{"id":183389,"date":"2026-08-16T10:06:14","date_gmt":"2026-08-16T10:06:14","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/183389\/"},"modified":"2026-08-16T10:06:14","modified_gmt":"2026-08-16T10:06:14","slug":"sous-le-sable-du-sahara-algerien-dorment-depuis-1966-des-engins-contamines-que-plus-personne-ne-sait-retrouver","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/183389\/","title":{"rendered":"Sous le sable du Sahara alg\u00e9rien dorment depuis 1966 des engins contamin\u00e9s que plus personne ne sait retrouver"},"content":{"rendered":"<p class=\"gpsb-badge__text\">Vous aimez notre contenu ?<\/p>\n<p><a class=\"gpsb-badge__link no-adv\" data-ad-skip=\"true\" href=\"https:\/\/google.com\/preferences\/source?q=sciencepost.fr\" target=\"_blank\" rel=\"noopener sponsored nofollow\" aria-label=\"Ajoutez-nous \u00e0 vos favoris Google\">Ajoutez-nous \u00e0 vos<br \/>favoris Google<\/a><\/p>\n<p>Deux sites, dix-sept explosions, et une carte qui n\u2019existe nulle part. Entre 1960 et 1966, la France a fait d\u00e9toner dix-sept bombes nucl\u00e9aires dans le d\u00e9sert alg\u00e9rien, \u00e0 Reggane puis sur le plateau du Tan Afella, pr\u00e8s d\u2019In Ekker. Une partie du mat\u00e9riel utilis\u00e9, des v\u00e9hicules aux outillages en passant par des d\u00e9chets radioactifs, a \u00e9t\u00e9 enterr\u00e9e directement dans le sable saharien. Soixante ans plus tard, personne, ni c\u00f4t\u00e9 fran\u00e7ais ni c\u00f4t\u00e9 alg\u00e9rien, ne dispose des documents pr\u00e9cis permettant de localiser ces zones d\u2019enfouissement.<\/p>\n<p style=\"font-weight:700;font-size:1.05em;margin:0 0 0.7em 0;color:#333;\">\u00c0 retenir<\/p>\n<p>Qu\u2019est devenu le mat\u00e9riel contamin\u00e9 des 17 essais nucl\u00e9aires fran\u00e7ais au Sahara ?<br \/>\nUn accident en 1962 a chang\u00e9 la strat\u00e9gie : pourquoi tout a-t-il soudain disparu sous le sable ?<br \/>\nLes cartes promises \u00e0 l\u2019Alg\u00e9rie depuis 1999 n\u2019ont jamais \u00e9t\u00e9 transmises : pourquoi ce silence ?<\/p>\n<p style=\"font-weight:700;margin:0 0 0.5em 0;color:#333;font-size:0.95em;\">Sommaire<\/p>\n<p><a href=\"#un-accident-qui-a-change-la-donne\" style=\"color:#444;text-decoration:none;\">Un accident qui a chang\u00e9 la donne<\/a><br \/>\n<a href=\"#des-tonnes-de-materiel-enfouies-jamais-retrouvees\" style=\"color:#444;text-decoration:none;\">Des tonnes de mat\u00e9riel enfouies, jamais retrouv\u00e9es<\/a><br \/>\n<a href=\"#des-cartes-reclamees-depuis-des-decennies-jamais-transmises\" style=\"color:#444;text-decoration:none;\">Des cartes r\u00e9clam\u00e9es depuis des d\u00e9cennies, jamais transmises<\/a><\/p>\n<p>Un accident qui a chang\u00e9 la donne<\/p>\n<p>Tout bascule le 1er mai 1962. Ce jour-l\u00e0, la France proc\u00e8de \u00e0 son deuxi\u00e8me essai souterrain, baptis\u00e9 B\u00e9ryl, dans une galerie creus\u00e9e \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur du massif granitique du Tan Afella. Le principe semblait simple : confiner l\u2019explosion sous des centaines de m\u00e8tres de roche. Mais la fermeture de la galerie a \u00e9t\u00e9 imparfaite et 5 \u00e0 10 % de la radioactivit\u00e9 g\u00e9n\u00e9r\u00e9e par l\u2019essai est sortie, soit sous forme de laves et de scories projet\u00e9es sur le carreau, soit sous forme d\u2019a\u00e9rosols et de produits gazeux formant un nuage qui a culmin\u00e9 \u00e0 environ 2 600 m\u00e8tres d\u2019altitude. Le nuage ne s\u2019est pas arr\u00eat\u00e9 sur place : l\u2019axe principal du nuage radioactif form\u00e9 \u00e9tait dirig\u00e9 vers l\u2019est et la contamination atmosph\u00e9rique a \u00e9t\u00e9 d\u00e9tect\u00e9e sur environ 150 kilom\u00e8tres.<\/p>\n<p>Sur le terrain, l\u2019incident a directement touch\u00e9 des militaires pr\u00e9sents lors du tir. Selon les archives compil\u00e9es par les autorit\u00e9s fran\u00e7aises elles-m\u00eames, neuf soldats ont \u00e9t\u00e9 heavily contaminated par radiation, et une centaine de personnels suppl\u00e9mentaires ont \u00e9t\u00e9 expos\u00e9s \u00e0 des niveaux plus faibles lorsque le vent a chang\u00e9 de direction et pouss\u00e9 le nuage radioactif au-dessus du poste de commandement. Parmi les personnes expos\u00e9es, on trouve m\u00eame des ministres pr\u00e9sents sur place ainsi que des populations vivant \u00e0 proximit\u00e9. Un accident d\u2019\u00c9tat, en somme, qui aurait pu freiner le programme. Il n\u2019en a rien \u00e9t\u00e9 : la France a continu\u00e9 ses essais souterrains jusqu\u2019en 1966.<\/p>\n<p>Des tonnes de mat\u00e9riel enfouies, jamais retrouv\u00e9es<\/p>\n<p>Ce qui frappe, dans ce dossier, ce n\u2019est pas seulement l\u2019accident lui-m\u00eame. C\u2019est ce qu\u2019il a fallu faire dispara\u00eetre ensuite. Des t\u00e9moignages d\u2019anciens appel\u00e9s du contingent, recueillis ces derni\u00e8res ann\u00e9es, d\u00e9crivent la m\u00e9thode utilis\u00e9e \u00e0 l\u2019\u00e9poque : on enterrait sur place tout ce qui pouvait \u00eatre contamin\u00e9 plut\u00f4t que de le rapatrier. L\u2019autorit\u00e9 fran\u00e7aise avait proc\u00e9d\u00e9 \u00e0 l\u2019enfouissement de mat\u00e9riel, outillages, moyens m\u00e9caniques ayant servi et susceptibles d\u2019\u00eatre contamin\u00e9s sur deux sites, l\u2019un \u00e0 10 km au nord-est du plateau de la base-vie, l\u2019autre \u00e0 5 km du point z\u00e9ro, tandis que les d\u00e9chets les plus radioactifs auraient \u00e9t\u00e9 plac\u00e9s dans des bunkers b\u00e9tonn\u00e9s.<\/p>\n<p>Le d\u00e9sert a aussi servi de cimeti\u00e8re \u00e0 des appareils entiers. Un t\u00e9moin pr\u00e9sent \u00e0 Reggane entre 1960 et 1962 racontait comment les avions Vautour \u00e9taient d\u00e9truits \u00e0 l\u2019explosif avant d\u2019\u00eatre ensevelis, une pratique qu\u2019il qualifiait lui-m\u00eame d&rsquo;\u00a0\u00bbenterrement civil\u00a0\u00bb. D\u2019autres \u00e9voquent un avion Vampire ou Mistral, rest\u00e9 stationn\u00e9 dans une zone interdite pr\u00e8s de l\u2019a\u00e9rodrome de Reggane parce qu\u2019il avait \u00e9t\u00e9 fortement irradi\u00e9. \u00c0 cela s\u2019ajoutent des kilom\u00e8tres de c\u00e2blages utilis\u00e9s pour d\u00e9clencher les tirs : certaines portions ont \u00e9t\u00e9 enterr\u00e9es, d\u2019autres abandonn\u00e9es \u00e0 m\u00eame le sable, o\u00f9 elles restent aujourd\u2019hui fortement radioactives.<\/p>\n<p>Le chiffre donne le vertige. Selon une question pos\u00e9e \u00e0 l\u2019Assembl\u00e9e nationale sur les cons\u00e9quences de ces essais, les proc\u00e9dures men\u00e9es depuis n\u2019ont pas permis de r\u00e9gler la question des centaines de tonnes de d\u00e9chets contamin\u00e9s par la radioactivit\u00e9 qui ont \u00e9t\u00e9 enfouis par les autorit\u00e9s militaires fran\u00e7aises entre 1960 et 1967. Des centaines de tonnes. L\u2019\u00e9quivalent, \u00e0 peu pr\u00e8s, du poids d\u2019un immeuble entier, dispers\u00e9es sous les dunes sans qu\u2019aucun plan pr\u00e9cis n\u2019en indique l\u2019emplacement exact.<\/p>\n<p>Des cartes r\u00e9clam\u00e9es depuis des d\u00e9cennies, jamais transmises<\/p>\n<p>C\u2019est l\u00e0 que le dossier devient franchement embarrassant pour Paris. D\u00e8s 1999, \u00e0 la demande de l\u2019Alg\u00e9rie, l\u2019Agence internationale de l\u2019\u00e9nergie atomique a r\u00e9alis\u00e9 une mission d\u2019\u00e9valuation de la situation radiologique des anciens sites. Un premier pas, mais insuffisant : les zones d\u2019enfouissement les plus sensibles restaient hors de port\u00e9e des \u00e9valuations, faute de documentation cartographique pr\u00e9cise.<\/p>\n<p>Le sujet a ressurgi avec force en 2021. Le chef d\u2019\u00e9tat-major alg\u00e9rien, Sa\u00efd Chengriha, a alors interpell\u00e9 directement son homologue fran\u00e7ais pour r\u00e9clamer l\u2019assistance de la France pour fournir les cartes topographiques permettant la localisation des zones d\u2019enfouissement, non d\u00e9couvertes \u00e0 ce jour, des d\u00e9chets contamin\u00e9s, radioactifs ou chimiques. Quelques semaines plus tard, neuf d\u00e9put\u00e9s fran\u00e7ais, dont C\u00e9dric Villani, ont \u00e9crit directement \u00e0 Emmanuel Macron pour lui demander de publier les donn\u00e9es et les cartes des zones des d\u00e9chets r\u00e9sultant des campagnes d\u2019essais nucl\u00e9aires men\u00e9es au Sahara dans les ann\u00e9es 1960. Un rapport parlementaire \u00e9voqu\u00e9 \u00e0 cette occasion pr\u00e9cisait que quatre essais souterrains dans le Sahara alg\u00e9rien n\u2019ont pas \u00e9t\u00e9 totalement contenus ou confin\u00e9s, ce qui aggrave encore l\u2019incertitude sur l\u2019ampleur r\u00e9elle de la contamination hors des zones officiellement recens\u00e9es.<\/p>\n<p>Le dossier n\u2019a toujours pas trouv\u00e9 d\u2019issue claire. D\u00e9but 2026, une nouvelle proposition de loi port\u00e9e par la d\u00e9put\u00e9e Sabrina Sebaihi est revenue sur ce m\u00eame point noir, rappelant que les autorit\u00e9s militaires fran\u00e7aises ont proc\u00e9d\u00e9 \u00e0 un d\u00e9mant\u00e8lement partiel des installations, mais que du mat\u00e9riel contamin\u00e9 et diff\u00e9rents types de d\u00e9chets, dont certains radioactifs, auraient \u00e9t\u00e9 enfouis sur place, sans que la localisation pr\u00e9cise en soit jamais officiellement communiqu\u00e9e \u00e0 Alger. Un demi-si\u00e8cle apr\u00e8s les derniers tirs, le Sahara continue donc de garder, quelque part sous ses dunes mouvantes, un secret que ni les archives militaires fran\u00e7aises ni les relev\u00e9s alg\u00e9riens n\u2019ont jamais r\u00e9ussi \u00e0 percer enti\u00e8rement.<\/p>\n<p class=\"source-link\">Sources\u00a0: <a href=\"https:\/\/lakhdarbahlouli.com\/2017\/10\/21\/laccident-nucleaire-de-beryl-se-produit-un-1er-mai-1962-lors-dun-essai-de-larmee-francaise-a-in-ekker-dans-le-sahara-algerien\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener nofollow\">lakhdarbahlouli.com<\/a> | <a href=\"https:\/\/www.lexpressquotidien.dz\/2021\/04\/13\/macron-interpelle-sur-la-publication-des-donnees-sur-les-dechets-nucleaires-enterres-en-algerie-le-crime-radioactif-de-la-france-au-coeur-du-sahara\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener nofollow\">lexpressquotidien.dz<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"Vous aimez notre contenu ? 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