{"id":167478,"date":"2026-07-28T02:59:09","date_gmt":"2026-07-28T02:59:09","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/167478\/"},"modified":"2026-07-28T02:59:09","modified_gmt":"2026-07-28T02:59:09","slug":"gazoduc-afrique-atlantique-le-maroc-engage-le-tour-de-table-financier-dun-projet-a-26-milliards-de-dollars","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/167478\/","title":{"rendered":"Gazoduc Afrique-Atlantique: le Maroc engage le tour de table financier d\u2019un projet \u00e0 26 milliards de dollars"},"content":{"rendered":"<p class=\"default__StyledText-sc-10mj2vp-0 CxBBS body-paragraph\">Le gazoduc Nigeria-Maroc entre dans sa phase cruciale. Apr\u00e8s avoir obtenu le soutien politique des pays d\u2019Afrique de l\u2019Ouest, le Maroc s\u2019attaque d\u00e9sormais au principal verrou du projet: le financement de ses 26 milliards de dollars.<\/p>\n<p class=\"default__StyledText-sc-10mj2vp-0 CxBBS body-paragraph\">Selon Bloomberg, le Royaume sollicite la Banque d\u2019import-export des \u00c9tats-Unis et la Banque mondiale pour accompagner la r\u00e9alisation de ce corridor gazier appel\u00e9 \u00e0 relier le Nigeria au Maroc, avant une \u00e9ventuelle connexion avec le march\u00e9 europ\u00e9en. Les \u00e9changes restent encore pr\u00e9liminaires, mais leur ouverture confirme que le projet change de dimension.<\/p>\n<p class=\"default__StyledText-sc-10mj2vp-0 CxBBS body-paragraph\">La Banque d\u2019import-export des \u00c9tats-Unis a indiqu\u00e9 avoir engag\u00e9 de premi\u00e8res discussions. La Banque mondiale, de son c\u00f4t\u00e9, n\u2019a pas souhait\u00e9 commenter les d\u00e9marches en cours. Aucun engagement financier n\u2019est donc acquis, mais le Maroc cherche clairement \u00e0 placer le gazoduc sur le radar des principaux bailleurs internationaux.<\/p>\n<p class=\"default__StyledText-sc-10mj2vp-0 CxBBS body-paragraph\">Interrog\u00e9 par Bloomberg \u00e0 Washington, l\u2019ambassadeur du Maroc aux \u00c9tats-Unis, Youssef Amrani, l\u2019a pr\u00e9sent\u00e9 comme \u00abl\u2019un des projets d\u2019infrastructure les plus ambitieux actuellement en d\u00e9veloppement en Afrique\u00bb.<\/p>\n<p class=\"default__StyledText-sc-10mj2vp-0 CxBBS body-paragraph\">Le soutien politique obtenu le 19 juillet aupr\u00e8s des dirigeants de la Communaut\u00e9 \u00e9conomique des \u00c9tats de l\u2019Afrique de l\u2019Ouest constitue une avanc\u00e9e importante. L\u2019accord intergouvernemental sign\u00e9 par les pays de la CEDEAO donne au projet une base r\u00e9gionale plus solide, sans toutefois r\u00e9gler la question de son financement.<\/p>\n<p class=\"default__StyledText-sc-10mj2vp-0 CxBBS body-paragraph\">Une infrastructure d\u2019une telle ampleur exige bien plus qu\u2019un accord diplomatique. Les pays concern\u00e9s devront s\u2019entendre sur le passage du gazoduc, les tarifs de transport, la s\u00e9curit\u00e9 des installations, les r\u00e8gles d\u2019exploitation et la r\u00e9partition des responsabilit\u00e9s. Chaque retard ou d\u00e9saccord national pourrait peser sur l\u2019ensemble du calendrier.<\/p>\n<p class=\"interstitial-link block-margin-bottom\">Lire aussi : <a href=\"https:\/\/fr.le360.ma\/economie\/gazoduc-africain-atlantique-le-calendrier-dun-projet-xxl_IRGVURO3N5CEVIWDGW3ZSD7XUY\/\" aria-label=\"Ouvrir un article associ\u00e9\" class=\"default__StyledLink-sc-10mj2vp-1 kkYPzd\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\">Gazoduc Africain Atlantique: le calendrier d\u2019un projet XXL<\/a><\/p>\n<p class=\"default__StyledText-sc-10mj2vp-0 CxBBS body-paragraph\">Bloomberg pr\u00e9cise que les travaux devraient d\u00e9marrer en 2028, pour une arriv\u00e9e des premiers volumes de gaz en 2031. Mais cette \u00e9ch\u00e9ance reste directement li\u00e9e \u00e0 la mobilisation des financements. Le passage de la phase politique \u00e0 la phase op\u00e9rationnelle d\u00e9pendra donc de la capacit\u00e9 du Maroc et du Nigeria \u00e0 pr\u00e9senter un montage suffisamment solide aux pr\u00eateurs.<\/p>\n<p class=\"default__StyledText-sc-10mj2vp-0 CxBBS body-paragraph\">L\u2019appui \u00e9ventuel de la Banque mondiale ou de l\u2019Exim Bank am\u00e9ricaine pourrait faciliter cette \u00e9tape. Leur participation apporterait des ressources financi\u00e8res, mais aussi des garanties capables d\u2019attirer d\u2019autres banques et investisseurs. Elle imposerait, en contrepartie, une visibilit\u00e9 pr\u00e9cise sur les co\u00fbts, les recettes futures et les engagements pris par les diff\u00e9rents \u00c9tats.<\/p>\n<p class=\"default__StyledText-sc-10mj2vp-0 CxBBS body-paragraph\">Le Maroc, principal d\u00e9bouch\u00e9 africain du gazoduc<\/p>\n<p class=\"default__StyledText-sc-10mj2vp-0 CxBBS body-paragraph\">La capacit\u00e9 pr\u00e9vue du gazoduc atteint 30 milliards de m\u00e8tres cubes par an, selon l\u2019Office national des hydrocarbures et des mines, qui pilote le projet avec la Nigerian National Petroleum Company. La moiti\u00e9 de ces volumes serait destin\u00e9e au Maroc, tandis que le reste pourrait \u00eatre achemin\u00e9 vers l\u2019Europe.<\/p>\n<p class=\"default__StyledText-sc-10mj2vp-0 CxBBS body-paragraph\">Le Royaume ne serait donc pas un simple pays de transit. Avec 15 milliards de m\u00e8tres cubes th\u00e9oriquement r\u00e9serv\u00e9s \u00e0 son march\u00e9, il deviendrait l\u2019un des principaux b\u00e9n\u00e9ficiaires de l\u2019infrastructure. Le gazoduc servirait ainsi les besoins \u00e9nerg\u00e9tiques marocains tout en renfor\u00e7ant le r\u00f4le du pays comme point de connexion entre les producteurs ouest-africains et l\u2019Europe.<\/p>\n<p class=\"default__StyledText-sc-10mj2vp-0 CxBBS body-paragraph\">Ce partage des volumes constitue \u00e9galement un argument financier. Les bailleurs auront besoin de savoir qui ach\u00e8tera le gaz, \u00e0 quel prix et sur quelle dur\u00e9e. Le financement d\u2019un projet de 26 milliards de dollars suppose des contrats d\u2019achat de long terme et des recettes suffisamment pr\u00e9visibles pour couvrir les co\u00fbts de construction et d\u2019exploitation.<\/p>\n<p class=\"default__StyledText-sc-10mj2vp-0 CxBBS body-paragraph\">Le Royaume devra donc d\u00e9montrer que les volumes destin\u00e9s au march\u00e9 marocain disposent d\u2019un d\u00e9bouch\u00e9 r\u00e9el. La m\u00eame exigence s\u2019appliquera \u00e0 la partie tourn\u00e9e vers l\u2019Europe, o\u00f9 les besoins imm\u00e9diats de diversification \u00e9nerg\u00e9tique coexistent avec une politique de r\u00e9duction progressive de la consommation d\u2019\u00e9nergies fossiles.<\/p>\n<p class=\"interstitial-link block-margin-bottom\">Lire aussi : <a href=\"https:\/\/fr.le360.ma\/economie\/gazoduc-africain-atlantique-comment-lafrique-de-louest-scelle-son-destin-energetique-au-maroc_IQJBYO4CGJFZTNWMIWTCAU4UCE\/\" aria-label=\"Ouvrir un article associ\u00e9\" class=\"default__StyledLink-sc-10mj2vp-1 kkYPzd\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\">Gazoduc Africain-Atlantique: comment l\u2019Afrique de l\u2019Ouest scelle son destin \u00e9nerg\u00e9tique au Maroc<\/a><\/p>\n<p class=\"default__StyledText-sc-10mj2vp-0 CxBBS body-paragraph\">Le contexte international redonne de la force au projet. Selon Youssef Amrani, les perturbations des flux \u00e9nerg\u00e9tiques provoqu\u00e9es par le conflit iranien ont renforc\u00e9 \u00abla n\u00e9cessit\u00e9 d\u2019un gazoduc acheminant le gaz africain vers l\u2019Europe\u00bb.<\/p>\n<p class=\"default__StyledText-sc-10mj2vp-0 CxBBS body-paragraph\">Bloomberg fait \u00e9tat d\u2019une hausse prolong\u00e9e des prix du gaz sur le march\u00e9 europ\u00e9en, sur fond d\u2019inqui\u00e9tudes concernant la constitution des stocks avant l\u2019hiver. Les tensions actuelles rappellent aux pays europ\u00e9ens leur exposition aux ruptures d\u2019approvisionnement et leur besoin de diversifier les routes d\u2019importation.<\/p>\n<p class=\"default__StyledText-sc-10mj2vp-0 CxBBS body-paragraph\">Le Maroc entend capitaliser sur cette situation pour pr\u00e9senter le gazoduc Afrique-Atlantique comme une nouvelle voie de s\u00e9curisation \u00e9nerg\u00e9tique. Reli\u00e9 au r\u00e9seau Maghreb-Europe, le projet pourrait offrir aux producteurs africains un acc\u00e8s au march\u00e9 europ\u00e9en tout en approvisionnant les pays situ\u00e9s sur son trac\u00e9.<\/p>\n<p class=\"default__StyledText-sc-10mj2vp-0 CxBBS body-paragraph\">Cependant, la flamb\u00e9e actuelle des prix ne suffira pas \u00e0 justifier, \u00e0 elle seule, un investissement appel\u00e9 \u00e0 fonctionner pendant plusieurs d\u00e9cennies. Les financeurs devront raisonner sur la demande \u00e0 long terme, alors que l\u2019Europe cherche parall\u00e8lement \u00e0 r\u00e9duire sa d\u00e9pendance au gaz.<\/p>\n<p class=\"default__StyledText-sc-10mj2vp-0 CxBBS body-paragraph\">Anne-Sophie Corbeau, chercheuse associ\u00e9e au Center on Global Energy Policy de l\u2019Universit\u00e9 Columbia, s\u2019interroge ainsi aupr\u00e8s de Bloomberg sur la n\u00e9cessit\u00e9 de prolonger le gazoduc jusqu\u2019en Europe. Le risque tient \u00e0 un possible d\u00e9calage entre le calendrier de mise en service du projet et l\u2019\u00e9volution future de la consommation europ\u00e9enne.<\/p>\n<p class=\"default__StyledText-sc-10mj2vp-0 CxBBS body-paragraph\">Un trac\u00e9 ambitieux, mais complexe<\/p>\n<p class=\"default__StyledText-sc-10mj2vp-0 CxBBS body-paragraph\">La longueur du gazoduc et le nombre de pays concern\u00e9s constituent l\u2019autre grande difficult\u00e9. Anne-Sophie Corbeau estime que cette multiplicit\u00e9 d\u2019acteurs pourrait compliquer la mise en \u0153uvre du projet. Le soutien de la CEDEAO r\u00e9duit le risque d\u2019un blocage politique imm\u00e9diat, mais il ne garantit pas la continuit\u00e9 de l\u2019exploitation. Pays producteurs, \u00c9tats de transit et march\u00e9s consommateurs devront maintenir leurs engagements sur une longue p\u00e9riode, malgr\u00e9 leurs priorit\u00e9s \u00e9conomiques et \u00e9nerg\u00e9tiques parfois diff\u00e9rentes.<\/p>\n<p class=\"default__StyledText-sc-10mj2vp-0 CxBBS body-paragraph\">La concurrence entre grands projets africains pourrait \u00e9galement compliquer la recherche de capitaux. Bloomberg rappelle que le gazoduc Nigeria-Maroc avance en parall\u00e8le du projet transsaharien port\u00e9 par l\u2019Alg\u00e9rie et d\u2019importants d\u00e9veloppements gaziers au Mozambique. Les bailleurs devront donc d\u00e9partager plusieurs projets co\u00fbteux qui cherchent tous \u00e0 mobiliser des financements internationaux. Sauf que le projet initi\u00e9 par les Alg\u00e9riens se heurte \u00e0 de s\u00e9v\u00e8res contraintes s\u00e9curitaires dans le Sahel, mais surtout dans le sud de l\u2019Alg\u00e9rie, base arri\u00e8re des mouvements terroristes.<\/p>\n<p class=\"default__StyledText-sc-10mj2vp-0 CxBBS body-paragraph\">Le gazoduc Afrique-Atlantique dispose d\u00e9sormais d\u2019un trac\u00e9, d\u2019un soutien r\u00e9gional et de ressources gazi\u00e8res identifi\u00e9es. Il lui manque encore l\u2019\u00e9l\u00e9ment d\u00e9cisif: des engagements financiers \u00e0 la hauteur de son co\u00fbt.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"Le gazoduc Nigeria-Maroc entre dans sa phase cruciale. 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