{"id":1496,"date":"2026-02-04T17:31:24","date_gmt":"2026-02-04T17:31:24","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/1496\/"},"modified":"2026-02-04T17:31:24","modified_gmt":"2026-02-04T17:31:24","slug":"en-afrique-de-louest-lue-se-joint-aux-efforts-pour-debloquer-le-potentiel-de-leconomie-bleue","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/1496\/","title":{"rendered":"En Afrique de l\u2019Ouest, l\u2019UE se joint aux efforts pour d\u00e9bloquer le potentiel de l\u2019\u00e9conomie bleue"},"content":{"rendered":"<p>\u00c0 l\u2019occasion de la Cabo Verde Ocean Week tenue cette semaine \u00e0 Mindelo (Cap-Vert), l\u2019Union europ\u00e9enne et ses partenaires ont proc\u00e9d\u00e9 au lancement officiel du West Africa Sustainable Ocean Programme (WASOP). Ce programme dot\u00e9 d\u2019un financement de 59 millions d\u2019euros vise \u00e0 accompagner la gestion durable des ressources oc\u00e9aniques dans 13 pays c\u00f4tiers d\u2019Afrique de l\u2019Ouest. Il s\u2019inscrit dans un contexte o\u00f9 les pays africains s\u2019efforcent de mettre en place des cadres r\u00e9glementaires et des projets pour saisir des opportunit\u00e9s \u00e9valu\u00e9es par le Dr Matthias Naab, Directeur du Centre de service r\u00e9gional Afrique du PNUD, \u00e0 405 milliards USD (environ 350 milliards d&rsquo;euros) et 57 millions d\u2019emplois sur le continent d\u2019ici 2030.<\/p>\n<p>D\u00e9but\u00e9 en 2024 pour une dur\u00e9e de cinq ans, le WASOP couvre le Cap-Vert, la Mauritanie, le S\u00e9n\u00e9gal, la Gambie, la Guin\u00e9e, la Guin\u00e9e-Bissau, le Liberia, la Sierra Leone, la C\u00f4te d\u2019Ivoire, le B\u00e9nin, le Ghana, le Togo et le Nigeria. Selon l\u2019UE, il doit soutenir la mise en place d\u2019une \u00ab gestion int\u00e9gr\u00e9e et durable des ressources marines et c\u00f4ti\u00e8res en Afrique de l\u2019Ouest, tout en promouvant une croissance \u00e9conomique inclusive et comp\u00e9titive \u00bb. La strat\u00e9gie mise en \u0153uvre repose sur 3 piliers, \u00e0 savoir le renforcement de la gouvernance des oc\u00e9ans, le d\u00e9veloppement d\u2019une \u00e9conomie bleue durable et inclusive, et une meilleure pr\u00e9servation des \u00e9cosyst\u00e8mes marins et c\u00f4tiers.<\/p>\n<p>Le soutien \u00e0 l\u2019\u00e9conomie bleue occupe une place centrale dans le programme. Mis en \u0153uvre par Expertise France, ce pilier s\u2019appuie notamment sur une facilit\u00e9 d\u2019assistance technique au profit des institutions publiques et priv\u00e9es de la r\u00e9gion, ainsi que sur le financement d\u2019actions pilotes dans l\u2019\u00e9conomie bleue durable. Un appel \u00e0 propositions de projets \u00e0 hauteur de 10 millions d\u2019euros est aussi pr\u00e9vu pour des initiatives locales ayant un fort potentiel de r\u00e9plication, et susceptibles de mobiliser des financements compl\u00e9mentaires, notamment du secteur priv\u00e9.<\/p>\n<p>Un potentiel \u00e0 concr\u00e9tiser&#13;\n<\/p>\n<p>Le programme de l\u2019Union europ\u00e9enne survient \u00e0 un moment o\u00f9 l\u2019\u00e9conomie bleue appara\u00eet de plus en plus comme un levier de croissance pour l\u2019Afrique. Le continent dispose de 47 000 km de c\u00f4tes, de vastes zones \u00e9conomiques exclusives et d\u2019importantes ressources halieutiques, \u00e9nerg\u00e9tiques et touristiques. Selon l&rsquo;Union africaine, l&rsquo;\u00e9conomie bleue g\u00e9n\u00e9rait d\u00e9j\u00e0 pr\u00e8s de 300 milliards USD (260 milliards \u20ac) pour le continent en 2019, avec \u00e0 la cl\u00e9 environ 50 000 emplois cr\u00e9\u00e9s. Dans l&rsquo;espace CEDEAO, 55 % du PIB provient actuellement d\u2019activit\u00e9s li\u00e9es \u00e0 l\u2019oc\u00e9an.<\/p>\n<p>Ce potentiel reste toutefois fragilis\u00e9 par des d\u00e9fis communs \u00e0 l\u2019ensemble de la fa\u00e7ade ouest-africaine, en l\u2019occurrence la pollution marine, l\u2019\u00e9rosion c\u00f4ti\u00e8re, la mont\u00e9e des eaux et la perte d\u2019habitats critiques tels que les mangroves. Dans certains pays comme le Togo et le B\u00e9nin, le recul du littoral atteint jusqu\u2019\u00e0 2 m\u00e8tres par an, explique Elly Baroudy, responsable \u00e0 la Banque mondiale du p\u00f4le environnement, ressources naturelles et \u00e9conomie bleue pour l\u2019Afrique de l\u2019Ouest. Environ 40% des stocks de poissons sont d\u00e9j\u00e0 surexploit\u00e9s ou \u00e9puis\u00e9s, tandis que l\u2019\u00e9rosion c\u00f4ti\u00e8re co\u00fbte jusqu\u2019\u00e0 3,8 milliards de dollars (environ 3,3 milliards d&rsquo;euros) par an \u00e0 la sous-r\u00e9gion.<\/p>\n<p>Des initiatives compl\u00e9mentaires&#13;\n<\/p>\n<p>Face \u00e0 l\u2019ampleur de ces d\u00e9fis, le WASOP n\u2019est pas une initiative isol\u00e9e. D\u2019autres programmes r\u00e9gionaux soutiennent d\u00e9j\u00e0 les \u00c9tats dans la gestion de leurs zones c\u00f4ti\u00e8res et marines. Le Programme de gestion du littoral ouest-africain (WACA) par exemple, appuie la lutte contre l\u2019\u00e9rosion, les inondations et la pollution dans 9 pays. Financ\u00e9 par la Banque mondiale, il a d\u00e9j\u00e0 permis d\u2019observer des r\u00e9sultats concrets au Togo et au B\u00e9nin, notamment gr\u00e2ce \u00e0 la restauration de mangroves et \u00e0 la stabilisation de segments de littoral.<\/p>\n<p>Sur le plan financier, la Banque ouest-africaine de d\u00e9veloppement (BOAD) et la Banque d\u2019investissement et de d\u00e9veloppement de la CEDEAO (BIDC) ont annonc\u00e9 leur intention d\u2019intensifier leurs engagements dans l\u2019\u00e9conomie bleue. Les deux institutions ont sign\u00e9 des protocoles d\u2019accord lors de la Cabo Verde Ocean Week, pour renforcer leur action dans la r\u00e9gion.<\/p>\n<p>La rencontre a aussi marqu\u00e9 le lancement du groupe r\u00e9gional Afrique de la FiCS Ocean Coalition, un m\u00e9canisme destin\u00e9 \u00e0 faciliter la mobilisation de financements pour l\u2019\u00e9conomie bleue. Selon Our\u00e8ye Sakho Eklo, directrice g\u00e9n\u00e9rale adjointe de la BOAD, ce groupe vise \u00e0 \u00ab mobiliser pr\u00e8s de 12 milliards de dollars d\u2019investissements pour une \u00e9conomie bleue durable dans la r\u00e9gion \u00bb.<\/p>\n<p>Amplifier les efforts&#13;\n<\/p>\n<p>Malgr\u00e9 ces avanc\u00e9es, plusieurs analystes soulignent que les initiatives en cours restent limit\u00e9es par rapport \u00e0 l\u2019ampleur des enjeux. L\u2019Afrique de l\u2019Ouest fait encore face \u00e0 des d\u00e9fis structurels majeurs en mati\u00e8re de gouvernance maritime, de financement, d&rsquo;int\u00e9gration des cha\u00eenes de valeur et de r\u00e9silience climatique. Sur le plan de la gouvernance, la p\u00eache ill\u00e9gale, non d\u00e9clar\u00e9e et non r\u00e9glement\u00e9e continue de repr\u00e9senter un manque \u00e0 gagner de pr\u00e8s de 1,9 milliard d\u2019euros chaque ann\u00e9e pour sept pays de la sous-r\u00e9gion, regroup\u00e9s au sein de la Commission sous-r\u00e9gionale des p\u00eaches.<\/p>\n<p>C\u00f4t\u00e9 financement, la faiblesse des investissements priv\u00e9s reste un frein majeur. Si la Banque mondiale estime qu\u2019il faut davantage de subventions pour d\u00e9velopper les diagnostics, elle souligne qu\u2019il est tout aussi important de disposer d&rsquo;un solide portefeuille de projets bancables pr\u00eats \u00e0 \u00eatre mis en \u0153uvre.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Le processus d&rsquo;acc\u00e8s au financement du d\u00e9veloppement peut \u00eatre complexe. Pour aider les pays \u00e0 s&rsquo;y retrouver, il est important de r\u00e9unir les gouvernements, les partenaires techniques et les bailleurs de fonds, afin qu&rsquo;ils puissent \u00e9tablir une relation de confiance et \u00e9laborer ensemble une feuille de route claire pour atteindre les objectifs de d\u00e9veloppement durable en renfor\u00e7ant leurs \u00e9conomies bleues\u00a0\u00bb, indique l\u2019institution dans son rapport \u00ab Blue Economy For Resilient Africa Program \u00bb paru en mars 2025.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"\u00c0 l\u2019occasion de la Cabo Verde Ocean Week tenue cette semaine \u00e0 Mindelo (Cap-Vert), l\u2019Union europ\u00e9enne et ses&hellip;\n","protected":false},"author":2,"featured_media":1497,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[2],"tags":[390,6,1189,1186,1185,52,51,1184,1188,61,360,59,1187],"class_list":{"0":"post-1496","1":"post","2":"type-post","3":"status-publish","4":"format-standard","5":"has-post-thumbnail","7":"category-europe","8":"tag-390","9":"tag-afrique","10":"tag-bleue","11":"tag-debloquer","12":"tag-efforts","13":"tag-europe-africa","14":"tag-europe-afrique","15":"tag-joint","16":"tag-leconomie","17":"tag-leurope","18":"tag-louest","19":"tag-la-tribune-afrique","20":"tag-potentiel"},"share_on_mastodon":{"url":"","error":""},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1496","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1496"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1496\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/media\/1497"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1496"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=1496"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=1496"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}