{"id":15792,"date":"2026-02-16T10:37:06","date_gmt":"2026-02-16T10:37:06","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/15792\/"},"modified":"2026-02-16T10:37:06","modified_gmt":"2026-02-16T10:37:06","slug":"pour-les-senegalais-des-etats-unis-la-menace-constante-dun-controle-de-lice","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/15792\/","title":{"rendered":"Pour les S\u00e9n\u00e9galais des \u00c9tats-Unis, la menace constante d\u2019un contr\u00f4le de l\u2019ICE"},"content":{"rendered":"\n<p>Ils surgissent en silence, repartent en trombe et laissent derri\u00e8re eux une onde de choc invisible mais d\u00e9vastatrice. Dans certaines rues am\u00e9ricaines, les agents de l\u2019Immigration and Customs Enforcement (ICE), le Service de l\u2019immigration et des douanes, transforment des journ\u00e9es ordinaires en sc\u00e8nes d\u2019interpellation fulgurantes.<\/p>\n<p>Vitres teint\u00e9es, v\u00e9hicules banalis\u00e9s, interventions \u00e9clair\u00a0: en quelques minutes, une vie peut basculer. Pour de nombreux S\u00e9n\u00e9galais install\u00e9s aux \u00c9tats-Unis, la peur s\u2019est install\u00e9e durablement, pesante, presque suffocante.<\/p>\n<p>Le 21\u00a0novembre 2025, Abdou Tall, 36\u00a0ans, commer\u00e7ant surnomm\u00e9 \u201cCaf\u00e9 Touba\u201d, vit l\u2019un de ces moments qui fracturent une existence. Originaire de Grand-Yoff, \u00e0 Dakar, et \u00e9tabli \u00e0 New York depuis trois ans, il arrive \u00e0 son travail comme \u00e0 l\u2019habitude. Il gare son v\u00e9hicule lorsqu\u2019un imposant 4\u00a0\u00d7\u00a04 se place juste derri\u00e8re lui.<\/p>\n<p>Pensant \u00e0 un simple malentendu, il s\u2019approche pour demander au conducteur de reculer. L\u2019homme, un ordinateur pos\u00e9 sur les genoux, s\u2019ex\u00e9cute calmement. Abdou ignore qu\u2019il vient d\u2019\u00eatre identifi\u00e9. Quelques minutes plus tard, trois voitures convergent.<\/p>\n<p>De gros bras surgissent et lui ordonnent de ne plus bouger. Pris de panique, il tente de fuir, sans succ\u00e8s, et est rapidement rattrap\u00e9. Le marchand est accus\u00e9 de vente ill\u00e9gale de contrefa\u00e7ons et de s\u00e9jour irr\u00e9gulier. Des agents du FBI l\u2019interrogent ensuite sur ses fournisseurs. Il passe un mois et cinq jours en centre de d\u00e9tention.<\/p>\n<p>Alors qu\u2019il est d\u2019abord pr\u00eat \u00e0 signer sa d\u00e9portation, sa situation \u00e9volue gr\u00e2ce \u00e0 l\u2019intervention d\u2019Amadou Ly, pr\u00e9sident d\u2019une fondation d\u2019aide aux migrants, qui introduit une p\u00e9tition pour emp\u00eacher son transfert vers un autre \u00c9tat et lui trouve des avocats sp\u00e9cialis\u00e9s en droits humains.<\/p>\n<p>Depuis sa lib\u00e9ration, Abdou reste dans une vigilance constante. Il d\u00e9crit une vie sous tension permanente. Les agents, explique-t-il, op\u00e8rent discr\u00e8tement, restent peu de temps sur place et frappent \u00e0 l\u2019improviste.<\/p>\n<p>               Des fronti\u00e8res au c\u0153ur des m\u00e9tropoles       <\/p>\n<p>Paralys\u00e9s par la crainte, des migrants se cantonnent \u00e0 quelques trajets s\u00fbrs, redoutant \u00e0 chaque instant l\u2019arriv\u00e9e des agents, m\u00eame \u00e0 domicile.<\/p>\n<p>Cette pression r\u00e9sulte d\u2019une mont\u00e9e en puissance spectaculaire de l\u2019ICE. En doublant ses effectifs pour atteindre 22\u00a0000 agents d\u00e9ploy\u00e9s dans 400 bureaux, l\u2019agence a confirm\u00e9 au d\u00e9but de 2026 le recrutement record de 12\u00a0000 officiers en moins d\u2019un an. Forte d\u2019un budget de 11,3\u00a0milliards de dollars [9,5\u00a0milliards d\u2019euros], elle viserait d\u00e9sormais l\u2019objectif officiel de 1\u00a0million d\u2019expulsions annuelles.<\/p>\n<p>Contrairement \u00e0 une id\u00e9e r\u00e9pandue, la m\u00e9fiance ne concerne pas uniquement les personnes entr\u00e9es clandestinement. Abdou Tall, le commer\u00e7ant, affirme avoir c\u00f4toy\u00e9 en d\u00e9tention des migrants arriv\u00e9s avec un visa ou une carte de r\u00e9sident dont la situation administrative s\u2019est compliqu\u00e9e.<\/p>\n<p>Amadou Ly confirme cette tendance. Ce citoyen am\u00e9ricain informe que des personnes en pleine proc\u00e9dure de demande d\u2019asile sont aujourd\u2019hui interpell\u00e9es. Il rapporte une d\u00e9tresse psychologique profonde au sein des communaut\u00e9s migrantes, marqu\u00e9es par l\u2019incertitude et la menace constante d\u2019un contr\u00f4le.<\/p>\n<p>               \u201cCe virage strat\u00e9gique d\u00e9place l\u2019action des fronti\u00e8res vers le c\u0153ur des m\u00e9tropoles.\u201d       <\/p>\n<p>Ces raids urbains, marqu\u00e9s par le d\u00e9c\u00e8s de deux individus, s\u2019inscrivent dans un paradoxe. <a target=\"_blank\" href=\"https:\/\/www.brookings.edu\/articles\/macroeconomic-implications-of-immigration-flows-in-2025-and-2026-january-2026-update\/\" rel=\"nofollow noopener\">Selon un rapport publi\u00e9 par la Brookings Institution<\/a>, l\u2019immigration ill\u00e9gale s\u2019est effondr\u00e9e (de 270\u00a0000 en 2024\u00a0\u00e0 moins de 39\u00a0000 en 2025), tandis que les expulsions stagnent \u00e0 315\u00a0000, un volume \u00e0 peine sup\u00e9rieur \u00e0 celui de l\u2019ann\u00e9e pr\u00e9c\u00e9dente.<\/p>\n<p>Adama Fall, un ressortissant s\u00e9n\u00e9galais, observe la situation avec prudence. Il n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 directement t\u00e9moin de descentes d\u2019\u00e9quipes f\u00e9d\u00e9rales, mais plusieurs arrestations lui ont \u00e9t\u00e9 rapport\u00e9es. Pour lui, les migrants pass\u00e9s par le Nicaragua seraient particuli\u00e8rement expos\u00e9s, notamment ceux ayant sign\u00e9 des documents aux fronti\u00e8res sans en comprendre la port\u00e9e.<\/p>\n<p>Alioune<a target=\"_blank\" href=\"#huit-anchor-le-nom-a-ete-modifie\">*<\/a>, lui-m\u00eame arriv\u00e9 par cette voie, ne s\u2019en ronge pas pour autant les sangs. Il poursuit ses activit\u00e9s et constate que la majorit\u00e9 des personnes appr\u00e9hend\u00e9es ont eu, dans le pass\u00e9, une infraction \u00e0 leur actif, m\u00eame si ce n\u2019est pas le cas de tous. Le quadrag\u00e9naire affirme que ces op\u00e9rations n\u2019ont pas boulevers\u00e9 son quotidien, m\u00eame s\u2019il a appris que deux de ses connaissances ont \u00e9t\u00e9 arr\u00eat\u00e9es par les [agents] f\u00e9d\u00e9raux.<\/p>\n<p>               Entraide et \u00e9vitement       <\/p>\n<p>D\u2019autres, en revanche, se rendent au travail avec appr\u00e9hension, \u00e9vitent les transports publics, s\u2019alertent entre eux, partagent les zones \u00e0 \u00e9viter et restreignent leurs all\u00e9es et venues. Cinq mois avant l\u2019\u00e9lection pr\u00e9sidentielle am\u00e9ricaine, Amadou Ly et son \u00e9quipe avaient commenc\u00e9 \u00e0 diffuser des vid\u00e9os de sensibilisation.<\/p>\n<p>Leur objectif \u00e9tait d\u2019orienter les nouveaux arrivants vers des villes traditionnellement plus tol\u00e9rantes envers les immigr\u00e9s. Face \u00e0 cette pression quotidienne, les centres urbains autrefois per\u00e7us comme des refuges commencent eux aussi \u00e0 se fragiliser.<\/p>\n<p>Yama Sey, S\u00e9n\u00e9galaise b\u00e9n\u00e9vole engag\u00e9e aupr\u00e8s des migrants dans le comt\u00e9 de Montgomery (Maryland), raconte que, depuis un an, les op\u00e9rations massives de cette agence f\u00e9d\u00e9rale se poursuivent sans rel\u00e2che. Au d\u00e9but, le County Executive et le gouverneur avaient appel\u00e9 les habitants \u00e0 rester sereins. La force de l\u2019\u00c9tat f\u00e9d\u00e9ral a toutefois rapidement pris le dessus, et l\u2019ICE a fait irruption dans le comt\u00e9.<\/p>\n<p>Certains ont \u00e9t\u00e9 arr\u00eat\u00e9s, d\u00e9tenus et renvoy\u00e9s dans leur pays d\u2019origine. La derni\u00e8re personne que Yama connaissait a \u00e9t\u00e9 rapatri\u00e9e il y a seulement une semaine. Elle souligne que des r\u00e9sidents de longue date, parfois pr\u00e9sents depuis vingt ou trente ans sans statut r\u00e9gularis\u00e9, vivent maintenant dans une peur permanente. Certains \u00e9vitent les h\u00f4pitaux, les \u00e9coles ou les transports publics. Les consultations m\u00e9dicales se font \u00e0 distance lorsque c\u2019est possible.<\/p>\n<p>               \u201cAujourd\u2019hui, l\u2019ICE ne s\u2019en prend plus uniquement aux immigr\u00e9s en situation irr\u00e9guli\u00e8re. Ses agents arr\u00eatent tout le monde. M\u00eame des Am\u00e9ricains naturalis\u00e9s ont \u00e9t\u00e9 interpell\u00e9s et d\u00e9tenus.\u201d       <\/p>\n<p>Dans cette atmosph\u00e8re lourde, o\u00f9 le moindre craquement derri\u00e8re la porte r\u00e9sonne comme une menace, les espoirs d\u2019Am\u00e9rique se consument parfois plus vite qu\u2019ils ne naissent.<\/p>\n<p>               \u201cAmerican Nightmare\u201d       <\/p>\n<p>\u00c0 Notto Gouye Diama, dans la r\u00e9gion de Thi\u00e8s, Gora Gadiaga, 29\u00a0ans, vit avec l\u2019amertume du retour. Parti en 2023 vers les \u00c9tats-Unis avec l\u2019espoir de soutenir sa famille, il avait mobilis\u00e9 entre 6 et 7\u00a0millions de francs CFA [entre 9\u00a0000\u00a0et 10\u00a0000\u00a0euros environ] pour financer son voyage par le Nicaragua. Son projet de vie, immense et lumineux au d\u00e9part, n\u2019aura \u00e9t\u00e9 qu\u2019une \u00e9claircie br\u00e8ve, brutalement \u00e9court\u00e9e.<\/p>\n<p>\u00c0 son arriv\u00e9e, il est plac\u00e9 dans un centre en Californie, transf\u00e9r\u00e9 en Louisiane, puis envoy\u00e9 en Virginie, o\u00f9 il passera pr\u00e8s d\u2019un an et demi en d\u00e9tention. Il verse 3\u00a0000\u00a0dollars [environ 2\u00a0525\u00a0euros] \u00e0 une femme pr\u00e9sent\u00e9e comme avocate. Le jour de l\u2019audience, aucun conseil ne vient le d\u00e9fendre. La femme dispara\u00eet, laissant place \u00e0 une mise en sc\u00e8ne maladroite qui n\u2019emp\u00eachera pas son expulsion.<\/p>\n<p>\u201cApr\u00e8s deux renvois, elle envoie son mari se faisant passer pour mon oncle\u201d, nous explique-t-il au bout du fil. Lorsque la supercherie est r\u00e9v\u00e9l\u00e9e, le dossier s\u2019effondre et l\u2019expulsion est prononc\u00e9e. Sa famille, qui avait vendu des biens pour financer la proc\u00e9dure, restera sans nouvelles de cette suppos\u00e9e robe noire. Pour Gora, la douleur est double\u00a0: l\u2019\u00e9chec du projet migratoire et la trahison d\u2019une compatriote.<\/p>\n<p>               \u201cCe qui m\u2019a le plus fait mal, c\u2019est que c\u2019\u00e9tait une S\u00e9n\u00e9galaise.\u201d       <\/p>\n<p>Brutalement revenu au point de d\u00e9part, il aide aujourd\u2019hui son homonyme dans les champs et tente de se reconstruire, loin des ambitions immenses que son d\u00e9part avait suscit\u00e9es. Gora Gadiaga n\u2019est pas un cas isol\u00e9.<\/p>\n<p>Yama Sey d\u00e9plore de nombreux cas de jeunes victimes de ce stratag\u00e8me, certains contraints de vendre leurs biens au S\u00e9n\u00e9gal pour payer des services fictifs. En outre, la vuln\u00e9rabilit\u00e9 des migrants ne se limite pas aux risques d\u2019arrestation.<\/p>\n<p>               Tout miser pour un avenir d\u00e9truit       <\/p>\n<p>Dans plusieurs villes am\u00e9ricaines, explique la volontaire de Montgomery, les nouveaux arrivants vivent dans des conditions pr\u00e9caires. Les chambres exigu\u00ebs sont lou\u00e9es \u00e0 des prix exorbitants, il leur est interdit de cuisiner, et des r\u00e8gles strictes encadrent l\u2019usage des sanitaires, faisant de la survie quotidienne un v\u00e9ritable d\u00e9fi.<\/p>\n<p>Familles et proches vendent des biens, mobilisent leurs \u00e9conomies et misent tout leur avenir sur la r\u00e9ussite d\u2019un fils ou d\u2019un fr\u00e8re.<\/p>\n<p>               \u201cLorsqu\u2019une expulsion survient, le retour se fait souvent sans ressources, parfois m\u00eame sans argent pour rejoindre sa propre ville ou son village d\u2019origine.\u201d       <\/p>\n<p>Face \u00e0 cette pression extr\u00eame, la communaut\u00e9 s\u00e9n\u00e9galaise s\u2019organise. Des r\u00e9seaux d\u2019entraide diffusent des informations en wolof, expliquent les droits en cas d\u2019arrestation et organisent des rencontres virtuelles avec de v\u00e9ritables avocats. Cette solidarit\u00e9 tient lieu de bou\u00e9e de sauvetage dans un climat d\u2019anxi\u00e9t\u00e9 permanent.<\/p>\n<p>Cependant, elle ne suffit pas \u00e0 dissiper cette inqui\u00e9tude diffuse qui accompagne chaque sortie, chaque trajet. Les arrestations, les duperies et l\u2019incertitude administrative forment un cocktail explosif.<\/p>\n<p>Certains migrants, rel\u00e8vent nos interlocuteurs, seraient m\u00eame rapatri\u00e9s vers des pays qui ne sont pas les leurs, une situation qui, selon les acteurs associatifs, m\u00e9riterait un suivi plus rigoureux de la part des autorit\u00e9s consulaires.<\/p>\n<p>Pour nombre de S\u00e9n\u00e9galais rest\u00e9s aux \u00c9tats-Unis, l\u2019horizon s\u2019est r\u00e9tr\u00e9ci. Le r\u00eave d\u2019une vie meilleure s\u2019est transform\u00e9 en une attente f\u00e9brile, suspendue entre espoir et expulsion, o\u00f9 la libert\u00e9 semble parfois tenir \u00e0 une simple rencontre de rue.<\/p>\n<p class=\"ci-reference\">* Le nom a \u00e9t\u00e9 modifi\u00e9.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"Ils surgissent en silence, repartent en trombe et laissent derri\u00e8re eux une onde de choc invisible mais d\u00e9vastatrice.&hellip;\n","protected":false},"author":2,"featured_media":15793,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":"","_share_on_mastodon":"0"},"categories":[84],"tags":[6,3176,1933,911,126,11,3366,833],"class_list":["post-15792","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","category-senegal","tag-afrique","tag-droits-humains","tag-ice","tag-immigration","tag-politique","tag-senegal","tag-su00e9nu00e9gal","tag-u00e9tats-unis"],"share_on_mastodon":{"url":"https:\/\/pubeurope.com\/@afrique\/116079876052567636","error":""},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/15792","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=15792"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/15792\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/media\/15793"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=15792"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=15792"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=15792"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}