{"id":138496,"date":"2026-06-23T14:49:11","date_gmt":"2026-06-23T14:49:11","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/138496\/"},"modified":"2026-06-23T14:49:11","modified_gmt":"2026-06-23T14:49:11","slug":"dette-le-senegal-evoque-pour-la-premiere-fois-une-possible-renegociation-de-la-dette","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/138496\/","title":{"rendered":"Dette : le S\u00e9n\u00e9gal \u00e9voque pour la premi\u00e8re fois une possible ren\u00e9gociation de la dette"},"content":{"rendered":"<p>Apr\u00e8s avoir promis de rembourser int\u00e9gralement ses cr\u00e9anciers, Dakar se dit d\u00e9sormais pr\u00eat \u00e0 discuter d\u2019un accord si cette option devient incontournable. Ce changement de ton intervient apr\u00e8s le limogeage de l\u2019ex-Premier ministre Ousmane Sonko, qui d\u00e9fendait une ligne dure sur la dette et rejetait toute restructuration. Le verrou politique le plus visible a saut\u00e9, mais l\u2019accord avec le Fonds mon\u00e9taire international reste encore \u00e0 conclure.<\/p>\n<p>Un responsable du gouvernement s\u00e9n\u00e9galais a indiqu\u00e9 que le pays \u00e9tait pr\u00eat \u00e0 ren\u00e9gocier sa dette, rompant avec plusieurs mois de promesses de remboursement int\u00e9gral. Si la seule issue passe par une ren\u00e9gociation, le gouvernement la m\u00e8nera, a d\u00e9clar\u00e9 le 22 juin le ministre de l\u2019Industrie et du Commerce, Serigne Gueye Diop, \u00e0 la t\u00e9l\u00e9vision publique.<\/p>\n<p>Le changement touche au c\u0153ur de la crise. Apr\u00e8s l\u2019alternance, les nouvelles autorit\u00e9s ont r\u00e9v\u00e9l\u00e9 qu\u2019une partie de la dette avait \u00e9t\u00e9 dissimul\u00e9e. Les premiers contr\u00f4les ont r\u00e9\u00e9valu\u00e9 la dette publique \u00e0 pr\u00e8s de 100% du produit int\u00e9rieur brut fin 2023, contre environ 74% annonc\u00e9s auparavant. Des estimations ult\u00e9rieures l\u2019ont port\u00e9e \u00e0 plus de 130 % du PIB. Autrement dit, le S\u00e9n\u00e9gal doit d\u00e9sormais plus que ce que son \u00e9conomie produit en une ann\u00e9e. Le FMI a alors suspendu son soutien financier, pr\u00e9vu autour de 1,8 milliard de dollars.<\/p>\n<p>Ce changement de position intervient apr\u00e8s le d\u00e9part d\u2019Ousmane Sonko. Durant des mois, l\u2019ex-Premier ministre a incarn\u00e9 une ligne de refus de la restructuration, au nom de la souverainet\u00e9 et de la cr\u00e9dibilit\u00e9 du pays. En mai 2026, le pr\u00e9sident Bassirou Diomaye Faye l\u2019a limog\u00e9 et a dissous le gouvernement. Le d\u00e9saccord sur la dette et les discussions avec le FMI faisaient partie des points de tension entre les deux hommes. Sonko n\u2019a toutefois pas quitt\u00e9 le jeu politique. Il pr\u00e9side d\u00e9sormais l\u2019Assembl\u00e9e nationale et son parti y dispose d\u2019une large majorit\u00e9. Tout accord accompagn\u00e9 d\u2019efforts difficiles hausses d\u2019imp\u00f4ts, baisse de certaines d\u00e9penses, r\u00e9formes budg\u00e9taires pourrait donc se heurter au Parlement. Le verrou a saut\u00e9 au sommet de l\u2019\u00c9tat, mais pas dans tout le syst\u00e8me politique.<\/p>\n<p>Sortie incertaine&#13;\n<\/p>\n<p>Derri\u00e8re le mot \u00ab restructuration \u00bb, deux sc\u00e9narios se dessinent. Le premier consiste \u00e0 \u00e9taler les remboursements. Le pays paie plus tard, mais paie tout. Les pertes pour les pr\u00eateurs restent limit\u00e9es. Le second sc\u00e9nario est plus lourd : il oblige les cr\u00e9anciers \u00e0 abandonner une partie de leurs cr\u00e9ances. C\u2019est ce qui s\u2019est pass\u00e9 au Ghana, autre pays membre de la Communaut\u00e9 \u00e9conomique des \u00c9tats de l\u2019Afrique de l\u2019Ouest, o\u00f9 les d\u00e9tenteurs d\u2019obligations internationales ont accept\u00e9 d\u2019effacer pr\u00e8s de 40 % de la valeur de leurs titres. Cette option soulage davantage l\u2019\u00c9tat, mais elle co\u00fbte cher. Elle peut fermer l\u2019acc\u00e8s aux march\u00e9s internationaux pendant plusieurs ann\u00e9es et fragiliser les banques de la r\u00e9gion qui d\u00e9tiennent de la dette s\u00e9n\u00e9galaise. C\u2019est l\u2019un des arbitrages que les march\u00e9s suivront de pr\u00e8s.<\/p>\n<p>L\u2019urgence est r\u00e9elle. En 2026, le S\u00e9n\u00e9gal doit faire face \u00e0 de lourdes \u00e9ch\u00e9ances, dont une partie due \u00e0 des investisseurs \u00e9trangers via des eurobonds. Ces titres se n\u00e9gocient nettement sous leur valeur initiale, signe que les investisseurs n\u2019\u00e9cartent plus un sc\u00e9nario de ren\u00e9gociation.<\/p>\n<p>NewsletterMa Tribune<\/p>\n<p class=\"text-2xl mb-[16px]\">L\u2019actualit\u00e9 qui compte pour vous, chaque jour dans votre bo\u00eete mail.<\/p>\n<p>S&rsquo;inscrireS&rsquo;inscrireS&rsquo;inscrire<img alt=\"Illustration de la newsletter Ma Tribune\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" data-nimg=\"fill\" class=\"relative! rounded-xl\" style=\"position:absolute;height:100%;width:100%;left:0;top:0;right:0;bottom:0;object-fit:cover;color:transparent\"   src=\"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/1775746687_775_ma-tribune.png\"\/><\/p>\n<p>Dakar doit aussi s\u2019entendre avec le FMI sur son budget. Le gouvernement mise sur une hausse des recettes fiscales et sur une croissance port\u00e9e par le p\u00e9trole et le gaz, dont le pays a commenc\u00e9 la production. Mais le FMI juge que les pr\u00e9visions des autorit\u00e9s restent trop optimistes et demande des hypoth\u00e8ses plus prudentes.<\/p>\n<p>L&rsquo;enjeu de l&rsquo;UMOA&#13;\n<\/p>\n<p>Un autre risque, moins visible, concerne la place du S\u00e9n\u00e9gal sur le march\u00e9 mon\u00e9taire de l\u2019Union mon\u00e9taire ouest-africaine, qu\u2019il partage avec sept autres pays. Toucher \u00e0 cette dette pourrait fragiliser les banques de la zone, qui d\u00e9tiennent une partie des titres s\u00e9n\u00e9galais. C\u2019est pourquoi plusieurs experts recommandent de la laisser de c\u00f4t\u00e9 et de limiter tout accord aux pr\u00eats ext\u00e9rieurs. En mai 2026, sur le march\u00e9 d\u2019UMOA-Titres, le S\u00e9n\u00e9gal continuait de lever de l\u2019argent, mais dans des conditions plus tendues. Il empruntait plus court et plus cher que la moyenne r\u00e9gionale. Le march\u00e9 continuait ainsi d\u2019exiger une prime de risque \u00e9lev\u00e9e, proche de celle des signatures les plus fragiles de l\u2019Union.<\/p>\n<p>Pour les autorit\u00e9s s\u00e9n\u00e9galaises, l\u2019enjeu est concret. Une dette mieux \u00e9tal\u00e9e, c\u2019est moins d\u2019argent absorb\u00e9 chaque ann\u00e9e par les remboursements, donc plus de marge pour financer les \u00e9coles, les h\u00f4pitaux ou les infrastructures. Mais ce chemin passe presque toujours par une phase difficile : imp\u00f4ts plus lourds, d\u00e9penses publiques contraintes, arbitrages sociaux d\u00e9licats. C\u2019est cette \u00e9quation que le nouveau gouvernement devra expliquer.<\/p>\n<p>Depuis le 22 juin, la question n\u2019est plus seulement de savoir si le S\u00e9n\u00e9gal ren\u00e9gociera sa dette, mais aussi comment, avec qui et \u00e0 quel rythme.<\/p>\n<p>La signature ou non d\u2019un accord dans les prochaines semaines dira si les propos du ministre ouvrent la voie \u00e0 une sortie ordonn\u00e9e ou \u00e0 un nouveau d\u00e9lai.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"Apr\u00e8s avoir promis de rembourser int\u00e9gralement ses cr\u00e9anciers, Dakar se dit d\u00e9sormais pr\u00eat \u00e0 discuter d\u2019un accord si&hellip;\n","protected":false},"author":2,"featured_media":138497,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":"","_share_on_mastodon":"0"},"categories":[84],"tags":[58,479,14261,59,5662,4594,11],"class_list":["post-138496","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","category-senegal","tag-58","tag-dette","tag-evoque","tag-la-tribune-afrique","tag-possible","tag-renegociation","tag-senegal"],"share_on_mastodon":{"url":"https:\/\/pubeurope.com\/@afrique\/116799980582739161","error":""},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/138496","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=138496"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/138496\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/media\/138497"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=138496"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=138496"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=138496"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}