{"id":175683,"date":"2026-08-06T16:40:10","date_gmt":"2026-08-06T16:40:10","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/175683\/"},"modified":"2026-08-06T16:40:10","modified_gmt":"2026-08-06T16:40:10","slug":"mary-teuw-niane-le-senegal-que-nous-aimons-est-une-ethique-de-la-relation-humaine","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/175683\/","title":{"rendered":"Mary Teuw Niane: \u00ab le S\u00e9n\u00e9gal que nous aimons est une \u00e9thique de la relation humaine\u00bb"},"content":{"rendered":"<p>\n\t\t\t\t\t\tMary Teuw Niane: \u00ab le S\u00e9n\u00e9gal que nous aimons est une \u00e9thique de la relation humaine\u00bb\n\t\t\t\t\t\t<\/p>\n<p>Dans un long texte intitul\u00e9 \u00ab Le S\u00e9n\u00e9gal que nous aimons \u00bb, le ministre, directeur de cabinet du pr\u00e9sident de la R\u00e9publique, Mary Teuw Niane, dresse le portrait d&rsquo;un S\u00e9n\u00e9gal fond\u00e9 sur le travail, la fraternit\u00e9, la tol\u00e9rance et le respect des institutions. Plaidant pour la pr\u00e9servation des valeurs qui cimentent la nation, il affirme que \u00ab le S\u00e9n\u00e9gal que nous aimons est une \u00e9thique de la relation humaine, une promesse transmise de g\u00e9n\u00e9ration en g\u00e9n\u00e9ration \u00bb, tout en rejetant les discours de haine, de division et d&rsquo;intol\u00e9rance. Nous vous proposons in extenso le texte.\u00a0<\/p>\n<p>Le S\u00e9n\u00e9gal que nous aimons<\/p>\n<p>Il existe un S\u00e9n\u00e9gal plus fort que les circonstances, plus ancien que nos divergences et plus durable que les passions du moment. Un S\u00e9n\u00e9gal qui ne se r\u00e9sume ni \u00e0 une g\u00e9ographie, ni \u00e0 une administration, ni \u00e0 une succession de gouvernements. Un S\u00e9n\u00e9gal qui est d\u2019abord une civilisation, une mani\u00e8re d\u2019\u00eatre au monde, une \u00e9thique de la relation humaine, une promesse transmise de g\u00e9n\u00e9ration en g\u00e9n\u00e9ration.<\/p>\n<p>C\u2019est ce S\u00e9n\u00e9gal que nous aimons.<\/p>\n<p>Le S\u00e9n\u00e9gal du travail, o\u00f9 l\u2019on se l\u00e8ve avant le soleil et o\u00f9 l\u2019on se couche lorsque le devoir est accompli. Celui o\u00f9 l\u2019effort \u00e9l\u00e8ve l\u2019homme, o\u00f9 le m\u00e9rite inspire le respect et o\u00f9 l\u2019oisivet\u00e9 n\u2019a jamais constitu\u00e9 un id\u00e9al. Dans notre culture, le travail n\u2019est pas seulement une n\u00e9cessit\u00e9 \u00e9conomique : il est une dignit\u00e9.<\/p>\n<p>Nous aimons le S\u00e9n\u00e9gal o\u00f9 la foi ne divise pas les hommes mais les rapproche. Ici, les religions ne se regardent pas en adversaires ; elles dialoguent, s\u2019estiment et s\u2019enrichissent mutuellement. Depuis des si\u00e8cles, musulmans, chr\u00e9tiens et tenants des croyances traditionnelles ont appris \u00e0 partager davantage que le m\u00eame territoire : ils partagent les m\u00eames familles, les m\u00eames patronymes, les m\u00eames \u00e9motions, les m\u00eames deuils et les m\u00eames joies.<\/p>\n<p>Combien de Jacques portent la foi musulmane ? Combien de Mamadou fr\u00e9quentent les bancs des \u00e9coles chr\u00e9tiennes ? Nos pr\u00e9noms racontent d\u00e9j\u00e0 cette fraternit\u00e9 silencieuse.<\/p>\n<p>\u00c0 la Korit\u00e9, les familles chr\u00e9tiennes attendent le laakh ; \u00e0 P\u00e2ques, les familles musulmanes d\u00e9gustent le ngalakh. Le Gamou, le Magal, le p\u00e8lerinage de Popenguine ou les grandes conf\u00e9rences religieuses ne sont pas seulement des rendez-vous spirituels : ils sont des c\u00e9l\u00e9brations de notre unit\u00e9 nationale. Chez nous, la foi est un pont, jamais un mur.<\/p>\n<p>Notre diversit\u00e9 n\u2019a jamais \u00e9t\u00e9 une menace. Elle est une richesse.<\/p>\n<p>Les plaisanteries entre Peuls, S\u00e9r\u00e8res, Diolas, Balantes, Wolofs, Sonink\u00e9s, Mandingues ou L\u00e9bous ne blessent pas : elles d\u00e9samorcent les tensions et rappellent que l\u2019humour est parfois la plus belle des diplomaties. M\u00eame les mots ont refus\u00e9 les fronti\u00e8res. Ils voyagent d\u2019une langue \u00e0 l\u2019autre jusqu\u2019\u00e0 devenir le patrimoine commun de tous les S\u00e9n\u00e9galais.<\/p>\n<p>Notre cuisine raconte cette histoire mieux que tous les discours. Du thi\u00e9boudi\u00e8ne de Saint-Louis au couscous de Joal, du gnoul de Casamance au ndiorndi des voyageurs, du thi\u00e9r\u00e9 mboum aux mille saveurs de nos terroirs, les plats ont brass\u00e9 les peuples bien avant les politiques. Ils ont enseign\u00e9 que l\u2019identit\u00e9 ne s\u2019appauvrit jamais lorsqu\u2019elle partage sa table.<\/p>\n<p>Il en est de m\u00eame de nos v\u00eatements, de nos musiques, de nos danses et de nos langues. Le boubou n\u2019appartient \u00e0 personne parce qu\u2019il appartient \u00e0 tous.<\/p>\n<p>Le S\u00e9n\u00e9gal est aussi une terre d\u2019hospitalit\u00e9.<\/p>\n<p>Le voisin, l\u2019\u00e9tranger, le voyageur, l\u2019indigent ne sont pas des pr\u00e9sences \u00e0 tol\u00e9rer mais des h\u00f4tes \u00e0 honorer. La teranga, le teddungal,\u00a0n\u2019est pas un slogan touristique ; elle est une philosophie de l\u2019existence. La g\u00e9n\u00e9rosit\u00e9, chez nous, n\u2019a jamais \u00e9t\u00e9 une affaire de fortune. Elle est une disposition du c\u0153ur. On peut poss\u00e9der peu et partager beaucoup. Manger seul son repas lorsqu\u2019un autre a faim demeure l\u2019une des plus grandes pauvret\u00e9s morales.<\/p>\n<p>Nous croyons aussi que la connaissance est une forme de libert\u00e9.<\/p>\n<p>L\u2019\u00e9cole, le daara, le s\u00e9minaire, le voyage, les livres, les anciens, les ma\u00eetres : tout est pr\u00e9texte \u00e0 apprendre. Le S\u00e9n\u00e9gal a toujours honor\u00e9 le savoir. Nos \u00e9rudits ont parfois offert les plus grands sacrifices pour acqu\u00e9rir un livre, une science ou quelques pages de sagesse. Dans notre histoire, la connaissance vaut davantage qu\u2019un troupeau, parce qu\u2019elle \u00e9claire les g\u00e9n\u00e9rations.<\/p>\n<p>Nous sommes un peuple de lecteurs autant que de conteurs, un peuple qui sait que les biblioth\u00e8ques prolongent les traditions orales et que la m\u00e9moire d\u2019une nation se construit autant dans les manuscrits que sous l\u2019arbre \u00e0 palabres.<\/p>\n<p>Le S\u00e9n\u00e9gal est \u00e9galement le pays de la parole.<\/p>\n<p>Nous d\u00e9battons beaucoup. Certains y ont vu de simples palabres ; nous y voyons l\u2019exercice naturel de la libert\u00e9. Discuter, argumenter, convaincre sans humilier, contredire sans ha\u00efr : voil\u00e0 une vieille tradition s\u00e9n\u00e9galaise. Une d\u00e9mocratie ne vit pas de l\u2019unanimit\u00e9 mais de la qualit\u00e9 de ses d\u00e9saccords.<\/p>\n<p>Notre R\u00e9publique s\u2019est construite lentement. Elle s\u2019est dot\u00e9e d\u2019institutions, d\u2019une justice, d\u2019une administration, d\u2019un \u00c9tat de droit. Rien n\u2019est parfait, rien n\u2019est achev\u00e9, mais tout m\u00e9rite d\u2019\u00eatre prot\u00e9g\u00e9. Les institutions ne sont pas des obstacles \u00e0 la libert\u00e9 ; elles en sont les garanties. Les respecter n\u2019interdit ni la critique, ni l\u2019ambition de les am\u00e9liorer. Au contraire, la v\u00e9ritable irr\u00e9v\u00e9rence consiste \u00e0 les affaiblir au nom des int\u00e9r\u00eats passagers.<\/p>\n<p>Nous refusons la haine parce qu\u2019elle est \u00e9trang\u00e8re \u00e0 notre histoire.<\/p>\n<p>Nous refusons la division parce qu\u2019elle est contraire \u00e0 notre culture.<\/p>\n<p>Nous refusons l\u2019intol\u00e9rance parce qu\u2019elle est incompatible avec notre h\u00e9ritage spirituel.<\/p>\n<p>Nous refusons le m\u00e9pris parce qu\u2019il offense la dignit\u00e9 humaine.<\/p>\n<p>Aucune id\u00e9ologie fond\u00e9e sur la peur de l\u2019autre, aucune entreprise de fragmentation de notre peuple, aucune tentative d\u2019opposer les religions, les ethnies, les g\u00e9n\u00e9rations ou les territoires ne pourra durablement prosp\u00e9rer sur cette terre. Elles peuvent troubler les esprits un instant ; elles ne survivront pas \u00e0 la profondeur de notre m\u00e9moire collective.<\/p>\n<p>Le S\u00e9n\u00e9gal est une \u0153uvre patiente.<\/p>\n<p>Il est le fruit des enseignements de nos saints, de la sagesse de nos anciens, des combats de nos intellectuels, du courage de nos paysans, de nos p\u00eacheurs, de nos ouvriers, de nos enseignants, de nos artistes, de nos soldats, de tous ceux qui ont b\u00e2ti la nation sans jamais demander que leur nom figure dans les livres d\u2019histoire.<\/p>\n<p>Notre pays poss\u00e8de une force singuli\u00e8re : celle de toujours revenir \u00e0 l\u2019essentiel. Aux heures de doute, il retrouve le chemin de la mesure, de la fraternit\u00e9 et du bon sens. Les mirages passent ; les valeurs demeurent.<\/p>\n<p>Nous croyons en un S\u00e9n\u00e9gal libre parce qu\u2019il est responsable.<\/p>\n<p>Nous croyons en un S\u00e9n\u00e9gal fort parce qu\u2019il est juste.<\/p>\n<p>Nous croyons en un S\u00e9n\u00e9gal respect\u00e9 parce qu\u2019il respecte chacun.<\/p>\n<p>Nous croyons en un S\u00e9n\u00e9gal cultiv\u00e9 parce qu\u2019il sait que la connaissance prot\u00e8ge de la manipulation.<\/p>\n<p>Nous croyons en un S\u00e9n\u00e9gal g\u00e9n\u00e9reux parce que la solidarit\u00e9 est sa seconde nature.<\/p>\n<p>Nous croyons enfin que notre avenir ne sera jamais construit contre une partie des S\u00e9n\u00e9galais, mais avec tous les S\u00e9n\u00e9galais.<\/p>\n<p>Main dans la main, fid\u00e8les \u00e0 notre histoire sans \u00eatre prisonniers du pass\u00e9, ouverts au monde sans renoncer \u00e0 nous-m\u00eames, attach\u00e9s \u00e0 nos libert\u00e9s autant qu\u2019\u00e0 nos responsabilit\u00e9s, nous continuerons de faire vivre cette exceptionnelle aventure humaine qu\u2019est le S\u00e9n\u00e9gal.<\/p>\n<p>Car ce S\u00e9n\u00e9gal que nous aimons n\u2019est pas seulement un h\u00e9ritage.<\/p>\n<p>Il est un engagement.<\/p>\n<p>Et tant qu\u2019il restera des femmes et des hommes pour croire \u00e0 la fraternit\u00e9 plut\u00f4t qu\u2019\u00e0 la haine, \u00e0 la raison plut\u00f4t qu\u2019\u00e0 la violence, \u00e0 la R\u00e9publique plut\u00f4t qu\u2019\u00e0 l\u2019arbitraire, \u00e0 la dignit\u00e9 plut\u00f4t qu\u2019\u00e0 l\u2019invective, ce S\u00e9n\u00e9gal-l\u00e0 vivra.<\/p>\n<p>Il vivra en chacun de nous.<\/p>\n<p>Et il demeurera, pour toujours, notre plus belle esp\u00e9rance.<\/p>\n<p>\n\t\t\t\t\t\t\t\t\t\u26a1 R\u00e9sum\u00e9 express<br \/>\n\t\t\t\t\t\t\t\t\tg\u00e9n\u00e9r\u00e9 par IA, v\u00e9rifi\u00e9 par la r\u00e9daction\n\t\t\t\t\t\t\t\t<\/p>\n<p>&#8211; Mary Teuw Niane d\u00e9crit le S\u00e9n\u00e9gal comme une \u00ab \u00e9thique de la relation humaine \u00bb et une \u00ab promesse transmise de g\u00e9n\u00e9ration en g\u00e9n\u00e9ration \u00bb, fond\u00e9e sur le travail, la fraternit\u00e9, la tol\u00e9rance et le respect des institutions.<br \/>\n&#8211; Il souligne que la diversit\u00e9 religieuse et ethnique est une richesse, avec des exemples comme les familles chr\u00e9tiennes attendant le laakh \u00e0 la Korit\u00e9 et les musulmanes d\u00e9gustant le ngalakh \u00e0 P\u00e2ques, ainsi que les plaisanteries entre groupes ethniques.<br \/>\n&#8211; Il rejette explicitement la haine, la division, l\u2019intol\u00e9rance et le m\u00e9pris, affirmant qu\u2019aucune id\u00e9ologie fond\u00e9e sur la peur de l\u2019autre ne prosp\u00e9rera durablement au S\u00e9n\u00e9gal.<\/p>\n<p>Auteur: Aminata SARR<br \/>Publi\u00e9 le: Jeudi 06 Ao\u00fbt 2026 \u00e0 11h39<\/p>\n<p>Mis \u00e0 jour le: Jeudi 06 Ao\u00fbt 2026 \u00e0 14h54\n\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"Mary Teuw Niane: \u00ab le S\u00e9n\u00e9gal que nous aimons est une \u00e9thique de la relation humaine\u00bb Dans un&hellip;\n","protected":false},"author":2,"featured_media":175684,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":"","_share_on_mastodon":"0"},"categories":[84],"tags":[53885,11,10742],"class_list":["post-175683","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","category-senegal","tag-mary-teuw-niane","tag-senegal","tag-valeurs"],"share_on_mastodon":{"url":"","error":""},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/175683","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=175683"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/175683\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/media\/175684"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=175683"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=175683"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=175683"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}