{"id":18047,"date":"2026-02-18T08:53:33","date_gmt":"2026-02-18T08:53:33","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/18047\/"},"modified":"2026-02-18T08:53:33","modified_gmt":"2026-02-18T08:53:33","slug":"la-cedeao-vise-une-baisse-de-40-sur-les-billets-davion-en-2026","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/18047\/","title":{"rendered":"La CEDEAO vise une baisse de 40% sur les billets d\u2019avion en 2026"},"content":{"rendered":"<p>Sur un site r\u00e9put\u00e9 d\u2019agr\u00e9gation des prix de billets d\u2019avion consult\u00e9 r\u00e9cemment, un voyage aller-retour de 50 minutes entre l\u2019a\u00e9roport international Mohammed Murtala de Lagos, au Nig\u00e9ria, et celui de Gnassingb\u00e9 Eyad\u00e9ma, \u00e0 Lom\u00e9, au Togo, est propos\u00e9 \u00e0 643 euros pour la p\u00e9riode du 13 au 14 d\u00e9cembre. Un prix qui peut \u00eatre qualifi\u00e9 de \u00ab\u00a0raisonnable\u00a0\u00bb pour la p\u00e9riode marqu\u00e9e comme \u00ab\u00a0haute saison\u00a0\u00bb en raison des f\u00eates de fin d\u2019ann\u00e9e.<\/p>\n<p>Suppression de taxes&#13;\n<\/p>\n<p>Toutefois, sur les m\u00eames dates, Paris-Amsterdam en vol direct est propos\u00e9 \u00e0 492 euros, pour une dur\u00e9e de 1 heure 25 minutes. Mieux encore, le trajet Mombasa (Est du Kenya) &#8211; Addis-Abeba (\u00c9thiopie) est factur\u00e9 jusqu\u2019\u00e0 352 euros en vol direct, d\u2019une dur\u00e9e de 2 heures.<\/p>\n<p>Les habitu\u00e9s du voyage en Afrique de l\u2019ouest et centrale le savent, le co\u00fbt du transport a\u00e9rien est \u00e9lev\u00e9 dans ces r\u00e9gions. Mais cela pourrait bient\u00f4t prendre fin dans la zone CEDEAO.<\/p>\n<p>La Commission de la Communaut\u00e9 Economique des Etats de l\u2019Afrique de l\u2019Ouest (CEDEAO) a indiqu\u00e9 dans une communication du 9 d\u00e9cembre 2025, qu\u2019\u00e0 partir du 1er janvier 2026, tous les \u00c9tats membres de la CEDEAO supprimeront les taxes appliqu\u00e9es au transport a\u00e9rien et r\u00e9duiront de 25 % les redevances passagers et de s\u00e9curit\u00e9. Cette\u00a0 d\u00e9cision acte l\u2019engagement, pris par les chefs d\u2019\u00c9tat de cette sous-r\u00e9gion en d\u00e9cembre 2024, de r\u00e9former la fiscalit\u00e9 du secteur, avec la suppression pure et simple des taxes non directement li\u00e9es au transport a\u00e9rien. \u00ab\u00a0Le Sommet a \u00e9galement pris en compte les pr\u00e9occupations r\u00e9currentes \u00e9mises par les passagers, les compagnies a\u00e9riennes et les experts du secteur concernant le co\u00fbt \u00e9lev\u00e9 des voyages a\u00e9riens en Afrique de l\u2019Ouest. Des \u00e9tudes men\u00e9es par la CEDEAO, l\u2019Union africaine, l\u2019Association des compagnies a\u00e9riennes africaines (AFRAA) et l\u2019Association internationale du transport a\u00e9rien (IATA) montrent constamment que l\u2019Afrique de l\u2019Ouest figure parmi les r\u00e9gions les plus co\u00fbteuses au monde pour voyager en avion\u00a0\u00bb, explique la CEDEAO dans le communiqu\u00e9.<\/p>\n<p>Une r\u00e9ponse concr\u00e8te \u00e0 un d\u00e9fi longtemps signal\u00e9&#13;\n<\/p>\n<p>L\u2019entr\u00e9e en vigueur de cette directive s&rsquo;attaque ainsi au d\u00e9fi de la surcharge fiscale qui repr\u00e9sente aujourd&rsquo;hui jusqu&rsquo;\u00e0 la moiti\u00e9 du prix d&rsquo;un billet d&rsquo;avion. Il est attendu que la mise en \u0153uvre de ce texte entra\u00eenera automatiquement la disparition de pr\u00e9l\u00e8vements tels que la taxe de solidarit\u00e9 ou les redevances touristiques, tout en imposant une r\u00e9duction de 25% sur les redevances passagers et de s\u00e9curit\u00e9. Plusieurs donn\u00e9es actuelles de comparaison r\u00e9v\u00e8lent qu&rsquo;un billet pour un vol intra-ouest-africain co\u00fbte souvent le double d&rsquo;un trajet \u00e9quivalent dans d&rsquo;autres r\u00e9gions du continent. L&rsquo;exemple de l&rsquo;a\u00e9roport de Cotonou est r\u00e9v\u00e9lateur de cette surcharge, avec des taxes pouvant atteindre pr\u00e8s de 93 000 FCFA pour un vol r\u00e9gional, contre des montants oscillant entre 30 000 et 52 500 FCFA \u00e0 Abidjan.<\/p>\n<p>Les experts de la CEDEAO estiment que ces tarifs sont \u00e0 l\u2019origine des faibles niveaux de d\u00e9placements, qu\u2019ils limitent les opportunit\u00e9s commerciales, ralentissent le d\u00e9veloppement du tourisme et compromettent le programme phare de la CEDEAO relatif \u00e0 la libre circulation des personnes et des biens.<\/p>\n<p>Alors que l\u2019Afrique du Nord repr\u00e9sente environ 40% du trafic a\u00e9rien du continent, l\u2019Afrique de l\u2019Ouest peine \u00e0 atteindre la moiti\u00e9 de ce trafic, avec une seule route dans la r\u00e9gion \u2014 Accra-Lagos \u2014 qui figure parmi les dix liaisons intra-africaines les plus fr\u00e9quent\u00e9es. Et justement, au-del\u00e0 du fait que la ligne relie deux des \u00e9conomies les plus dynamiques de la sous-r\u00e9gion, les prix des billets d\u2019avion y sont bien plus bas qu\u2019un vol de m\u00eame distance, Lom\u00e9-Abidjan ou Cotonou-Abidjan.<\/p>\n<p>Changement de paradigme&#13;\n<\/p>\n<p>Au-del\u00e0 m\u00eame de la question tarifaire, cette adoption permettra enfin d&rsquo;aligner la pratique r\u00e9gionale sur les standards internationaux, rest\u00e9s jusqu&rsquo;ici lettre morte dans de nombreux pays de la zone. Elle rend ex\u00e9cutoires les principes de l&rsquo;article 15 de la Convention de Chicago de l&rsquo;Organisation de l\u2019aviation civile internationale (OACI). Concr\u00e8tement, le deuxi\u00e8me principe de cet article dispose que les redevances per\u00e7ues par un \u00c9tat pour l\u2019usage des a\u00e9roports, des installations ou des services de navigation a\u00e9rienne ne d\u00e9passent pas le co\u00fbt r\u00e9el des services fournis. Autrement dit, ces redevances doivent \u00eatre strictement proportionnelles aux d\u00e9penses engag\u00e9es pour assurer ces prestations et ne peuvent servir de source de revenus suppl\u00e9mentaires ni de fiscalit\u00e9 d\u00e9tourn\u00e9e.<\/p>\n<p>Un autre principe de cette disposition est l\u2019\u00e9quit\u00e9 de l\u2019application des r\u00e8gles de fiscalit\u00e9 et de redevances dans le secteur. Ainsi, les am\u00e9liorations attendues devraient positivement impacter des compagnies \u00e0 vocation r\u00e9gionale dont Asky la plus importante de toutes, mais aussi des compagnies europ\u00e9ennes, comme Air France, KLM, Turkish Airlines, Brussels, ou encore Corsair, qui en concurrence avec des transporteurs d\u2019Afrique du Nord ou du Moyen-Orient, effectuent plusieurs centaines de d\u00e9collages et d\u2019atterrissages dans les pays de la sous-r\u00e9gion. Reste d\u00e9sormais la question de la mise en \u0153uvre effective du texte. Pour s&rsquo;assurer que cette d\u00e9cision ne reste pas un v\u0153u pieux, le plan de mise en \u0153uvre valid\u00e9 inclut un M\u00e9canisme R\u00e9gional de Surveillance. Ce dispositif aura la lourde t\u00e2che de v\u00e9rifier, pays par pays, que les redevances sont bien corr\u00e9l\u00e9es aux services rendus et que les baisses de tarifs sont r\u00e9percut\u00e9es sur les usagers.<\/p>\n<p>La perspective \u00e9conomique ouverte par cette d\u00e9cision est celle d&rsquo;un changement de paradigme fond\u00e9 sur le volume. Si les gouvernements ont accept\u00e9 de valider cette mise en \u0153uvre malgr\u00e9 la perte imm\u00e9diate de recettes fiscales, c&rsquo;est qu&rsquo;ils parient sur l&rsquo;effet multiplicateur du trafic. Les experts parlementaires de la CEDEAO estiment que l&rsquo;application stricte de l&rsquo;Acte permettra de r\u00e9duire le prix des billets d&rsquo;environ 40%, ce qui stimulera la demande de 20 \u00e0 30%. \u00a0<\/p>\n<p>N\u00e9anmoins, la g\u00e9ographie de cette mise en \u0153uvre dessine une nouvelle carte du ciel africain. La d\u00e9cision risque de ne s&rsquo;appliquer qu&rsquo;aux douze \u00c9tats membres actuels, \u00e0 l\u2019exclusion des pays regroup\u00e9s autour de l&rsquo;Alliance des \u00c9tats du Sahel (Mali, Burkina Faso, Niger) qui ont d\u00e9cid\u00e9 unilat\u00e9ralement de quitter la communaut\u00e9. Cette situation risque de cr\u00e9er un march\u00e9 \u00e0 deux vitesses, renfor\u00e7ant l&rsquo;attractivit\u00e9 des hubs c\u00f4tiers engag\u00e9s dans la r\u00e9forme au d\u00e9triment des capitales sah\u00e9liennes.<\/p>\n<p>Plus de comp\u00e9titivit\u00e9, mais aussi des d\u00e9fis&#13;\n<\/p>\n<p>Aussi, si l&rsquo;annonce est salu\u00e9e par les voyageurs et le secteur professionnel du voyage et du tourisme, deux autres d\u00e9fis majeurs d\u00e9termineront le succ\u00e8s ou l&rsquo;\u00e9chec de cette r\u00e9forme. Le premier est celui du mod\u00e8le \u00e9conomique des a\u00e9roports de la sous-r\u00e9gion. Souvent co\u00fbteuses et difficiles \u00e0 maintenir, ces infrastructures d\u00e9pendent de ces taxes pour leur fonctionnement quotidien. La suppression de cette manne cr\u00e9e un risque imm\u00e9diat de d\u00e9ficit pour la maintenance et les salaires. \u00a0Les gestionnaires a\u00e9roportuaires disposent de peu de temps pour op\u00e9rer une transformation radicale, afin de passer d&rsquo;une logique de \u00ab\u00a0rente fiscale\u00a0\u00bb \u00e0 une logique commerciale, en d\u00e9veloppant massivement les revenus non-a\u00e9ronautiques (boutiques, parkings, immobilier), comme le font les hubs internationaux (Duba\u00ef, Singapour, et m\u00eame Addis-Abeba ou encore Casablanca). Enfin, la r\u00e9duction de 25 % des redevances de s\u00e9curit\u00e9 intervient dans un contexte r\u00e9gional parfois fragile, alors que des prix des billets plus bas pourraient accro\u00eetre le nombre de voyageurs et donc n\u00e9cessiter d\u2019investir davantage sur la s\u00e9curit\u00e9 et la gestion des flux des personnes, mais aussi des biens.<\/p>\n<p>Les compagnies a\u00e9riennes ont toujours clairement nomm\u00e9 les taxes comme la raison majeure des co\u00fbts \u00e9lev\u00e9s du transport a\u00e9rien, et la distinction entre leurs tarifs et les taxes sur la communication des prix, permet bien souvent d\u2019en mesurer l\u2019ampleur. Cependant, les taxes collect\u00e9es avant leur restitution aux \u00c9tats constituent une tr\u00e9sorerie utile \u00e0 court terme. Il leur faudra d\u00e9sormais s\u2019adapter \u00e0 une nouvelle r\u00e9alit\u00e9 de liquidit\u00e9s moins dense. Pour une mise en \u0153uvre harmonieuse, la CEDEAO a choisi la carte de la flexibilit\u00e9. Selon leur r\u00e9gime juridique, les Actes additionnels adopt\u00e9s par l\u2019Autorit\u00e9 des Chefs d\u2019\u00c9tat et de Gouvernement de la CEDEAO sont automatiquement contraignants et applicables. Cependant, il a \u00e9t\u00e9 pr\u00e9vu que les \u00c9tats membres puissent apporter les amendements n\u00e9cessaires \u00e0 leurs lois nationales, politiques et documents connexes afin d\u2019assurer l\u2019application uniforme de l\u2019Acte. Les compagnies a\u00e9riennes devront \u00e9galement r\u00e9percuter les r\u00e9ductions de co\u00fbts sur les passagers, en fixant des tarifs plus bas.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"Sur un site r\u00e9put\u00e9 d\u2019agr\u00e9gation des prix de billets d\u2019avion consult\u00e9 r\u00e9cemment, un voyage aller-retour de 50 minutes&hellip;\n","protected":false},"author":2,"featured_media":18048,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[2],"tags":[390,58,8403,1089,5965,999,8404,18,51,59,67,68,69,70,1212],"class_list":{"0":"post-18047","1":"post","2":"type-post","3":"status-publish","4":"format-standard","5":"has-post-thumbnail","7":"category-europe","8":"tag-390","9":"tag-58","10":"tag-8403","11":"tag-baisse","12":"tag-billets","13":"tag-cedeao","14":"tag-davion","15":"tag-europe","16":"tag-europe-afrique","17":"tag-la-tribune-afrique","18":"tag-ue","19":"tag-ue-afrique","20":"tag-union-europeenne","21":"tag-union-europeenne-afrique","22":"tag-vise"},"share_on_mastodon":{"url":"https:\/\/pubeurope.com\/@afrique\/116090791677787534","error":""},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/18047","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=18047"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/18047\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/media\/18048"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=18047"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=18047"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=18047"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}