{"id":156013,"date":"2026-07-14T04:42:18","date_gmt":"2026-07-14T04:42:18","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/156013\/"},"modified":"2026-07-14T04:42:18","modified_gmt":"2026-07-14T04:42:18","slug":"securite-routiere-le-modele-marocain-salue-par-loms","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/156013\/","title":{"rendered":"S\u00e9curit\u00e9 routi\u00e8re : le mod\u00e8le marocain salu\u00e9 par l\u2019OMS"},"content":{"rendered":"<p>Longtemps associ\u00e9e aux bilans d\u2019accidents et aux campagnes de sensibilisation, la s\u00e9curit\u00e9 routi\u00e8re marocaine est aujourd\u2019hui regard\u00e9e sous un autre angle, celui d\u2019une politique publique en cours de structuration. Une \u00e9volution d\u00e9sormais mise en avant par l\u2019Organisation mondiale de la sant\u00e9 lors d\u2019une r\u00e9union de haut niveau des Nations Unies consacr\u00e9e \u00e0 la s\u00e9curit\u00e9 routi\u00e8re mondiale. Pour le Maroc, l\u2019enjeu n\u2019est plus seulement de r\u00e9duire la mortalit\u00e9 sur ses routes, mais aussi de confirmer son statut d\u2019exp\u00e9rience pouvant inspirer d\u2019autres pays.<\/p>\n<p>La s\u00e9curit\u00e9 routi\u00e8re est souvent trait\u00e9e sous l\u2019angle du drame, des accidents ou des campagnes de sensibilisation. Pourtant, le cas marocain montre qu\u2019elle rel\u00e8ve aussi d\u2019un enjeu de gouvernance publique. Ces derni\u00e8res ann\u00e9es, le pays a renforc\u00e9 son architecture institutionnelle, consolid\u00e9 ses syst\u00e8mes de donn\u00e9es et donn\u00e9 \u00e0 la politique de s\u00e9curit\u00e9 routi\u00e8re un cadre plus op\u00e9rationnel.<br \/>C\u2019est pr\u00e9cis\u00e9ment ce changement de m\u00e9thode qui retient aujourd\u2019hui l\u2019attention. En accueillant la 4e Conf\u00e9rence minist\u00e9rielle mondiale sur la s\u00e9curit\u00e9 routi\u00e8re, le Maroc a confirm\u00e9 son positionnement parmi les pays africains les plus engag\u00e9s dans ce domaine. Cette conf\u00e9rence a permis l\u2019adoption d\u2019une nouvelle d\u00e9claration internationale visant \u00e0 r\u00e9duire le nombre de morts et de bless\u00e9s sur les routes. Mais au-del\u00e0 de l\u2019\u00e9v\u00e9nement diplomatique, c\u2019est l\u2019exp\u00e9rience accumul\u00e9e par le Royaume qui est d\u00e9sormais scrut\u00e9e.<\/p>\n<p>Une strat\u00e9gie avec des objectifs chiffr\u00e9s<br \/>Le socle de cette approche repose sur la deuxi\u00e8me Strat\u00e9gie nationale de s\u00e9curit\u00e9 routi\u00e8re, couvrant la p\u00e9riode 2017-2026. Celle-ci fixe un objectif ambitieux, celui de r\u00e9duire de 50% le nombre de d\u00e9c\u00e8s sur les routes en dix ans. L\u2019int\u00e9r\u00eat de cette strat\u00e9gie ne tient pas seulement \u00e0 son ambition, mais aussi \u00e0 sa construction. L\u2019Agence nationale de la s\u00e9curit\u00e9 routi\u00e8re (NARSA) occupe une place centrale dans ce dispositif. Elle dispose d\u2019un mandat l\u00e9gal lui permettant de coordonner les actions de contr\u00f4le, d\u2019acqu\u00e9rir les \u00e9quipements n\u00e9cessaires et de g\u00e9rer le syst\u00e8me national du permis \u00e0 points.<\/p>\n<p>Cette architecture est compl\u00e9t\u00e9e par un pilotage \u00e0 deux niveaux. Le Comit\u00e9 interminist\u00e9riel de la s\u00e9curit\u00e9 routi\u00e8re, pr\u00e9sid\u00e9 par le chef du gouvernement, assure la validation politique. Le Comit\u00e9 permanent, pr\u00e9sid\u00e9 par le ministre du Transport, joue le r\u00f4le d\u2019espace de coordination technique. Cette organisation permet d\u2019\u00e9viter deux \u00e9cueils classiques : enfermer la s\u00e9curit\u00e9 routi\u00e8re dans un seul d\u00e9partement minist\u00e9riel ou la priver de l\u2019autorit\u00e9 n\u00e9cessaire pour agir sur le terrain. Lors de la r\u00e9union de haut niveau des Nations Unies sur l\u2019am\u00e9lioration de la s\u00e9curit\u00e9 routi\u00e8re mondiale, l\u2019OMS a encens\u00e9 le mod\u00e8le marocain indiquant que l\u2019un des aspects les plus significatifs de l\u2019exp\u00e9rience marocaine tient au passage d\u2019une logique de contr\u00f4le g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9 \u00e0 une approche fond\u00e9e sur les donn\u00e9es.<\/p>\n<p>Le Plan national de contr\u00f4le routier 2022-2024 a marqu\u00e9 cette \u00e9volution. Les zones prioritaires de contr\u00f4le ne sont plus choisies de mani\u00e8re uniforme, mais \u00e0 partir des donn\u00e9es d\u2019accidents. Les moyens sont ainsi concentr\u00e9s l\u00e0 o\u00f9 le risque est le plus \u00e9lev\u00e9. Ce plan a \u00e9galement d\u00e9fini cinq infractions prioritaires \u00e0 l\u2019\u00e9chelle nationale, l\u2019exc\u00e8s de vitesse, la conduite sous l\u2019emprise de l\u2019alcool, l\u2019usage du t\u00e9l\u00e9phone au volant, le non-port de la ceinture de s\u00e9curit\u00e9 et le non-port du casque.<\/p>\n<p>Ces comportements restent parmi les principaux facteurs de risque sur les routes. En les identifiant comme priorit\u00e9s nationales, le Maroc a cherch\u00e9 \u00e0 aligner les contr\u00f4les sur les causes les plus visibles de mortalit\u00e9 et de blessures graves. L\u2019autre \u00e9volution concerne les moyens. Des \u00e9quipements modernis\u00e9s ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9ploy\u00e9s dans les douze r\u00e9gions du pays, tandis que des Comit\u00e9s r\u00e9gionaux de s\u00e9curit\u00e9 routi\u00e8re se sont vu confier des responsabilit\u00e9s en mati\u00e8re de contr\u00f4le. Il s\u2019agit de construire une cha\u00eene d\u2019action reliant les donn\u00e9es, les priorit\u00e9s nationales, les r\u00e9alit\u00e9s r\u00e9gionales et les op\u00e9rations de terrain.<\/p>\n<p>Un enjeu de gouvernance autant que de s\u00e9curit\u00e9<br \/>Le dispositif marocain se distingue aussi par la prise en compte plus explicite des usagers les plus expos\u00e9s. Les pi\u00e9tons et les motocyclistes, longtemps parmi les cat\u00e9gories les plus vuln\u00e9rables, sont d\u00e9sormais int\u00e9gr\u00e9s dans la strat\u00e9gie avec des sous-objectifs d\u00e9di\u00e9s. Cette \u00e9volution permet de sortir d\u2019une vision globale de l\u2019accidentologie pour cibler les populations les plus \u00e0 risque. Cette approche par cat\u00e9gories permet \u00e9galement d\u2019introduire une logique de performance. Lorsqu\u2019un indicateur ne s\u2019am\u00e9liore pas, l\u2019action peut \u00eatre revue. Lorsqu\u2019un type d\u2019usager reste particuli\u00e8rement expos\u00e9, les moyens peuvent \u00eatre r\u00e9orient\u00e9s. C\u2019est cette capacit\u00e9 \u00e0 identifier les failles et \u00e0 corriger les dispositifs qui constitue l\u2019un des principaux enseignements de l\u2019exp\u00e9rience du Royaume en la mati\u00e8re.<\/p>\n<p>Le cas marocain montre que la baisse de la mortalit\u00e9 routi\u00e8re ne peut pas \u00eatre obtenue uniquement par des campagnes de communication. Elle suppose une strat\u00e9gie, des institutions, un budget, des donn\u00e9es fiables, des objectifs r\u00e9gionaux et une capacit\u00e9 d\u2019ex\u00e9cution. C\u2019est cette combinaison qui explique l\u2019int\u00e9r\u00eat port\u00e9 aujourd\u2019hui \u00e0 l\u2019exp\u00e9rience du pays. \u00c0 l\u2019heure o\u00f9 les gouvernements se r\u00e9unissent aux Nations Unies pour examiner les moyens d\u2019am\u00e9liorer la s\u00e9curit\u00e9 routi\u00e8re mondiale, le Maroc appara\u00eet comme un exemple utile pour plusieurs pays en d\u00e9veloppement. Son exp\u00e9rience ne signifie pas que le probl\u00e8me est r\u00e9gl\u00e9.<\/p>\n<p>Les routes marocaines restent marqu\u00e9es par des comportements dangereux, une forte exposition des deux-roues, des d\u00e9fis urbains et des \u00e9carts territoriaux. Mais elle montre qu\u2019une politique structur\u00e9e peut produire des r\u00e9sultats. Le principal enseignement mentionn\u00e9 est que la s\u00e9curit\u00e9 routi\u00e8re ne peut plus \u00eatre g\u00e9r\u00e9e comme une succession de r\u00e9actions aux accidents. Elle doit \u00eatre pens\u00e9e comme une politique publique compl\u00e8te, pilot\u00e9e au plus haut niveau, suivie par les donn\u00e9es et adapt\u00e9e aux r\u00e9alit\u00e9s du terrain. Pour le Maroc, l\u2019enjeu des prochaines ann\u00e9es sera de confirmer cette tendance et d\u2019acc\u00e9l\u00e9rer la baisse du nombre des accident\u00e9s de la route.<\/p>\n<p>Maryem Ouazzani \/ Les Inspirations \u00c9CO<\/p>\n<p>A regarder aussi<\/p>\n<p>                  <img class=\"ytsponso-v46-side-showlogo\" src=\"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/logo_colored_transparent_4k_from_vector_source-scaled.png\" alt=\"L'Entretien des \u00c9CO\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\"\/><br \/>\n                                      <img class=\"ytsponso-v46-side-showlogo-dark\" src=\"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/logo_entretien_eco_sombre_transparent_4k-scaled.png\" alt=\"\" aria-hidden=\"true\" loading=\"eager\" decoding=\"async\"\/><\/p>\n<p><\/p>\n<p>&#13;<\/p>\n<p><\/p>\n<p><a dir=\"LTR\" class=\"alert-main\" href=\"https:\/\/leseco.ma\/maroc\/monetique-comment-le-maroc-accelere-la-transition-vers-le-cashless-video.html\" target=\"_blank\" rel=\"nofollow noopener\">&#13;<br \/>\n    &#13;<br \/>\n        &#13;<br \/>\n        &#13;<br \/>\n        &#13;<br \/>\n<\/a><\/p>\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"Longtemps associ\u00e9e aux bilans d\u2019accidents et aux campagnes de sensibilisation, la s\u00e9curit\u00e9 routi\u00e8re marocaine est aujourd\u2019hui regard\u00e9e sous&hellip;\n","protected":false},"author":2,"featured_media":156014,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":"","_share_on_mastodon":"0"},"categories":[83],"tags":[86,5420,2470,344],"class_list":["post-156013","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","category-maroc","tag-maroc","tag-narsa","tag-oms","tag-securite-routiere"],"share_on_mastodon":{"url":"https:\/\/pubeurope.com\/@afrique\/116916502206961677","error":""},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/156013","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=156013"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/156013\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/media\/156014"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=156013"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=156013"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=156013"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}