{"id":157924,"date":"2026-07-16T10:43:20","date_gmt":"2026-07-16T10:43:20","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/157924\/"},"modified":"2026-07-16T10:43:20","modified_gmt":"2026-07-16T10:43:20","slug":"maroc-revelations-sur-larsenal-dune-terreur-numerique-detat-a-grande-echelle","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/157924\/","title":{"rendered":"Maroc : R\u00e9v\u00e9lations sur l\u2019arsenal d\u2019une terreur num\u00e9rique d\u2019\u00c9tat \u00e0 grande \u00e9chelle"},"content":{"rendered":"<p class=\"wp-block-paragraph\">Cette nouvelle enqu\u00eate s\u2019appuie sur le t\u00e9moignage exclusif d\u2019un ancien officier de<a href=\"https:\/\/forbiddenstories.org\/fr\/pegasus-comment-le-maroc-est-devenu-accro-au-logiciel-espion-pour-traquer-ses-opposants\/\" data-type=\"link\" data-id=\"https:\/\/forbiddenstories.org\/fr\/pegasus-comment-le-maroc-est-devenu-accro-au-logiciel-espion-pour-traquer-ses-opposants\/\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\"> la Direction g\u00e9n\u00e9rale de la surveillance du territoire (DGST<\/a>) aujourd\u2019hui en exil r\u00e9pondant au nom d\u2019emprunt de Safir qui d\u00e9monte les rouages d\u2019une r\u00e9pression technologique massive contre les opposants. On connaissait d\u00e9j\u00e0 Pegasus. Mais l\u2019arsenal utilis\u00e9 d\u00e9montre un app\u00e9tit insatiable des services marocains pour les outils de surveillance.<\/p>\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Pegasus et aussi un arsenal multiforme<br \/>Le scandale du logiciel espion isra\u00e9lien Pegasus avait d\u00e9j\u00e0 \u00e9branl\u00e9 Rabat en 2021. Les r\u00e9v\u00e9lations du lanceur d\u2019alerte confirment non seulement son utilisation massive, notamment via la m\u00e9thode d\u2019infection zero-click \u00ab Heaven \u00bb ou l\u2019interception de r\u00e9seaux, mais elles d\u00e9crivent un arsenal bien plus large et plus ancien.<\/p>\n<p class=\"wp-block-paragraph\">D\u00e8s 2009, le Maroc est devenu un client important du logiciel RCS de la firme italienne Hacking Team. Les services marocains l\u2019ont utilis\u00e9 de mani\u00e8re massive pour infecter jusqu\u2019\u00e0 2 000 ordinateurs et t\u00e9l\u00e9phones mobiles. Durant le Hirak du Rif (2016-2017), la DGST est all\u00e9 jusqu\u2019\u00e0 injecter sur le march\u00e9, dans des boutiques cibl\u00e9es, des t\u00e9l\u00e9phones en apparence neufs mais dot\u00e9s du logiciel espion pr\u00e9install\u00e9. Les services secrets marocains recourent \u00e9galement au piratage physique, utilisant des cl\u00e9s USB pour infecter en moins de trente minutes les appareils d\u2019opposants en transit dans les a\u00e9roports, avec la complicit\u00e9 de la police aux fronti\u00e8res.<\/p>\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Alg\u00e9rie : Plus de 6 000 num\u00e9ros cibl\u00e9s, un assaut cybern\u00e9tique sans pr\u00e9c\u00e9dent<\/p>\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Pour l\u2019Alg\u00e9rie, ces r\u00e9v\u00e9lations sur les m\u00e9thodes de la DGST marocaine font \u00e9cho \u00e0 l\u2019un des volets les plus massifs de l\u2019affaire Pegasus. Les investigations du consortium avaient mis en lumi\u00e8re que le royaume ch\u00e9rifien avait s\u00e9lectionn\u00e9 pas moins de 6 000 num\u00e9ros de t\u00e9l\u00e9phone alg\u00e9riens comme cibles potentielles de son piratage \u00e9lectronique.<\/p>\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Cet espionnage \u00e0 l\u2019\u00e9chelle industrielle a directement vis\u00e9 le c\u0153ur de l\u2019\u00c9tat alg\u00e9rien, particuli\u00e8rement entre 2017 et 2019. Le sommet de l\u2019appareil s\u00e9curitaire et militaire, incluant de hauts responsables de l\u2019arm\u00e9e et des services de renseignement, figurait sur cette liste. La diplomatie alg\u00e9rienne a \u00e9galement \u00e9t\u00e9 cibl\u00e9e \u00e0 travers les t\u00e9l\u00e9phones de ministres des Affaires \u00e9trang\u00e8res successifs comme Ramtane Lamamra et Sabri Boukadoum. Le Maroc ne s\u2019\u00e9tait pas limit\u00e9 au territoire alg\u00e9rien. Les num\u00e9ros de citoyens alg\u00e9riens, diplomates le plus souvent, ont \u00e9t\u00e9 cibl\u00e9s en \u201cAfrique du Sud, en Angola, en Belgique, au Burkina Faso, au Canada, en C\u00f4te d\u2019Ivoire, aux Emirats arabes unis, en Egypte, en Espagne, en Ethiopie, en Finlande, en Indon\u00e9sie, en Iran, au Kenya, en Mauritanie, au Maroc, en Namibie, au Niger, au Nigeria, en Ouganda, en R\u00e9publique tch\u00e8que, au Rwanda, au S\u00e9n\u00e9gal, en Su\u00e8de, en Suisse, en Syrie, en Tunisie, en Turquie et au Zimbabwe.\u201d<\/p>\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Enfin, la sph\u00e8re politique et civile n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 \u00e9pargn\u00e9e, puisque l\u2019entourage de l\u2019ancien pr\u00e9sident Abdelaziz Bouteflika, ainsi que des figures de l\u2019opposition et de la soci\u00e9t\u00e9 civile, ont fait l\u2019objet de cette surveillance intensive. L\u2019utilisation de ces technologies a ainsi \u00e9t\u00e9 d\u00e9ploy\u00e9e comme une arme d\u2019ing\u00e9rence contre la souverainet\u00e9 alg\u00e9rienne.<\/p>\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le calvaire des opposants : les cas embl\u00e9matiques de Radi et Abdelmoumni<\/p>\n<p class=\"wp-block-paragraph\">L\u2019enqu\u00eate d\u00e9montre que cette surveillance de pointe s\u2019acharnait sur les voix critiques int\u00e9rieures du royaume, combinant technologies cyber et m\u00e9thodes de surveillance classiques.<\/p>\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le journaliste d\u2019investigation Omar Radi, figure de l\u2019opposition condamn\u00e9 puis graci\u00e9 par le roi en juillet 2024, a \u00e9t\u00e9 la cible d\u2019un dispositif de harc\u00e8lement global. En plus d\u2019\u00eatre l\u2019une des premi\u00e8res victimes de Pegasus, il a subi l\u2019installation de cam\u00e9ras miniaturis\u00e9es cach\u00e9es dans les luminaires de son domicile, la pose de micros sous les tables des caf\u00e9s qu\u2019il fr\u00e9quentait et la mise sur \u00e9coute de l\u2019ensemble de sa famille.<\/p>\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Parall\u00e8lement, une cellule de la DGST forte de dizaines d\u2019agents \u00e9tait charg\u00e9e d\u2019inonder les r\u00e9seaux sociaux pour d\u00e9truire sa r\u00e9putation.<\/p>\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Pour le d\u00e9fenseur des droits humains Fouad Abdelmoumni, l\u2019espionnage a franchi les barri\u00e8res de la vie priv\u00e9e la plus stricte. En 2020, des vid\u00e9os intimes de lui et de sa fianc\u00e9e avaient \u00e9t\u00e9 diffus\u00e9es clandestinement. L\u2019ancien officier Safir confirme aujourd\u2019hui que ces images proviennent de cam\u00e9ras dissimul\u00e9es par les services secrets dans le syst\u00e8me de climatisation de son domicile, retir\u00e9es aussit\u00f4t les s\u00e9quences enregistr\u00e9es.<\/p>\n<p class=\"wp-block-paragraph\">En symbiose avec la \u00ab presse de diffamation \u00bb<\/p>\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Toutes ces donn\u00e9es collect\u00e9es ill\u00e9galement, au m\u00e9pris total des autorisations judiciaires ou des mandats, n\u2019avaient pas pour seul but d\u2019alimenter les dossiers secrets du r\u00e9gime. L\u2019enqu\u00eate met en lumi\u00e8re une collaboration \u00e9troite entre la DGST et certains m\u00e9dias nationaux marocains, qualifi\u00e9s de \u00ab presse de diffamation \u00bb. Safir r\u00e9sume cette proximit\u00e9 en affirmant que les services filment les vid\u00e9os, prennent les photos et les transmettent directement \u00e0 des canaux comme ChoufTV, qu\u2019il qualifie de prolongements de la DGST.<\/p>\n<p class=\"wp-block-paragraph\">L\u2019objectif ultime de cette terreur num\u00e9rique et m\u00e9diatique reste d\u2019isoler socialement et professionnellement les opposants, cr\u00e9ant un climat de suspicion g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9 o\u00f9 l\u2019entourage m\u00eame des cibles finit par couper les ponts par peur des r\u00e9percussions. Malgr\u00e9 la lourdeur des preuves techniques et des t\u00e9moignages accumul\u00e9s par le consortium, les autorit\u00e9s marocaines ont choisi de garder le silence face aux sollicitations des journalistes.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"Cette nouvelle enqu\u00eate s\u2019appuie sur le t\u00e9moignage exclusif d\u2019un ancien officier de la Direction g\u00e9n\u00e9rale de la surveillance&hellip;\n","protected":false},"author":2,"featured_media":157925,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":"","_share_on_mastodon":"0"},"categories":[83],"tags":[11796,86,25680],"class_list":["post-157924","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","category-maroc","tag-forbidden-stories","tag-maroc","tag-pegasus"],"share_on_mastodon":{"url":"https:\/\/pubeurope.com\/@afrique\/116929246208885987","error":""},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/157924","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=157924"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/157924\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/media\/157925"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=157924"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=157924"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=157924"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}