{"id":15982,"date":"2026-02-16T13:27:07","date_gmt":"2026-02-16T13:27:07","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/15982\/"},"modified":"2026-02-16T13:27:07","modified_gmt":"2026-02-16T13:27:07","slug":"le-ghana-annonce-la-creation-dun-conseil-budgetaire-independant-pour-ne-plus-dependre-du-fmi","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/15982\/","title":{"rendered":"Le Ghana annonce la cr\u00e9ation d&rsquo;un conseil budg\u00e9taire ind\u00e9pendant pour ne plus d\u00e9pendre du FMI"},"content":{"rendered":"<p>Le gouvernement ghan\u00e9en a annonc\u00e9 la cr\u00e9ation prochaine d\u2019un conseil budg\u00e9taire ind\u00e9pendant. L\u2019information a \u00e9t\u00e9 communiqu\u00e9e par Thomas Nyarko, adjoint au ministre des Finances, lors d\u2019un \u00e9change avec une d\u00e9l\u00e9gation fran\u00e7aise compos\u00e9e notamment d\u2019Emmanuelle Boulestreau, cheffe du Service \u00e9conomique r\u00e9gional pour le Nigeria et le Ghana, et de Julien Frioux, chef du Service \u00e9conomique de l\u2019ambassade de France \u00e0 Accra. Cette future institution, compos\u00e9e d\u2019experts nationaux, aura un r\u00f4le consultatif : elle analysera les choix budg\u00e9taires de l\u2019\u00c9tat, \u00e9valuera les pr\u00e9visions \u00e9conomiques et formulerait des avis sur la gestion des finances publiques. L\u2019objectif est de renforcer la transparence, la responsabilit\u00e9 et la soutenabilit\u00e9 budg\u00e9taire, c\u2019est-\u00e0-dire la capacit\u00e9 du pays \u00e0 ma\u00eetriser ses d\u00e9penses et sa dette \u00e0 long terme. Sa mise en place n\u00e9cessitera l\u2019adoption d\u2019un cadre juridique formel, par voie l\u00e9gislative ou r\u00e9glementaire. Les modalit\u00e9s pr\u00e9cises de fonctionnement, son degr\u00e9 d\u2019ind\u00e9pendance et ses moyens financiers n\u2019ont pas encore \u00e9t\u00e9 d\u00e9taill\u00e9s.<\/p>\n<p>Programme qui arrive \u00e0 son terme&#13;\n<\/p>\n<p>Cette annonce intervient alors que le Ghana arrive au terme de son programme en cours avec le Fonds mon\u00e9taire international (FMI). Pour rappel, un programme FMI correspond \u00e0 un accord o\u00f9 des ressources en devises sont mises \u00e0 la disposition d\u2019un pays, avec comme contrainte pour le b\u00e9n\u00e9ficiaire, la mise en \u0153uvre de r\u00e9formes visant \u00e0 stabiliser l\u2019\u00e9conomie, mais surtout \u00e0 garantir qu\u2019il pourra rembourser sa dette ext\u00e9rieure.<\/p>\n<p>Les autorit\u00e9s ghan\u00e9ennes ont indiqu\u00e9 ne pas envisager, \u00e0 ce stade, de solliciter un nouveau programme \u00e0 l\u2019issue de l\u2019accord actuel, \u00e9voquant la volont\u00e9 de \u00ab sortir avec dignit\u00e9 \u00bb du dispositif. Il ne s\u2019agit donc pas d\u2019une suspension anticip\u00e9e, mais d\u2019un non-renouvellement pr\u00e9vu \u00e0 l\u2019\u00e9ch\u00e9ance. Le Ghana restera n\u00e9anmoins soumis aux consultations r\u00e9guli\u00e8res pr\u00e9vues par l\u2019Article IV du FMI, un m\u00e9canisme de surveillance annuel applicable \u00e0 tous les pays membres. La cr\u00e9ation de ce conseil budg\u00e9taire peut ainsi \u00eatre interpr\u00e9t\u00e9e comme un outil national destin\u00e9 \u00e0 maintenir une discipline financi\u00e8re en l\u2019absence d\u2019un programme formel.<\/p>\n<p>Un secteur ext\u00e9rieur renforc\u00e9 mais encore fragile&#13;\n<\/p>\n<p>Dans son rapport publi\u00e9 en d\u00e9cembre 2025 au titre des consultations de l\u2019Article IV, le FMI souligne une am\u00e9lioration notable de la situation ext\u00e9rieure du Ghana. Le pays a enregistr\u00e9 un exc\u00e9dent du compte courant \u00e9quivalent \u00e0 3% du PIB \u00e0 fin juin 2025, contre 1,8% fin 2024. Cette am\u00e9lioration s\u2019explique principalement par le niveau \u00e9lev\u00e9 des exportations d\u2019or, la progression des ventes de cacao et le dynamisme des transferts d\u2019argent envoy\u00e9s par la diaspora. Les r\u00e9serves internationales brutes, c\u2019est-\u00e0-dire les avoirs en devises d\u00e9tenus par la banque centrale pour financer les importations et stabiliser la monnaie, ont atteint 9 milliards de dollars \u00e0 fin octobre 2025, soit l\u2019\u00e9quivalent de 3,5 mois d\u2019importations. Ce niveau d\u00e9passe les objectifs fix\u00e9s dans le cadre du programme du FMI.<\/p>\n<p>Sur la m\u00eame p\u00e9riode, le cedi, la monnaie nationale, s\u2019est appr\u00e9ci\u00e9 de 36% par rapport au dollar am\u00e9ricain, contribuant au ralentissement de l\u2019inflation, qui est retomb\u00e9e \u00e0 3,8% selon les autorit\u00e9s. En novembre 2025, la Banque du Ghana a adopt\u00e9 un nouveau cadre op\u00e9rationnel pour ses interventions sur le march\u00e9 des changes, afin d\u2019en am\u00e9liorer la transparence et la pr\u00e9visibilit\u00e9.<\/p>\n<p>Ces avanc\u00e9es n\u2019effacent toutefois pas certaines fragilit\u00e9s structurelles. Le FMI souligne que la Banque du Ghana conserve un r\u00f4le tr\u00e8s important sur le march\u00e9 des changes, captant plus de 60% des recettes d\u2019exportation de biens au premier semestre 2025. Cette situation limite le d\u00e9veloppement d\u2019un march\u00e9 interbancaire plus autonome et la formation libre des prix des devises. Par ailleurs, certaines pratiques maintiennent de fait plusieurs taux de change selon les op\u00e9rations, notamment l\u2019application de taux sp\u00e9cifiques \u00e0 certaines transactions publiques ou l\u2019existence d\u2019obligations de cession de devises li\u00e9es aux exportations de cacao. Ces m\u00e9canismes peuvent entra\u00eener des distorsions \u00e9conomiques. La d\u00e9pendance aux mati\u00e8res premi\u00e8res reste \u00e9galement \u00e9lev\u00e9e : l\u2019or repr\u00e9sente environ 67% des exportations du pays, exposant l\u2019\u00e9conomie aux fluctuations des cours mondiaux. Les pertes li\u00e9es au Domestic Gold Purchase Program (DGPP), un programme par lequel la banque centrale ach\u00e8te de l\u2019or local pour renforcer ses r\u00e9serves, ainsi qu\u2019aux activit\u00e9s de GoldBod, ont atteint 0,2% du PIB au troisi\u00e8me trimestre 2025. Le FMI recommande que ces co\u00fbts soient int\u00e9gr\u00e9s de mani\u00e8re transparente au budget de l\u2019\u00c9tat et que les r\u00e9serves soient mieux prot\u00e9g\u00e9es contre les risques de march\u00e9. \u00c0 fin septembre 2025, la dette ext\u00e9rieure du Ghana s\u2019\u00e9levait \u00e0 29,53 milliards de dollars, dont environ 24 % \u00e9taient libell\u00e9s en euros.<\/p>\n<p>La France, partenaire attentif&#13;\n<\/p>\n<p>La France entretient des relations \u00e9conomiques significatives avec le Ghana. Les \u00e9changes commerciaux bilat\u00e9raux ont atteint 732,3 millions de dollars en 2024. Depuis 2015, la France enregistre un d\u00e9ficit commercial moyen d\u2019environ 127 millions d\u2019euros par an avec le pays, selon les donn\u00e9es du Tr\u00e9sor fran\u00e7ais. Environ soixante entreprises fran\u00e7aises y sont implant\u00e9es et le stock des investissements directs fran\u00e7ais est pass\u00e9 de 235 millions d\u2019euros en 2008 \u00e0 2,5 milliards d\u2019euros en 2023. Pour ces investisseurs, la stabilit\u00e9 macro\u00e9conomique du Ghana et la solidit\u00e9 du cedi sont des \u00e9l\u00e9ments d\u00e9terminants, notamment pour le rapatriement des b\u00e9n\u00e9fices et la gestion du risque de change. Lors de l\u2019\u00e9change avec les autorit\u00e9s ghan\u00e9ennes, les repr\u00e9sentants fran\u00e7ais n\u2019ont pas comment\u00e9 publiquement l\u2019\u00e9ventualit\u00e9 d\u2019un non-renouvellement du programme du FMI, r\u00e9affirmant leur volont\u00e9 de soutenir le d\u00e9veloppement \u00e9conomique du Ghana, en particulier dans les infrastructures et l\u2019\u00e9nergie.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"Le gouvernement ghan\u00e9en a annonc\u00e9 la cr\u00e9ation prochaine d\u2019un conseil budg\u00e9taire ind\u00e9pendant. 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