{"id":16813,"date":"2026-02-17T07:35:06","date_gmt":"2026-02-17T07:35:06","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/16813\/"},"modified":"2026-02-17T07:35:06","modified_gmt":"2026-02-17T07:35:06","slug":"le-nigeria-declare-la-guerre-a-tuta-absoluta-ennemi-numero-1-de-la-filiere-tomate","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/16813\/","title":{"rendered":"Le Nigeria d\u00e9clare la guerre \u00e0 Tuta Absoluta, ennemi num\u00e9ro 1 de la fili\u00e8re tomate"},"content":{"rendered":"<p>Au Nigeria, les autorit\u00e9s ont d\u00e9voil\u00e9, le 12 f\u00e9vrier dernier, un programme d\u2019urgence destin\u00e9 \u00e0 contenir la propagation de Tuta absoluta, la mineuse sud-am\u00e9ricaine de la tomate. D\u00e9ploy\u00e9e par le minist\u00e8re de l\u2019Agriculture, cette initiative entend appuyer les producteurs dans les pratiques de lutte int\u00e9gr\u00e9e et leur distribuer des intrants phytosanitaires pour freiner les infestations. Au-del\u00e0, le projet vise la diffusion de nouvelles vari\u00e9t\u00e9s am\u00e9lior\u00e9es, \u00ab\u00a0HORTITOM4\u00a0\u00bb et \u00ab\u00a0HORTITOM5\u00a0\u00bb, mises au point en 2025 et adapt\u00e9es aussi bien au plein champ qu\u2019aux syst\u00e8mes irrigu\u00e9s et \u00e0 la culture sous serre.<\/p>\n<p>Selon le minist\u00e8re, ces vari\u00e9t\u00e9s pr\u00e9sentent une meilleure tol\u00e9rance aux maladies et affichent des rendements compris entre 21,7 et 27,2 tonnes par hectare, contre un rendement se situant \u00e0 4,5 tonnes par hectare en 2024.<\/p>\n<p>L\u2019\u00ab\u00a0Ebola de la tomate\u00a0\u00bb &#13;\n<\/p>\n<p>Si le co\u00fbt et la dur\u00e9e de l\u2019initiative n\u2019ont pas encore \u00e9t\u00e9 r\u00e9v\u00e9l\u00e9s, les attentes sont d\u00e9j\u00e0 importantes dans le rang des acteurs de la fili\u00e8re, qui ont eu des sueurs froides au cours de la derni\u00e8re d\u00e9cennie en raison de cette pathologie.<\/p>\n<p>Surnomm\u00e9 \u00ab\u00a0Ebola de la tomate\u00a0\u00bb par les agriculteurs locaux, ce ravageur peut en effet occasionner des pertes allant de 80 \u00e0 100% de la r\u00e9colte dans des champs non trait\u00e9s. Il pr\u00e9sente en outre une capacit\u00e9 de reproduction \u00e9lev\u00e9e, un cycle de vie court et une r\u00e9sistance croissante \u00e0 certains pesticides qui le rendent particuli\u00e8rement difficile \u00e0 \u00e9radiquer.<\/p>\n<p>Au Nigeria, second producteur de tomates d\u2019Afrique derri\u00e8re l\u2019\u00c9gypte, la maladie a frapp\u00e9 plusieurs zones majeures de production dans le Nord, comme les \u00c9tats de Kano, de Katsina et de Kaduna. \u00ab\u00a0\u00c0 Kano, depuis f\u00e9vrier 2024, les producteurs de tomates luttent contre des infestations de ravageurs, en particulier la r\u00e9surgence de Tuta absoluta, entra\u00eenant la destruction des cultures sur les principaux sites d&rsquo;irrigation\u00a0\u00bb, d\u00e9taillait le Service national de vulgarisation agricole et de liaison pour la recherche (NAERLS).<\/p>\n<p>Les flamb\u00e9es successives d\u2019infestation ont perturb\u00e9 l\u2019\u00e9quilibre de la fili\u00e8re, accentuant la volatilit\u00e9 des prix et fragilisant les revenus des petits exploitants qui repr\u00e9sentent presque la totalit\u00e9 des superficies cultiv\u00e9es. Lors des pics d\u2019infestation en 2024 et 2025, les prix de la tomate fra\u00eeche ont ainsi connu des hausses spectaculaires sur les principaux march\u00e9s, pesant sur le pouvoir d\u2019achat des m\u00e9nages urbains. En mai 2025, le minist\u00e8re nig\u00e9rian de l\u2019Agriculture estimait que ces pertes avaient repr\u00e9sent\u00e9 plus de 1,3 milliard de nairas (plus de 810\u00a0000 euros).<\/p>\n<p>\u00ab Malgr\u00e9 la saison de r\u00e9colte, certaines fermes ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9truites. Actuellement, un panier de 50 kg de tomates se vend environ\u00a030\u00a0000 nairas sur les march\u00e9s du nord en raison de l&rsquo;infestation. Avant l&rsquo;\u00e9pid\u00e9mie, le m\u00eame panier valait entre\u00a05\u00a0000 et 10\u00a0000 nairas\u00a0\u00bb, expliquait un mois plus t\u00f4t, Rabiu Zuntu, le pr\u00e9sident de l\u2019Association des producteurs et transformateurs de tomates du Nigeria (TGPAN) au m\u00e9dia Newscentraltv.<\/p>\n<p>Un enjeu important pour la fili\u00e8re&#13;\n<\/p>\n<p>Ces diff\u00e9rentes mesures surviennent alors que la menace d\u00e9passe largement le simple cadre agronomique. Pour le Nigeria, premier march\u00e9 de consommation d\u2019Afrique de l\u2019Ouest, la tomate constitue un ingr\u00e9dient de base qui entre dans la composition de nombreux mets tr\u00e8s pris\u00e9s comme le riz jollof\u00a0ou la soupe \u00e9pic\u00e9e. Cette importance du fruit pour les m\u00e9nages appelle \u00e0 une ma\u00eetrise durable du ravageur pour accro\u00eetre l\u2019offre disponible sur les march\u00e9s et limiter les pertes post-r\u00e9colte qui touchent d\u00e9j\u00e0 45% de la production.<\/p>\n<p>Sur un autre plan, le renforcement de la lutte contre Tuta absoluta devrait contribuer \u00e0 consolider l\u2019ensemble de la cha\u00eene de valeur de la tomate, en am\u00e9liorant l\u2019approvisionnement en mati\u00e8res premi\u00e8res pour les unit\u00e9s de transformation. Il faut rappeler qu\u2019en 2016, les ravages du parasite et la perturbation cons\u00e9quente de l\u2019offre dans le nord-ouest ont fragilis\u00e9, l\u2019usine de transformation de tomates du groupe Dangote, alors pr\u00e9sent\u00e9e comme un levier de substitution aux importations de concentr\u00e9s.<\/p>\n<p>Lanc\u00e9e en mars 2016 pour un co\u00fbt total de 20 millions USD (environ 16,9 millions d\u2019euros) et affichant une capacit\u00e9 de transformation journali\u00e8re de 1 200 tonnes, l\u2019unit\u00e9 avait d\u00fb suspendre ses activit\u00e9s deux mois plus tard en raison de la p\u00e9nurie de tomates.\u00a0<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"Au Nigeria, les autorit\u00e9s ont d\u00e9voil\u00e9, le 12 f\u00e9vrier dernier, un programme d\u2019urgence destin\u00e9 \u00e0 contenir la propagation&hellip;\n","protected":false},"author":2,"featured_media":16814,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[176],"tags":[1192,58,8016,8014,8017,2053,1394,59,192,8018,8019,8015],"class_list":{"0":"post-16813","1":"post","2":"type-post","3":"status-publish","4":"format-standard","5":"has-post-thumbnail","7":"category-nigeria","8":"tag-1192","9":"tag-58","10":"tag-absoluta","11":"tag-declare","12":"tag-ennemi","13":"tag-filiere","14":"tag-guerre","15":"tag-la-tribune-afrique","16":"tag-nigeria","17":"tag-numero","18":"tag-tomate","19":"tag-tuta"},"share_on_mastodon":{"url":"https:\/\/pubeurope.com\/@afrique\/116084822702609945","error":""},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/16813","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=16813"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/16813\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/media\/16814"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=16813"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=16813"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=16813"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}