{"id":182824,"date":"2026-08-15T14:12:09","date_gmt":"2026-08-15T14:12:09","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/182824\/"},"modified":"2026-08-15T14:12:09","modified_gmt":"2026-08-15T14:12:09","slug":"le-maroc-a-un-mur-de-sable-de-2-700-km-bati-des-1980-ce-qui-lentoure-explique-pourquoi-personne-ne-le-franchit","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/182824\/","title":{"rendered":"Le Maroc a un mur de sable de 2 700 km b\u00e2ti d\u00e8s 1980 : ce qui l&rsquo;entoure explique pourquoi personne ne le franchit"},"content":{"rendered":"<p class=\"gpsb-badge__text\">Vous aimez notre contenu ?<\/p>\n<p><a class=\"gpsb-badge__link no-adv\" data-ad-skip=\"true\" href=\"https:\/\/google.com\/preferences\/source?q=sciencepost.fr\" target=\"_blank\" rel=\"noopener sponsored nofollow\" aria-label=\"Ajoutez-nous \u00e0 vos favoris Google\">Ajoutez-nous \u00e0 vos<br \/>favoris Google<\/a><\/p>\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Il existe un mur deux fois plus long que la <a href=\"https:\/\/sciencepost.fr\/?p=348876\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\">Grande Muraille de Chine visible depuis l\u2019espace<\/a>, et pourtant, presque personne n\u2019en parle. Pas de touristes venus le photographier, pas de guides touristiques qui en vantent les m\u00e9rites, pas m\u00eame de panneaux explicatifs \u00e0 ses abords. Ce silence m\u00e9diatique contraste pourtant avec l\u2019ampleur du projet : plus de 2 700 kilom\u00e8tres de remblais de sable traversant l\u2019un des d\u00e9serts les plus inhospitaliers de la plan\u00e8te. Un chantier titanesque, entam\u00e9 au d\u00e9but des ann\u00e9es 1980, qui continue aujourd\u2019hui encore de fa\u00e7onner le destin de tout un peuple. Mais si cet ouvrage reste aussi m\u00e9connu, c\u2019est peut-\u00eatre justement parce que ce qui l\u2019entoure dissuade quiconque de s\u2019en approcher d\u2019un peu trop pr\u00e8s.<\/p>\n<p>Un rempart de sable qui d\u00e9fie le Sahara depuis 1980<\/p>\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Tout commence dans un contexte de tensions militaires. Quelques semaines apr\u00e8s un affrontement survenu dans la r\u00e9gion de l\u2019Ouarkziz, le Maroc lance en ao\u00fbt 1980 un chantier pharaonique destin\u00e9 \u00e0 s\u00e9curiser durablement le territoire du Sahara occidental. Ce vaste espace d\u00e9sertique, qui s\u2019\u00e9tend sur environ 284 000 km\u00b2 \u00e0 la fronti\u00e8re de la Mauritanie, repr\u00e9sente \u00e0 lui seul un peu plus de la moiti\u00e9 de la superficie de la France. Autant dire que l\u2019enjeu g\u00e9ographique est colossal.<\/p>\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La construction ne s\u2019est pas faite d\u2019un seul tenant. Elle s\u2019est \u00e9tal\u00e9e sur plusieurs ann\u00e9es, par \u00e9tapes successives, jusqu\u2019\u00e0 ce que la derni\u00e8re portion, longue de 550 kilom\u00e8tres, vienne clore l\u2019ouvrage en 1987 en atteignant la localit\u00e9 de Guerguerat. Le r\u00e9sultat de ce chantier hors norme porte un nom que peu de Fran\u00e7ais connaissent : le Berm, plus commun\u00e9ment appel\u00e9 le mur des sables. Une appellation presque po\u00e9tique pour ce qui reste, en r\u00e9alit\u00e9, l\u2019une des fortifications les plus surveill\u00e9es au monde.<\/p>\n<p>Derri\u00e8re les dunes, un oc\u00e9an de mines qui interdit tout passage<\/p>\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Si le mur des sables impressionne par sa longueur, c\u2019est surtout ce qui l\u2019accompagne qui explique pourquoi il demeure infranchissable depuis plus de quarante ans. Il ne s\u2019agit pas d\u2019une simple digue de terre pos\u00e9e au milieu du d\u00e9sert, mais d\u2019un dispositif militaire complet, compos\u00e9 de plusieurs lignes de remblais successives, renforc\u00e9es par des champs de mines et des kilom\u00e8tres de barbel\u00e9s. Cette architecture d\u00e9fensive en fait l\u2019une des zones min\u00e9es les plus \u00e9tendues du globe, un h\u00e9ritage silencieux et particuli\u00e8rement dangereux du conflit qui a oppos\u00e9 le Maroc au Front Polisario.<\/p>\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Franchir cette barri\u00e8re rel\u00e8ve donc d\u2019un pari mortel. M\u00eame des d\u00e9cennies apr\u00e8s la pose des premi\u00e8res mines, le sol reste pi\u00e9g\u00e9, rendant toute travers\u00e9e \u00e0 pied ou en v\u00e9hicule extr\u00eamement risqu\u00e9e. Cette r\u00e9alit\u00e9, souvent m\u00e9connue du grand public, constitue \u00e0 elle seule une r\u00e9ponse claire \u00e0 la question pos\u00e9e : ce qui emp\u00eache de traverser ce mur, ce n\u2019est pas seulement sa hauteur ou sa longueur, mais bien ce qui se cache juste en dessous et tout autour de lui.<\/p>\n<p>Des soldats et des radars veillent jour et nuit sur chaque kilom\u00e8tre<\/p>\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Au-del\u00e0 des mines, c\u2019est la pr\u00e9sence humaine qui rend cette fronti\u00e8re quasiment impossible \u00e0 franchir. Selon les estimations disponibles, entre 100 000 et 120 000 soldats marocains assurent une surveillance permanente de l\u2019ensemble de la ligne. Un chiffre vertigineux qui donne une id\u00e9e de l\u2019ampleur des moyens d\u00e9ploy\u00e9s pour maintenir ce dispositif op\u00e9rationnel depuis plus de quarante ans, sans interruption.<\/p>\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Cette mobilisation constante transforme le mur des sables en une v\u00e9ritable fronti\u00e8re militaris\u00e9e, o\u00f9 chaque portion du territoire est scrut\u00e9e, patrouill\u00e9e et d\u00e9fendue. Le dispositif s\u00e9pare ainsi le territoire administr\u00e9 par le Maroc, \u00e0 l\u2019ouest, de la zone orientale contr\u00f4l\u00e9e par le Front Polisario. Une division qui a permis au royaume ch\u00e9rifien de conserver le contr\u00f4le sur plus des deux tiers du Sahara occidental, un rapport de force qui perdure depuis le d\u00e9but des ann\u00e9es 1990.<\/p>\n<p>Un mur toujours debout, symbole d\u2019un conflit jamais r\u00e9solu<\/p>\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Pour ses opposants, cette fortification porte un tout autre nom : le mur de la honte. Une appellation lourde de sens, qui refl\u00e8te la mani\u00e8re dont cet ouvrage a durablement s\u00e9par\u00e9 le peuple sahraoui, coupant des familles et des communaut\u00e9s enti\u00e8res d\u2019un c\u00f4t\u00e9 comme de l\u2019autre de la ligne. Depuis le cessez-le-feu de 1991, le Front Polisario continue de revendiquer le contr\u00f4le de l\u2019int\u00e9gralit\u00e9 du territoire situ\u00e9 \u00e0 l\u2019est du mur, maintenant vivante une revendication politique qui n\u2019a, \u00e0 ce jour, trouv\u00e9 aucune issue d\u00e9finitive.<\/p>\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Ce statu quo, fig\u00e9 depuis plus de trois d\u00e9cennies, illustre \u00e0 quel point une infrastructure aussi ancienne peut continuer de peser sur les \u00e9quilibres g\u00e9opolitiques actuels. Le mur des sables n\u2019est donc pas qu\u2019une simple curiosit\u00e9 g\u00e9ographique perdue au milieu du Sahara : il incarne un conflit gel\u00e9, dont les cons\u00e9quences humaines et territoriales restent bien r\u00e9elles pour les populations concern\u00e9es.<\/p>\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Au final, la r\u00e9ponse \u00e0 l\u2019\u00e9nigme pos\u00e9e par ce mur tient en une phrase : il s\u2019agit d\u2019un ouvrage min\u00e9 et gard\u00e9 en permanence, ce qui suffit \u00e0 d\u00e9courager toute tentative de franchissement. Un rappel saisissant que certaines fronti\u00e8res, m\u00eame dessin\u00e9es dans le sable, peuvent s\u2019av\u00e9rer aussi infranchissables que les murs les plus massifs. Reste \u00e0 savoir combien de temps encore cette ligne continuera de diviser un territoire et un peuple, en plein c\u0153ur du d\u00e9sert.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"Vous aimez notre contenu ? 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