{"id":145751,"date":"2026-07-01T19:14:11","date_gmt":"2026-07-01T19:14:11","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/145751\/"},"modified":"2026-07-01T19:14:11","modified_gmt":"2026-07-01T19:14:11","slug":"nigeria-lex-president-obasanjo-alerte-sur-les-germes-dune-nouvelle-guerre-civile","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/145751\/","title":{"rendered":"Nigeria : l&rsquo;ex pr\u00e9sident Obasanjo alerte sur les germes d\u2019une nouvelle guerre civile"},"content":{"rendered":"<p>Olusegun Obasanjo a re\u00e7u \u00e0 Abeokuta une documentation consacr\u00e9e au massacre d\u2019Asaba, l\u2019un des \u00e9pisodes les plus sombres et longtemps occult\u00e9s de la guerre du Biafra. L\u2019ancien pr\u00e9sident nig\u00e9rian a profit\u00e9 de cette remise pour avertir que plusieurs germes de la guerre civile de 1967-1970 demeurent pr\u00e9sents au Nigeria, appelant \u00e0 pr\u00e9server la m\u00e9moire pour \u00e9viter une nouvelle trag\u00e9die.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"500\" height=\"500\" alt=\"\" style=\"max-width:100%; height:auto;\" class=\"perfmatters-lazy\" src=\"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-content\/uploads\/2026\/06\/Canal-decodeur.webp\"\/><\/p>\n<p class=\"wp-block-paragraph\">ABEOKUTA \u2013 L\u2019ancien pr\u00e9sident nig\u00e9rian Olusegun Obasanjo a re\u00e7u mercredi 1er juillet 2026, \u00e0 la biblioth\u00e8que pr\u00e9sidentielle qui porte son nom \u00e0 Abeokuta, dans l\u2019\u00c9tat d\u2019Ogun, un ouvrage de documentation historique sur le massacre d\u2019Asaba d\u2019octobre 1967, remis par l\u2019Isama Ajie d\u2019Asaba, le chef Chuck Nduka-Eze. \u00c0 cette occasion, l\u2019ancien chef d\u2019\u00c9tat a averti que de nombreux facteurs ayant conduit \u00e0 la guerre civile nig\u00e9riane de 1967-1970 demeuraient pr\u00e9sents dans les institutions du pays et au sein de sa population.<\/p>\n<p class=\"wp-block-paragraph\">L\u2019ouvrage pr\u00e9sent\u00e9, intitul\u00e9 Asaba Massacre, rassemble une transcription publi\u00e9e et un documentaire audiovisuel fond\u00e9s sur des t\u00e9moignages oculaires, des archives, des entretiens enregistr\u00e9s et des recherches historiques. Obasanjo, qui commandait des troupes f\u00e9d\u00e9rales pendant la guerre civile, a d\u00e9clar\u00e9 avoir toujours \u00e9vit\u00e9 de se prononcer sur le massacre d\u2019Asaba au motif que la zone \u00e9tait plac\u00e9e sous le commandement du g\u00e9n\u00e9ral Murtala Muhammed, tu\u00e9 dans un coup d\u2019\u00c9tat en 1976 et depuis \u00e9lev\u00e9 au rang de figure nationale. \u00ab Quand les gens parlent du massacre d\u2019Asaba, je reconnais toujours que je ne peux pas en donner les d\u00e9tails \u00bb, a-t-il d\u00e9clar\u00e9.<\/p>\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Il a en revanche relat\u00e9 \u00eatre intervenu personnellement pendant la guerre pour emp\u00eacher un soldat de violer une femme \u00e0 Asaba, soulignant que de tels actes engagent la responsabilit\u00e9 de commandement.<\/p>\n<p>Un massacre longtemps occult\u00e9<\/p>\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le massacre d\u2019Asaba s\u2019est d\u00e9roul\u00e9 du 5 au 7 octobre 1967, quatre mois apr\u00e8s le d\u00e9but de la guerre civile opposant le gouvernement f\u00e9d\u00e9ral nig\u00e9rian \u00e0 la R\u00e9publique autoproclam\u00e9e du Biafra. Les troupes f\u00e9d\u00e9rales de la 2e division d\u2019infanterie, command\u00e9e par le colonel Murtala Muhammed, entr\u00e8rent \u00e0 Asaba le 5 octobre, alors que les forces biafraises venaient de faire sauter les trav\u00e9es orientales du pont d\u2019Onitsha pour emp\u00eacher leur poursuite. Asaba, ville majoritairement igbo mais rest\u00e9e dans la f\u00e9d\u00e9ration et acquise au principe de l\u2019unit\u00e9 nationale, organisa une procession civile le 7 octobre pour afficher sa loyaut\u00e9 envers le gouvernement f\u00e9d\u00e9ral, ses habitants d\u00e9filant en tenues blanches traditionnelles en chantant \u00ab One Nigeria \u00bb.<\/p>\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Selon les t\u00e9moignages recueillis par les chercheurs et les survivants, les soldats f\u00e9d\u00e9raux s\u00e9par\u00e8rent les hommes et les gar\u00e7ons des femmes et des enfants \u00e0 un carrefour, avant d\u2019ouvrir le feu \u00e0 la mitrailleuse. Le bilan ne peut \u00eatre \u00e9tabli avec pr\u00e9cision, les sources acad\u00e9miques retenant une fourchette de plusieurs centaines \u00e0 plus de mille victimes civiles masculines. Nduka-Eze a indiqu\u00e9 lors de la pr\u00e9sentation que les \u00e9l\u00e9ments disponibles pointaient vers la mort de plus de mille civils. Le massacre, jamais reconnu officiellement par l\u2019\u00c9tat nig\u00e9rian ni poursuivi devant une juridiction, a fait l\u2019objet d\u2019une documentation scientifique majeure en 2017, avec la publication par Cambridge University Press de l\u2019ouvrage de r\u00e9f\u00e9rence The Asaba Massacre: Trauma, Memory, and the Nigerian Civil War, sign\u00e9 par Elizabeth Bird et Fraser Ottanelli.<\/p>\n<p>\u00ab Nous avons d\u00e9j\u00e0 combattu une guerre civile de trop \u00bb<\/p>\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Prenant la parole apr\u00e8s la remise du document, Obasanjo a exprim\u00e9 sa pr\u00e9occupation pour la situation actuelle du Nigeria. \u00ab Certaines des choses qui ont conduit \u00e0 la guerre civile sont toujours l\u00e0. Combien de temps cela va-t-il encore nous accompagner ? \u00bb, a-t-il d\u00e9clar\u00e9. Rappelant une remarque de l\u2019ancien chef d\u2019\u00c9tat Yakubu Gowon, il a ajout\u00e9 que le Nigeria ne survivrait pas \u00e0 une seconde guerre civile : \u00ab Nous avons d\u00e9j\u00e0 combattu une guerre civile de trop. \u00bb<\/p>\n<p class=\"wp-block-paragraph\">L\u2019ancien chef d\u2019\u00c9tat, qui a dirig\u00e9 le Nigeria de 1999 \u00e0 2007 comme pr\u00e9sident civil apr\u00e8s avoir \u00e9t\u00e9 chef d\u2019\u00c9tat militaire de 1976 \u00e0 1979, a insist\u00e9 sur la n\u00e9cessit\u00e9 de documenter les \u00e9v\u00e9nements tragiques de la guerre pour en pr\u00e9venir la r\u00e9p\u00e9tition. \u00ab Nous nous enorgueillissons de pr\u00e9server le pass\u00e9, de saisir le pr\u00e9sent et d\u2019inspirer l\u2019avenir. Merci de faire conna\u00eetre cette histoire, pour que les gens l\u2019apprennent et s\u2019engagent \u00e0 ce que cela ne se reproduise jamais. Je dis : jamais \u00bb, a-t-il conclu.<\/p>\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Nduka-Eze a lui aussi estim\u00e9 que les conditions ayant conduit \u00e0 la guerre civile \u2013 notamment la m\u00e9fiance ethnique entre les communaut\u00e9s du Nigeria \u2013 restaient en grande partie non r\u00e9solues. La guerre civile nig\u00e9riane, connue \u00e9galement sous le nom de guerre du Biafra, a dur\u00e9 du 6 juillet 1967 au 15 janvier 1970 et fait entre un et trois millions de morts, civils en grande partie, selon les estimations historiques.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"Olusegun Obasanjo a re\u00e7u \u00e0 Abeokuta une documentation consacr\u00e9e au massacre d\u2019Asaba, l\u2019un des \u00e9pisodes les plus sombres&hellip;\n","protected":false},"author":2,"featured_media":145752,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":"","_share_on_mastodon":"0"},"categories":[176],"tags":[109,1477,46881,1394,46880,192,5915,14260,2538,115],"class_list":["post-145751","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","category-nigeria","tag-alerte","tag-dune","tag-germes","tag-guerre","tag-lrsquo","tag-nigeria","tag-nouvelle","tag-obasanjo","tag-president","tag-societe"],"share_on_mastodon":{"url":"https:\/\/pubeurope.com\/@afrique\/116846321075083920","error":""},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/145751","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=145751"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/145751\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/media\/145752"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=145751"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=145751"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=145751"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}