{"id":138690,"date":"2026-06-23T18:09:11","date_gmt":"2026-06-23T18:09:11","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/138690\/"},"modified":"2026-06-23T18:09:11","modified_gmt":"2026-06-23T18:09:11","slug":"de-lagos-a-cotonou-les-voies-deau-reviennent-dans-les-plans-de-transport-ouestafricains","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/138690\/","title":{"rendered":"De Lagos \u00e0 Cotonou, les voies d\u2019eau reviennent dans les plans de transport ouestafricains"},"content":{"rendered":"<p>Le financement europ\u00e9en du projet Omi Eko \u00e0 Lagos confirme le retour des voies d\u2019eau dans les politiques de transport en Afrique de l\u2019Ouest. Du Grand Nokou\u00e9 b\u00e9ninois au corridor Abidjan\u2013Lagos, ferries urbains, bateauxbus et cabotage apparaissent comme des compl\u00e9ments au r\u00e9seau routier satur\u00e9.<\/p>\n<p>Dans les grandes agglom\u00e9rations c\u00f4ti\u00e8res d\u2019Afrique de l\u2019Ouest, les voies d\u2019eau redeviennent des infrastructures de transport \u00e0 part enti\u00e8re. Le financement de 170 millions d\u2019euros d\u00e9bloqu\u00e9 la semaine derni\u00e8re par la Banque europ\u00e9enne d\u2019investissement (BEI) pour le projet Omi Eko \u00e0 Lagos donne une nouvelle visibilit\u00e9 \u00e0 cette \u00e9volution. Op\u00e9rateurs publics et priv\u00e9s cherchent \u00e0 compl\u00e9ter un r\u00e9seau routier satur\u00e9 par des services r\u00e9guliers de ferries, de bateauxbus et de cabotage c\u00f4tier.<\/p>\n<p>Au Nigeria, l\u2019accord entre la BEI et l\u2019\u00c9tat de Lagos porte sur le d\u00e9veloppement d\u2019un syst\u00e8me de transport public par voie d\u2019eau, incluant de nouveaux embarcad\u00e8res, des installations de maintenance et une flotte de navires \u00e9lectriques. La BEI apporte le financement aux c\u00f4t\u00e9s de l\u2019Agence fran\u00e7aise de d\u00e9veloppement et de la Commission europ\u00e9enne. Avec le projet Omi Eko, Lagos veut changer d\u2019\u00e9chelle dans le transport fluvial. La plus grande m\u00e9tropole d\u2019Afrique de l\u2019Ouest pr\u00e9voit 15 lignes sur 140 km, 25 terminaux et 75 navires \u00e9lectriques pouvant transporter jusqu\u2019\u00e0 440 passagers chacun. \u00c0 terme, la part du transport par voie d\u2019eau devrait passer de moins de 1% actuellement \u00e0 8% d\u2019ici 2032.<\/p>\n<p>Mobilit\u00e9 intraurbaine et r\u00e9gionale&#13;\n<\/p>\n<p>Dans la m\u00e9tropole nig\u00e9riane confront\u00e9e \u00e0 une congestion chronique, l\u2019enjeu du projet Omi Eko est de gagner du temps, d\u2019am\u00e9liorer l\u2019acc\u00e8s des communaut\u00e9s riveraines aux p\u00f4les d\u2019activit\u00e9 et de r\u00e9duire la pression sur les routes. En la mati\u00e8re, Lagos n\u2019est toutefois pas un cas isol\u00e9 dans la sousr\u00e9gion. Au B\u00e9nin, le plan de refonte du syst\u00e8me de transport de Cotonou et de ses p\u00e9riph\u00e9ries pr\u00e9voit lui aussi de mobiliser les plans d\u2019eau pour organiser les d\u00e9placements quotidiens.<\/p>\n<p>Le programme vise la mise en place d\u2019un service public de bus, mais aussi de lignes de transport fluviolagunaires entre la capitale \u00e9conomique Cotonou, la ville universitaire d&rsquo;AbomeyCalavi et la capitale politique PortoNovo, toutes situ\u00e9es dans le principal p\u00f4le urbain du B\u00e9nin qu\u2019est le Grand Nokou\u00e9. Selon les donn\u00e9es d\u00e9j\u00e0 publi\u00e9es sur ce projet, le r\u00e9seau b\u00e9ninois doit se d\u00e9velopper progressivement pour atteindre 20 bateauxbus et transporter environ 7,9 millions de passagers par an.<\/p>\n<p>Les deux principales liaisons pr\u00e9vues, Cotonou\u2013PortoNovo et Calavi\u2013Cotonou, doivent ainsi absorber une partie des d\u00e9placements qui alimentent la congestion routi\u00e8re. Les autorit\u00e9s mettent aussi en avant un b\u00e9n\u00e9fice climatique, avec une r\u00e9duction des \u00e9missions pouvant avoisiner 8 \u202f074 tonnes de CO\u2082 par an par rapport aux d\u00e9placements en motos et voitures particuli\u00e8res.<\/p>\n<p>NewsletterMa Tribune<\/p>\n<p class=\"text-2xl mb-[16px]\">L\u2019actualit\u00e9 qui compte pour vous, chaque jour dans votre bo\u00eete mail.<\/p>\n<p>S&rsquo;inscrireS&rsquo;inscrireS&rsquo;inscrire<img alt=\"Illustration de la newsletter Ma Tribune\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" data-nimg=\"fill\" class=\"relative! rounded-xl\" style=\"position:absolute;height:100%;width:100%;left:0;top:0;right:0;bottom:0;object-fit:cover;color:transparent\"   src=\"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/1775746687_775_ma-tribune.png\"\/><\/p>\n<p>Ces projets montrent une \u00e9volution dans la mani\u00e8re de penser la mobilit\u00e9 en Afrique de l\u2019Ouest, qui passe d\u2019une domination de la route \u00e0 un usage plus important des atouts naturels de la r\u00e9gion. Cet int\u00e9r\u00eat pour les voies d\u2019eau d\u00e9passe d\u2019ailleurs la seule mobilit\u00e9 intraurbaine, puisque le projet AFROPAX au Ghana s\u2019int\u00e9resse au volet maritime de la question. Pr\u00e9sent\u00e9 fin 2025, il vise \u00e0 relier par ferry plusieurs villes c\u00f4ti\u00e8res du corridor Abidjan\u2013Lagos, avec des navires capables de transporter passagers, v\u00e9hicules et marchandises. L\u2019id\u00e9e est de proposer une alternative maritime compl\u00e9mentaire \u00e0 un axe routier qui concentre une part majeure des \u00e9changes commerciaux de la CEDEAO.<\/p>\n<p>Le d\u00e9fi de l\u2019ex\u00e9cution&#13;\n<\/p>\n<p>Le Nigeria avance aussi sur un autre levier, avec la relance d\u00e9but 2026 du Fonds de financement des navires de cabotage. Ce m\u00e9canisme lanc\u00e9 en 2003 mais longtemps rest\u00e9 inop\u00e9rant doit faciliter l\u2019acquisition de navires par des armateurs locaux. S\u2019il se concr\u00e9tise, il pourrait renforcer les capacit\u00e9s nationales dans le cabotage et soutenir \u00e0 terme des liaisons c\u00f4ti\u00e8res audel\u00e0 du march\u00e9 int\u00e9rieur nig\u00e9rian. Cette dynamique compl\u00e8te les projets de ferries urbains, m\u00eame si elle r\u00e9pond davantage aux besoins du transport maritime commercial qu\u2019\u00e0 ceux de la mobilit\u00e9 quotidienne.<\/p>\n<p>Malgr\u00e9 l\u2019ambition de ces annonces r\u00e9centes, l\u2019int\u00e9gration r\u00e9elle du transport maritime et fluvial dans les modes de d\u00e9placement formels en Afrique de l\u2019Ouest d\u00e9pendra surtout de la capacit\u00e9 \u00e0 finaliser les projets en cours tout en g\u00e9n\u00e9ralisant les initiatives aux autres pays de la sousr\u00e9gion. \u00c0 Lagos, le projet Omi Eko doit s\u2019achever d\u2019ici 2030 mais il appara\u00eet comme le plus avanc\u00e9. Au B\u00e9nin, le futur r\u00e9seau devra \u00eatre port\u00e9 par un op\u00e9rateur public encore novice dans la gestion de bateauxbus, en l\u2019occurrence la Soci\u00e9t\u00e9 b\u00e9ninoise d\u2019infrastructures maritimes et fluviolagunaires cr\u00e9\u00e9e en mai 2025.<\/p>\n<p>Sur le corridor Abidjan &#8211; Lagos, AFROPAX devra franchir l\u2019\u00e9tape du financement des terminaux et de la coordination entre \u00c9tats pour passer du protocole d\u2019accord aux liaisons r\u00e9guli\u00e8res. Quant au cabotage nig\u00e9rian, en sommeil depuis deux d\u00e9cennies, il rappelle que les m\u00e9canismes de financement peuvent rester longtemps sans effet si les d\u00e9caissements tardent \u00e0 suivre. Les prochains mois diront si l\u2019Afrique de l\u2019Ouest assiste \u00e0 la naissance de nouveaux services de transport ou \u00e0 une nouvelle s\u00e9rie d\u2019\u00e9l\u00e9phants blancs.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"Le financement europ\u00e9en du projet Omi Eko \u00e0 Lagos confirme le retour des voies d\u2019eau dans les politiques&hellip;\n","protected":false},"author":2,"featured_media":138691,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":"","_share_on_mastodon":"0"},"categories":[4],"tags":[58,6,19110,15511,59,487,45384,11254,20558,4097,45383],"class_list":["post-138690","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","category-afrique","tag-58","tag-afrique","tag-cotonou","tag-deau","tag-la-tribune-afrique","tag-lagos","tag-ouest-africains","tag-plans","tag-reviennent","tag-transport","tag-voies"],"share_on_mastodon":{"url":"https:\/\/pubeurope.com\/@afrique\/116800766801743683","error":""},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/138690","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=138690"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/138690\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/media\/138691"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=138690"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=138690"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=138690"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}