{"id":165797,"date":"2026-07-25T21:15:26","date_gmt":"2026-07-25T21:15:26","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/165797\/"},"modified":"2026-07-25T21:15:26","modified_gmt":"2026-07-25T21:15:26","slug":"lamine-merbah-la-camera-dune-algerie-debout-sest-eteinte","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/165797\/","title":{"rendered":"Lamine Merbah, la cam\u00e9ra d\u2019une Alg\u00e9rie debout, s\u2019est \u00e9teinte !"},"content":{"rendered":"<p><img decoding=\"async\" class=\"\" style=\"width:100%\" src=\"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-content\/uploads\/2026\/07\/Lamine_Merbah1785010583223.jpg\" alt=\"Lamine Merbah\"\/><\/p>\n<p>Cr\u00e9dit : Lamine Merbah &#8211; NassimuS &#8211; Wikipedia<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400;\">Il filmait l\u2019Alg\u00e9rie comme on veille sur une m\u00e9moire menac\u00e9e : avec gravit\u00e9, patience et fid\u00e9lit\u00e9. Chez Lamine Merbah, une cam\u00e9ra n\u2019\u00e9tait jamais un simple instrument. Elle \u00e9tait une conscience. Une mani\u00e8re de regarder les humili\u00e9s sans les r\u00e9duire \u00e0 leurs blessures, de raconter l\u2019histoire sans l\u2019enfermer dans les livres et de rendre aux visages anonymes la place que les r\u00e9cits officiels leur refusent parfois.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400;\">Hier, le cin\u00e9ma alg\u00e9rien a perdu l\u2019un de ses b\u00e2tisseurs. Mais il a surtout perdu un regard. Celui d\u2019un homme qui aura consacr\u00e9 plus d\u2019un demi-si\u00e8cle \u00e0 traduire les secousses de son pays en images, en personnages et en silences.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400;\">Une vocation n\u00e9e avec le cin\u00e9ma de l\u2019Alg\u00e9rie ind\u00e9pendante<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400;\">Mohamed-Lamine Merbah voit le jour le 28 juillet 1946 \u00e0 Tighennif, dans la r\u00e9gion de Mascara. Son enfance et sa formation le conduisent ensuite \u00e0 Ksar Chellala, dans la wilaya de Tiaret, puis au lyc\u00e9e Bencheneb de M\u00e9d\u00e9a.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400;\">\u00c0 peine l\u2019Alg\u00e9rie ind\u00e9pendante commence-t-elle \u00e0 construire ses institutions culturelles que le jeune homme choisit d\u00e9j\u00e0 son langage : celui des images. Entre 1964 et 1967, il int\u00e8gre l\u2019Institut national du cin\u00e9ma. Cette \u00e9cole, fond\u00e9e dans l\u2019effervescence des premi\u00e8res ann\u00e9es de souverainet\u00e9, devait former une g\u00e9n\u00e9ration capable de raconter le pays par elle-m\u00eame, loin des repr\u00e9sentations h\u00e9rit\u00e9es de la colonisation.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400;\">En 1968, Lamine Merbah part en Pologne pour effectuer un stage au sein de la t\u00e9l\u00e9vision nationale. Il y d\u00e9couvre d\u2019autres m\u00e9thodes de r\u00e9alisation et une culture audiovisuelle o\u00f9 la mise en sc\u00e8ne dialogue \u00e9troitement avec les r\u00e9alit\u00e9s politiques et sociales.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400;\">Cette formation technique ne lui suffit pas. Soucieux de mieux comprendre les soci\u00e9t\u00e9s qu\u2019il veut filmer, il poursuit des \u00e9tudes \u00e0 l\u2019universit\u00e9 d\u2019Alger et obtient, en 1973, une licence en sociologie. Ce double apprentissage, celui du cadre et celui des hommes, donnera \u00e0 son cin\u00e9ma sa singularit\u00e9. Lamine Merbah ne se contente pas de raconter une histoire. Il en observe les rapports de force, les fractures et les cons\u00e9quences sur les destins individuels.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400;\">Filmer la d\u00e9possession pour restituer la dignit\u00e9<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400;\">Son nom restera \u00e0 jamais li\u00e9 \u00e0\u00a0Beni Hendel, connu en fran\u00e7ais sous le titre\u00a0Les D\u00e9racin\u00e9s. Sorti en 1977, ce drame historique raconte la d\u00e9possession de paysans des montagnes de l\u2019Ouarsenis et l\u2019exode forc\u00e9 qui en d\u00e9coule.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400;\">\u00c0 travers le sort de la tribu des Beni Hendel, Lamine Merbah expose les rouages de la spoliation coloniale. Il montre comment la terre, bien davantage qu\u2019un simple bien mat\u00e9riel, constitue une m\u00e9moire, une filiation et une part essentielle de l\u2019identit\u00e9. Lorsqu\u2019elle est arrach\u00e9e, ce ne sont pas seulement des familles qui sont d\u00e9plac\u00e9es. C\u2019est tout un monde qui vacille.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400;\">Port\u00e9 notamment par Hassan El-Hassani, Keltoum, Mohamed Sissani, Othmane Ariouat et Hadj Smaine, le film refuse les raccourcis. Le r\u00e9alisateur ne transforme pas l\u2019histoire en le\u00e7on fig\u00e9e. Il l\u2019incarne dans des regards, des gestes et des corps soumis \u00e0 la violence d\u2019un syst\u00e8me.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400;\">La musique d\u2019Ahmed Malek accompagne cette trag\u00e9die avec une retenue qui en renforce la puissance. Num\u00e9ris\u00e9 plusieurs d\u00e9cennies plus tard,\u00a0Les D\u00e9racin\u00e9s\u00a0demeure l\u2019une des \u0153uvres embl\u00e9matiques du cin\u00e9ma alg\u00e9rien consacr\u00e9 \u00e0 la colonisation et \u00e0 ses profondes cons\u00e9quences sociales.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400;\">Mais Lamine Merbah n\u2019\u00e9tait pas l\u2019homme d\u2019un seul film. Avant\u00a0Les D\u00e9racin\u00e9s, il avait d\u00e9j\u00e0 sign\u00e9\u00a0Les Spoliateurs\u00a0en 1972. L\u00e0 encore, la question de l\u2019injustice traverse le r\u00e9cit. Son cin\u00e9ma ne cherche ni l\u2019\u00e9vasion facile ni le spectacle gratuit. Il intervient dans le r\u00e9el. Il le questionne. Il en r\u00e9v\u00e8le les m\u00e9canismes cach\u00e9s.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400;\">Des \u00e9crans aux pages de \u00ab M\u2019Quid\u00e8che \u00bb<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400;\">\u00c0 partir du d\u00e9but des ann\u00e9es 1970, Lamine Merbah m\u00e8ne plusieurs vies professionnelles en parall\u00e8le. Il travaille pour la Radiodiffusion-t\u00e9l\u00e9vision alg\u00e9rienne tout en collaborant avec la Soci\u00e9t\u00e9 nationale d\u2019\u00e9dition et de diffusion, la SNED.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400;\">Son talent de sc\u00e9nariste s\u2019exprime \u00e9galement dans les pages de\u00a0M\u2019Quid\u00e8che, revue devenue mythique pour plusieurs g\u00e9n\u00e9rations de jeunes Alg\u00e9riens. Directeur de la publication entre 1969 et 1974, il contribue \u00e0 structurer les r\u00e9cits et \u00e0 donner \u00e0 la bande dessin\u00e9e alg\u00e9rienne ses premiers rep\u00e8res narratifs.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400;\">Cette exp\u00e9rience r\u00e9v\u00e8le une autre dimension de son parcours. Lamine Merbah ne s\u00e9pare jamais les arts. Cin\u00e9ma, t\u00e9l\u00e9vision, documentaire ou bande dessin\u00e9e participent, \u00e0 ses yeux, du m\u00eame devoir : donner forme \u00e0 l\u2019imaginaire national.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400;\">Il appartient \u00e0 cette g\u00e9n\u00e9ration convaincue que l\u2019ind\u00e9pendance politique devait \u00eatre accompagn\u00e9e d\u2019une souverainet\u00e9 culturelle. Il fallait que l\u2019Alg\u00e9rie produise ses propres histoires, fa\u00e7onne ses propres personnages et apprenne \u00e0 se regarder avec ses propres yeux.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400;\">Un r\u00e9alisateur attentif aux battements de son \u00e9poque<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400;\">Sa filmographie t\u00e9moigne d\u2019une activit\u00e9 soutenue et d\u2019une curiosit\u00e9 constante. Apr\u00e8s\u00a0Al Mountassar\u00a0en 1969, il r\u00e9alise notamment\u00a0La Mission\u00a0et\u00a0Yades\u00a0en 1971,\u00a0Les M\u00e9daill\u00e9s,\u00a0Cha\u00e2bia,\u00a0Les R\u00e9volt\u00e9s, puis\u00a0Conversation\u00a0et\u00a0Du fond du c\u0153ur.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400;\">En 1992, il signe\u00a0Radhia, autre titre important de son parcours. Ses \u0153uvres avancent sur plusieurs territoires, mais conservent un m\u00eame fil : l\u2019attention port\u00e9e aux bouleversements de la soci\u00e9t\u00e9 alg\u00e9rienne.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400;\">Lamine Merbah filme les \u00eatres pris dans les engrenages de l\u2019histoire, de l\u2019administration, de la pauvret\u00e9 ou des transformations sociales. Il ne les observe jamais de haut. Ses personnages ne sont ni des symboles d\u00e9sincarn\u00e9s ni de simples pr\u00e9textes id\u00e9ologiques. Ils existent avec leurs faiblesses, leurs contradictions et leur dignit\u00e9.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400;\">Son cin\u00e9ma sait que les grands \u00e9v\u00e9nements historiques s\u2019\u00e9crivent aussi dans les maisons modestes, les villages oubli\u00e9s, les bureaux anonymes et les existences que personne ne pense \u00e0 filmer.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400;\">\u00c0 l\u2019ENPA, b\u00e2tir aussi pour les autres<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400;\">En 1988, Lamine Merbah est nomm\u00e9 \u00e0 la t\u00eate de l\u2019Entreprise nationale de production audiovisuelle. Il en assure la direction g\u00e9n\u00e9rale jusqu\u2019en 1995, durant une p\u00e9riode particuli\u00e8rement complexe pour l\u2019Alg\u00e9rie et pour son secteur culturel.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400;\">\u00c0 ce poste, il ne se contente pas d\u2019administrer une institution. Il accompagne des projets, d\u00e9fend la production nationale et contribue \u00e0 ouvrir des chemins \u00e0 d\u2019autres r\u00e9alisateurs. Plusieurs cin\u00e9astes, parmi lesquels Rachid Bouchareb, Belkacem Hadjadj ou encore Bouberass, b\u00e9n\u00e9ficient alors du soutien de l\u2019entreprise.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400;\">Cette part de son h\u00e9ritage est moins visible qu\u2019un g\u00e9n\u00e9rique de film, mais elle est essentielle. Lamine Merbah fut aussi un passeur. Un homme qui comprenait qu\u2019une cin\u00e9matographie ne repose pas seulement sur quelques grandes signatures, mais sur des \u00e9quipes, des techniciens, des producteurs, des auteurs et des institutions capables de prot\u00e9ger la cr\u00e9ation.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400;\">\u00c0 travers ses responsabilit\u00e9s, il participe \u00e0 la construction d\u2019un espace audiovisuel national, au moment m\u00eame o\u00f9 celui-ci doit affronter les difficult\u00e9s \u00e9conomiques, les tensions politiques et l\u2019effondrement progressif de certains circuits de production.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400;\">La maladie, l\u2019\u00e9loignement et le retour \u00e0 la cam\u00e9ra<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400;\">En 1995, la maladie l\u2019oblige \u00e0 interrompre sa trajectoire. Pendant plusieurs ann\u00e9es, Lamine Merbah reste \u00e9loign\u00e9 des plateaux. Pour un homme qui avait fait de l\u2019image son mode d\u2019existence, cette longue immobilit\u00e9 aurait pu constituer un point final.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400;\">Elle ne fut qu\u2019une parenth\u00e8se.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400;\">En 2002, il reprend la cam\u00e9ra pour r\u00e9aliser\u00a0Le Miroir bris\u00e9. Le titre semble alors porter quelque chose de son propre combat. Revenir apr\u00e8s l\u2019\u00e9preuve, c\u2019est accepter de se confronter \u00e0 une soci\u00e9t\u00e9 transform\u00e9e, \u00e0 de nouveaux publics et \u00e0 de nouvelles mani\u00e8res de produire.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400;\">L\u2019ann\u00e9e suivante, il fonde sa soci\u00e9t\u00e9 Amine Intaj. Lib\u00e9r\u00e9 du seul cadre des institutions publiques, il poursuit son travail dans le cin\u00e9ma, le documentaire et la fiction t\u00e9l\u00e9vis\u00e9e.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400;\">Il r\u00e9alise ensuite\u00a0La Disparue\u00a0en 2005, puis\u00a0Darna Lakdima\u00a0\u2014\u00a0Notre ancienne maison\u00a0\u2014 en 2008. Dans cette derni\u00e8re \u0153uvre, il retrouve l\u2019un de ses th\u00e8mes les plus profonds : la maison comme espace de m\u00e9moire, de transmission et de confrontation entre les g\u00e9n\u00e9rations.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400;\">Le cin\u00e9aste d\u00e9montre alors qu\u2019il n\u2019a rien perdu de son \u00e9coute. Malgr\u00e9 les ann\u00e9es et la maladie, il continue de saisir les pulsations de l\u2019Alg\u00e9rie, ses nostalgies, ses contradictions et les transformations de ses familles.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400;\">Le documentaire comme devoir de m\u00e9moire<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400;\">Lamine Merbah a \u00e9galement consacr\u00e9 une part importante de son \u0153uvre au documentaire. Il filme le d\u00e9sert, la steppe, les paysages, les infrastructures, le patrimoine militaire et les richesses touristiques de l\u2019Alg\u00e9rie.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400;\">Cette diversit\u00e9 ne rel\u00e8ve pas de la dispersion. Elle exprime une m\u00eame volont\u00e9 : conserver des traces.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400;\">Avec\u00a0L\u2019Afrique, des t\u00e9n\u00e8bres \u00e0 la lumi\u00e8re, r\u00e9alis\u00e9 en 2009, il \u00e9largit son regard au continent africain et \u00e0 ses luttes d\u2019\u00e9mancipation. En 2011,\u00a0L\u2019Imam Ibn Youcef Es-Snoussi\u00a0t\u00e9moigne de son int\u00e9r\u00eat pour l\u2019histoire intellectuelle et spirituelle de l\u2019Alg\u00e9rie.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400;\">Chez lui, documenter ne signifie pas seulement enregistrer. Il s\u2019agit de transmettre, de relier le pr\u00e9sent aux g\u00e9n\u00e9rations pass\u00e9es et d\u2019emp\u00eacher l\u2019oubli d\u2019effacer les lieux, les figures et les combats qui ont fa\u00e7onn\u00e9 le pays. Ses documentaires prolongent ainsi son travail de fiction. Dans les deux cas, la cam\u00e9ra devient une archive vivante.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400;\">L\u2019hommage du monde culturel alg\u00e9rien<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400;\">L\u2019annonce de sa disparition a suscit\u00e9 une profonde \u00e9motion dans les milieux artistiques. R\u00e9alisateurs, acteurs, dessinateurs et responsables culturels ont salu\u00e9 la m\u00e9moire d\u2019un homme qui aura accompagn\u00e9 plusieurs g\u00e9n\u00e9rations.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400;\">La ministre de la Culture et des Arts en Alg\u00e9rie, Malika Bendouda, a rendu hommage \u00e0 une carri\u00e8re \u00ab riche et exceptionnelle, au cours de laquelle il a fond\u00e9 une v\u00e9ritable identit\u00e9 cin\u00e9matographique alg\u00e9rienne \u00bb. \u00ab Le paysage cin\u00e9matographique et t\u00e9l\u00e9visuel alg\u00e9rien perd avec lui une figure \u00e9minente qui, pendant des d\u00e9cennies, a enrichi le cin\u00e9ma national et document\u00e9 l\u2019identit\u00e9 alg\u00e9rienne \u00bb, a \u00e9galement soulign\u00e9 le minist\u00e8re.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400;\">Le communiqu\u00e9 officiel salue enfin un artiste parti en \u00ab laissant derri\u00e8re lui un h\u00e9ritage artistique abondant et des \u0153uvres immortelles qui resteront grav\u00e9es dans la m\u00e9moire des g\u00e9n\u00e9rations \u00bb.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400;\">Les hommes disparaissent, les images demeurent<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400;\">Fils de Moulay Merbah, figure du mouvement national alg\u00e9rien, mari\u00e9 et p\u00e8re de trois enfants, Lamine Merbah portait en lui une histoire familiale intimement li\u00e9e \u00e0 celle du pays. Il choisit de prolonger cet h\u00e9ritage non par les discours, mais par les images.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400;\">Il laisse des films, des feuilletons et des documentaires. Il laisse aussi des cin\u00e9astes qu\u2019il a soutenus, des professionnels qu\u2019il a accompagn\u00e9s et des spectateurs \u00e0 qui il a appris que le cin\u00e9ma pouvait \u00eatre autre chose qu\u2019un divertissement.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400;\">Il pouvait \u00eatre une fen\u00eatre ouverte sur le pass\u00e9. Un miroir tendu au pr\u00e9sent. Une r\u00e9sistance contre l\u2019effacement. Lamine Merbah s\u2019est \u00e9teint \u00e0 quelques jours de son 80e anniversaire. Sa cam\u00e9ra, elle, n\u2019a pas fini de tourner dans la m\u00e9moire collective.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400;\">Lorsque les g\u00e9n\u00e9rations futures chercheront \u00e0 comprendre ce que furent la d\u00e9possession, l\u2019exil int\u00e9rieur, les esp\u00e9rances de l\u2019ind\u00e9pendance ou les bouleversements de la soci\u00e9t\u00e9 alg\u00e9rienne, elles retrouveront ses images.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400;\">Et dans la lumi\u00e8re tremblante d\u2019un \u00e9cran, elles entendront encore battre le c\u0153ur d\u2019un homme qui avait fait du cin\u00e9ma une patrie.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"Cr\u00e9dit : Lamine Merbah &#8211; NassimuS &#8211; Wikipedia Il filmait l\u2019Alg\u00e9rie comme on veille sur une m\u00e9moire menac\u00e9e&hellip;\n","protected":false},"author":2,"featured_media":165798,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":"","_share_on_mastodon":"0"},"categories":[85],"tags":[51613,116,51605,51627,4009,4010,8873,51606,51611,24559,51623,51601,51620,51618,51614,51629,51612,51615,51599,51609,51630,51625,51608,51628,51621,51631,51624,51604,51626,51617,51619,51607,51600,51622,51602,51616,51603,51610],"class_list":["post-165797","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","category-algerie","tag-ahmed-malek","tag-algerie","tag-beni-hendel","tag-beni-hendel-film-sur-la-depossession-coloniale","tag-beur-fm","tag-beurfm","tag-cinema-algerien","tag-cinema-algerien-engage","tag-cinema-algerien-independant","tag-culture-algerienne","tag-deces-du-realisateur-algerien-lamine-merbah","tag-deces-lamine-merbah","tag-documentaire-algerien","tag-enpa-algerie","tag-hassan-el-hassani","tag-hommage-a-lamine-merbah-apres-sa-disparition","tag-institut-national-du-cinema-algerie","tag-keltoum","tag-lamine-merbah","tag-lamine-merbah-80-ans","tag-lamine-merbah-batisseur-du-cinema-national-algerien","tag-lamine-merbah-camera-de-la-memoire-algerienne","tag-lamine-merbah-decede-a-alger","tag-lamine-merbah-et-lhistoire-du-cinema-algerien","tag-lamine-merbah-figure-majeure-du-cinema-algerien","tag-lamine-merbah-realisateur-scenariste-et-documentariste-algerien","tag-lamine-merbah-seteint-a-alger-apres-une-longue-maladie","tag-les-deracines","tag-les-deracines-film-de-lamine-merbah","tag-mquideche","tag-malika-bendouda","tag-memoire-nationale-algerienne","tag-mohamed-lamine-merbah","tag-mohamed-lamine-merbah-realisateur-des-deracines","tag-mort-lamine-merbah","tag-othmane-ariouat","tag-realisateur-algerien","tag-tighennif-mascara"],"share_on_mastodon":{"url":"","error":"Validation failed: Text character limit of 500 exceeded"},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/165797","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=165797"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/165797\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/media\/165798"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=165797"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=165797"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=165797"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}