{"id":178507,"date":"2026-08-10T09:28:08","date_gmt":"2026-08-10T09:28:08","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/178507\/"},"modified":"2026-08-10T09:28:08","modified_gmt":"2026-08-10T09:28:08","slug":"les-khettaras-du-maroc-genie-hydraulique-millenaire-face-a-la-modernite","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/178507\/","title":{"rendered":"Les khettaras du Maroc : g\u00e9nie hydraulique mill\u00e9naire face \u00e0 la modernit\u00e9"},"content":{"rendered":"<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"696\" height=\"392\" class=\"entry-thumb\" src=\"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/khettaras-696x392.jpg\"   alt=\"Khettaras\" title=\"khettaras\"\/>Khettaras<\/p>\n<p>Dans le silence des oasis marocaines, un murmure d\u2019eau souterraine raconte une histoire vieille de mille ans. Les khettaras, ces veines invisibles qui irriguent le d\u00e9sert, incarnent le g\u00e9nie hydraulique ancestral du Maroc. Aujourd\u2019hui menac\u00e9es de disparition, elles nous interrogent sur notre rapport \u00e0 l\u2019eau, au patrimoine et \u00e0 la durabilit\u00e9. Plong\u00e9e dans les entrailles d\u2019un syst\u00e8me d\u2019irrigation qui d\u00e9fie le temps et les \u00e9l\u00e9ments.<\/p>\n<p>Imaginez des galeries souterraines s\u2019\u00e9tirant sur des kilom\u00e8tres, captant l\u2019eau des nappes phr\u00e9atiques pour la conduire, par simple gravit\u00e9, jusqu\u2019aux palmeraies assoiff\u00e9es. Les khettaras, que l\u2019on orthographie aussi khattara ou rhettara, sont ces syst\u00e8mes d\u2019irrigation souterrains qui ont transform\u00e9 les terres arides du Maroc en oasis verdoyantes.<\/p>\n<p>Vue du ciel, une khettara se r\u00e9v\u00e8le par un alignement de petits monticules de sable ou d\u2019argile, semblables \u00e0 des taupini\u00e8res g\u00e9antes. Chaque butte prot\u00e8ge un puits vertical qui plonge parfois jusqu\u2019\u00e0 50 m\u00e8tres de profondeur. Au fond, ces puits se connectent par une galerie en pente douce, formant un r\u00e9seau souterrain qui peut s\u2019\u00e9tendre sur 10 \u00e0 20 kilom\u00e8tres.<\/p>\n<p><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" class=\"alignnone wp-image-364974 size-full\" src=\"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/khettaras-taupinieres.jpg\" alt=\"\" width=\"696\" height=\"473\"  \/>Ce syst\u00e8me ing\u00e9nieux puise dans la nappe phr\u00e9atique en amont et achemine l\u2019eau vers les zones cultiv\u00e9es en aval, sans aucune aide m\u00e9canique. La pente de la galerie, moins accentu\u00e9e que celle du terrain, permet \u00e0 l\u2019eau de remonter naturellement \u00e0 la surface au point d\u2019irrigation d\u00e9sir\u00e9. Un exploit d\u2019ing\u00e9nierie hydraulique r\u00e9alis\u00e9 avec des outils rudimentaires, pioches, pelles et une connaissance intime du terrain.<\/p>\n<p>Des origines persanes aux palmeraies marocaines<\/p>\n<p>L\u2019histoire des khettaras au Maroc remonte au XIe si\u00e8cle, import\u00e9e par les conqu\u00e9rants almoravides. C\u2019est Oubeid Allah Ibn Younes, un ing\u00e9nieur venu d\u2019Andalousie, qui introduisit en 1106 cette technique \u00e0 Marrakech, alors capitale de l\u2019empire. Le syst\u00e8me, inspir\u00e9 des qanats persans vieux de 3000 ans, trouva dans les terres marocaines un terrain id\u00e9al pour son d\u00e9veloppement.<\/p>\n<p>Sous les <a href=\"https:\/\/www.afrik.com\/nedroma-le-joyau-andalou-d-algerie-candidat-au-patrimoine-mondial-de-l-unesco\" target=\"_blank\" rel=\"noopener nofollow\">Almohades<\/a>, puis les dynasties successives, les khettaras se multipli\u00e8rent, devenant l\u2019\u00e9pine dorsale de l\u2019agriculture oasienne. Au d\u00e9but du XXe si\u00e8cle, la r\u00e9gion d\u2019Al Haouz comptait 130 s\u00e9guias et khettaras, avec 5000 kilom\u00e8tres de galeries et canaux permettant l\u2019irrigation de plus de 150 000 hectares. Dans les ann\u00e9es 1970, Marrakech recensait encore 567 khettaras, dont 500 op\u00e9rationnelles.<\/p>\n<p>Le Tafilalet, cette vaste plaine pr\u00e9saharienne entre Errachidia et Tinghir, d\u00e9veloppa un r\u00e9seau particuli\u00e8rement dense. Plus de 75 cha\u00eenes de khettaras y furent creus\u00e9es \u00e0 partir du XIVe si\u00e8cle, totalisant 300 kilom\u00e8tres de galeries souterraines. Ce r\u00e9seau permit l\u2019\u00e9mergence et la prosp\u00e9rit\u00e9 de la l\u00e9gendaire <a href=\"https:\/\/www.afrik.com\/halte-au-massacre-de-sijilmassa\" target=\"_blank\" rel=\"noopener nofollow\">Sijilmassa<\/a>, carrefour caravanier majeur du commerce transsaharien.<\/p>\n<p>L\u2019art de construire l\u2019invisible<\/p>\n<p>Cr\u00e9er une khettara rel\u00e8ve d\u2019un savoir-faire complexe, transmis de g\u00e9n\u00e9ration en g\u00e9n\u00e9ration. Les ma\u00eetres d\u2019\u0153uvre, les \u00ab\u00a0m\u00e2almin\u00a0\u00bb, poss\u00e8dent une connaissance empirique de l\u2019hydrologie et de la g\u00e9ologie qui d\u00e9fie parfois la science moderne.<\/p>\n<p>La construction commence par l\u2019identification d\u2019une source d\u2019eau souterraine, souvent au pied d\u2019un c\u00f4ne alluvial ou dans une zone o\u00f9 la nappe phr\u00e9atique affleure. Les b\u00e2tisseurs creusent alors une s\u00e9rie de puits verticaux, espac\u00e9s de 20 \u00e0 50 m\u00e8tres, suivant une ligne qui descend en pente douce vers les terres \u00e0 irriguer.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-large wp-image-364973 alignleft\" src=\"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/qanatfiraun-294x392.jpg\" alt=\"\" width=\"294\" height=\"392\"  \/>Le travail le plus p\u00e9rilleux consiste \u00e0 relier ces puits par une galerie souterraine. Les ouvriers, travaillant dans l\u2019obscurit\u00e9 et l\u2019humidit\u00e9, creusent avec une pr\u00e9cision remarquable, maintenant une pente constante de 0,5 \u00e0 2% pour assurer l\u2019\u00e9coulement optimal de l\u2019eau. La galerie, dont la hauteur varie de 1,20 \u00e0 1,50 m\u00e8tre, doit \u00eatre suffisamment large pour permettre le passage d\u2019un homme lors des op\u00e9rations d\u2019entretien.<\/p>\n<p>Les mat\u00e9riaux utilis\u00e9s t\u00e9moignent d\u2019une adaptation parfaite au milieu : pierres locales pour consolider les parois dans les zones instables, argile pour imperm\u00e9abiliser certaines sections, bois de palmier pour les \u00e9taiements. Cette construction peut prendre des ann\u00e9es, mobilisant toute une communaut\u00e9 dans un effort collectif titanesque.<\/p>\n<p>Une gestion communautaire de l\u2019eau<\/p>\n<p>Au-del\u00e0 de la prouesse technique, les khettaras incarnent un mod\u00e8le de gestion collective des ressources hydriques. La \u00ab\u00a0jm\u00e2a\u00a0\u00bb, assembl\u00e9e villageoise traditionnelle, r\u00e9git l\u2019usage et l\u2019entretien de ces infrastructures vitales. Cette institution s\u00e9culaire incarne la volont\u00e9 collective de coop\u00e9ration et g\u00e8re la r\u00e9partition \u00e9quitable de l\u2019eau entre les ayants droit.<\/p>\n<p>Chaque ann\u00e9e, la jm\u00e2a \u00e9lit un \u00ab\u00a0sraifi\u00a0\u00bb ou \u00ab\u00a0amghar-n-waman\u00a0\u00bb (chef des eaux), responsable de l\u2019organisation des travaux d\u2019entretien et du respect des tours d\u2019eau. Le partage de l\u2019eau suit des r\u00e8gles complexes, codifi\u00e9es depuis des si\u00e8cles, qui tiennent compte des droits historiques, des surfaces cultiv\u00e9es et des contributions aux travaux collectifs.<\/p>\n<p>Ce syst\u00e8me, qualifi\u00e9 de \u00ab\u00a0d\u00e9mocratique\u00a0\u00bb par les chercheurs, repose sur le principe d\u2019un partage \u00e9gal des ressources. Les tours d\u2019eau sont calcul\u00e9s avec une pr\u00e9cision horlog\u00e8re, utilisant parfois des cadrans solaires ou des clepsydres traditionnelles. Chaque propri\u00e9taire conna\u00eet exactement son temps d\u2019irrigation, h\u00e9rit\u00e9 de ses anc\u00eatres ou acquis par achat ou location.<\/p>\n<p>L\u2019entretien collectif mobilise tous les b\u00e9n\u00e9ficiaires. Deux fois par an, lors des \u00ab\u00a0touiza\u00a0\u00bb (travaux communautaires), hommes et femmes descendent dans les galeries pour les curer, r\u00e9parer les \u00e9boulements, consolider les parois. Celui qui refuse de participer s\u2019expose \u00e0 des amendes, voire \u00e0 l\u2019exclusion sociale, sanction ultime dans ces soci\u00e9t\u00e9s o\u00f9 la solidarit\u00e9 conditionne la survie.<\/p>\n<p>L\u2019agonie d\u2019un patrimoine mill\u00e9naire<\/p>\n<p>Aujourd\u2019hui, le constat est alarmant. \u00c0 Marrakech, sur les 567 khettaras recens\u00e9es dans les ann\u00e9es 1970, seules deux ou trois survivent avec des d\u00e9bits symboliques. Dans le Tafilalet, sur 500 khettaras, seulement 340 restent fonctionnelles. Cette disparition massive s\u2019acc\u00e9l\u00e8re depuis les ann\u00e9es 1980, sous l\u2019effet conjugu\u00e9 de plusieurs facteurs.<br \/>Le pompage motoris\u00e9 constitue la principale menace. Les puits modernes, \u00e9quip\u00e9s de motopompes puissantes, puisent directement dans les nappes phr\u00e9atiques, abaissant dramatiquement le niveau des eaux souterraines. Les khettaras, con\u00e7ues pour drainer des nappes peu profondes, s\u2019ass\u00e8chent inexorablement. L\u2019ironie est cruelle car les technologies cens\u00e9es faciliter l\u2019acc\u00e8s \u00e0 l\u2019eau provoquent la mort des syst\u00e8mes traditionnels durables.<\/p>\n<p>Par ailleurs, l\u2019exode rural prive les khettaras de la main-d\u2019\u0153uvre n\u00e9cessaire \u00e0 leur entretien. Les jeunes, partis chercher fortune en ville, ne reviennent plus pour les touiza. Les galeries s\u2019effondrent, les puits s\u2019ensablent, et le savoir-faire des m\u00e2almin dispara\u00eet avec les derniers anciens.<\/p>\n<p>Le changement climatique aggrave la situation. Les s\u00e9cheresses r\u00e9currentes, l\u2019irr\u00e9gularit\u00e9 croissante des pr\u00e9cipitations et la hausse des temp\u00e9ratures r\u00e9duisent la recharge naturelle des nappes. Certaines khettaras qui coulaient depuis des si\u00e8cles se sont taries en quelques ann\u00e9es.<\/p>\n<p>Renaissance ou m\u00e9tamorphose ?<\/p>\n<p>Face \u00e0 cette disparition programm\u00e9e, des initiatives \u00e9mergent pour sauvegarder ce patrimoine hydraulique. Le Dr Mohamed El Faiz, chercheur \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 Cadi Ayyad et sp\u00e9cialiste de l\u2019agronomie musulmane, milite pour la pr\u00e9servation des khettaras \u00e0 travers son association. Des projets de r\u00e9habilitation voient le jour, soutenus par des ONG et parfois par les pouvoirs publics.<\/p>\n<p>Certaines communaut\u00e9s exp\u00e9rimentent des solutions hybrides audacieuses. Dans la r\u00e9gion de Ferkla, des collectifs ont install\u00e9 des pompes solaires pour r\u00e9alimenter leurs khettaras ass\u00e9ch\u00e9es. Cette alliance paradoxale entre tradition mill\u00e9naire et technologie moderne soul\u00e8ve des questions : s\u2019agit-il d\u2019une adaptation n\u00e9cessaire ou d\u2019une d\u00e9naturation du syst\u00e8me originel ?<\/p>\n<p>Le tourisme \u00e9cologique offre de nouvelles perspectives. Des circuits d\u00e9couverte des khettaras attirent des visiteurs curieux de comprendre ces merveilles d\u2019ing\u00e9nierie. \u00c0 condition d\u2019\u00eatre bien encadr\u00e9, ce tourisme peut g\u00e9n\u00e9rer des revenus pour l\u2019entretien des syst\u00e8mes encore fonctionnels et sensibiliser \u00e0 leur valeur patrimoniale.<\/p>\n<p>Enfin, l\u2019int\u00e9gration des khettaras dans l\u2019agriculture moderne montre des r\u00e9sultats prometteurs. L\u2019association avec l\u2019irrigation goutte-\u00e0-goutte permet d\u2019optimiser l\u2019usage de l\u2019eau tout en pr\u00e9servant le syst\u00e8me traditionnel. Des exploitations combinent ainsi efficacit\u00e9 moderne et sagesse ancestrale.<\/p>\n<p>Le\u00e7ons d\u2019un patrimoine vivant<\/p>\n<p>Les khettaras nous enseignent des le\u00e7ons cruciales \u00e0 l\u2019heure du changement climatique et de la crise hydrique mondiale. Elles d\u00e9montrent qu\u2019il est possible de cr\u00e9er des syst\u00e8mes durables, adapt\u00e9s aux contraintes locales, sans technologies complexes ni \u00e9nergies fossiles.<\/p>\n<p>Leur gestion communautaire offre un mod\u00e8le de gouvernance des biens communs, o\u00f9 l\u2019int\u00e9r\u00eat collectif prime sur les profits individuels. Dans un monde o\u00f9 la privatisation de l\u2019eau menace l\u2019acc\u00e8s universel \u00e0 cette ressource vitale, les khettaras rappellent qu\u2019une autre voie est possible.<\/p>\n<p>Au-del\u00e0 de leur fonction hydraulique, les khettaras incarnent une relation harmonieuse entre l\u2019homme et son environnement. Elles ont fa\u00e7onn\u00e9 des paysages, cr\u00e9\u00e9 des \u00e9cosyst\u00e8mes oasiens uniques, permis le d\u00e9veloppement de civilisations brillantes dans des milieux hostiles. Leur disparition ne signifierait pas seulement la perte d\u2019une technique d\u2019irrigation. C\u2019est tout un pan de l\u2019identit\u00e9 marocaine, un savoir-faire mill\u00e9naire, une organisation sociale s\u00e9culaire qui s\u2019effacerait. Les khettaras m\u00e9ritent d\u2019\u00eatre reconnues comme patrimoine mondial de l\u2019humanit\u00e9, au m\u00eame titre que les qanats iraniens inscrits \u00e0 l\u2019UNESCO.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"Khettaras Dans le silence des oasis marocaines, un murmure d\u2019eau souterraine raconte une histoire vieille de mille ans.&hellip;\n","protected":false},"author":2,"featured_media":178508,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":"","_share_on_mastodon":"0"},"categories":[83],"tags":[49686,86,4539],"class_list":["post-178507","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","category-maroc","tag-leau-en-afrique","tag-maroc","tag-science"],"share_on_mastodon":{"url":"https:\/\/pubeurope.com\/@afrique\/117070509256051390","error":""},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/178507","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=178507"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/178507\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/media\/178508"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=178507"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=178507"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=178507"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}