{"id":170432,"date":"2026-07-31T11:03:14","date_gmt":"2026-07-31T11:03:14","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/170432\/"},"modified":"2026-07-31T11:03:14","modified_gmt":"2026-07-31T11:03:14","slug":"affaire-des-39-milliards-a-la-dgi-le-ministere-leconomie-et-des-finances-ivoirien-en-accusation","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/170432\/","title":{"rendered":"Affaire des 39 milliards \u00e0 la DGI : le minist\u00e8re l&rsquo;\u00c9conomie et des Finances ivoirien en accusation"},"content":{"rendered":"<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"696\" height=\"392\" class=\"entry-thumb\" src=\"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-content\/uploads\/2026\/07\/office-denquete-sur-une-fuite-financiere-au-ministere-de-leconomie-et-des-finances-de-cote-divoire-6.jpeg\"   alt=\"Office d\u2019enqu\u00eate sur une fuite financi\u00e8re au Minist\u00e8re de l'Economie et des Finances de C\u00f4te d'Ivoire\" title=\"Office d\u2019enqu\u00eate sur une fuite financi\u00e8re au Minist\u00e8re de l'Economie et des Finances de C\u00f4te d'Ivoire\"\/>Office d\u2019enqu\u00eate sur une fuite financi\u00e8re au Minist\u00e8re de l&rsquo;Economie et des Finances de C\u00f4te d&rsquo;Ivoire<\/p>\n<p>Un pr\u00e9judice pr\u00e9sum\u00e9 de plus de 39 milliards de FCFA, des d\u00e9gr\u00e8vements fiscaux suspects, une dizaine d\u2019agents interpell\u00e9s ! L\u2019affaire qui secoue la Direction g\u00e9n\u00e9rale des Imp\u00f4ts de C\u00f4te d\u2019ivoire d\u00e9borde d\u00e9sormais le cadre judiciaire. Elle interroge la responsabilit\u00e9 de toute la cha\u00eene de contr\u00f4le du minist\u00e8re ivoirien de l\u2019\u00c9conomie, des Finances et du Budget.<\/p>\n<p>La prudence reste de mise \u00e0 ce stade. Les 39 milliards \u00e9voqu\u00e9s dans la plainte du Syndicat des agents des imp\u00f4ts (SAGI) ne sont ni un d\u00e9tournement \u00e9tabli ni une perte certifi\u00e9e pour le Tr\u00e9sor. Il s\u2019agit d\u2019une estimation du pr\u00e9judice li\u00e9 \u00e0 des op\u00e9rations de d\u00e9gr\u00e8vement pr\u00e9sum\u00e9es frauduleuses, que le P\u00f4le p\u00e9nal \u00e9conomique et financier (PPEF) doit d\u00e9sormais instruire.<\/p>\n<p>La plainte a \u00e9t\u00e9 enregistr\u00e9e le 21 juillet 2026 aupr\u00e8s du procureur de la R\u00e9publique pr\u00e8s le PPEF. Plusieurs sources \u00e9voquent des interpellations parmi les agents et cadres de l\u2019administration fiscale, sans que leur nombre, leur degr\u00e9 d\u2019implication ou les qualifications p\u00e9nales retenues aient \u00e9t\u00e9 pr\u00e9cis\u00e9s par la juridiction.<\/p>\n<p>Des contr\u00f4les qui arrivent apr\u00e8s coup<\/p>\n<p>Selon les premiers r\u00e9cits, des d\u00e9gr\u00e8vements irr\u00e9guliers auraient \u00e9t\u00e9 valid\u00e9s gr\u00e2ce \u00e0 l\u2019utilisation frauduleuse de la signature \u00e9lectronique du directeur g\u00e9n\u00e9ral des Imp\u00f4ts, Ouattara Si\u00e9 Abou. L\u2019enqu\u00eate devra \u00e9tablir si cette signature a \u00e9t\u00e9 usurp\u00e9e, quels agents disposaient des acc\u00e8s n\u00e9cessaires, et quelles entreprises ont b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 des r\u00e9ductions contest\u00e9es.<\/p>\n<p>Des sources proches de la direction g\u00e9n\u00e9rale affirment que celle-ci a elle-m\u00eame d\u00e9tect\u00e9 les anomalies, lors du s\u00e9minaire bilan de la DGI organis\u00e9 les 16 et 17 f\u00e9vrier \u00e0 Yamoussoukro. Le directeur g\u00e9n\u00e9ral aurait alors saisi l\u2019Inspection g\u00e9n\u00e9rale des services fiscaux, avant de transmettre le dossier au <a href=\"https:\/\/www.afrik.com\/faux-documents-administratifs-en-cote-d-ivoire-un-reseau-demantele\" target=\"_blank\" rel=\"noopener nofollow\">PPEF<\/a>.<\/p>\n<p>Cette chronologie \u00e9carte l\u2019image d\u2019une administration passive. Pourtant, un contr\u00f4le interne solide devrait emp\u00eacher qu\u2019un agent modifie une dette fiscale importante, utilise la signature num\u00e9rique d\u2019un sup\u00e9rieur ou accorde un d\u00e9gr\u00e8vement sans que cela ne soit imm\u00e9diatement visible.<\/p>\n<p>Si les manipulations ont r\u00e9ellement port\u00e9 sur plusieurs dizaines de milliards, l\u2019enjeu d\u00e9passe l\u2019identit\u00e9 de ceux qui ont cliqu\u00e9 ou valid\u00e9. Il faut comprendre pourquoi les garde-fous techniques et hi\u00e9rarchiques n\u2019ont pas arr\u00eat\u00e9 les op\u00e9rations d\u00e8s leur origine.<\/p>\n<p>Une responsabilit\u00e9 qui remonte la hi\u00e9rarchie<\/p>\n<p>Le discours institutionnel pr\u00e9sentera sans doute ce dossier comme la preuve que les contr\u00f4les fonctionnent. Mais l\u2019argument ne tient qu\u2019en partie car d\u00e9couvrir une anomalie apr\u00e8s un pr\u00e9judice de cette ampleur n\u2019atteste pas l\u2019efficacit\u00e9 d\u2019un syst\u00e8me, elle en d\u00e9montre les failles et oblige \u00e0 en examiner toute la cha\u00eene pour d\u00e9finir les responsabilit\u00e9s. Applications informatiques, chefs de service, directeurs centraux, inspection interne, cabinet minist\u00e9riel, tout doit \u00eatre \u00e9tudi\u00e9 en profondeur.<\/p>\n<p>La responsabilit\u00e9 p\u00e9nale, individuelle, reviendra aux magistrats. La responsabilit\u00e9 manag\u00e9riale, elle, concerne ceux qui devaient organiser les proc\u00e9dures. Sanctionner quelques agents sans auditer les \u00e9chelons sup\u00e9rieurs laisserait intact le syst\u00e8me qui a permis la fraude.<\/p>\n<p>Ahoua Don Mello a demand\u00e9, le 29 juillet, un audit ind\u00e9pendant des proc\u00e9dures de d\u00e9gr\u00e8vement, d\u2019exon\u00e9ration, de validation \u00e9lectronique et de contr\u00f4le interne. La demande m\u00e9rite d\u2019\u00eatre suivie d\u2019effet, \u00e0 condition que cet audit \u00e9chappe aux seuls services concern\u00e9s et ne finisse pas dans un rapport confidentiel. La transparence est imp\u00e9rative dans la gestion de ce dossier.<\/p>\n<p>Des signaux qui existaient d\u00e9j\u00e0<\/p>\n<p>L\u2019affaire survient dans un contexte o\u00f9 d\u2019autres anomalies de recouvrement avaient d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 signal\u00e9es. Dans son rapport sur l\u2019ex\u00e9cution du budget 2024, la Cour des comptes relevait pr\u00e8s de 43 milliards de FCFA de ch\u00e8ques rejet\u00e9s et de soldes cumul\u00e9s repr\u00e9sentant des manques \u00e0 gagner potentiels pour l\u2019\u00c9tat, dont 9,61 milliards au niveau de la seule DGI.<\/p>\n<p>Ces chiffres n\u2019ont aucun lien d\u00e9montr\u00e9 avec les d\u00e9gr\u00e8vements aujourd\u2019hui contest\u00e9s. Ils montrent en revanche que les difficult\u00e9s de s\u00e9curisation et de recouvrement ne datent pas d\u2019hier. La Cour notait aussi que la digitalisation des paiements, annonc\u00e9e par le minist\u00e8re, n\u2019avait pas encore permis de r\u00e9duire le volume des ch\u00e8ques impay\u00e9s.<\/p>\n<p>Coulibaly, une question de cr\u00e9dibilit\u00e9<\/p>\n<p>Le dossier place le minist\u00e8re dirig\u00e9 par Adama Coulibaly face \u00e0 ses propres engagements. Le 25 juillet, le ministre visitait, aux c\u00f4t\u00e9s du garde des Sceaux <a href=\"https:\/\/www.afrik.com\/cote-d-ivoire-apres-le-miracle-economique-la-renaissance-judiciaire\" target=\"_blank\" rel=\"noopener nofollow\">Sansan Kambil\u00e9<\/a>, le nouveau si\u00e8ge du PPEF, pr\u00e9sent\u00e9 comme un signe de la d\u00e9termination ivoirienne \u00e0 lutter contre la criminalit\u00e9 financi\u00e8re et \u00e0 r\u00e9pondre aux exigences du GAFI.<\/p>\n<p>En juin, le GAFI avait jug\u00e9 que la C\u00f4te d\u2019Ivoire avait substantiellement achev\u00e9 son plan d\u2019action, ouvrant la voie \u00e0 une \u00e9valuation sur place avant une possible sortie de la liste grise. Le scandale pr\u00e9sum\u00e9 de la DGI dmontre que les autorit\u00e9s doivent d\u00e9sormais montrer que les dispositifs anticorruption tiennent aussi en dehors des inaugurations officielles.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"Office d\u2019enqu\u00eate sur une fuite financi\u00e8re au Minist\u00e8re de l&rsquo;Economie et des Finances de C\u00f4te d&rsquo;Ivoire Un pr\u00e9judice&hellip;\n","protected":false},"author":2,"featured_media":170433,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":"","_share_on_mastodon":"0"},"categories":[154],"tags":[5807,216],"class_list":["post-170432","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","category-cote-divoire","tag-corruption","tag-cote-divoire"],"share_on_mastodon":{"url":"https:\/\/pubeurope.com\/@afrique\/117014259777162630","error":""},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/170432","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=170432"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/170432\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/media\/170433"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=170432"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=170432"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=170432"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}