur la place qui leur est faite en politique (note moyenne de 1,55 sur 5 pour la place des jeunes en politique, contre 1,73 chez les 35+), mais ils n\u2019ont pas encore int\u00e9rioris\u00e9 le retrait.<\/p>\n<p>\u00abCette fen\u00eatre \u2013 celle d\u2019une jeunesse encore disponible pour la participation malgr\u00e9 sa lucidit\u00e9 critique \u2013 est pr\u00e9cis\u00e9ment celle qui peut basculer en 2026, dans un sens ou dans l\u2019autre, selon les signaux que les institutions et les partis lui adresseront\u00bb, est-il not\u00e9.<\/p>\n<p>Ce signal, ils le d\u00e9crivent : une pr\u00e9sence r\u00e9elle des partis sur le terrain (79,5% des r\u00e9pondants d\u00e9clarent n\u2019avoir aucun contact avec eux), des programmes lisibles (42,9% des r\u00e9pondants les citent comme condition), des candidats de leur g\u00e9n\u00e9ration (40,6%) et une transparence sur le financement des campagnes (39,7%). Autant d\u2019exigences que les partis peinent aujourd\u2019hui \u00e0 satisfaire.<\/p>\n<p>L\u2019abstention n\u2019est pas un refus<br \/>Les non-votants, des d\u00e9serteurs ? Rien n\u2019est moins certain, puisque l\u2019enqu\u00eate montre que 85,3% des motifs de non\u2011inscription ou d\u2019abstention rel\u00e8vent d\u2019un jugement politique. C\u2019est de la d\u00e9fiance envers les partis (51,9%), une conviction que le vote ne change rien (22,1%) ou encore une absence de candidats repr\u00e9sentatifs (11,3%). Les freins logistiques \u2013 manque d\u2019information, probl\u00e8mes d\u2019inscription, disponibilit\u00e9 \u2013 p\u00e8sent \u00e0 peine. Interrog\u00e9s sur les raisons pour lesquelles ils ne se sont pas inscrits sur les listes, 53,4% des non-inscrits invoquent le manque de confiance comme raison principale. Cela signifie que l\u2019abstention de 2021, loin d\u2019\u00eatre une d\u00e9mission, a \u00e9t\u00e9 un acte politique d\u00e9lib\u00e9r\u00e9. Un vote, en quelque sorte, contre un syst\u00e8me per\u00e7u comme verrouill\u00e9.<\/p>\n<p>En fait, les Marocains ne se sont pas retir\u00e9s de la politique, mais ils ont dit non \u00e0 une offre politique qui ne leur convenait pas. \u00abLe non-vote n\u2019est pas une d\u00e9mission civique : c\u2019est, pour la majorit\u00e9 de l\u2019\u00e9chantillon, un acte politique d\u00e9lib\u00e9r\u00e9\u00bb, insiste le rapport. Et il ajoute : \u00abToute campagne d\u2019incitation au vote qui se concentrerait sur des messages d\u2019\u00e9ducation civique g\u00e9n\u00e9rique \u2014 \u201cle vote est un devoir\u201d, \u201cchaque voix compte\u201d \u2014 n\u2019op\u00e9rerait que sur la frange d\u00e9j\u00e0 acquise. La masse des non-votants explicite des griefs pr\u00e9cis qui appellent des r\u00e9ponses tout aussi pr\u00e9cises\u00bb.<\/p>\n<p>Un cahier des charges d\u00e9mocratique en cinq points<br \/>L\u2019enqu\u00eate identifie cinq leviers qui pourraient ramener les citoyens vers les urnes. Ils forment un cahier des charges coh\u00e9rent, structur\u00e9 autour de trois piliers : int\u00e9grit\u00e9 du processus, clart\u00e9 de l\u2019offre politique, renouvellement des corps repr\u00e9sentatifs. La garantie d\u2019int\u00e9grit\u00e9 du scrutin arrive en t\u00eate, cit\u00e9e par 47,5% des r\u00e9pondants. Les Marocains veulent des \u00e9lections dont les r\u00e9sultats ne soient pas contestables. \u00abSi le citoyen ne peut \u00eatre assur\u00e9 que sa voix sera compt\u00e9e correctement et que les acteurs qui sollicitent son soutien jouent franc jeu, aucun autre levier ne peut produire d\u2019effet durable\u00bb.<\/p>\n<p>Vient ensuite l\u2019exigence de programmes politiques clairs, mentionn\u00e9e par 42,9% des r\u00e9pondants, qui r\u00e9clament des propositions substantielles sur l\u2019\u00e9ducation, la sant\u00e9, l\u2019emploi, plut\u00f4t que des slogans. \u00abLes r\u00e9pondants ne veulent pas plus de propagande, mais davantage de substance d\u00e9battable\u00bb. La pr\u00e9sence de candidats jeunes constitue le troisi\u00e8me levier, cit\u00e9 par 40,6% des r\u00e9pondants. La suppression de la liste nationale des jeunes en 2021 est per\u00e7ue comme un signal r\u00e9gressif par les 18-24 ans, dont 13,7% r\u00e9clament un dispositif de remplacement. La transparence du financement des partis est exig\u00e9e par 39,7% des r\u00e9pondants, qui veulent savoir qui paie quoi.<\/p>\n<p>Ce pilier renvoie aux acteurs de la r\u00e9gulation et au contr\u00f4le des comptes de campagne. Enfin, une information accessible et compr\u00e9hensible est r\u00e9clam\u00e9e par 37,7% des r\u00e9pondants, qui exigent des d\u00e9bats, des plateformes de comparaison, une communication politique compr\u00e9hensible. La note moyenne attribu\u00e9e \u00e0 la qualit\u00e9 de la communication des partis s\u2019\u00e9tablit \u00e0 1,32 sur 5, et 76,7% des r\u00e9pondants lui attribuent la note la plus basse. Cette hi\u00e9rarchie dessine une demande politique coh\u00e9rente, dans la mesure o\u00f9 les Marocains ne veulent pas seulement un scrutin, ils veulent un scrutin cr\u00e9dible, une offre politique lisible et une repr\u00e9sentation renouvel\u00e9e.<\/p>\n<p>Le paradoxe des femmes<br \/>Autre enseignement qui d\u00e9joue les st\u00e9r\u00e9otypes : les femmes interrog\u00e9es affichent une intention de vote plus \u00e9lev\u00e9e que les hommes (49% contre 39,6%). Elles sont aussi plus nombreuses \u00e0 se d\u00e9clarer \u00abcertaines\u00bb d\u2019aller voter (32,2% contre 27% chez les hommes). Pourtant, elles sont moins inscrites sur les listes \u00e9lectorales (48,3% contre 54,3%). Les femmes d\u00e9clarent \u00e9galement plus fr\u00e9quemment qu\u2019elles auraient voulu voter en 2021 sans pouvoir le faire (25,2% contre 16,3% chez les hommes). Le d\u00e9ficit de participation des femmes n\u2019est donc pas un d\u00e9sint\u00e9r\u00eat politique : c\u2019est un obstacle administratif, social, logistique. Une campagne cibl\u00e9e d\u2019inscription pourrait avoir un effet imm\u00e9diat. \u00abL\u2019environnement institutionnel et social rend leur inscription et leur vote plus difficiles \u00e0 concr\u00e9tiser\u00bb, souligne le rapport.<\/p>\n<p>\u00e9ducation, sant\u00e9, emploi : les vraies priorit\u00e9s<br \/>Au-del\u00e0 des questions \u00e9lectorales, le rapport interroge les r\u00e9pondants sur leurs priorit\u00e9s de politiques publiques. L\u2019\u00e9ducation arrive largement en t\u00eate (50,8%), devant la sant\u00e9 (21,9%) et l\u2019emploi (16,2%). Cette hi\u00e9rarchie est un message direct adress\u00e9 aux partis : c\u2019est sur la qualit\u00e9 de leurs propositions en mati\u00e8re d\u2019\u00e9ducation, de sant\u00e9 et d\u2019emploi qu\u2019ils seront jug\u00e9s en 2026, davantage que sur les enjeux de gouvernance abstraits. \u00abLes \u00e9lecteurs potentiels attendent d\u2019abord des programmes capables de r\u00e9pondre \u00e0 des pr\u00e9occupations concr\u00e8tes, plus que des slogans g\u00e9n\u00e9raux sur la gouvernance ou la vie politique\u00bb, souligne l\u2019\u00e9tude.<\/p>\n<p>Et les 24% qui ne voteront jamais ?<br \/>L\u2019enqu\u00eate identifie un noyau dur de 24,1% de r\u00e9pondants qui d\u00e9clarent qu\u2019aucun facteur ne les convaincra de voter. C\u2019est une donn\u00e9e lourde, qui a \u00e9t\u00e9 abondamment comment\u00e9e. Cependant, il faut la lire avec pr\u00e9caution, car l\u2019\u00e9chantillon de l\u2019\u00e9tude, majoritairement urbain, masculin et dipl\u00f4m\u00e9, n\u2019est pas repr\u00e9sentatif de l\u2019ensemble du corps \u00e9lectoral. Ce chiffre ne vaut pas pour le Maroc tout entier. Il indique donc un ph\u00e9nom\u00e8ne. Surtout, il ne doit pas masquer la masse des citoyens mobilisables, ceux qui posent des conditions et qui pourraient revenir si celles-ci \u00e9taient remplies. Comme le note le rapport, \u00abce noyau dur combine tr\u00e8s probablement une fraction de citoyens en rupture politique de fond et une fraction de r\u00e9pondants qui se d\u00e9clarent d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9s mais qui pourraient \u00e9voluer si les autres conditions \u00e9taient remplies\u00bb.<\/p>\n<p>Dissonance d\u00e9mocratique<br \/>Une derni\u00e8re donn\u00e9e illustre l\u2019\u00e9tat d\u2019esprit des citoyens marocains \u00e0 l\u2019\u00e9gard du vote. Bien que 66,6% des r\u00e9pondants jugent le vote comme un devoir civique important ou tr\u00e8s important, seuls 28,1% se d\u00e9clarent favorables \u00e0 un caract\u00e8re obligatoire du vote, contre 52,6% d\u2019oppos\u00e9s et 19,3% d\u2019ind\u00e9cis. Cette dissonance est riche d\u2019enseignement : les r\u00e9pondants distinguent l\u2019obligation morale du citoyen \u2013 qu\u2019ils reconnaissent \u2013 de l\u2019obligation l\u00e9gale impos\u00e9e par l\u2019\u00c9tat \u2013 qu\u2019ils refusent. \u00abCe refus r\u00e9v\u00e8le une conception lib\u00e9rale du civisme, qui valorise la responsabilit\u00e9 individuelle plut\u00f4t que la contrainte \u00e9tatique, et qui trace une ligne nette entre une citoyennet\u00e9 exig\u00e9e par la conscience et une citoyennet\u00e9 impos\u00e9e par la loi\u00bb. Si le r\u00e9cit dominant sur cette enqu\u00eate est celui de la d\u00e9fiance et de l\u2019abstention, il n\u2019en reste pas moins une lecture partielle.<\/p>\n<p>La vraie nouvelle, c\u2019est que les Marocains, ou du moins leur frange la plus politis\u00e9e, sont pr\u00eats \u00e0 se r\u00e9engager si le syst\u00e8me leur donne des garanties. C\u2019est une g\u00e9n\u00e9ration qui exige que la d\u00e9mocratie soit \u00e0 la hauteur de ses promesses. Les partis, les institutions et les m\u00e9dias ont encore un peu plus de trois mois pour r\u00e9pondre \u00e0 ce cahier des charges. Comme le conclut le rapport : \u00abLa s\u00e9quence 2026 ne peut pas \u00eatre trait\u00e9e comme une \u00e9lection ordinaire. Elle constitue un moment de v\u00e9rit\u00e9 d\u00e9mocratique : soit le syst\u00e8me politique marocain saisit l\u2019occasion de r\u00e9pondre concr\u00e8tement aux attentes structur\u00e9es exprim\u00e9es par sa frange la plus mobilisable, soit il prend le risque d\u2019institutionnaliser le retrait. Les leviers existent ; les conditions sont identifi\u00e9es ; les acteurs sont en place. Ce qui manque, c\u2019est la d\u00e9cision politique de transformer ce diagnostic en action\u00bb.<\/p>\n<p>Ce que les \u00e9lections de 2021 nous disent de la d\u00e9fiance de 2026<\/p>\n<p>Une analyse r\u00e9trospective du Policy Center for the New South sur les scrutins de septembre 2021, publi\u00e9e en 2022 par Abdessalam Jaldi et Hamza Mjahed, apporte un \u00e9clairage pr\u00e9cieux sur les ressorts de la d\u00e9fiance mesur\u00e9e aujourd\u2019hui par l\u2019association Les Citoyens. Les experts du think tank soulignaient en effet plusieurs facteurs cl\u00e9s de la recomposition politique de 2021 qui r\u00e9sonnent avec les constats de l\u2019enqu\u00eate 2026.<\/p>\n<p>D\u2019abord, l\u2019effondrement du Parti de la Justice et du D\u00e9veloppement, pass\u00e9 de 125 \u00e0 13 si\u00e8ges, est analys\u00e9 comme un \u00abvote sanction\u00bb apr\u00e8s dix ans de pouvoir, une usure du gouvernement et une d\u00e9connexion des \u00e9lites. Ce constat croise directement les donn\u00e9es de l\u2019enqu\u00eate de l\u2019association Les Citoyens en 2026, o\u00f9 51,9% des abstentionnistes invoquent un \u00abmanque de confiance envers les partis politiques\u00bb comme raison principale de leur non-participation.<\/p>\n<p>\u00c9galement, la m\u00e9tamorphose du RNI, qui a conquis 102 si\u00e8ges, et la r\u00e9surgence de l\u2019Istiqlal, avec 81 si\u00e8ges, sont attribu\u00e9es par les experts du Policy Center for the New South \u00e0 une modernisation des pratiques militantes, une couverture territoriale renforc\u00e9e et une communication politique professionnalis\u00e9e, illustr\u00e9e par la tourn\u00e9e \u00ab100 villes, 100 jours\u00bb du RNI.<\/p>\n<p>Pourtant, l\u2019enqu\u00eate 2026 montre que 79,5% des citoyens d\u00e9clarent n\u2019avoir aucun contact avec les partis hors p\u00e9riodes \u00e9lectorales, un signe que cette transformation, bien qu\u2019importante, reste encore \u00e0 parfaire aux yeux des citoyens. Autre point cl\u00e9 : La suppression de la liste nationale des jeunes en 2021, que le Policy Paper qualifie sans d\u00e9tour d\u2019\u00abenterrement de la liste des jeunes\u00bb, est per\u00e7ue comme un signal r\u00e9gressif par 86,7% des r\u00e9pondants de l\u2019enqu\u00eate 2026, qui jugent la place des jeunes en politique insuffisante. Un signal d\u2019alarme d\u2019autant plus fort que les 18-24 ans, qui \u00e9taient la cible de cette liste, sont aujourd\u2019hui la tranche d\u2019\u00e2ge la plus dispos\u00e9e \u00e0 voter, \u00e0 condition que l\u2019offre politique leur donne des raisons de le faire.<\/p>\n<p>Le Policy Paper concluait que \u00abla voie d\u00e9mocratique des urnes amorc\u00e9e par le triple scrutin de 2021 peut pr\u00e9figurer une nouvelle \u00e8re de r\u00e9forme\u00bb. Mais l\u2019enqu\u00eate 2026 ajoute une condition essentielle : ces r\u00e9formes ne seront cr\u00e9dibles que si elles r\u00e9pondent aux exigences citoyennes d\u2019int\u00e9grit\u00e9, de transparence et de renouvellement. Les \u00e9lections de 2021 ont chang\u00e9 la carte politique. Les attentes de 2026 dessinent les contours d\u2019une nouvelle donne. La balle est dans le camp des partis.<\/p>\n<p>M\u00e9thodologie de l\u2019enqu\u00eate<\/p>\n<p>L\u2019enqu\u00eate \u00abComment les Marocains voient-ils les \u00e9lections de 2026 ?\u00bb a \u00e9t\u00e9 men\u00e9e par l\u2019association Les Citoyens entre janvier et avril 2026, dans le cadre d\u2019une d\u00e9marche de recherche-action participative. Elle a associ\u00e9 des questionnaires, des Caf\u00e9s Citoyens et des focus groups dans les douze r\u00e9gions du Royaume, et recueilli les avis de 2.992 r\u00e9pondants. L\u2019\u00e9chantillon est majoritairement masculin (79,7%), urbain (83,2%) et dipl\u00f4m\u00e9 (87,4% ont au moins un bac+2). Il ne pr\u00e9tend pas \u00e0 la repr\u00e9sentativit\u00e9 statistique de l\u2019ensemble du corps \u00e9lectoral, mais \u00e9claire les attentes d\u2019une frange strat\u00e9gique de la population : celle qui, par son niveau d\u2019\u00e9ducation et son insertion sociale, constitue le socle naturel de la mobilisation \u00e9lectorale.<\/p>\n<p>Hatim Khelladi \/ Les Inspirations \u00c9CO<\/p>\n<p>A regarder aussi<\/p>\n<p>                  <img class=\"ytsponso-v46-side-showlogo\" src=\"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/logo_colored_transparent_4k_from_vector_source-scaled.png\" alt=\"L'Entretien des \u00c9CO\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\"\/><br \/>\n                                      <img class=\"ytsponso-v46-side-showlogo-dark\" src=\"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/logo_entretien_eco_sombre_transparent_4k-scaled.png\" alt=\"\" aria-hidden=\"true\" loading=\"eager\" decoding=\"async\"\/><\/p>\n<p><\/p>\n<p>&#13;<\/p>\n<p><\/p>\n<p><a dir=\"LTR\" class=\"alert-main\" href=\"https:\/\/leseco.ma\/maroc\/marques-marocaines-mondial-2026-le-grand-test-publicitaire.html\" target=\"_blank\" rel=\"nofollow noopener\">&#13;<br \/>\n    &#13;<br \/>\n        &#13;<br \/>\n        &#13;<br \/>\n        &#13;<br \/>\n<\/a><\/p>\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"Une enqu\u00eate de l\u2019association Les Citoyens r\u00e9v\u00e8le que les Marocains ne tournent pas le dos aux urnes. 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