{"id":175760,"date":"2026-08-06T18:32:13","date_gmt":"2026-08-06T18:32:13","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/175760\/"},"modified":"2026-08-06T18:32:13","modified_gmt":"2026-08-06T18:32:13","slug":"bad-pourquoi-les-salaries-supportent-encore-lessentiel-de-leffort-fiscal-en-tunisie","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/175760\/","title":{"rendered":"BAD : Pourquoi les salari\u00e9s supportent encore l\u2019essentiel de l\u2019effort fiscal en Tunisie"},"content":{"rendered":"<p class=\"wp-block-paragraph\">La Tunisie affiche un niveau de pression fiscale parmi les plus \u00e9lev\u00e9s d\u2019Afrique, mais cette charge reste tr\u00e8s in\u00e9galement r\u00e9partie. Publi\u00e9 en juillet 2026, <a href=\"https:\/\/www.afdb.org\/sites\/default\/files\/documents\/publications\/cfr_2026-_tunisie_francais_03-07-2026_compressed.pdf\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener nofollow\">le Rapport pays 2026 de la Banque africaine de d\u00e9veloppement (BAD)<\/a> estime que les imp\u00f4ts directs reposent encore largement sur les salari\u00e9s du secteur formel, tandis qu\u2019une partie des revenus non salariaux et de certaines activit\u00e9s de services demeure insuffisamment couverte par le syst\u00e8me fiscal.<\/p>\n<p>Les salari\u00e9s, contribuables les plus faciles \u00e0 imposer<\/p>\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Pour l\u2019administration fiscale, le salari\u00e9 est le contribuable le plus simple \u00e0 identifier. Son employeur d\u00e9clare sa r\u00e9mun\u00e9ration, l\u2019imp\u00f4t est pr\u00e9lev\u00e9 directement \u00e0 la source et ses revenus sont connus avec pr\u00e9cision.<\/p>\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La situation est diff\u00e9rente pour une partie des professions ind\u00e9pendantes, des activit\u00e9s commerciales ou des prestations de services, dont les revenus n\u00e9cessitent davantage de contr\u00f4les, de recoupements de donn\u00e9es et de v\u00e9rifications.<\/p>\n<p class=\"wp-block-paragraph\">C\u2019est ce d\u00e9s\u00e9quilibre que rel\u00e8ve la Banque africaine de d\u00e9veloppement. Selon son rapport, les taxes sur la consommation, notamment la TVA et les droits de consommation, repr\u00e9sentent pr\u00e8s de 60 % des recettes fiscales. Les imp\u00f4ts directs restent, eux, concentr\u00e9s sur les salari\u00e9s du secteur formel, tandis que les revenus non salariaux demeurent partiellement en dehors du syst\u00e8me fiscal. La Tunisie applique pourtant un taux marginal sup\u00e9rieur de l\u2019imp\u00f4t sur le revenu de 40 %, contre une moyenne africaine de 31,3 %.<\/p>\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Pour un salari\u00e9, la cons\u00e9quence est imm\u00e9diate : l\u2019imp\u00f4t est pr\u00e9lev\u00e9 automatiquement, sans possibilit\u00e9 de d\u00e9calage de d\u00e9claration. Lorsque d\u2019autres cat\u00e9gories de revenus sont moins bien couvertes, ceux qui sont d\u00e9j\u00e0 pleinement int\u00e9gr\u00e9s au syst\u00e8me continuent de supporter une part importante de l\u2019effort fiscal.<\/p>\n<p>Une \u00e9conomie qui \u00e9volue plus vite que le syst\u00e8me fiscal<\/p>\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le constat de la BAD ne repose pas uniquement sur la structure de l\u2019imp\u00f4t sur le revenu. Il appara\u00eet aussi dans l\u2019analyse de la relation entre la croissance \u00e9conomique et les recettes fiscales.<\/p>\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Globalement, la Tunisie affiche une \u00e9lasticit\u00e9 fiscale de 1,21, sup\u00e9rieure \u00e0 la moyenne de l\u2019Afrique du Nord (0,98) et \u00e0 la moyenne africaine (1,05). En d\u2019autres termes, les recettes fiscales progressent plus rapidement que l\u2019activit\u00e9 \u00e9conomique. Cette performance est toutefois largement port\u00e9e par les imp\u00f4ts indirects, qui b\u00e9n\u00e9ficient de la hausse de la consommation et des prix.<\/p>\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Mais lorsque la BAD analyse les diff\u00e9rents secteurs de l\u2019\u00e9conomie, le constat change. La contribution des services \u00e0 la dynamique des recettes fiscales ressort \u00e0 \u20130,041. En int\u00e9grant l\u2019agriculture et l\u2019industrie, le r\u00e9sultat sectoriel global est de \u20130,039 pour la Tunisie, contre +0,014 en moyenne sur le continent africain.<\/p>\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Ce r\u00e9sultat ne signifie pas que le secteur des services ne paie pas d\u2019imp\u00f4ts. Il indique plut\u00f4t que la croissance de ces activit\u00e9s se traduit moins efficacement par une progression des recettes fiscales. La BAD y voit le signe d\u2019une base fiscale encore fragment\u00e9e et d\u2019une couverture incompl\u00e8te de certaines activit\u00e9s \u00e9conomiques.<\/p>\n<p>R\u00e9gime forfaitaire et d\u00e9faut d\u2019interconnexion<\/p>\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le rapport met \u00e9galement en \u00e9vidence un autre d\u00e9s\u00e9quilibre. Le r\u00e9gime forfaitaire concerne 39 % des contribuables, mais ne g\u00e9n\u00e8re moins de 0,5 % des recettes fiscales. Pour la BAD, cette situation illustre les limites du dispositif actuel et justifie sa rationalisation au profit d\u2019un r\u00e9gime simplifi\u00e9 reposant sur une comptabilit\u00e9 all\u00e9g\u00e9e.<\/p>\n<p class=\"wp-block-paragraph\">L\u2019institution recommande aussi d\u2019acc\u00e9l\u00e9rer l\u2019interconnexion entre les bases de donn\u00e9es de la Direction g\u00e9n\u00e9rale des imp\u00f4ts, de la CNSS et des Douanes. Le d\u00e9veloppement de la facturation \u00e9lectronique, des paiements num\u00e9riques et des caisses enregistreuses connect\u00e9es fait \u00e9galement partie des pistes avanc\u00e9es pour am\u00e9liorer le recouvrement et mieux identifier les revenus aujourd\u2019hui insuffisamment couverts.<\/p>\n<p>\u00c9largir l\u2019assiette plut\u00f4t qu\u2019augmenter les taux<\/p>\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Pour le contribuable, cette question d\u00e9passe largement le d\u00e9bat technique sur la fiscalit\u00e9. Lorsque la croissance de certains secteurs se traduit imparfaitement par des recettes publiques, l\u2019\u00c9tat dispose de moins de moyens pour financer les infrastructures, les \u00e9coles, les h\u00f4pitaux ou encore les investissements n\u00e9cessaires \u00e0 la transition \u00e9nerg\u00e9tique.<\/p>\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Au-del\u00e0 des chiffres, le rapport de la BAD pose donc une question de fond : comment financer durablement le d\u00e9veloppement si une partie de la richesse cr\u00e9\u00e9e se transforme insuffisamment en recettes publiques ? Pour l\u2019institution, la r\u00e9ponse ne r\u00e9side pas dans une nouvelle hausse des taux d\u2019imposition, mais dans un meilleur recouvrement, une administration davantage num\u00e9ris\u00e9e et un \u00e9largissement de l\u2019assiette fiscale. L\u2019objectif est de mieux r\u00e9partir l\u2019effort fiscal plut\u00f4t que d\u2019alourdir encore la charge de ceux qui s\u2019acquittent d\u00e9j\u00e0 pleinement de leurs imp\u00f4ts.<\/p>\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Lire aussi:<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"La Tunisie affiche un niveau de pression fiscale parmi les plus \u00e9lev\u00e9s d\u2019Afrique, mais cette charge reste tr\u00e8s&hellip;\n","protected":false},"author":2,"featured_media":175761,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":"","_share_on_mastodon":"0"},"categories":[120],"tags":[5213,53910,6249,124],"class_list":["post-175760","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","category-tunisie","tag-bad","tag-fiscale","tag-rapport","tag-tunisie"],"share_on_mastodon":{"url":"","error":""},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/175760","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=175760"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/175760\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/media\/175761"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=175760"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=175760"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=175760"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}