{"id":185817,"date":"2026-08-19T07:31:18","date_gmt":"2026-08-19T07:31:18","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/185817\/"},"modified":"2026-08-19T07:31:18","modified_gmt":"2026-08-19T07:31:18","slug":"mali-algerie-1-3-une-confrontation-couteuse-pour-les-deux-parties","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/185817\/","title":{"rendered":"Mali-Alg\u00e9rie (1\/3). \u00ab\u00a0Une confrontation co\u00fbteuse pour les deux parties\u00a0\u00bb"},"content":{"rendered":"<p>            <a href=\"https:\/\/mondafrique.com\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/frontiere-algerie-Mali.jpg\" data-caption=\"Fronti\u00e8re Alg\u00e9rie-Mali.\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"696\" height=\"358\" class=\"entry-thumb td-modal-image\" src=\"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/frontiere-algerie-Mali-696x358.jpg\"   alt=\"\" title=\"fronti\u00e8re alg\u00e9rie-Mali\"\/><\/a>Fronti\u00e8re Alg\u00e9rie-Mali.<\/p>\n<p class=\"wp-block-paragraph\">A l\u2019occasion de la toute r\u00e9conciliation esquiss\u00e9e entre Bamako et Alger, un moment potentiellement d\u00e9cisif pour les d\u00e9veloppements de la grave crise s\u00e9curitaire qui secoue le Sahel central, Mondafrique a interview\u00e9 Michael Ayari, l\u2019un des auteurs d\u2019un<a href=\"https:\/\/www.crisisgroup.org\/fr\/rpt\/middle-east-north-africa\/algeria-mali\/256-algerie-mali-consolider-la-detente\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\"> rapport <\/a>d\u2019International Crisis Group sur les relations entre les deux voisins. Ce rapport analyse la d\u00e9t\u00e9rioration depuis 2023 des relations entre les deux pays \u00e0 la faveur \u00ab\u00a0du tournant souverainiste de Bamako et de son offensive contre les s\u00e9paratistes du nord.\u00a0\u00bb Nous publions en trois parties cette longue interview qui revient sur l\u2019histoire des relations alg\u00e9ro-maliennes dans le chaudron sah\u00e9lien. Ce premier chapitre est consacr\u00e9 aux contours de la normalisation annonc\u00e9e en juillet. <\/p>\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Un entretien avec Nathalie Pr\u00e9vost <\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/michael_bechir_ayari-high-res-1.jpg\"><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" width=\"640\" height=\"680\" src=\"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/michael_bechir_ayari-high-res-1.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-158514\" style=\"width:163px;height:auto\"  \/><\/a>Michael Ayari.<\/p>\n<p>La normalisation \u00ab\u00a0constitue un \u00e9v\u00e9nement important en soi\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Mondafrique\u00a0: Le Mali et l\u2019Alg\u00e9rie viennent de reprendre des relations diplomatiques \u00ab\u00a0normales\u00a0\u00bb apr\u00e8s trois ans de brouille s\u00e9v\u00e8re. Comment interpr\u00e9tez-vous ce rapprochement\u00a0?<\/p>\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Michael Ayari : Je crois qu\u2019il faut d\u2019abord souligner le caract\u00e8re exceptionnel de ce rapprochement. La crise ouverte entre Alger et Bamako depuis fin 2023 a constitu\u00e9 la plus grave d\u00e9gradation des relations bilat\u00e9rales depuis les ind\u00e9pendances. Les deux pays ont rappel\u00e9 leurs ambassadeurs, ferm\u00e9 leurs espaces a\u00e9riens, suspendu plusieurs m\u00e9canismes de coop\u00e9ration et port\u00e9 leurs diff\u00e9rends jusque devant les Nations unies. M\u00eame lors des pr\u00e9c\u00e9dentes r\u00e9bellions touareg des ann\u00e9es 1990, de 2006 ou de 2012, les d\u00e9saccords n\u2019avaient jamais atteint un tel niveau. Le fait que les deux capitales d\u00e9cident aujourd\u2019hui de r\u00e9tablir des relations diplomatiques normales constitue donc un \u00e9v\u00e9nement important en soi.<\/p>\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Pour comprendre ce rapprochement, il faut revenir aux causes de la crise. Depuis le double coup d\u2019\u00c9tat de 2020-2021, les autorit\u00e9s maliennes ont fait du souverainisme le principe central de leur politique. Elles ont progressivement remis en cause toute l\u2019architecture internationale construite apr\u00e8s 2012 en r\u00e9clamant le d\u00e9part de Barkhane et de la Minusma, en d\u00e9non\u00e7ant l\u2019accord d\u2019Alger de 2015 et en rejetant le r\u00f4le traditionnel de m\u00e9diateur jou\u00e9 par l\u2019Alg\u00e9rie. \u00c0 l\u2019inverse, l\u2019Alg\u00e9rie est rest\u00e9e attach\u00e9e \u00e0 une approche reposant sur la m\u00e9diation et le dialogue politique. Pour Alger, la gestion de la question touar\u00e8gue n\u2019est pas seulement un dossier diplomatique ; c\u2019est un instrument de s\u00e9curit\u00e9 nationale. Les autorit\u00e9s alg\u00e9riennes craignent depuis les ann\u00e9es 1960 qu\u2019une d\u00e9stabilisation durable du nord du Mali ne favorise la constitution d\u2019un espace insurrectionnel capable de d\u00e9border vers leur propre sud.<\/p>\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La v\u00e9ritable nouveaut\u00e9 aujourd\u2019hui est que cette confrontation est devenue co\u00fbteuse pour les deux parties. Pour Bamako, la strat\u00e9gie exclusivement militaire a abouti \u00e0 des gains importants, notamment la reprise de Kidal fin 2023, mais elle\u00a0 n\u2019a pas permis de stabiliser durablement le nord. Les attaques coordonn\u00e9es d\u2019avril 2026 ont montr\u00e9 que le conflit entrait, au contraire, dans une nouvelle phase beaucoup plus dangereuse. Pour Alger, la rupture diplomatique a \u00e9galement produit des effets n\u00e9gatifs. Elle a affaibli les m\u00e9canismes de coop\u00e9ration frontali\u00e8re au moment m\u00eame o\u00f9 la menace s\u00e9curitaire augmentait. La fronti\u00e8re alg\u00e9ro-malienne est longue de pr\u00e8s de 1 400 kilom\u00e8tres ; faute de dialogue, chaque incident militaire comporte un risque d\u2019escalade. L\u2019affaire du drone abattu en avril 2025 l\u2019a d\u00e9montr\u00e9.<\/p>\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u00c0 mon sens, c\u2019est donc avant tout cette convergence d\u2019int\u00e9r\u00eats s\u00e9curitaires qui explique la reprise du dialogue. Les deux capitales ont compris que la poursuite de la crise bilat\u00e9rale profitait essentiellement aux acteurs arm\u00e9s pr\u00e9sents dans le nord du Mali.<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/LAlgerie-et-ses-frontieres.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"991\" src=\"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/LAlgerie-et-ses-frontieres.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-158522\" style=\"width:505px;height:auto\"  \/><\/a><\/p>\n<p>La Russie n\u2019est pas \u00ab\u00a0le v\u00e9ritable architecte du rapprochement\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Mondafrique : Doit-on ce tout r\u00e9cent virage diplomatique \u00e0 la pression russe\u00a0?<\/p>\n<p class=\"wp-block-paragraph\">M. A. : Les sources dont nous disposons ne permettent pas d\u2019affirmer que Moscou aurait impos\u00e9 ce rapprochement. La Russie est incontournable, certes, mais nous ne pensons pas qu\u2019elle est le v\u00e9ritable architecte du rapprochement.<\/p>\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Comme je l\u2019ai dit, le facteur d\u00e9cisif me semble \u00eatre l\u2019\u00e9volution du conflit lui-m\u00eame. Aucun acteur n\u2019a v\u00e9ritablement atteint ses objectifs. Le rapprochement actuel traduit moins un changement d\u2019alliance qu\u2019une prise de conscience partag\u00e9e : la poursuite de la confrontation diplomatique devenait contre-productive pour tous.<\/p>\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Mondafrique\u00a0: Cette inflexion annonce-t-elle un tournant dans la gestion de la crise par Bamako, confront\u00e9 \u00e0 des assauts toujours plus s\u00e9v\u00e8res ? Doit-on s\u2019attendre \u00e0 une reprise du dialogue politique malien qui serait parrain\u00e9 par Alger\u00a0?<\/p>\n<p class=\"wp-block-paragraph\">M. A. : Je serais prudent avant de parler de tournant. Ce que nous observons aujourd\u2019hui est d\u2019abord un changement de contexte, pas encore un changement de strat\u00e9gie.<\/p>\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Cela signifie-t-il qu\u2019on va revenir au dialogue ? Je ne m\u2019attends pas \u00e0 un retour pur et simple au processus de 2015. D\u2019abord parce qu\u2019il est politiquement mort aux yeux des autorit\u00e9s maliennes\u00a0 puisque devenu le symbole d\u2019une forme de tutelle internationale. Mais cela ne signifie pas qu\u2019aucune forme de dialogue ne puisse rena\u00eetre. Notre rapport souligne qu\u2019apr\u00e8s la s\u00e9curisation progressive de la fronti\u00e8re, Alger et Bamako devront travailler \u00e0 recr\u00e9er un cadre de r\u00e8glement politique associant l\u2019ensemble des acteurs du conflit. Ce ne sera probablement pas une m\u00e9diation identique \u00e0 celle de 2015. En 2015, l\u2019Alg\u00e9rie apparaissait comme le m\u00e9diateur principal. Aujourd\u2019hui, si un dialogue devait reprendre, il serait sans doute beaucoup plus africain, partag\u00e9 avec d\u2019autres acteurs de la r\u00e9gion et surtout, pr\u00e9sent\u00e9 par Bamako comme un processus d\u00e9cid\u00e9 par les Maliens eux-m\u00eames.<\/p>\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Quel r\u00f4le pour Alger ? L\u00e0 encore, je pense qu\u2019il faut distinguer le souhait d\u2019Alger de ce qui est politiquement possible. La m\u00e9diation alg\u00e9rienne a fini par \u00eatre per\u00e7ue \u00e0 Bamako comme une forme d\u2019ing\u00e9rence. Si l\u2019Alg\u00e9rie veut retrouver une influence, elle devra probablement se faire plus discr\u00e8te.<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/mondafrique.com\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/Touaregs-Algerie-Flickr-Piechris-2007.jpg\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"576\" src=\"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/Touaregs-Algerie-Flickr-Piechris-2007-1024x576.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-158520\" style=\"width:764px;height:auto\"  \/><\/a>Touaregs d\u2019Alg\u00e9rie (Photo Piechris \/ Flickr 2007). <\/p>\n<p>\u00ab\u00a0L\u2019Alg\u00e9rie n\u2019a jamais \u00e9t\u00e9 neutre\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"wp-block-paragraph\" id=\"h-mondafrique-l-algerie-va-t-elle-chercher-a-adopter-une-position-plus-neutre-dans-le-conflit-du-nord-malien\">Mondafrique\u00a0: L\u2019Alg\u00e9rie va-t-elle chercher \u00e0 adopter une position plus \u00ab\u00a0neutre\u00a0\u00bb dans le conflit du nord malien\u00a0?<\/p>\n<p class=\"wp-block-paragraph\">M. A. : Qu\u2019entend-on par \u00ab neutre \u00bb\u00a0? \u00a0L\u2019Alg\u00e9rie n\u2019a jamais \u00e9t\u00e9 neutre au sens o\u00f9 elle serait indiff\u00e9rente au r\u00e9sultat du conflit. Elle a toujours d\u00e9fendu plusieurs lignes rouges constantes\u00a0: pr\u00e9server l\u2019int\u00e9grit\u00e9 territoriale du Mali ; emp\u00eacher la cr\u00e9ation d\u2019un \u00c9tat ind\u00e9pendant au nord ; \u00e9viter la constitution d\u2019un sanctuaire djihadiste aux portes de son territoire ; maintenir une capacit\u00e9 de dialogue avec les diff\u00e9rents acteurs influents du nord.<\/p>\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Ces constantes remontent bien avant la crise actuelle. Elles expliquent la continuit\u00e9 remarquable de la politique alg\u00e9rienne depuis les ann\u00e9es 1990. En revanche, il est possible qu\u2019Alger cherche \u00e0 renouer avec une posture de neutralit\u00e9 plus pragmatique. Continuer \u00e0 parler avec diff\u00e9rents acteurs \u2014 autorit\u00e9s maliennes, notabilit\u00e9s du nord, anciens groupes signataires \u2014mais en veillant \u00e0 ne pas appara\u00eetre comme soutenant l\u2019un contre l\u2019autre. Cette \u00e9volution serait d\u2019ailleurs logique apr\u00e8s les accusations extr\u00eamement fortes formul\u00e9es par Bamako ces derni\u00e8res temps.<\/p>\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Il y a un autre facteur d\u2019\u00e9volution\u00a0: la crise actuelle ne peut sans doute plus \u00eatre r\u00e9solue uniquement par des arrangements entre Bamako et les anciens groupes signataires de l\u2019accord d\u2019Alger. Car depuis dix ans, le paysage arm\u00e9 a profond\u00e9ment chang\u00e9. Le FLA n\u2019est plus la CMA de 2015. Le JNIM, qui n\u2019\u00e9tait pas \u00e0 la table des accords d\u2019Alger, est beaucoup plus puissant qu\u2019hier. Les \u00e9quilibres communautaires ont \u00e9volu\u00e9. Les partenaires ext\u00e9rieurs sont beaucoup plus nombreux. En cons\u00e9quence, un nouveau dialogue devra tenir compte d\u2019une r\u00e9alit\u00e9 beaucoup plus complexe que celle de 2015. Le conflit s\u2019est recompos\u00e9 et l\u2019alliance tactique entre le FLA et le JNIM brouille d\u00e9sormais les fronti\u00e8res entre insurrection s\u00e9paratiste et insurrection djihadiste, ce qui rend toute solution politique plus difficile mais aussi plus n\u00e9cessaire.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0L\u2019enjeu premier pour Alger, c\u2019est sa s\u00e9curit\u00e9\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Mondafrique\u00a0: Quel est l\u2019enjeu de la crise malienne pour Alger\u00a0? Risque de contagion d\u2019un \u00ab\u00a0s\u00e9paratisme touareg\u00a0\u00bb, du djihadisme h\u00e9rit\u00e9 du GSPC (Groupe salafiste pour la pr\u00e9dication et le combat) ou, plus simplement, volont\u00e9 d\u2019\u00eatre reconnu \u00e0 une place \u00e9minente dans son arri\u00e8re-cour de l\u2019Azawad\u00a0?<\/p>\n<p class=\"wp-block-paragraph\">M.A.: Je dirais que ces trois dimensions existent, mais qu\u2019elles ne sont pas au m\u00eame niveau. L\u2019enjeu premier pour Alger n\u2019est ni le prestige diplomatique ni la comp\u00e9tition d\u2019influence. C\u2019est d\u2019abord sa propre s\u00e9curit\u00e9. L\u2019Alg\u00e9rie partage pr\u00e8s de 1 400 kilom\u00e8tres de fronti\u00e8re avec le Mali, au c\u0153ur d\u2019un espace d\u00e9sertique tr\u00e8s difficile \u00e0 contr\u00f4ler, qui est historiquement parcouru par des populations touareg et maures dont les liens familiaux, \u00e9conomiques et culturels pr\u00e9c\u00e8dent largement la cr\u00e9ation des \u00c9tats contemporains. Ce qui se passe dans le nord du Mali ne reste donc jamais totalement au Mali. <\/p>\n<p class=\"wp-block-paragraph\">L\u2019Alg\u00e9rie ne craint pas tellement qu\u2019un \u00ab Azawad ind\u00e9pendant \u00bb vienne revendiquer directement une partie de son territoire\u00a0: les mouvements touareg maliens ont toujours inscrit leurs revendications dans le cadre du nord du Mali. Ce que redoute Alger est plut\u00f4t la constitution d\u2019une dynamique politique transfrontali\u00e8re reliant les Touareg du Mali, du Niger, de Libye et d\u2019Alg\u00e9rie autour d\u2019une m\u00eame revendication identitaire. Cette crainte est atavique et remonte aux ind\u00e9pendances. Elle explique pourquoi l\u2019Alg\u00e9rie a soutenu Bamako en 1963 avant de privil\u00e9gier, \u00e0 partir des ann\u00e9es 1990, une m\u00e9diation destin\u00e9e \u00e0 canaliser les revendications touar\u00e8gues vers davantage d\u2019autonomie plut\u00f4t que vers l\u2019ind\u00e9pendance. Autrement dit, contrairement \u00e0 une id\u00e9e r\u00e9pandue, Alger n\u2019a jamais soutenu le projet ind\u00e9pendantiste de l\u2019Azawad. Au contraire, sa ligne constante consiste \u00e0 pr\u00e9server l\u2019int\u00e9grit\u00e9 territoriale du Mali.<\/p>\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Il y a \u00e9galement la menace djihadiste, devenue encore plus importante que la question s\u00e9paratiste. Il ne faut pas oublier que l\u2019Alg\u00e9rie a v\u00e9cu une guerre civile extr\u00eamement meurtri\u00e8re dans les ann\u00e9es 1990.<\/p>\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Lorsque l\u2019arm\u00e9e alg\u00e9rienne a progressivement repris le dessus sur les groupes islamistes, une partie de leurs combattants s\u2019est d\u00e9plac\u00e9e vers le sud, dans les espaces saharo-sah\u00e9liens. C\u2019est notamment le cas du GSPC, qui s\u2019est ensuite transform\u00e9 en AQMI. Dans la perception alg\u00e9rienne, la stabilit\u00e9 du nord du Mali constitue une forme de profondeur strat\u00e9gique. Chaque d\u00e9gradation de la situation s\u00e9curitaire au Mali est per\u00e7ue \u00e0 Alger comme une menace potentielle pour son propre sud. D\u2019ailleurs, plusieurs \u00e9pisodes ont profond\u00e9ment marqu\u00e9 les responsables alg\u00e9riens. Je pense notamment \u00e0 la prise d\u2019otages du consulat de Gao en 2012 puis surtout \u00e0 l\u2019attaque d\u2019In Amenas en janvier 2013. Les assaillants provenaient directement de la zone sah\u00e9lienne.<\/p>\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Il existe ensuite une dimension diplomatique. L\u2019Alg\u00e9rie consid\u00e8re historiquement que le Sahel fait partie de son environnement strat\u00e9gique imm\u00e9diat, mieux, de son espace vital.\u00a0 Elle a b\u00e2ti une partie de sa politique \u00e9trang\u00e8re autour de la m\u00e9diation r\u00e9gionale. Ce r\u00f4le lui permet \u00e0 la fois d\u2019assurer sa s\u00e9curit\u00e9, de limiter l\u2019intervention d\u2019acteurs ext\u00e9rieurs et d\u2019affirmer son statut de puissance r\u00e9gionale.<\/p>\n<p>Une capacit\u00e9 d\u2019influence \u00ab\u00a0\u00e9rod\u00e9e\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Mondafrique\u00a0: Les rivalit\u00e9s ext\u00e9rieures compliquent-elles la situation\u00a0?<\/p>\n<p class=\"wp-block-paragraph\">M. A. : Ce qui a profond\u00e9ment chang\u00e9 depuis quelques ann\u00e9es, c\u2019est que cet espace n\u2019est plus structur\u00e9 uniquement par les relations entre Alger et Bamako. Le nord du Mali est d\u00e9sormais devenu une ar\u00e8ne o\u00f9 interviennent de nombreux acteurs ext\u00e9rieurs, y compris les Occidentaux qui tentent de reprendre pied. La Russie est le principal partenaire s\u00e9curitaire du Mali. La Turquie fournit une partie importante des \u00e9quipements militaires. Le Maroc d\u00e9veloppe rapidement son influence diplomatique et \u00e9conomique aupr\u00e8s des pays de l\u2019AES. Les \u00c9mirats arabes unis sont \u00e9galement de plus en plus pr\u00e9sents.<\/p>\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Du point de vue alg\u00e9rien, cette multiplication des acteurs r\u00e9duit m\u00e9caniquement sa capacit\u00e9 d\u2019influence. Je pense que c\u2019est aussi ce qui explique la volont\u00e9 actuelle d\u2019Alger de renouer le dialogue avec Bamako pour ne pas se faire \u00ab\u00a0doubler\u00a0\u00bb par d\u2019autres.<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/mondafrique.com\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/Abdelmadjid-Tebboune-a-gauche-en-visite-dEtat-en-Russie-en-juin-2023-Photo-Sputnik.webp\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"699\" src=\"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/Abdelmadjid-Tebboune-a-gauche-en-visite-dEtat-en-Russie-en-juin-2023-Photo-Sputnik-1024x699.webp\" alt=\"\" class=\"wp-image-158525\" style=\"width:504px;height:auto\"  \/><\/a>Abdelmadjid Tebboune, \u00e0 gauche, en visite d\u2019\u00c9tat en Russie, juin 2023 (Photo Sputnik). <\/p>\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Mondafrique\u00a0: Comment analysez-vous la relation alg\u00e9ro-russe \u00e0 la lumi\u00e8re des \u00e9v\u00e9nements du Mali qui ont plac\u00e9 les deux alli\u00e9s historiques \u00e0 front renvers\u00e9\u00a0?<\/p>\n<p class=\"wp-block-paragraph\">M. A. : Le Mali est probablement le premier dossier africain o\u00f9 les int\u00e9r\u00eats alg\u00e9riens et russes se sont retrouv\u00e9s aussi ouvertement en tension. Pendant longtemps, la relation entre Alger et Moscou reposait sur une convergence relativement simple\u00a0: l\u2019Alg\u00e9rie est l\u2019un des plus anciens partenaires en Afrique de la Russie \u2013 auparavant de l\u2019Union sovi\u00e9tique. Les liens et les coop\u00e9rations militaires sont anciens et importants, les deux pays d\u00e9fendent une conception assez proche de la souverainet\u00e9 des \u00c9tats et se montrent g\u00e9n\u00e9ralement m\u00e9fiants vis-\u00e0-vis des interventions occidentales.<\/p>\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Mais le Mali a introduit une nouveaut\u00e9. Depuis 2021, la Russie est devenue le principal partenaire s\u00e9curitaire de Bamako. Son soutien militaire s\u2019est traduit par le d\u00e9ploiement de Wagner, puis de l\u2019Africa Corps, et par un accompagnement tr\u00e8s \u00e9troit de l\u2019offensive lanc\u00e9e contre les groupes arm\u00e9s du nord. Cette strat\u00e9gie est essentiellement fond\u00e9e sur la restauration de l\u2019autorit\u00e9 de l\u2019\u00c9tat par la force.<\/p>\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Or c\u2019est pr\u00e9cis\u00e9ment l\u00e0 que les approches divergent. La Russie raisonne avant tout en termes de contre-insurrection. Son objectif est de permettre \u00e0 l\u2019\u00c9tat malien de reprendre le contr\u00f4le de son territoire. L\u2019Alg\u00e9rie partage cet objectif mais pas la conviction qui repose sur la seule r\u00e9ponse militaire. Depuis plus de trente ans, Alger d\u00e9fend une approche reposant sur un \u00e9quilibre entre pression militaire et n\u00e9gociation politique. C\u2019est cette logique qui sous-tend les diff\u00e9rentes m\u00e9diations alg\u00e9riennes, depuis Tamanrasset jusqu\u2019\u00e0 l\u2019accord de 2015. Autrement dit, les deux pays poursuivent un m\u00eame objectif mais ils ne proposent plus la m\u00eame m\u00e9thode.<\/p>\n<p>La Russie, \u00ab\u00a0principal alli\u00e9 militaire de l\u2019Alg\u00e9rie\u00ab\u00a0<\/p>\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le paradoxe est que la Russie est aujourd\u2019hui le principal alli\u00e9 militaire d\u2019un gouvernement qui a pr\u00e9cis\u00e9ment d\u00e9nonc\u00e9 le principal h\u00e9ritage diplomatique de l\u2019Alg\u00e9rie, \u00e0 savoir l\u2019accord d\u2019Alger. Pendant plusieurs ann\u00e9es, Moscou a donc accompagn\u00e9 une strat\u00e9gie qui allait objectivement \u00e0 l\u2019encontre de l\u2019approche d\u00e9fendue par Alger. Aux yeux de l\u2019Alg\u00e9rie, l\u2019implication russe, comme celle de la Turquie, a contribu\u00e9 \u00e0 prolonger une r\u00e9ponse essentiellement militaire.<\/p>\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Cela signifie-t-il une crise entre Alger et Moscou ? Je ne le crois pas. L\u2019Alg\u00e9rie n\u2019a jamais cherch\u00e9 \u00e0 transformer ce d\u00e9saccord en affrontement diplomatique avec la Russie. Au contraire, Alger consid\u00e8re la Russie comme une partie de la solution autant qu\u2019une partie du probl\u00e8me. Je pense que cela traduit une caract\u00e9ristique constante de la diplomatie alg\u00e9rienne : pr\u00e9server son autonomie. L\u2019Alg\u00e9rie ne souhaite pas avoir \u00e0 choisir entre son partenariat strat\u00e9gique avec la Russie et sa propre lecture du dossier malien.<\/p>\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Cela ne signifie pas qu\u2019il n\u2019existe aucune tension. D\u2019abord, Alger s\u2019inqui\u00e8te des op\u00e9rations conduites par Wagner puis par l\u2019Africa Corps pr\u00e8s de sa fronti\u00e8re. Les autorit\u00e9s alg\u00e9riennes craignent que cette militarisation du nord du Mali n\u2019augmente le risque d\u2019incidents transfrontaliers. Ensuite, plusieurs interlocuteurs alg\u00e9riens interrog\u00e9s pendant la pr\u00e9paration du rapport estiment que les exactions attribu\u00e9es aux partenaires russes alimentent les dynamiques de radicalisation. Enfin, certains responsables alg\u00e9riens craignent qu\u2019une victoire exclusivement militaire ne laisse irr\u00e9solues les causes politiques du conflit et ne conduise \u00e0 une nouvelle r\u00e9bellion dans l\u2019avenir.<\/p>\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Pourquoi la Russie accepte-t-elle finalement la d\u00e9tente ? Je pense que les int\u00e9r\u00eats russes ont eux aussi \u00e9volu\u00e9. Pour Moscou, une crise ouverte entre Alger et Bamako n\u2019\u00e9tait pas souhaitable. La Russie entretient des relations strat\u00e9giques avec les deux pays. Une confrontation durable entre ses deux principaux partenaires nord-africain et sah\u00e9lien compliquait sa propre politique r\u00e9gionale. C\u2019est pourquoi il est plausible que Moscou ait encourag\u00e9 la normalisation. Mais je serais prudent avant de parler d\u2019une pression russe. Les documents montrent surtout que le rapprochement r\u00e9pond d\u2019abord aux int\u00e9r\u00eats convergents de Bamako et d\u2019Alger.<\/p>\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Je dirais finalement que le Mali r\u00e9v\u00e8le une \u00e9volution plus g\u00e9n\u00e9rale. Pendant longtemps, la relation alg\u00e9ro-russe reposait essentiellement sur des convergences g\u00e9opolitiques. Aujourd\u2019hui, elle devient une relation entre deux partenaires capables d\u2019avoir des d\u00e9saccords importants tout en continuant \u00e0 coop\u00e9rer. Ce n\u2019est donc pas une rupture. C\u2019est une relation plus complexe. L\u2019Alg\u00e9rie est elle-m\u00eame un \u00c9tat dont la doctrine s\u00e9curitaire est tr\u00e8s robuste et qui a toujours privil\u00e9gi\u00e9 une lutte ferme contre les groupes djihadistes sur son propre territoire. La diff\u00e9rence est ailleurs. L\u2019exp\u00e9rience de la guerre civile des ann\u00e9es 1990 a conduit Alger \u00e0 consid\u00e9rer que la victoire militaire, \u00e0 elle seule, ne produit pas une paix durable. C\u2019est probablement la principale ligne de divergence avec l\u2019approche que la Russie a soutenue au Mali depuis 2021. Cette distinction me para\u00eet plus fid\u00e8le aux sources et plus convaincante analytiquement.<\/p>\n<p>Le Niger \u00ab\u00a0a jou\u00e9 un r\u00f4le important\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Mondafrique \u00a0: Pensez-vous que la bonne relation entretenue par Alger avec Niamey, l\u2019alli\u00e9 de Bamako au sein de l\u2019AES, a pu jouer un r\u00f4le dans le r\u00e9chauffement alg\u00e9ro-malien\u00a0?<\/p>\n<p class=\"wp-block-paragraph\">M. A. : Je pense effectivement que le Niger a probablement jou\u00e9 un r\u00f4le discret mais important dans le r\u00e9chauffement des relations entre Alger et Bamako. D\u2019abord parce que le Niger est aujourd\u2019hui dans une position singuli\u00e8re. C\u2019est \u00e0 la fois un membre fondateur de l\u2019Alliance des \u00c9tats du Sahel avec le Mali et le Burkina Faso, mais aussi le pays de l\u2019AES qui entretient les relations les moins conflictuelles avec l\u2019Alg\u00e9rie.<\/p>\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Contrairement au Mali, Niamey n\u2019a jamais connu de rupture diplomatique comparable avec Alger. Les deux pays partagent une longue fronti\u00e8re, coop\u00e8rent depuis longtemps sur les questions s\u00e9curitaires et migratoires, et leurs int\u00e9r\u00eats convergent largement sur la stabilit\u00e9 du Sahara central. Cette relation est ancienne et d\u00e9passe largement le contexte actuel. Ensuite, le Niger est directement concern\u00e9 par la d\u00e9t\u00e9rioration des relations alg\u00e9ro-maliennes. Une crise durable entre Alger et Bamako fragilise toute la bande sah\u00e9lo-saharienne, complique les \u00e9changes s\u00e9curitaires, favorise les mouvements des groupes arm\u00e9s et augmente les risques d\u2019incidents frontaliers.<\/p>\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Mondafrique : Le 27 juillet, le Pr\u00e9sident alg\u00e9rien Abdelmadjid Tebboune a affirm\u00e9 que la crise entre Alger et Bamako n\u2019\u00e9tait pas due \u00e0 une volont\u00e9 d\u2019ing\u00e9rence de l\u2019Alg\u00e9rie, mais \u00e0 des man\u0153uvres visant \u00e0 \u00e9loigner le Mali de son voisin alg\u00e9rien. Selon lui, \u00ab\u00a0certaines parties ont convaincu les autorit\u00e9s maliennes que la m\u00e9diation d\u2019Alger constituait une ing\u00e9rence dans leurs affaires int\u00e9rieures, avec pour objectif d\u2019isoler Bamako de son environnement r\u00e9gional et de l\u2019exposer davantage \u00e0 des influences ext\u00e9rieures\u00a0\u00bb. Qui vise-t-il ici, selon vous\u00a0? La France\u00a0? Le Maroc\u00a0? Les EAU\u00a0?<\/p>\n<p class=\"wp-block-paragraph\">M.A. : Il faut \u00eatre prudent lorsqu\u2019on cherche \u00e0 identifier les \u00ab parties \u00bb auxquelles le pr\u00e9sident Tebboune faisait r\u00e9f\u00e9rence. Son propos est d\u2019abord politique. Il cherche \u00e0 d\u00e9fendre une id\u00e9e simple : selon lui, la crise entre Alger et Bamako ne r\u00e9sulte pas d\u2019un d\u00e9saccord fondamental entre les deux voisins mais d\u2019une instrumentalisation ext\u00e9rieure. Cette lecture correspond assez bien \u00e0 la perception que l\u2019on retrouve chez plusieurs responsables alg\u00e9riens interrog\u00e9s dans le rapport. S\u2019il fallait identifier l\u2019acteur le plus directement vis\u00e9 \u00e0 partir des \u00e9l\u00e9ments du rapport, je dirais que c\u2019est probablement le Maroc. Le rapport montre, en effet, que les responsables alg\u00e9riens per\u00e7oivent depuis plusieurs ann\u00e9es une mont\u00e9e en puissance de l\u2019influence marocaine au Sahel\u00a0: d\u00e9veloppement des relations politiques entre Rabat et les pays de l\u2019AES ; initiatives \u00e9conomiques marocaines ; initiative d\u2019acc\u00e8s des pays sah\u00e9liens \u00e0 l\u2019Atlantique ; et surtout rapprochement diplomatique entre Bamako et Rabat sur la question du Sahara occidental.<\/p>\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Nous estimons d\u2019ailleurs que certaines d\u00e9clarations maliennes, notamment lorsqu\u2019elles \u00e9voquent le MAK ou reprennent certains arguments habituellement utilis\u00e9s par Rabat contre Alger, ont \u00e9t\u00e9 interpr\u00e9t\u00e9es \u00e0 Alger comme une forme de \u00ab marocanisation \u00bb du discours malien. Cette expression appara\u00eet explicitement dans le rapport.<\/p>\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Les \u00c9mirats constituent un deuxi\u00e8me candidat possible. Notre \u00e9tude consacre un d\u00e9veloppement \u00e0 ce qu\u2019il appelle un possible axe Maroc-\u00c9mirats au Sahel. Les autorit\u00e9s alg\u00e9riennes observent avec attention le d\u00e9veloppement des investissements et de l\u2019influence \u00e9miratie. Mais je serais\u00a0 prudent\u00a0; les \u00c9mirats jouent surtout un r\u00f4le \u00e9conomique et diplomatique. Ils sont moins directement associ\u00e9s, dans les sources, \u00e0 la d\u00e9gradation des relations entre Alger et Bamako que ne l\u2019est le Maroc. Je serais encore plus prudent concernant la France. Il est \u00e9vident que le discours souverainiste malien s\u2019est largement construit contre Paris. Mais justement, la France n\u2019est plus aujourd\u2019hui l\u2019acteur dominant au Mali. Le d\u00e9part de Barkhane puis de la Minusma a profond\u00e9ment r\u00e9duit son influence. Paradoxalement, les int\u00e9r\u00eats fran\u00e7ais et alg\u00e9riens convergent aujourd\u2019hui davantage qu\u2019ils ne s\u2019opposent : tous deux constatent les limites d\u2019une solution exclusivement militaire.<\/p>\n<p class=\"wp-block-paragraph\">En r\u00e9alit\u00e9, le message de Tebboune est large. Il cherche surtout \u00e0 faire passer un message strat\u00e9gique. Il veut dire que le Sahel est devenu un espace de comp\u00e9tition internationale. Dans cette comp\u00e9tition, l\u2019Alg\u00e9rie estime que sa propre influence s\u2019est r\u00e9duite. Lorsqu\u2019il parle \u00ab d\u2019influences ext\u00e9rieures \u00bb, il ne d\u00e9signe probablement pas un seul pays mais une dynamique g\u00e9n\u00e9rale.<\/p>\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u00c0 suivre (2\/3) : Alger et les groupes arm\u00e9s maliens, l\u2019aventure ambigu\u00eb.<\/p>\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Michael Ayari a travaill\u00e9 en tant que chercheur associ\u00e9 pour l\u2019Institut de recherches et d\u2019\u00e9tudes sur les mondes arabes et musulmans (IREMAM). Il est docteur en sciences politiques dipl\u00f4m\u00e9 de l\u2019Institut d\u2019\u00e9tudes politiques d\u2019Aix-en-Provence et il est sp\u00e9cialiste des mouvements politiques au Maghreb. Il est analyste senior d\u2019International Crisis Group pour l\u2019Alg\u00e9rie et la Tunisie.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"Fronti\u00e8re Alg\u00e9rie-Mali. A l\u2019occasion de la toute r\u00e9conciliation esquiss\u00e9e entre Bamako et Alger, un moment potentiellement d\u00e9cisif pour&hellip;\n","protected":false},"author":2,"featured_media":185818,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":"","_share_on_mastodon":"0"},"categories":[85],"tags":[116,453,3747,232],"class_list":["post-185817","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","category-algerie","tag-algerie","tag-france","tag-mali","tag-russie"],"share_on_mastodon":{"url":"https:\/\/pubeurope.com\/@afrique\/117121010523351800","error":""},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/185817","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=185817"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/185817\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/media\/185818"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=185817"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=185817"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=185817"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}