{"id":144740,"date":"2026-06-30T14:43:12","date_gmt":"2026-06-30T14:43:12","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/144740\/"},"modified":"2026-06-30T14:43:12","modified_gmt":"2026-06-30T14:43:12","slug":"nigeria-belgique-et-luxembourg-veulent-rapprocher-leurs-economies-avec-le-concours-du-groupe-access-bank","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/144740\/","title":{"rendered":"Nigeria, Belgique et Luxembourg veulent rapprocher leurs \u00e9conomies avec le concours du groupe Access Bank"},"content":{"rendered":"<p>\u00c0 Lagos, des entreprises et des responasables belges, luxembourgeois et nig\u00e9rians ont promis de faire des affaires ensemble. Mais la banque qui accueillait la rencontre, Access Bank, est en m\u00eame temps contrainte par les autorit\u00e9s de son pays de r\u00e9duire sa pr\u00e9sence \u00e0 l&rsquo;\u00e9tranger. Un d\u00e9calage qui en dit long sur l\u2019\u00e9cart entre les annonces et la r\u00e9alit\u00e9.<\/p>\n<p>Le 26 juin 2026, le site d&rsquo;information financi\u00e8re nig\u00e9rian Proshare a relay\u00e9 un \u00e9v\u00e9nement relativement discret : un forum r\u00e9unissant \u00e0 Lagos, la capitale \u00e9conomique du Nigeria, des chefs d&rsquo;entreprise et des responsables publics du Nigeria, de Belgique et du Luxembourg.<\/p>\n<p>L\u2019objectif affich\u00e9 est de d\u00e9velopper le commerce et les investissements entre ces trois pays. La rencontre s&rsquo;est tenue dans les locaux de la chambre de commerce de Lagos (la principale organisation repr\u00e9sentant les entreprises de la ville) et s&rsquo;est conclue par la signature d&rsquo;un accord de coop\u00e9ration entre deux acteurs.<\/p>\n<p>B\u00e2tir un environnement \u00ab\u2009solide\u2009\u00bb&#13;\n<\/p>\n<p>D&rsquo;un c\u00f4t\u00e9, la CBL-ACP, une chambre de commerce, d\u2019agriculture et d\u2019industrie bas\u00e9e \u00e0 Bruxelles, qui accompagne les entreprises belges et luxembourgeoises dans leurs affaires en Afrique, aux Cara\u00efbes et au Pacifique. De l&rsquo;autre, Access Bank, la premi\u00e8re banque du Nigeria et l&rsquo;une des plus grandes d&rsquo;Afrique, pr\u00e9sente dans vingt-quatre pays. C&rsquo;est elle qui recevait l&rsquo;\u00e9v\u00e9nement. Le discours officiel parlait de b\u00e2tir, ensemble, un environnement \u00ab\u00a0solide\u00a0\u00bb et \u00ab\u00a0fiable\u00a0\u00bb pour investir des deux c\u00f4t\u00e9s.<\/p>\n<p>Cet accord est l\u2019aboutissement d\u2019un processus. Depuis 2024, la CBL-ACP organise chaque ann\u00e9e un forum d&rsquo;affaires entre le Nigeria, la Belgique et le Luxembourg ; la troisi\u00e8me \u00e9dition s&rsquo;est tenue \u00e0 Bruxelles en octobre 2025. Le programme de 2026 met en avant des th\u00e8mes concrets : faciliter les \u00e9changes sur le continent africain, simplifier les formalit\u00e9s douani\u00e8res, financer des projets \u00ab\u00a0verts\u00a0\u00bb (respectueux de l&rsquo;environnement) et aider les produits nig\u00e9rians \u2014 m\u00e9dicaments, textiles, produits agricoles transform\u00e9s\u00a0\u2014 \u00e0 entrer sur le march\u00e9 europ\u00e9en. Le d\u00e9cor est favorable : le Nigeria est la plus grande \u00e9conomie du continent et son plus gros march\u00e9 de consommation, et l&rsquo;Europe reste de loin le premier partenaire commercial de l&rsquo;Afrique de l&rsquo;Ouest. Le tout sur fond de r\u00e9formes \u00e9conomiques engag\u00e9es par le pr\u00e9sident nig\u00e9rian Bola Tinubu, cens\u00e9es redonner confiance aux investisseurs.<\/p>\n<p>Une banque pri\u00e9e, par le r\u00e9gulateur, de se replier\u00a0<\/p>\n<p>Un d\u00e9fi, pourtant paradoxal, tient \u00e0 la situation de la banque h\u00f4te elle-m\u00eame. En juin 2025, la banque centrale du Nigeria, l&rsquo;institution publique qui supervise les banques et la monnaie du pays, dirig\u00e9e par Olayemi Cardoso, a impos\u00e9 une nouvelle r\u00e8gle : une banque nig\u00e9riane ne peut plus immobiliser \u00e0 l&rsquo;\u00e9tranger plus de 10% de son argent propre (les fonds qui lui appartiennent, par opposition \u00e0 l&rsquo;argent des clients). Or, d\u00e9but 2026, Access Bank en avait plac\u00e9 pr\u00e8s du double, environ 19%, dans ses filiales hors du pays. Elle a maintenant douze mois pour revenir sous le seuil, c&rsquo;est-\u00e0-dire pour vendre une partie de ce qu&rsquo;elle poss\u00e8de \u00e0 l&rsquo;\u00e9tranger ou en r\u00e9duire la part. Ses dirigeants l&rsquo;ont confirm\u00e9 : le groupe va c\u00e9der ou r\u00e9duire ses participations, tout en essayant de garder la main sur ces banques.<\/p>\n<p>NewsletterMa Tribune<\/p>\n<p class=\"text-2xl mb-[16px]\">L\u2019actualit\u00e9 qui compte pour vous, chaque jour dans votre bo\u00eete mail.<\/p>\n<p>S&rsquo;inscrireS&rsquo;inscrireS&rsquo;inscrire<img alt=\"Illustration de la newsletter Ma Tribune\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" data-nimg=\"fill\" class=\"relative! rounded-xl\" style=\"position:absolute;height:100%;width:100%;left:0;top:0;right:0;bottom:0;object-fit:cover;color:transparent\"   src=\"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/1775746687_775_ma-tribune.png\"\/><\/p>\n<p>Pour un \u00e9tablissement qui s&rsquo;\u00e9tait illustr\u00e9, ces derni\u00e8res ann\u00e9es, par une expansion tr\u00e8s rapide, \u00a0avec des rachats r\u00e9cents en Gambie, en Tanzanie et \u00e0 l&rsquo;\u00eele Maurice, c&rsquo;est un net coup de frein.<\/p>\n<p>Le message des autorit\u00e9s est clair : elles pr\u00e9f\u00e8rent que l&rsquo;argent des banques nig\u00e9rianes serve \u00e0 financer l&rsquo;\u00e9conomie du Nigeria plut\u00f4t qu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;achat de banques \u00e0 l&rsquo;\u00e9tranger.<\/p>\n<p>Le sujet est sensible, car ces filiales \u00e9trang\u00e8res g\u00e9n\u00e8rent beaucoup de revenus surtout en devises : leur contribution aux b\u00e9n\u00e9fices du groupe a fortement progress\u00e9 en un an, m\u00eame si certaines, en Afrique du Sud et au Kenya, perdent de l&rsquo;argent. Cette contrainte modifie le r\u00f4le qu&rsquo;Access Bank peut jouer dans un projet d&rsquo;\u00e9changes avec la Belgique et le Luxembourg. Plut\u00f4t que d&rsquo;investir directement son propre argent \u00e0 l&rsquo;\u00e9tranger, la banque a d\u00e9sormais int\u00e9r\u00eat \u00e0 accompagner les \u00e9changes commerciaux, un m\u00e9tier qui consiste \u00e0 garantir et financer les op\u00e9rations d&rsquo;import-export entre entreprises, sans y immobiliser beaucoup de capital. Elle peut s&rsquo;appuyer pour cela sur ses implantations europ\u00e9ennes : sa filiale au Royaume-Uni, une autre \u00e0 Malte (qui lui sert de porte d&rsquo;entr\u00e9e dans l&rsquo;Union europ\u00e9enne) et une banque ouverte \u00e0 Paris en 2023. L&rsquo;accord sign\u00e9 avec la chambre de commerce belgo-luxembourgeoise s&rsquo;inscrit dans cette logique : faciliter le commerce plut\u00f4t que d&rsquo;investir.<\/p>\n<p>Quels types d&rsquo;investissement ?&#13;\n<\/p>\n<p>Le point le plus souvent pass\u00e9 sous silence concerne la nature des capitaux qui arrivent r\u00e9ellement au Nigeria. En 2025, le pays a attir\u00e9 23,22 milliards de dollars d&rsquo;investissements \u00e9trangers, soit presque le double de l&rsquo;ann\u00e9e pr\u00e9c\u00e9dente. Mais la part destin\u00e9e \u00e0 des projets durables, ce qu&rsquo;on appelle l&rsquo;investissement direct, ne repr\u00e9sentait que 923 millions de dollars, soit moins de 4% du total. Le reste, l&rsquo;immense majorit\u00e9, a \u00e9t\u00e9 plac\u00e9 dans des produits financiers \u00e0 court terme, par exemple des bons d&rsquo;\u00c9tat qui rapportent beaucoup, car les taux d&rsquo;int\u00e9r\u00eat nig\u00e9rians sont tr\u00e8s \u00e9lev\u00e9s. En clair : le Nigeria attire surtout de l&rsquo;argent \u00ab de passage \u00bb, qui cherche un rendement rapide et peut repartir du jour au lendemain. Rien \u00e0 voir avec l&rsquo;investissement patient que ces forums promettent de d\u00e9bloquer. Les r\u00e9formes du pr\u00e9sident Tinubu, la fin des subventions sur le carburant et la lib\u00e9ralisation de la monnaie nationale, ont assaini les comptes du pays, mais ne se sont pas encore traduites par des investissements cr\u00e9ant de la richesse durable. La presse \u00e9conomique nig\u00e9riane r\u00e9sume elle-m\u00eame la situation ainsi : le pays s&rsquo;est stabilis\u00e9 mais ne s&rsquo;est pas encore transform\u00e9.<\/p>\n<p>Un autre point \u00e0 surveiller est que la Belgique occupe le rang de deuxi\u00e8me fournisseur du Nig\u00e9ria, avec environ 4,8 milliards d&rsquo;euros en 2024 selon des chiffres du centre des donn\u00e9es sur le commerce international, contre moins de 280 millions dans l&rsquo;autre sens. De plus, ces \u00e9changes reposent sur le commerce des produits p\u00e9troliers. Mais ce mod\u00e8le se fissure. L&rsquo;entr\u00e9e en service de la gigantesque raffinerie du groupe nig\u00e9rian Dangote, qui permet d\u00e9sormais de raffiner le p\u00e9trole sur place, menace directement ce commerce de carburant. L&rsquo;ambassadeur de Belgique au Nigeria, Pieter Leenknegt, a lui-m\u00eame parl\u00e9 d&rsquo;un \u00ab effet Dangote \u00bb lors d\u2019une interview accord\u00e9e \u00e0 la presse locale en ao\u00fbt 2025.<\/p>\n<p>Les organisateurs du forum en sont conscients et cherchent \u00e0 ouvrir d&rsquo;autres pistes : agriculture transform\u00e9e, sant\u00e9, services portuaires. Le cacao en est un bon exemple : le Nigeria ne fournit encore qu&rsquo;une petite partie des achats belges, il y a donc de la marge. Mais ces d\u00e9bouch\u00e9s se heurtent aux normes environnementales europ\u00e9ennes, de plus en plus strictes, qui peuvent tout aussi bien fermer la porte aux petites entreprises nig\u00e9rianes que les aider \u00e0 entrer.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"\u00c0 Lagos, des entreprises et des responasables belges, luxembourgeois et nig\u00e9rians ont promis de faire des affaires ensemble.&hellip;\n","protected":false},"author":2,"featured_media":144741,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":"","_share_on_mastodon":"0"},"categories":[176],"tags":[58,46624,19161,219,6772,26597,418,59,1991,192,19463,46623],"class_list":["post-144740","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","category-nigeria","tag-58","tag-access","tag-bank","tag-belgique","tag-concours","tag-economies","tag-groupe","tag-la-tribune-afrique","tag-luxembourg","tag-nigeria","tag-rapprocher","tag-veulent"],"share_on_mastodon":{"url":"https:\/\/pubeurope.com\/@afrique\/116839593124660183","error":""},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/144740","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=144740"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/144740\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/media\/144741"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=144740"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=144740"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=144740"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}