{"id":184046,"date":"2026-08-17T06:45:10","date_gmt":"2026-08-17T06:45:10","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/184046\/"},"modified":"2026-08-17T06:45:10","modified_gmt":"2026-08-17T06:45:10","slug":"dans-le-sud-du-nigeria-les-habitants-dayetoro-assistent-a-lengloutissement-de-leur-village-par-latlantique-actualites","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/184046\/","title":{"rendered":"Dans le sud du Nigeria, les habitants d&rsquo;Ayetoro assistent \u00e0 l&rsquo;engloutissement de leur village par l&rsquo;Atlantique : Actualit\u00e9s"},"content":{"rendered":"<p class=\"lead \">\u00ab\u00a0Nous marchons sur les maisons des gens\u00a0\u00bb, lance Akingboye Thompson, 35 ans, en avan\u00e7ant sur une \u00e9troite bande de sable \u00e0 Ayetoro, une communaut\u00e9 de p\u00eacheurs de l&rsquo;\u00c9tat d&rsquo;Ondo, dans le sud du Nigeria. <\/p>\n<p class=\"lead \">Sous ses pieds, des morceaux de bois et de tissus se m\u00e9langent au sable, ultimes vestiges de maisons englouties par les vagues, certaines il y a plusieurs ann\u00e9es, d&rsquo;autres quelques mois \u00e0 peine.<\/p>\n<p class=\"lead \">Depuis le d\u00e9but des ann\u00e9es 2000, l&rsquo;\u00e9rosion c\u00f4ti\u00e8re s&rsquo;est progressivement intensifi\u00e9e \u00e0 Ayetoro, selon les experts. Sous l&rsquo;effet du changement climatique, l&rsquo;oc\u00e9an Atlantique gagne du terrain, emportant tout sur son passage.<\/p>\n<p class=\"lead \">Le littoral d&rsquo;Ayetoro a recul\u00e9 en moyenne de 15,6 m\u00e8tres par an entre 1987 et 2022, selon une \u00e9tude de l&rsquo;urbaniste nig\u00e9rian Barnabas Ogirima James.<\/p>\n<p class=\"lead \">Les travaux d&rsquo;une \u00e9quipe de chercheurs publi\u00e9s dans la revue Scientific Reports en 2024 indiquent que le rythme actuel de l&rsquo;\u00e9l\u00e9vation du niveau de la mer le long des c\u00f4tes du golfe de Guin\u00e9e est d&rsquo;environ 3,89 millim\u00e8tres par an, soit environ 10,5% de plus que la moyenne mondiale.<\/p>\n<p class=\"lead \">\u00ab\u00a0J&rsquo;ai pris cette photo il y a 14 ans. Aujourd&rsquo;hui, si vous vous placez \u00e0 l&rsquo;endroit m\u00eame o\u00f9 je me tenais, vous verrez qu&rsquo;il n&rsquo;y a plus de b\u00e2timents\u00a0\u00bb, explique \u00e0 l&rsquo;AFP Oluwambe Ojagbohunmi, roi traditionnel d&rsquo;Ayetoro, au pied de son palais, dont le rez-de-chauss\u00e9e est en grande partie inond\u00e9.<\/p>\n<p class=\"lead \">Derri\u00e8re lui, les fondations d&rsquo;un pyl\u00f4ne de t\u00e9l\u00e9communications piquet\u00e9 d&rsquo;antennes paraboliques baignent dans l&rsquo;eau. Sur les anciens clich\u00e9s brandis par les habitants, celui-ci se trouvait sur la terre ferme, devant plusieurs maisons d\u00e9sormais englouties.<\/p>\n<p class=\"lead \">\u00ab\u00a0Mon palais comptait autrefois 100 pi\u00e8ces. Il n&rsquo;en reste qu&rsquo;une douzaine environ\u00a0\u00bb, indique le roi. \u00ab\u00a0C&rsquo;est notre terre, ici. O\u00f9 pouvons-nous aller ? C&rsquo;est compliqu\u00e9\u00a0\u00bb, soupire-t-il.<\/p>\n<p class=\"lead \">&#8211; Familles d\u00e9plac\u00e9es &#8211;<\/p>\n<p class=\"lead \">En avril, une temp\u00eate a fait monter les eaux, emp\u00eachant les occupants du palais de sortir pendant une semaine enti\u00e8re, selon M. Ojagbohunmi et des habitants.<\/p>\n<p class=\"lead \">Surnomm\u00e9e \u00ab\u00a0The Happy Place\u00a0\u00bb, Ayetoro, qui compte environ 10.000 habitants selon le roi, a \u00e9t\u00e9 fond\u00e9e en 1947 par un groupe de chr\u00e9tiens souhaitant cr\u00e9er une soci\u00e9t\u00e9 avec une mise en commun des biens inspir\u00e9e du communisme.<\/p>\n<p class=\"lead \">\u00ab\u00a0Je suis devenu un r\u00e9fugi\u00e9 dans ma propre communaut\u00e9 depuis que j&rsquo;ai perdu la maison de mon p\u00e8re en 2019, envahie et d\u00e9truite par l&rsquo;oc\u00e9an. J&rsquo;ai pu sauver uniquement mon dipl\u00f4me universitaire\u00a0\u00bb, confie Akingboye Thompson, assistant personnel du roi et p\u00eacheur.<\/p>\n<p class=\"lead \">\u00ab\u00a0Certaines familles ont d\u00fb changer de maison trois fois ou plus \u00e0 cause de la catastrophe que nous vivons\u00a0\u00bb, se d\u00e9sole-t-il dans une rue jonch\u00e9e de d\u00e9chets en plastique d&rsquo;Ayetoro, aux maisons de bois et de t\u00f4le souvent reli\u00e9es entre elles par des passerelles sur\u00e9lev\u00e9es.<\/p>\n<p class=\"lead \">Le roi et d&rsquo;autres habitants interrog\u00e9s par l&rsquo;AFP affirment ne pas avoir \u00e9t\u00e9 inform\u00e9s de d\u00e9c\u00e8s par noyade jusqu&rsquo;\u00e0 pr\u00e9sent.<\/p>\n<p class=\"lead \">Pourtant, pour Joke Edawole, 33 ans, vendeuse de poisson, la mont\u00e9e des eaux a eu des cons\u00e9quences dramatiques: \u00ab\u00a0Cet oc\u00e9an m&rsquo;a tellement pris, il a tu\u00e9 mon p\u00e8re\u00a0\u00bb, raconte-t-elle \u00e0 l&rsquo;AFP, pr\u00e9cisant que ce dernier est mort peu de temps apr\u00e8s avoir \u00e9t\u00e9 retrouv\u00e9 inconscient dans l&rsquo;eau.<\/p>\n<p class=\"lead \">Selon Oluwasegun Babatunde Esan, chercheur en architecture du paysage \u00e0 l&rsquo;Universit\u00e9 de Lagos (Nigeria) et collaborateur de l&rsquo;universit\u00e9 am\u00e9ricaine de Harvard, l&rsquo;\u00e9rosion sur les 850 kilom\u00e8tres de littoral nig\u00e9rian risque de se poursuivre si la pression fonci\u00e8re et les activit\u00e9s polluantes ne sont pas davantage r\u00e9glement\u00e9es.<\/p>\n<p class=\"lead \">\u00ab\u00a0Il existe une demande croissante de terrains, que ce soit pour construire des logements ou pour des activit\u00e9s industrielles\u00a0\u00bb, explique-t-il.<\/p>\n<p class=\"lead \">M. Esan recommande \u00e9galement le d\u00e9veloppement de barri\u00e8res naturelles, comme les mangroves et les cocotiers, pour r\u00e9duire l&rsquo;\u00e9rosion. <\/p>\n<p class=\"lead \">&#8211; Sant\u00e9 et \u00e9ducation fragilis\u00e9es &#8211;<\/p>\n<p class=\"lead \">Ayetoro a re\u00e7u ponctuellement des aides mat\u00e9rielles d&rsquo;agences gouvernementales et d&rsquo;ONG, que ses habitants jugent insuffisantes.<\/p>\n<p class=\"lead \">L&rsquo;unique centre de sant\u00e9 de la communaut\u00e9 n&rsquo;est pas \u00e9pargn\u00e9 par la mont\u00e9e des eaux. <\/p>\n<p class=\"lead \">\u00ab\u00a0Parfois, l&rsquo;eau atteint le niveau des fen\u00eatres et nous devons continuer \u00e0 travailler. Nous devons aider les femmes \u00e0 accoucher dans ces conditions. Nous n&rsquo;avons pas le choix\u00a0\u00bb, d\u00e9crit Omomiye Oluwaseum, 26 ans, une soignante.<\/p>\n<p class=\"lead \">Et plus les inondations sont fr\u00e9quentes, plus le nombre de patients pris en charge par le centre augmente.<\/p>\n<p class=\"lead \">\u00ab\u00a0Les gens souffrent d&rsquo;hypertension art\u00e9rielle et de toutes sortes de maladies, de typho\u00efde, de diarrh\u00e9e, \u00e0 cause de l&rsquo;eau qu&rsquo;ils utilisent\u00a0\u00bb, d\u00e9taille-t-elle.<\/p>\n<p class=\"lead \">Selon Sunday Akinjoye, 45 ans, enseignant, l&rsquo;\u00e9rosion c\u00f4ti\u00e8re a aussi un impact cons\u00e9quent sur la scolarit\u00e9 des enfants.<\/p>\n<p class=\"lead \">\u00ab\u00a0Les \u00e9coles ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9plac\u00e9es plusieurs fois, tout comme leurs maisons. Psychologiquement, cela les affecte. Leur capacit\u00e9 de concentration pendant les heures de classe diminue consid\u00e9rablement\u00a0\u00bb, d\u00e9plore-t-il.<\/p>\n<p class=\"lead \">Ainsi s&rsquo;assombrit simultan\u00e9ment l&rsquo;avenir de plusieurs g\u00e9n\u00e9rations, \u00e0 mesure que l&rsquo;Atlantique gagne du terrain.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"\u00ab\u00a0Nous marchons sur les maisons des gens\u00a0\u00bb, lance Akingboye Thompson, 35 ans, en avan\u00e7ant sur une \u00e9troite bande&hellip;\n","protected":false},"author":2,"featured_media":184047,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":"","_share_on_mastodon":"0"},"categories":[176],"tags":[55881,1348,13,192,20627],"class_list":["post-184046","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","category-nigeria","tag-rosion","tag-climat","tag-environnement","tag-nigeria","tag-pauvret"],"share_on_mastodon":{"url":"https:\/\/pubeurope.com\/@afrique\/117109504257962988","error":""},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/184046","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=184046"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/184046\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/media\/184047"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=184046"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=184046"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=184046"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}