{"id":184403,"date":"2026-08-17T15:26:09","date_gmt":"2026-08-17T15:26:09","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/184403\/"},"modified":"2026-08-17T15:26:09","modified_gmt":"2026-08-17T15:26:09","slug":"maghreb-une-profonde-transition-demographique-en-marche","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/184403\/","title":{"rendered":"Maghreb : Une \u201cprofonde\u201d transition d\u00e9mographique en marche"},"content":{"rendered":"<p>Qu\u2019il s\u2019agisse de contraintes \u00e9conomiques ou changements soci\u00e9taux, le Maroc, l\u2019Alg\u00e9rie et Tunisie connaissent une baisse historique de la f\u00e9condit\u00e9. Le ph\u00e9nom\u00e8ne avance en marche rapide.<\/p>\n<p>Les trois pays du Maghreb suivent \u00abquasiment la m\u00eame tendance\u00bb et \u00absont engag\u00e9s dans une transition d\u00e9mographique profonde\u00bb, affirme le d\u00e9mographe tunisien Mohamed Ali Ben Zina. Extr\u00eamement rapide, cette chute des naissances semble \u00abdurablement\u00bb install\u00e9e, expliquait fin mai une \u00e9tude de l\u2019Institut fran\u00e7ais d\u2019\u00e9tudes d\u00e9mographiques (INED). La baisse rappelle une tendance observ\u00e9e dans de nombreuses r\u00e9gions du monde et vient battre en br\u00e8che le clich\u00e9 d\u2019un Maghreb caract\u00e9ris\u00e9 par des familles syst\u00e9matiquement nombreuses.<\/p>\n<p>Selon les experts interrog\u00e9s par l\u2019AFP, cette baisse s\u2019explique par une combinaison de facteurs: allongement des \u00e9tudes, mariage plus tardif, hausse des divorces, aspirations professionnelles croissantes des femmes, report de la maternit\u00e9 et contraintes \u00e9conomiques. \u00c0 Tunis, Nadia Jaouadi, 42 ans, dit ne pas regretter le choix que son mari et elle ont fait, il y a une d\u00e9cennie, de ne pas avoir d\u2019enfant. \u00abRien n\u2019encourage \u00e0 avoir ne serait-ce qu\u2019un seul enfant\u00bb, dit cette fonctionnaire, en r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 un contexte morose en Tunisie. Depuis les ann\u00e9es 1970, la f\u00e9condit\u00e9 a \u00e9t\u00e9 divis\u00e9e par plus de deux dans les trois pays.<\/p>\n<p>Mutations sociales<br \/>La Tunisie enregistre aujourd\u2019hui la f\u00e9condit\u00e9 la plus faible du Maghreb : l\u2019indice est pass\u00e9 \u00e0 1,58 enfant par femme en 2023 et serait tomb\u00e9 \u00e0 1,53 en 2024, contre 1,97 au Maroc et 2,61 en Alg\u00e9rie. Selon le d\u00e9mographe tunisien Hassen Kassar, la situation en Tunisie s\u2019explique avant tout par de profondes mutations sociales, notamment la modernisation de la famille et l\u2019urbanisation, qui ont progressivement r\u00e9duit la taille des familles.<\/p>\n<p>\u00c0 Alger, Sa\u00efd, 66 ans, ancien cadre dans la finance aujourd\u2019hui retrait\u00e9, raconte avoir grandi dans une fratrie de 10 enfants.<\/p>\n<p>\u00abMon p\u00e8re peinait \u00e0 subvenir aux besoins de toute la famille\u00bb, dit-il. Alors \u00abj\u2019ai d\u00e9cid\u00e9 de ne pas d\u00e9passer deux enfants. L\u2019essentiel est qu\u2019ils mangent \u00e0 leur faim, s\u2019habillent correctement et vivent dans de bonnes conditions\u00bb, affirme-t-il. Chaimae Drioui, professeure-chercheuse \u00e0 l\u2019Institut national de statistique et d\u2019\u00e9conomie appliqu\u00e9e au Maroc, explique que la baisse de la f\u00e9condit\u00e9 peut \u00eatre comprise comme \u00abune d\u00e9cision rationnelle des familles face \u00e0 un nouveau contexte \u00e9conomique et social\u00bb.<\/p>\n<p>Dans la culture populaire, avoir des enfants a longtemps \u00e9t\u00e9 per\u00e7u comme un investissement pour l\u2019avenir, afin de soutenir la famille, surtout dans les milieux modestes. \u00abCette logique s\u2019est invers\u00e9e: l\u2019enfant co\u00fbte aujourd\u2019hui plus qu\u2019il ne rapporte sur le plan \u00e9conomique imm\u00e9diat\u00bb, souligne la chercheuse. Les difficult\u00e9s \u00e9conomiques n\u2019expliquent toutefois pas tout. Dans des soci\u00e9t\u00e9s qui \u00e9voluent, la charge mentale li\u00e9e \u00e0 la parentalit\u00e9 p\u00e8se aussi. \u00abApr\u00e8s l\u2019accouchement, je me suis rendu compte \u00e0 quel point la maternit\u00e9 \u00e9tait un challenge pour ma sant\u00e9 mentale et physique\u00bb, dit Zina, Alg\u00e9rienne de 42 ans qui a eu sa fille \u00e0 38 ans et s\u2019arr\u00eatera l\u00e0. \u00c0 Rabat, Kaouthar, 38 ans, cadre dans le secteur public, a tranch\u00e9: elle ne veut pas d\u2019enfants. \u00abJ\u2019ai choisi de mener une vie paisible loin de l\u2019inqui\u00e9tude et du stress inh\u00e9rents \u00e0 l\u2019\u00e9ducation d\u2019un enfant\u00bb, dit-elle. Selon Chaimae Drioui, l\u2019\u00e9ducation et l\u2019autonomisation des femmes ont profond\u00e9ment modifi\u00e9 les mod\u00e8les familiaux.<\/p>\n<p>Main-d\u2019oeuvre \u00e9trang\u00e8re<br \/>Le Maghreb conna\u00eet par cons\u00e9quent un vieillissement d\u00e9mographique. En Tunisie, les personnes \u00e2g\u00e9es repr\u00e9sentent d\u00e9sormais 17% de la population, soit pr\u00e8s de deux millions d\u2019habitants (sur 12 millions), contre seulement 253.000 en 1966. Le ph\u00e9nom\u00e8ne est plus mod\u00e9r\u00e9 en Alg\u00e9rie et au Maroc, o\u00f9 les personnes \u00e2g\u00e9es de 60 ans et plus repr\u00e9sentaient respectivement 10,5% de la population en 2023 et 13,8% en 2024. Mais, selon l\u2019INED, cette tendance s\u2019amplifiera dans les ann\u00e9es \u00e0 venir sous l\u2019effet m\u00e9canique de la baisse de la natalit\u00e9. Une telle \u00e9volution pourrait fragiliser l\u2019\u00e9quilibre d\u00e9mographique et accentuer la pression sur les syst\u00e8mes de retraite. L\u2019INED souligne qu\u2019\u00e0 terme, si les d\u00e9c\u00e8s venaient \u00e0 d\u00e9passer les naissances, seule l\u2019immigration pourrait soutenir la croissance d\u00e9mographique. Une perspective qui se heurte aux tensions que suscite la question dans plusieurs pays du Maghreb. \u00c0 mesure que les populations actives se r\u00e9duisent, la question du recours \u00e0 une main-d\u2019oeuvre \u00e9trang\u00e8re pourrait progressivement se poser dans plusieurs pays de la r\u00e9gion. Pour Hassen Kassar, une hypoth\u00e8se se dessine d\u00e9j\u00e0: \u00abNous aurons besoin de migrants subsahariens\u00bb.<\/p>\n<p>S.N. avec agences<\/p>\n<p>                  L&rsquo;\u00e9mission<\/p>\n<p class=\"ytsponso-v46-intro-desc\">Chaque semaine, un grand invit\u00e9 d\u00e9crypte les enjeux de l&rsquo;\u00e9conomie marocaine.<\/p>\n<p><\/p>\n<p>&#13;<\/p>\n<p><\/p>\n<p><a dir=\"LTR\" class=\"alert-main\" href=\"https:\/\/leseco.ma\/maroc\/etudes-a-letranger-transferts-loyers-frais-de-sejour-les-nouvelles-regles-a-connaitre.html\" target=\"_blank\" rel=\"nofollow noopener\">&#13;<br \/>\n    &#13;<br \/>\n        &#13;<br \/>\n        &#13;<br \/>\n        &#13;<br \/>\n<\/a><\/p>\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"Qu\u2019il s\u2019agisse de contraintes \u00e9conomiques ou changements soci\u00e9taux, le Maroc, l\u2019Alg\u00e9rie et Tunisie connaissent une baisse historique de&hellip;\n","protected":false},"author":2,"featured_media":184404,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":"","_share_on_mastodon":"0"},"categories":[120],"tags":[31343,350,124,45177],"class_list":["post-184403","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","category-tunisie","tag-fecondite","tag-demographie","tag-tunisie","tag-vieillissement-de-la-population"],"share_on_mastodon":{"url":"https:\/\/pubeurope.com\/@afrique\/117111552989064417","error":""},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/184403","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=184403"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/184403\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/media\/184404"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=184403"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=184403"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=184403"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}