{"id":158804,"date":"2026-07-17T09:52:12","date_gmt":"2026-07-17T09:52:12","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/158804\/"},"modified":"2026-07-17T09:52:12","modified_gmt":"2026-07-17T09:52:12","slug":"avec-lexposition-azzedine-alaia-et-lafrique-olivier-saillard-explore-les-racines-et-les-reves-du-couturier","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/158804\/","title":{"rendered":"Avec l&rsquo;exposition \u201cAzzedine Ala\u00efa et l&rsquo;Afrique\u201d, Olivier Saillard explore les racines et les r\u00eaves du couturier"},"content":{"rendered":"<p>Azzedine Ala\u00efa voyageait peu. \u201cIl disait toujours qui voyageait sur son tabouret de travail.\u201d raconte Olivier Saillard, pr\u00e9sident de la Fondation Azzedine Ala\u00efa. Nul doute que le plus important voyage qu\u2019il ait effectu\u00e9 l\u2019a men\u00e9 de sa Tunisie natale \u00e0 Paris, o\u00f9 son destin de couturier s\u2019est exauc\u00e9. Apr\u00e8s avoir abord\u00e9 ses premier amours \u00e0 travers <a href=\"https:\/\/www.harpersbazaar.fr\/mode\/olivier-saillard-raconte-azzedine-alaia-et-christian-dior_6879\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\">une exposition d\u00e9di\u00e9e \u00e0 sa collection Christian Dior<\/a>, la Fondation Azzedine Ala\u00efa remonte encore le fil de son histoire en interrogeant ce qu\u2019il a emport\u00e9 avec lui de l\u2019Afrique, ce qui vient affleurer, de mani\u00e8re tue ou non, \u00e0 la surface de sa couture si fi\u00e8rement parisienne.<\/p>\n<p>Jusqu\u2019en janvier, Azzedine et l\u2019Afrique rassemble dans l\u2019\u00e9crin de la rue de la Verrerie les silhouettes, en grande majorit\u00e9 in\u00e9dites, qui racontent l\u2019africanit\u00e9 de la mode d\u2019<a href=\"https:\/\/www.harpersbazaar.fr\/mode\/azzedine-alaia-la-tendresse-en-filigrane_4888\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\">Azzedine Ala\u00efa<\/a>. Les liens se r\u00e9v\u00e8lent au gr\u00e9 d\u2019\u00e9videntes r\u00e9f\u00e9rences, des robes de chic momies \u00e0 bandelettes ou une veste en crocodile sauvage. Mais aussi des plus t\u00e9nues ou moins connues, comme des bayad\u00e8res pigment\u00e9s ou des robes aux r\u00e9seaux de fils retenus par des coutures aux airs d\u2019arts premiers. Un parcours enchanteur pour un r\u00e9cit jamais vraiment formul\u00e9, mis en sc\u00e8ne par Olivier Saillard qui en raconte les dessous.<\/p>\n<p><img decoding=\"async\"  src=\"https:\/\/www.harpersbazaar.fr\/imgre\/fit\/~1~hbz~2026~07~15~adb11d6c-6728-4ebc-a4d2-e69260a1a22b.jpg\/425x599\/quality\/63\/crop-from\/center\/focus-point\/%2C\/crop-zone\/\/image.avif\" alt=\"Exposition \u201cAzzedine Ala\u00efa et l'Afrique\u201d en ce moment \u00e0 la Fondation Azzedine Ala\u00efa.\"  class=\"apply-ratio\" loading=\"lazy\" style=\"aspect-ratio: 0.71 \/ 1; max-height: 950px; width: auto;\"\/><\/p>\n<p>\n                                    Exposition \u201cAzzedine Ala\u00efa et l&rsquo;Afrique\u201d en ce moment \u00e0 la Fondation Azzedine Ala\u00efa.<\/p>\n<p>                                    \u00a9 Harper&rsquo;s Bazaar France<\/p>\n<p>Harper&rsquo;s Bazaar : Pourquoi avoir choisi d\u2019aborder cet angle, et de le faire maintenant ?<\/p>\n<p>Olivier Saillard : En fait, l&rsquo;id\u00e9e de cette exposition \u00e9tait l\u00e0 depuis quelques ann\u00e9es. En 1996, Peter Byrd (aussi expos\u00e9 dans le cadre de l&rsquo;accrochage, NDLR) avait fait un reportage photographique avec Azzedine Ala\u00efa pour le magazine Elle. Ils s&rsquo;\u00e9taient rendus tous les deux au Kenya, avaient pass\u00e9 du temps avec des Maasa\u00ef. Retomber sur ce magazine, et surtout lire les propos de Azzedine Ala\u00efa, qui disait qu&rsquo;il \u00e9tait revenu de ce voyage tr\u00e8s enthousiaste, m&rsquo;a presque encourag\u00e9 \u00e0 faire l&rsquo;exposition. Il disait : \u201cCe que j&rsquo;ai le plus aim\u00e9, c&rsquo;est de voir la mani\u00e8re des Maasai de marcher, avec \u00e9l\u00e9gance, avec lenteur.\u201d Et aussi : \u201cQuoi de plus aristocratique que leur mani\u00e8re de regarder le ciel ?\u201d<\/p>\n<p>Je me suis dit qu\u2019il ne fallait surtout pas faire de choses trop caricaturales : ce n&rsquo;est pas parce qu&rsquo;il y a une Saharienne, du macram\u00e9, des coquillages, que \u00e7a \u201cfait Afrique\u201d. J&rsquo;ai essay\u00e9 de regarder qu&rsquo;est-ce qu&rsquo;il y avait d&rsquo;Africain en lui, mais pas seulement l&rsquo;Afrique sub-saharienne, la Tunisie et l&rsquo;\u00c9gypte (parce qu&rsquo;il y a beaucoup d&rsquo;\u00c9gypte chez Azzedine Ala\u00efa). Donc c&rsquo;est une immersion, un voyage comme \u00e7a, en quelques inspirations africaines.<\/p>\n<p>H.B. : Tourn\u00e9 vers la France, vers Paris, Azzedine Ala\u00efa, l\u2019a quitt\u00e9e t\u00f4t, l\u2019Afrique. Quel rapport il entretient-il avec avec cette terre qu&rsquo;il a laiss\u00e9 derri\u00e8re lui ?<\/p>\n<p>O.S. : C&rsquo;\u00e9tait un peu ambigu, parce que Azzedine Ala\u00efa \u00e9tait tr\u00e8s fier d&rsquo;\u00eatre un couturier fran\u00e7ais. Il disait que la plus grande d\u00e9coration qu&rsquo;il avait re\u00e7ue de la France, c&rsquo;\u00e9tait la naturalisation fran\u00e7aise. Appartenir \u00e0 cette grande histoire de la mode fran\u00e7aise repr\u00e9sentait beaucoup. Jamais, il ne disait qu&rsquo;il \u00e9tait un couturier tunisien qui s&rsquo;\u00e9tait r\u00e9alis\u00e9 \u00e0 Paris. Jamais il ne parlait de \u00e7a. Mais ce qui est joli avec Azzedine Ala\u00efa, c&rsquo;est que toutes ces allusions tunisiennes, \u00e9gyptiennes, africaines, subsahariennes, arrivent toujours avec des souvenirs intimes. Sans rien dire \u00e0 ce propos -il n&rsquo;y avait pas d&rsquo;attitude oppos\u00e9e non plus-, il se sentait Parisien, Fran\u00e7ais, et plus encore, du marais. Ici, rue de la Verrerie, on peut dire qu&rsquo;il a construit un petit \u00e9tat. Il y a le lieu d&rsquo;exposition, il y avait les ateliers, la cuisine, le lieu de pr\u00e9sentation, ses appartements, ses archives, c&rsquo;est presque une ville, une m\u00e9dina.<\/p>\n<p><img decoding=\"async\"  src=\"https:\/\/www.harpersbazaar.fr\/imgre\/fit\/~1~hbz~2026~07~15~d57430a1-327f-475e-b933-5cd9e8d4bbe0.jpg\/425x582\/quality\/63\/crop-from\/center\/focus-point\/%2C\/crop-zone\/\/image.avif\" alt=\"Exposition \u201cAzzedine Ala\u00efa et l'Afrique\u201d en ce moment \u00e0 la Fondation Azzedine Ala\u00efa.\"  class=\"apply-ratio\" loading=\"lazy\" style=\"aspect-ratio: 0.73 \/ 1; max-height: 950px; width: auto;\"\/><\/p>\n<p>\n                                    Exposition \u201cAzzedine Ala\u00efa et l&rsquo;Afrique\u201d en ce moment \u00e0 la Fondation Azzedine Ala\u00efa.<\/p>\n<p>                                    \u00a9 Harper&rsquo;s Bazaar France<\/p>\n<p>H.B. : Qu&rsquo;est-ce qui, dans sa couture, frappe le plus de cet enracinement africain ?<\/p>\n<p>O.S. : Il y a des v\u00eatements, par exemple, qui rappellent les maisons blanches de Tunisie, mais aussi les v\u00eatements blancs perfor\u00e9s qui rappellent les moucharabieh de son enfance. Il y a des choses beaucoup plus africaines comme une robe avec des cordes, des allusions \u00e0 des savoir-faire Maasa\u00ef ou d&rsquo;autres cultures d&rsquo;Afrique. Moi, j&rsquo;ai essay\u00e9 de voir aussi d&rsquo;une mani\u00e8re moins premier degr\u00e9 les couleurs. L&rsquo;exposition est la premi\u00e8re qui permet de voir le go\u00fbt d&rsquo;Azzedine pour une forme d&rsquo;ornementation et de voir qu&rsquo;il \u00e9tait aussi un tr\u00e8s bon coloriste. Des couleurs de terre, des couleurs d&rsquo;\u00e9pices, tr\u00e8s chaudes. Sans le savoir, on voit bien que ce n&rsquo;est pas quelqu&rsquo;un qui vient de la Hollande ou de la Su\u00e8de.<\/p>\n<p>H.B. : Est-ce qu\u2019il aurait pu lui-m\u00eame orchestrer cette exposition ?<\/p>\n<p>O.S. : Je ne sais pas. C&rsquo;est une bonne question. Il y a une trace de cette exposition, en germe, \u00e0 Groningen \u00e0 la fin des ann\u00e9es 80. Il y avait tout un th\u00e8me africain m\u00e9lang\u00e9 avec des peintures de <a href=\"https:\/\/www.harpersbazaar.fr\/culture\/les-derniers-jours-de-jean-michel-basquiat_3277\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\">Basquiat<\/a>. Apr\u00e8s, je crois qu&rsquo;il l&rsquo;avait tout laiss\u00e9 pour qu&rsquo;on puisse le faire. C&rsquo;est d\u00e9j\u00e0 un aveu. Je pense aussi, peut-\u00eatre, qu&rsquo;il aurait \u00e9t\u00e9 heureux qu&rsquo;on ne salue pas qu&rsquo;une Afrique fantasm\u00e9e. \u00c7a nous permet aussi de montrer un Azzedine moins connu, moins c\u00e9l\u00e9br\u00e9.<\/p>\n<p><img decoding=\"async\"  src=\"https:\/\/www.harpersbazaar.fr\/imgre\/fit\/~1~hbz~2026~07~15~39ae7e5b-3667-41db-abb7-e65eea8c8ab4.jpg\/425x599\/quality\/63\/crop-from\/center\/focus-point\/%2C\/crop-zone\/\/image.avif\" alt=\"Exposition \u201cAzzedine Ala\u00efa et l'Afrique\u201d en ce moment \u00e0 la Fondation Azzedine Ala\u00efa.\"  class=\"apply-ratio\" loading=\"lazy\" style=\"aspect-ratio: 0.71 \/ 1; max-height: 950px; width: auto;\"\/><\/p>\n<p>\n                                    Exposition \u201cAzzedine Ala\u00efa et l&rsquo;Afrique\u201d en ce moment \u00e0 la Fondation Azzedine Ala\u00efa.<\/p>\n<p>                                    \u00a9 Harper&rsquo;s Bazaar France<\/p>\n<p>\u201cAzzedine Ala\u00efa et l&rsquo;Afrique\u201d, Fondation Azzedine Ala\u00efa, 18, rue de la Verrerie 75004 Paris, jusqu&rsquo;au 4 janvier 2027.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"Azzedine Ala\u00efa voyageait peu. \u201cIl disait toujours qui voyageait sur son tabouret de travail.\u201d raconte Olivier Saillard, pr\u00e9sident&hellip;\n","protected":false},"author":2,"featured_media":158805,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":"","_share_on_mastodon":"0"},"categories":[4],"tags":[6,50032,6981],"class_list":["post-158804","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","category-afrique","tag-afrique","tag-alau00efa","tag-exposition"],"share_on_mastodon":{"url":"https:\/\/pubeurope.com\/@afrique\/116934708097956893","error":""},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/158804","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=158804"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/158804\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/media\/158805"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=158804"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=158804"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=158804"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}