{"id":175594,"date":"2026-08-06T14:59:17","date_gmt":"2026-08-06T14:59:17","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/175594\/"},"modified":"2026-08-06T14:59:17","modified_gmt":"2026-08-06T14:59:17","slug":"cybercriminalite-en-afrique-en-2025-lintelligence-artificielle-a-ete-utilisee-dans-plus-dune-attaque-sur-deux-selon-interpol","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/175594\/","title":{"rendered":"Cybercriminalit\u00e9 en Afrique : en 2025, l&rsquo;intelligence artificielle a \u00e9t\u00e9 utilis\u00e9e dans plus d&rsquo;une attaque sur deux, selon INTERPOL"},"content":{"rendered":"<p>[DIGITAL Business Africa] \u2013 L\u2019intelligence artificielle est en train de red\u00e9finir le paysage de la <a href=\"https:\/\/www.digitalbusiness.africa\/cybercriminalite-en-2025-interpol-a-recupere-100-millions-de-dollars-en-afrique-rapport\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener nofollow\">cybercriminalit\u00e9<\/a> en Afrique. Longtemps consid\u00e9r\u00e9e comme un simple outil d\u2019assistance pour les pirates informatiques, elle est d\u00e9sormais au c\u0153ur de leurs op\u00e9rations. C\u2019est l\u2019un des principaux enseignements du Rapport d\u2019\u00e9valuation de la cybermenace africaine 2026, publi\u00e9 en juin par <a href=\"https:\/\/www.interpol.int\/en\" target=\"_blank\" rel=\"noopener nofollow\">INTERPOL<\/a> sur la base d\u2019une enqu\u00eate men\u00e9e aupr\u00e8s des services de police de 36 pays africains.<\/p>\n<p>Selon INTERPOL, 55 % des affaires de cybercriminalit\u00e9 enregistr\u00e9es en 2025 sur le continent faisaient intervenir l\u2019intelligence artificielle : 47 % de mani\u00e8re occasionnelle et 8 % de fa\u00e7on r\u00e9guli\u00e8re.<\/p>\n<p>Le rapport d\u00e9crit cette \u00e9volution comme un v\u00e9ritable changement de paradigme. L\u2019IA n\u2019est plus seulement utilis\u00e9e pour am\u00e9liorer certaines \u00e9tapes d\u2019une attaque ; elle permet d\u00e9sormais d\u2019automatiser l\u2019ensemble de la cha\u00eene d\u2019action des cybercriminels, depuis l\u2019identification des cibles jusqu\u2019\u00e0 la dissimulation des traces, en passant par la cr\u00e9ation de campagnes de phishing personnalis\u00e9es ou l\u2019extorsion.<\/p>\n<p>Gr\u00e2ce \u00e0 la d\u00e9mocratisation des outils d\u2019IA g\u00e9n\u00e9rative, des individus disposant de comp\u00e9tences techniques limit\u00e9es peuvent aujourd\u2019hui mener des op\u00e9rations sophistiqu\u00e9es auparavant r\u00e9serv\u00e9es \u00e0 des groupes hautement sp\u00e9cialis\u00e9s.<\/p>\n<p>Le rapport met en \u00e9vidence une explosion des contenus hypertruqu\u00e9s (deepfakes) utilis\u00e9s dans les escroqueries financi\u00e8res.<\/p>\n<p>Entre le deuxi\u00e8me et le quatri\u00e8me trimestre 2024, les incidents li\u00e9s \u00e0 ces contenus ont \u00e9t\u00e9 multipli\u00e9s par sept en Afrique.<\/p>\n<p>En Ouganda, une vid\u00e9o falsifi\u00e9e mettant en sc\u00e8ne une personnalit\u00e9 publique a servi \u00e0 promouvoir un faux investissement financier. L\u2019op\u00e9ration aurait caus\u00e9 plus de 2 millions de dollars de pertes avant l\u2019intervention des autorit\u00e9s.<\/p>\n<p>INTERPOL cite \u00e9galement plusieurs plateformes frauduleuses, dont CryptoBridge Exchange, Optcoin et AfriQuantumX, qui ont utilis\u00e9 des vid\u00e9os truqu\u00e9es de dirigeants et d\u2019influenceurs pour convaincre des victimes d\u2019investir dans de pr\u00e9tendus syst\u00e8mes de trading automatis\u00e9.<\/p>\n<p>L\u2019organisation note \u00e9galement l\u2019apparition de nouvelles g\u00e9n\u00e9rations de ran\u00e7ongiciels capables d\u2019utiliser l\u2019IA g\u00e9n\u00e9rative pour adapter automatiquement leur code malveillant ou personnaliser leurs demandes de ran\u00e7on, \u00e0 l\u2019image de la souche PromptLock.<\/p>\n<p>M\u00eame si ces attaques restent encore limit\u00e9es, INTERPOL estime qu\u2019elles annoncent une \u00e9volution profonde des m\u00e9thodes employ\u00e9es par les groupes criminels.<\/p>\n<p>Autre ph\u00e9nom\u00e8ne en forte progression : la sextorsion.<\/p>\n<p>Les g\u00e9n\u00e9rateurs d\u2019images aliment\u00e9s par l\u2019IA permettent d\u00e9sormais de cr\u00e9er des contenus explicites extr\u00eamement r\u00e9alistes \u00e0 partir d\u2019une simple photographie r\u00e9cup\u00e9r\u00e9e sur les r\u00e9seaux sociaux.<\/p>\n<p>Au Ghana, les pertes financi\u00e8res subies par les victimes \u00e2g\u00e9es de 18 \u00e0 24 ans auraient \u00e9t\u00e9 multipli\u00e9es par cinq, les cybercriminels exploitant ces images truqu\u00e9es pour exercer un chantage de plus en plus cr\u00e9dible.<\/p>\n<p>Le rapport souligne \u00e9galement une progression des identit\u00e9s synth\u00e9tiques, cr\u00e9\u00e9es en combinant des informations r\u00e9elles et des donn\u00e9es g\u00e9n\u00e9r\u00e9es artificiellement afin de contourner les proc\u00e9dures de v\u00e9rification d\u2019identit\u00e9 (KYC).<\/p>\n<p>Ces faux profils servent notamment \u00e0 ouvrir des comptes bancaires, enregistrer des cartes SIM ou solliciter des cr\u00e9dits mobiles. Des cas ont notamment \u00e9t\u00e9 signal\u00e9s au Cameroun, au Mali et en Tanzanie.<\/p>\n<p>Face \u00e0 cette mutation rapide, les capacit\u00e9s des forces de l\u2019ordre progressent plus lentement.<\/p>\n<p>Seules 33 % des agences interrog\u00e9es d\u00e9clarent utiliser l\u2019IA pour la d\u00e9tection des menaces, tandis que 31 % l\u2019exploitent dans leurs activit\u00e9s de criminalistique num\u00e9rique.<\/p>\n<p>Le principal frein reste toutefois humain. INTERPOL indique que 92 % des agences consid\u00e8rent le manque de comp\u00e9tences comme leur principal obstacle, tandis que seulement 8 % des analystes du renseignement disposent d\u2019une expertise avanc\u00e9e en intelligence artificielle.<\/p>\n<p>Pour de nombreux enqu\u00eateurs, reconna\u00eetre une vid\u00e9o truqu\u00e9e, un appel vocal clon\u00e9 ou un courriel g\u00e9n\u00e9r\u00e9 automatiquement demeure encore un exercice complexe.<\/p>\n<p>Cette mont\u00e9e en puissance de l\u2019IA intervient alors que la cybercriminalit\u00e9 conna\u00eet une acc\u00e9l\u00e9ration sans pr\u00e9c\u00e9dent en Afrique.<\/p>\n<p>Selon INTERPOL, les pertes financi\u00e8res directement d\u00e9clar\u00e9es sont pass\u00e9es de 192 millions de dollars en 2024 \u00e0 484 millions de dollars en 2025. Le nombre de victimes identifi\u00e9es a, dans le m\u00eame temps, bondi de 35 000 \u00e0 87 000.<\/p>\n<p>Au total, les dommages \u00e9conomiques directs imputables \u00e0 la cybercriminalit\u00e9 sont d\u00e9sormais estim\u00e9s \u00e0 au moins 5 milliards de dollars sur le continent.<\/p>\n<p>Pour INTERPOL, la priorit\u00e9 n\u2019est plus uniquement d\u2019acqu\u00e9rir de nouveaux outils technologiques. L\u2019organisation appelle les \u00c9tats africains \u00e0 investir massivement dans la formation de leurs enqu\u00eateurs afin qu\u2019ils puissent identifier les contenus g\u00e9n\u00e9r\u00e9s par intelligence artificielle, tout en renfor\u00e7ant la coop\u00e9ration entre pays face \u00e0 des r\u00e9seaux criminels qui innovent d\u00e9sormais au rythme des progr\u00e8s de l\u2019IA.<\/p>\n<p>L\u2019un des principaux enseignements de ce rapport est clair : alors que l\u2019intelligence artificielle devient un levier majeur de d\u00e9veloppement \u00e9conomique pour l\u2019Afrique, elle s\u2019impose aussi comme un acc\u00e9l\u00e9rateur des menaces cyber. Pour les \u00c9tats, l\u2019enjeu n\u2019est plus seulement d\u2019adopter l\u2019IA, mais de d\u00e9velopper les comp\u00e9tences, les cadres r\u00e9glementaires et les capacit\u00e9s op\u00e9rationnelles n\u00e9cessaires pour en limiter les d\u00e9rives avant qu\u2019elles ne prennent une avance difficile \u00e0 rattraper.<\/p>\n<p>Par Loic SOUOP<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"[DIGITAL Business Africa] \u2013 L\u2019intelligence artificielle est en train de red\u00e9finir le paysage de la cybercriminalit\u00e9 en Afrique.&hellip;\n","protected":false},"author":2,"featured_media":175595,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":"","_share_on_mastodon":"0"},"categories":[4],"tags":[6,5474,53866,650,28118,53867,4591,3410,53868,3540,9039,37740,28123,49945,38486],"class_list":["post-175594","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","category-afrique","tag-afrique","tag-cybercriminalite","tag-cybermenace","tag-cybersecurite","tag-deepfakes","tag-escroqueries-financieres","tag-forces-de-lordre","tag-formation","tag-identites-synthetiques","tag-intelligence-artificielle","tag-interpol","tag-pertes-financieres","tag-phishing","tag-rancongiciels","tag-sextorsion"],"share_on_mastodon":{"url":"https:\/\/pubeurope.com\/@afrique\/117049161493336242","error":""},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/175594","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=175594"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/175594\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/media\/175595"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=175594"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=175594"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=175594"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}