{"id":15761,"date":"2026-02-16T10:03:06","date_gmt":"2026-02-16T10:03:06","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/15761\/"},"modified":"2026-02-16T10:03:06","modified_gmt":"2026-02-16T10:03:06","slug":"afreximbank-ne-finance-pas-seulement-des-projets-elle-structure-les-conditions-de-leur-reussite-jean-arsene-yerima","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/15761\/","title":{"rendered":"\u00ab Afreximbank ne finance pas seulement des projets, elle structure les conditions de leur r\u00e9ussite \u00bb (Jean-Ars\u00e8ne Yerima)"},"content":{"rendered":"<p>LA TRIBUNE AFRIQUE &#8211; L&rsquo;Afrique poss\u00e8de les mati\u00e8res premi\u00e8res ; tout le monde le sait. Pourtant, le sch\u00e9ma classique d\u2019exportation brute \/ d\u2019importation de produits finis a la vie dure. Au-del\u00e0 des discours politiques, quel m\u00e9canisme financier ou structurel pr\u00e9cis permet aujourd&rsquo;hui de briser v\u00e9ritablement ce cycle, alors que les d\u00e9cennies pr\u00e9c\u00e9dentes ont \u00e9chou\u00e9 ?<\/p>\n<p>JEAN-ARS\u00c8NE YERIMA &#8211;\u00a0 A travers son plan strat\u00e9gique \u00ab IMPACT 2026\u00a0: Extending the Frontiers\u00a0\u00bb, Afreximbank d\u00e9veloppe des solutions permettant d\u2019augmenter les capacit\u00e9s de productions de nos ressources agricoles et naturelles, de cr\u00e9er une chaine de valeur de transformation s\u2019appuyant sur les comp\u00e9tences et les richesses de chaque zone \u00e9conomique du continent, de doter l\u2019Afrique d\u2019infrastructures n\u00e9cessaires pour le d\u00e9veloppement du commerce intra et extra africain. Celles-ci comprennent notamment des parcs industriels et des zones \u00e9conomiques sp\u00e9ciales, des infrastructures de communications (routes, chemin de fer, a\u00e9roports, internet) et des infrastructures de contr\u00f4le de qualit\u00e9 pour am\u00e9liorer les standards de production.<\/p>\n<p>Ces solutions existent aussi sous la forme de d\u00e9veloppement et de transfert de comp\u00e9tences. Afreximbank, \u00e0 travers ses programmes Intra-Africa Champs et Engineering, Procurement and Construction (EPC), permet aux op\u00e9rateurs \u00e9conomiques \u00e0 comp\u00e9tence \u00e9tablie sur le continent d\u2019\u00e9tendre leurs activit\u00e9s \u00e0 d\u2019autres march\u00e9s africains et de ce fait accro\u00eetre les comp\u00e9tences locales.<\/p>\n<p>On a longtemps vu les \u00c9tats africains tenter d&rsquo;attirer les industries uniquement par des incitations fiscales ou des terrains \u00e0 bas prix, avec des r\u00e9sultats mitig\u00e9s. Vous semblez d\u00e9fendre une approche du PPP diff\u00e9rente, ax\u00e9e sur le partage des risques. En quoi ce mod\u00e8le diff\u00e8re-t-il du r\u00f4le traditionnel de l&rsquo;\u00c9tat, bailleur, et du priv\u00e9, locataire ?<\/p>\n<p>Afreximbank, apr\u00e8s une revue des diff\u00e9rents \u00e9changes sur le continent, a constat\u00e9 diverses d\u00e9faillances ayant un impact direct sur la capacit\u00e9 \u00e0 accro\u00eetre les \u00e9changes intra-africains. Parmi ces insuffisances, on peut citer, de fa\u00e7on non exhaustive, l\u2019absence d\u2019harmonisation de l\u2019information sur les pratiques du commerce, la faiblesse d\u2019un parc industriel capable de transformer les ressources produites sur le continent, la faiblesse des infrastructures supportant le commerce (voies de communication, \u00e9nergie, logistique et aptitudes douani\u00e8res), ainsi que les barri\u00e8res \u00e0 l\u2019entr\u00e9e sur les march\u00e9s. \u00a0En second lieu, l\u2019\u00c9tat, dans le contexte historique, prenait trop de responsabilit\u00e9s dans le d\u00e9veloppement de projets industriels au d\u00e9triment de ses missions de d\u00e9veloppement social et ne disposait toujours pas des comp\u00e9tences pour g\u00e9rer les projets mis en \u0153uvre.<\/p>\n<p>Dans l\u2019approche des partenariats public-priv\u00e9 (PPP) promue par Afreximbank, le fondement repose sur le partage des responsabilit\u00e9s, en s\u2019assurant que chaque partie intervient dans les domaines relevant de sa comp\u00e9tence. En sus de ce partage des risques, Afreximbank contribue \u00e0 structurer les financements de ces PPP avec la mise en \u0153uvre des solutions comme : l\u2019expansion de la capacite de productions en amont de ressources naturelles et agricoles qui serviront de mati\u00e8re premi\u00e8re aux zones industrielles\u00a0; le d\u00e9veloppement des zones industrielles par des op\u00e9rateurs africains afin d\u2019assurer les transfert et renforcement des comp\u00e9tences\u00a0; l\u2019existence de canaux de distribution appropries et l\u2019acc\u00e8s \u00e0 des march\u00e9s permettant d\u2019\u00e9couler les produits des zones industrielles pour permettre \u00e0 chaque acteur d\u2019assumer pleinement ses responsabilit\u00e9s\u00a0; la facilitation de l\u2019harmonisation des l\u00e9gislations douani\u00e8res pour faciliter la circulation des produits et le d\u00e9veloppement des comp\u00e9tences<\/p>\n<p>En tant que directeur r\u00e9gional chez Afreximbank, votre institution observe attentivement la dynamique en Afrique de l&rsquo;Ouest, notamment au B\u00e9nin, avec la GDIZ. Quels enseignements ce projet apporte-t-il concr\u00e8tement en termes de rapidit\u00e9 d&rsquo;ex\u00e9cution et d&rsquo;impact sur la balance commerciale, par rapport aux projets industriels plus classiques que la r\u00e9gion a connus ?<\/p>\n<p>Le Programme de la Zone Industrielle de Glo-Djib\u00e8 (Glo-Djib\u00e8 Industriel Zone &#8211; GDIZ), un partenariat public-priv\u00e9 ouvert sur le march\u00e9, qui a permis au Gouvernement du B\u00e9nin de d\u00e9velopper une forme de partenariat innovant, caract\u00e9ris\u00e9e par la contribution \u00e9quitable de chacune des parties. Ainsi, la contribution du Gouvernement du B\u00e9nin a \u00e9t\u00e9 sur le plan r\u00e9gional, \u00e0 travers la mise en place d\u2019un environnement favorable, l\u2019allocation d\u2019un domaine foncier pour l\u2019\u00e9rection du projet et l\u2019obtention des autorisations n\u00e9cessaires. Sur le plan industriel et technique, ARISE IIP a apport\u00e9 son expertise dans le d\u00e9veloppement et la gestion des zones industrielles, tandis qu\u2019Afreximbank a apport\u00e9 son expertise dans la structuration et le financement de ce type de projet, notamment le financement structur\u00e9 \u00e0 long terme et l\u2019apport en fonds propres \u00e0 travers sa filiale d\u00e9di\u00e9e, FEDA (Fonds pour le D\u00e9veloppement des Exportations en Afrique).<\/p>\n<p>Cette forme de partenariat public-priv\u00e9, ouverte sur le march\u00e9, a permis au gouvernement du B\u00e9nin de b\u00e9n\u00e9ficier d\u2019une infrastructure de standard international, dont la gestion int\u00e9gr\u00e9e garantit des d\u00e9bouch\u00e9s commerciaux, sans faire peser sur l\u2019\u00c9tat des obligations non r\u00e9galiennes.<\/p>\n<p>\u00c0 ce jour, plus de 12 000 emplois ont \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9s, avec une projection pouvant atteindre 60 000 d&rsquo;ici 2030. En outre, Afreximbank soutient le d\u00e9veloppement des exportations au d\u00e9part de cette zone \u00e9conomique gr\u00e2ce \u00e0 des solutions de financement des exportations, permettant aux industriels bas\u00e9s dans la zone d\u2019acc\u00e9der aux march\u00e9s internationaux.<\/p>\n<p>Le frein majeur \u00e0 l&rsquo;industrialisation africaine reste souvent le d\u00e9ficit d&rsquo;infrastructures et la fragmentation des march\u00e9s, qui rendent nos productions moins comp\u00e9titives que celles de l&rsquo;Asie. Comment la cr\u00e9ation d&rsquo;\u00e9cosyst\u00e8mes int\u00e9gr\u00e9s (zones \u00e9conomiques) permet-elle de contourner ces obstacles logistiques et \u00e9nerg\u00e9tiques ?<\/p>\n<p>Afreximbank, \u00e0 travers son initiative en mati\u00e8re de d\u00e9veloppement des zones industrielles, promue avec son partenaire Arise IIP et les gouvernements africains, contribue d\u00e9j\u00e0 \u00e0 relever une partie de ces d\u00e9fis, permettant au continent de mieux tirer parti de ses ressources agricoles, naturelles et mini\u00e8res, tout en substituant l\u2019importation de produits finis. Le plaidoyer en faveur d\u2019une am\u00e9lioration et d\u2019une harmonisation des l\u00e9gislations douani\u00e8res, le d\u00e9veloppement des comp\u00e9tences pour mieux \u00e9changer dans le cadre de la ZLECAf, l\u2019alignement des normes commerciales africaines sur les standards de \u00a0l\u2019Organisation mondiale du commerce (OMC) sont autant d\u2019initiatives soutenues par Afreximbank et ses partenaires pour r\u00e9duire le foss\u00e9 de l\u2019industrialisation de l\u2019Afrique par rapport aux autres continents.<\/p>\n<p>Le d\u00e9veloppement d\u2019infrastructures et des solutions de support (centre de contr\u00f4le de qualit\u00e9, garantie transfrontali\u00e8re, etc.) sont les r\u00e9ponses qu\u2019Afreximbank apporte en collaboration avec les bailleurs de fonds et partenaires africains pour r\u00e9soudre le gap en infrastructure et\u00a0promouvoir l\u2019industrialisation de l\u2019Afrique. Par exemple, l\u2019African Quality Assurance Centre (AQAC), en partenariat avec Bureau Veritas au Nigeria et bient\u00f4t dans d\u2019autres pays, ainsi que la garantie transfrontali\u00e8re en Afrique de l\u2019Est.<\/p>\n<p>Il convient que Afreximbank dispose de nombreuses solutions de financement pour des projets dans les domaines des infrastructures (routes, a\u00e9roports, ports) et de l\u2019\u00e9nergie, qui constituent des composantes importantes du d\u00e9veloppement du commerce intra- et extra-africain. Parmi ces solutions, on peut citer, de fa\u00e7on non-exhaustive, la facilit\u00e9 de pr\u00e9paration de projets, qui permet d\u2019atteindre le point de bancabilit\u00e9 pour les infrastructures majeures, les financements directs, les syndications, le partage de risques, les services de conseil ou les financements en faveur de la mobilit\u00e9 \u00e9lectrique, \u00e0 travers sa filiale FEDA.<\/p>\n<p>Avec un portefeuille d&rsquo;investissements qui atteint d\u00e9sormais plusieurs milliards de dollars dans ce type de projets, quel message ce mod\u00e8le envoie-t-il aux capitaux priv\u00e9s internationaux qui per\u00e7oivent encore souvent l&rsquo;Afrique comme une zone \u00e0 risque trop \u00e9lev\u00e9 ?<\/p>\n<p>Au-del\u00e0 du d\u00e9veloppement des solutions de financement en PPP, Afreximbank travaille en amont pour acc\u00e9l\u00e9rer la maturation des projets et les bancabiliser. \u00c0 ce titre, la Banque fait la promotion, en partenariat avec d\u2019autres bailleurs africains, d\u2019une solution de Facilit\u00e9 de pr\u00e9paration de projets (Project Preparation Facility) dont le but est de soutenir les projets \u00e0 forte valeur ajout\u00e9e dans la finalisation de leurs \u00e9tudes de faisabilit\u00e9 et l\u2019acc\u00e8s aux financements pour leur mise en \u0153uvre. Cette solution accro\u00eet la possibilit\u00e9 de mener plus de projets en PPP sur le continent, dans la mesure o\u00f9 les co\u00fbts d\u2019\u00e9tudes de faisabilit\u00e9, souvent d\u00e9volus aux \u00c9tats, sont structur\u00e9s pour \u00eatre rembours\u00e9s par les financements mis en place dans le cadre du projet lui-m\u00eame.<\/p>\n<p>Afreximbank soutient le d\u00e9veloppement des PME orient\u00e9es vers l\u2019exportation \u00e0 travers des lignes de cr\u00e9dit, des solutions de pr\u00e9financement des exportations ou d\u2019affacture, afin d\u2019am\u00e9liorer l\u2019acc\u00e8s des PME africaines aux financements.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"LA TRIBUNE AFRIQUE &#8211; L&rsquo;Afrique poss\u00e8de les mati\u00e8res premi\u00e8res ; tout le monde le sait. 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