{"id":173131,"date":"2026-08-03T19:55:15","date_gmt":"2026-08-03T19:55:15","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/173131\/"},"modified":"2026-08-03T19:55:15","modified_gmt":"2026-08-03T19:55:15","slug":"kenya-un-an-apres-leur-deplacement-illegal-deux-enfants-marocains-toujours-separes-de-leur-pere","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/173131\/","title":{"rendered":"Kenya: un an apr\u00e8s leur d\u00e9placement ill\u00e9gal, deux enfants marocains toujours s\u00e9par\u00e9s de leur p\u00e8re"},"content":{"rendered":"<p class=\"default__StyledText-sc-10mj2vp-0 CxBBS body-paragraph\">Le 16 septembre prochain, la Cour d\u2019appel de Nairobi tiendra une audience cruciale pour l\u2019avenir de deux enfants, un gar\u00e7on de 6 ans et une fille de 3 ans, titulaires de la triple nationalit\u00e9 marocaine, britannique et k\u00e9nyane. D\u00e9plac\u00e9s il y a un an de leur r\u00e9sidence habituelle au Maroc vers le Kenya, ils se trouvent depuis lors au c\u0153ur d\u2019une bataille judiciaire devenue, au fil des mois, une v\u00e9ritable course contre la montre humaine et sanitaire.<\/p>\n<p class=\"default__StyledText-sc-10mj2vp-0 CxBBS body-paragraph\">Le 18 juin 2026, au terme de plusieurs mois de proc\u00e9dure, la Children\u2019s Court de Nairobi, la juridiction de premi\u00e8re instance, avait tranch\u00e9 sans d\u00e9tour: le d\u00e9placement des deux enfants vers le Kenya \u00e9tait illicite et leur retour imm\u00e9diat au Maroc s\u2019imposait dans leur int\u00e9r\u00eat.<\/p>\n<p class=\"default__StyledText-sc-10mj2vp-0 CxBBS body-paragraph\">En ex\u00e9cution de cette d\u00e9cision, le p\u00e8re avait aussit\u00f4t r\u00e9cup\u00e9r\u00e9 ses enfants et effectu\u00e9 toutes les formalit\u00e9s de d\u00e9part \u00e0 l\u2019a\u00e9roport international Jomo Kenyatta. Les trois passagers \u00e9taient enregistr\u00e9s sur le vol pour Casablanca, cartes d\u2019embarquement en main, lorsque l\u2019\u00e9pisode a bascul\u00e9: au moment d\u2019embarquer, le p\u00e8re a \u00e9t\u00e9 intercept\u00e9 non pas par la police aux fronti\u00e8res, mais par de simples agents, qui l\u2019ont conduit avec les enfants dans un commissariat. Les enfants lui ont ensuite \u00e9t\u00e9 retir\u00e9s puis remis \u00e0 leur m\u00e8re, alors m\u00eame qu\u2019une d\u00e9cision de justice venait tout juste d\u2019ordonner leur retour au Maroc. Les circonstances pr\u00e9cises de cette intervention, ainsi que son fondement juridique, restent \u00e0 ce jour largement inexpliqu\u00e9es.<\/p>\n<p class=\"interstitial-link block-margin-bottom\">Lire aussi : <a href=\"https:\/\/fr.le360.ma\/societe\/vacances-judiciaires-2026-suspension-des-audiences-a-partir-du-29-juillet_FRUMS6AAYNDDHAPF2TP3QXJBWM\/\" aria-label=\"Ouvrir un article associ\u00e9\" class=\"default__StyledLink-sc-10mj2vp-1 kkYPzd\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\">Vacances judiciaires 2026: suspension des audiences \u00e0 partir du 29 juillet<\/a><\/p>\n<p class=\"default__StyledText-sc-10mj2vp-0 CxBBS body-paragraph\">D\u00e8s le lendemain, le 19 juin 2026, la Haute Cour de Nairobi a d\u00e9clar\u00e9 urgente la requ\u00eate de la m\u00e8re et ordonn\u00e9, en l\u2019espace de quelques heures, un sursis provisoire \u00e0 l\u2019ex\u00e9cution du jugement de premi\u00e8re instance, sans toutefois remettre en cause les constatations du premier juge sur le caract\u00e8re illicite du d\u00e9placement des enfants.<\/p>\n<p class=\"default__StyledText-sc-10mj2vp-0 CxBBS body-paragraph\">Depuis cette date, la proc\u00e9dure s\u2019enlise. Le sursis, cens\u00e9 n\u2019\u00eatre que provisoire dans l\u2019attente d\u2019un d\u00e9bat contradictoire, se prolonge, maintenant les deux enfants dans un flou juridique et personnel qui dure depuis une ann\u00e9e. D\u2019autant que pour l\u2019\u00e9quilibre des enfants, il y a une urgence: l\u2019approche de la rentr\u00e9e des classes.<\/p>\n<p class=\"default__StyledText-sc-10mj2vp-0 CxBBS body-paragraph\">Install\u00e9 au Maroc, le p\u00e8re multiplie depuis un an les d\u00e9marches judiciaires et les d\u00e9placements au Kenya pour maintenir le lien avec ses enfants. Malgr\u00e9 cette mobilisation constante, il se heurte \u00e0 des obstacles r\u00e9currents dans l\u2019exercice de ses droits parentaux: les \u00e9changes en visioconf\u00e9rence restent rares, strictement encadr\u00e9s par la m\u00e8re et parfois interrompus de mani\u00e8re unilat\u00e9rale.<\/p>\n<p class=\"default__StyledText-sc-10mj2vp-0 CxBBS body-paragraph\">Plus encore, le p\u00e8re se trouve totalement \u00e9cart\u00e9 des d\u00e9cisions essentielles concernant la vie de ses enfants, le choix de leur \u00e9tablissement scolaire \u00e0 l\u2019approche de la rentr\u00e9e, comme le suivi de leur sant\u00e9 (consultations m\u00e9dicales, traitements). Une mise en demeure adress\u00e9e par son conseil, r\u00e9clamant le respect du principe de coparentalit\u00e9, est rest\u00e9e sans r\u00e9ponse.<\/p>\n<p class=\"default__StyledText-sc-10mj2vp-0 CxBBS body-paragraph\">Le jugement rendu le 18 juin 2026 par la Children\u2019s Court de Nairobi dresse un constat d\u00e9taill\u00e9. Les deux enfants, n\u00e9s en 2020 et 2023, vivaient au Maroc depuis leur naissance, o\u00f9 ils avaient leurs rep\u00e8res, leur \u00e9cole et leur environnement familial. En ao\u00fbt 2025, la m\u00e8re \u00e9tait partie au Kenya avec eux pour ce qui avait \u00e9t\u00e9 pr\u00e9sent\u00e9 comme des vacances de trois semaines; une fois sur place, elle avait inform\u00e9 le p\u00e8re de son intention de s\u2019y installer d\u00e9finitivement. Le tribunal a jug\u00e9 qu\u2019aucune preuve ne d\u00e9montrait un accord du p\u00e8re \u00e0 cette relocalisation permanente, s\u2019appuyant notamment sur des \u00e9changes WhatsApp r\u00e9v\u00e9lant un projet de d\u00e9part m\u00fbri unilat\u00e9ralement par la m\u00e8re.<\/p>\n<p class=\"default__StyledText-sc-10mj2vp-0 CxBBS body-paragraph\">Sur le plan des capacit\u00e9s parentales, le tribunal a estim\u00e9 que les deux parents \u00e9taient aptes \u00e0 exercer leurs responsabilit\u00e9s, rappelant que le droit k\u00e9nyan ne privil\u00e9gie plus automatiquement la m\u00e8re pour la garde des jeunes enfants, seul l\u2019int\u00e9r\u00eat sup\u00e9rieur de l\u2019enfant devant guider la d\u00e9cision. Le jugement s\u2019est toutefois montr\u00e9 critique envers le projet d\u2019installation de la m\u00e8re au Kenya, relevant l\u2019absence de situation professionnelle stable d\u00e9montr\u00e9e, des d\u00e9clarations contradictoires sur son emploi, une d\u00e9pendance financi\u00e8re des enfants envers leur grand-p\u00e8re maternel pour la scolarit\u00e9 et des frais de scolarit\u00e9 plus \u00e9lev\u00e9s au Kenya qu\u2019au Maroc.<\/p>\n<p class=\"interstitial-link block-margin-bottom\">Lire aussi : <a href=\"https:\/\/fr.le360.ma\/politique\/rabat-inaugure-le-siege-permanent-de-lassociation-des-procureurs-africains_UJ45HKXTR5B4XK23CBIQWYZYDI\/\" aria-label=\"Ouvrir un article associ\u00e9\" class=\"default__StyledLink-sc-10mj2vp-1 kkYPzd\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\">Rabat inaugure le si\u00e8ge permanent de l\u2019Association des procureurs africains<\/a><\/p>\n<p class=\"default__StyledText-sc-10mj2vp-0 CxBBS body-paragraph\">Le tribunal a \u00e9galement relev\u00e9 que les enfants avaient exprim\u00e9 leur attachement \u00e0 leurs deux parents ainsi qu\u2019\u00e0 leurs deux pays, tout en notant que la m\u00e8re avait, \u00e0 plusieurs reprises, limit\u00e9 les communications entre le p\u00e8re et les enfants. En conclusion, la juridiction de premi\u00e8re instance a retenu que l\u2019autorit\u00e9 parentale devait demeurer conjointe, que le Maroc restait la r\u00e9sidence habituelle des enfants et que leur transfert au Kenya avait \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9 sans le consentement du p\u00e8re, sans r\u00e9pondre aux crit\u00e8res justifiant une relocalisation permanente.<\/p>\n<p class=\"default__StyledText-sc-10mj2vp-0 CxBBS body-paragraph\">Face \u00e0 cette situation, les autorit\u00e9s marocaines suivent le dossier avec une attention soutenue. Le minist\u00e8re de la Justice et le minist\u00e8re des Affaires \u00e9trang\u00e8res ont engag\u00e9 les d\u00e9marches consulaires n\u00e9cessaires et transmis un pli officiel urgent \u00e0 l\u2019ambassade du Royaume du Maroc \u00e0 Nairobi, charg\u00e9e d\u2019assurer un suivi \u00e9troit de ce dossier sensible.<\/p>\n<p class=\"default__StyledText-sc-10mj2vp-0 CxBBS body-paragraph\">Au Maroc, cette affaire suscite une profonde \u00e9motion au sein de la famille et de l\u2019entourage des enfants, qui attendent leur retour depuis un an, la justice ayant clairement reconnu l\u2019irr\u00e9gularit\u00e9 de leur d\u00e9placement et relocalisation par la m\u00e8re. L\u2019audience du 16 septembre rev\u00eat une importance majeure: la Cour d\u2019appel devra se prononcer sur le maintien ou la lev\u00e9e du sursis provisoire qui emp\u00eache l\u2019ex\u00e9cution d\u2019un jugement.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"Le 16 septembre prochain, la Cour d\u2019appel de Nairobi tiendra une audience cruciale pour l\u2019avenir de deux enfants,&hellip;\n","protected":false},"author":2,"featured_media":173132,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":"","_share_on_mastodon":"0"},"categories":[165],"tags":[388,1898,441,230,1899,86],"class_list":["post-173131","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","category-kenya","tag-enfants","tag-enlevement","tag-justice","tag-kenya","tag-kidnapping","tag-maroc"],"share_on_mastodon":{"url":"https:\/\/pubeurope.com\/@afrique\/117033338280489628","error":""},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/173131","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=173131"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/173131\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/media\/173132"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=173131"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=173131"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=173131"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}