{"id":185821,"date":"2026-08-19T07:33:09","date_gmt":"2026-08-19T07:33:09","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/185821\/"},"modified":"2026-08-19T07:33:09","modified_gmt":"2026-08-19T07:33:09","slug":"ou-sont-passes-les-265-millions-de-dollars-de-transactions-entre-le-maroc-et-israel","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/185821\/","title":{"rendered":"O\u00f9 sont pass\u00e9s les 265 millions de dollars de transactions entre le Maroc et Isra\u00ebl ?"},"content":{"rendered":"<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"696\" height=\"392\" class=\"entry-thumb\" src=\"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/le-maroc-premier-client-africain-disrael-pour-les-armes-696x392.jpg\"   alt=\"Le Maroc et Isra\u00ebl : Mohammed VI et Netanyahu\" title=\"Le Maroc et Isra\u00ebl : Mohammed VI et Netanyahu\"\/>Le Maroc et Isra\u00ebl : Mohammed VI et Netanyahu<\/p>\n<p>Les chiffres officiels du commerce entre le Maroc et Isra\u00ebl font appara\u00eetre une diff\u00e9rence consid\u00e9rable pour l\u2019ann\u00e9e 2025. Alors que Rabat comptabilise pr\u00e8s de 381 millions de dollars d\u2019importations en provenance d\u2019Isra\u00ebl, les statistiques isra\u00e9liennes n\u2019en recensent qu\u2019environ 116 millions. Cet \u00e9cart de 265 millions de dollars ne permet pas, \u00e0 lui seul, de conclure \u00e0 une irr\u00e9gularit\u00e9. Il soul\u00e8ve n\u00e9anmoins une question de transparence, d\u2019autant que l\u2019essentiel du montant marocain est regroup\u00e9 dans une cat\u00e9gorie tr\u00e8s peu d\u00e9taill\u00e9e.<\/p>\n<p>Une simple comparaison des donn\u00e9es disponibles sur UN Comtrade suffit \u00e0 faire appara\u00eetre le probl\u00e8me. Les statistiques d\u00e9clar\u00e9es par le Maroc font \u00e9tat, pour 2025, de 380,75 millions de dollars de marchandises import\u00e9es depuis Isra\u00ebl. En retour, Isra\u00ebl d\u00e9clare 115,75 millions de dollars d\u2019<a href=\"https:\/\/www.afrik.com\/maroc-israel-la-normalisation-voulue-par-mohammed-vi-a-l-epreuve-de-l-opinion-publique\" target=\"_blank\" rel=\"noopener nofollow\">exportations \u00e0 destination du Maroc<\/a>.<\/p>\n<p>Le myst\u00e8re se concentre sur une seule rubrique<\/p>\n<p>La diff\u00e9rence est donc loin d\u2019\u00eatre marginale. Les importations enregistr\u00e9es par Rabat repr\u00e9sentent plus de trois fois la valeur des exportations que Tel-Aviv associe au march\u00e9 marocain. Il ne s\u2019agit pas de donn\u00e9es provenant de deux organismes concurrents : elles sont issues du m\u00eame syst\u00e8me statistique international, mais reposent sur les d\u00e9clarations respectives des deux pays. La ventilation des donn\u00e9es marocaines rend l\u2019\u00e9cart encore plus difficile \u00e0 interpr\u00e9ter.<\/p>\n<p>Une tr\u00e8s large majorit\u00e9 du montant total, soit 332,73 millions de dollars, est rang\u00e9e dans la cat\u00e9gorie des \u00ab articles manufactur\u00e9s divers \u00bb. Cette rubrique repr\u00e9sente \u00e0 elle seule 87,4% des importations marocaines attribu\u00e9es \u00e0 Isra\u00ebl. Les autres postes apparaissent presque anecdotiques en comparaison : machines, produits chimiques, produits chimiques inorganiques ou encore \u00e9quipements optiques et m\u00e9dicaux se chiffrent chacun \u00e0 quelques millions de dollars.<\/p>\n<p>Confidentialit\u00e9 douani\u00e8re : une explication possible<\/p>\n<p>Le probl\u00e8me n\u2019est donc pas seulement celui de la diff\u00e9rence entre les d\u00e9clarations marocaines et isra\u00e9liennes. Il concerne \u00e9galement la capacit\u00e9 \u00e0 savoir ce qui se cache derri\u00e8re les 332,73 millions de dollars comptabilis\u00e9s par Rabat. Les donn\u00e9es ne fournissent pas de ventilation permettant d\u2019identifier pr\u00e9cis\u00e9ment ces marchandises. \u00c0 l\u2019\u00e9chelon inf\u00e9rieur, la base ne fait notamment appara\u00eetre qu\u2019une valeur d\u00e9risoire pour les balais et les brosses, tr\u00e8s loin du montant total de la cat\u00e9gorie.<\/p>\n<p>Les statistiques du commerce international comportent r\u00e9guli\u00e8rement des zones de confidentialit\u00e9. UN Comtrade indique que certains \u00c9tats peuvent limiter le niveau de pr\u00e9cision de leurs d\u00e9clarations lorsque la divulgation d\u2019informations pourrait r\u00e9v\u00e9ler des donn\u00e9es commerciales sensibles. Le Maroc pr\u00e9voit justement des m\u00e9canismes de confidentialit\u00e9 dans ses d\u00e9clarations statistiques. Certaines informations peuvent \u00eatre regroup\u00e9es ou pr\u00e9sent\u00e9es \u00e0 un niveau moins pr\u00e9cis. L\u2019ampleur de la diff\u00e9rence reste suffisamment importante pour justifier des explications suppl\u00e9mentaires.<\/p>\n<p>Une question politique autant que statistique<\/p>\n<p>Pr\u00e8s de 90% du montant marocain est concentr\u00e9 dans une rubrique dont le contenu d\u00e9taill\u00e9 n\u2019est pas accessible. S\u2019agit-il d\u2019<a href=\"https:\/\/www.afrik.com\/l-escalade-militaire-du-maroc-soutenue-par-israel-une-menace-pour-la-stabilite-regionale\" target=\"_blank\" rel=\"noopener nofollow\">armement<\/a> ? Rien n\u2019est moins s\u00fbr. Le sujet prend une dimension particuli\u00e8re en raison de la sensibilit\u00e9 des relations entre Rabat et Isra\u00ebl. Depuis le rapprochement diplomatique des deux pays, les \u00e9changes commerciaux sont r\u00e9guli\u00e8rement scrut\u00e9s. Notamment lorsqu\u2019ils concernent des secteurs strat\u00e9giques. Dans ce contexte, la publication de chiffres aussi divergents sans ventilation suffisamment pr\u00e9cise nourrit in\u00e9vitablement les interrogations. Elle montre en les limites de la transparence actuellement disponible.<\/p>\n<p>La question est donc simple : comment expliquer les 380,75 millions de dollars d\u00e9clar\u00e9s par le Maroc, face aux 115,75 millions annonc\u00e9s par Isra\u00ebl ? Tant que Rabat ne fournira pas davantage de pr\u00e9cisions sur la composition de ses importations, 265 millions de dollars resteront sans correspondance claire dans les statistiques isra\u00e9liennes. Et derri\u00e8re cet \u00e9cart comptable demeure une interrogation : que recouvrent exactement les \u00e9changes commerciaux d\u00e9clar\u00e9s entre le Maroc et Isra\u00ebl ?<\/p>\n<p>Le Maroc, plateforme aux entreprises isra\u00e9liennes pour acc\u00e9der \u00e0 des march\u00e9s d\u2019Afrique<\/p>\n<p>Au-del\u00e0 des chiffres douaniers, les relations entre le Maroc et Isra\u00ebl couvrent plusieurs secteurs. Le commerce civil reste toutefois limit\u00e9 : selon une analyse du<a href=\"https:\/\/dayan.org\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener nofollow\"> Moshe Dayan Center,<\/a> les \u00e9changes de biens civils entre les deux pays repr\u00e9sentaient environ 180 millions de dollars en 2024, soit moins de 0,1% du commerce ext\u00e9rieur de chacun. Les exportations marocaines vers Isra\u00ebl atteignaient, elles, 141,55 millions de dollars cette ann\u00e9e-l\u00e0. Les textiles et v\u00eatements constituaient le premier poste, avec 76 millions de dollars, devant les produits sucr\u00e9s et pr\u00e9parations alimentaires, \u00e9valu\u00e9s \u00e0 34,41 millions de dollars.<\/p>\n<p>L\u2019agriculture, l\u2019eau et les technologies figurent \u00e9galement parmi les domaines identifi\u00e9s pour approfondir la coop\u00e9ration. Le Maroc, confront\u00e9 \u00e0 un stress hydrique grandissant, trouve un int\u00e9r\u00eat dans certaines technologies isra\u00e9liennes li\u00e9es \u00e0 l\u2019irrigation, \u00e0 la gestion de l\u2019eau et \u00e0 l\u2019agriculture de pr\u00e9cision. Le Moshe Dayan Center estime que le Maroc pourrait aussi servir de plateforme aux entreprises isra\u00e9liennes souhaitant acc\u00e9der \u00e0 des march\u00e9s d\u2019Afrique de l\u2019Ouest, d\u2019Afrique du Nord ou d\u2019Europe du Sud-Ouest. L\u2019objectif \u00e9voqu\u00e9 est celui d\u2019un corridor commercial susceptible, \u00e0 terme, de repr\u00e9senter plusieurs milliards de dollars.<\/p>\n<p>La d\u00e9fense, un axe strat\u00e9gique beaucoup plus important<\/p>\n<p>La coop\u00e9ration militaire constitue toutefois l\u2019un des volets les plus significatifs et les plus sensibles du rapprochement. En novembre 2021, Rabat et Tel-Aviv ont sign\u00e9 un accord de coop\u00e9ration dans le domaine de la d\u00e9fense. Depuis, les achats marocains d\u2019armes et d\u2019\u00e9quipements militaires isra\u00e9liens sont estim\u00e9s \u00e0 environ 2 milliards de dollars par l\u2019Institut isra\u00e9lien d\u2019\u00e9tudes de s\u00e9curit\u00e9 nationale (INSS), qui cite \u00e9galement les donn\u00e9es du SIPRI selon lesquelles Isra\u00ebl repr\u00e9senterait environ 24% des importations marocaines\u00a0 d\u2019armement (contre 11% il y a deux ans) devant la France qui repr\u00e9sente 10%. Ces montants relevant de contrats et d\u2019acquisitions militaires dont l\u2019enregistrement statistique peut ob\u00e9ir \u00e0 des modalit\u00e9s diff\u00e9rentes<\/p>\n<p>Le secteur a\u00e9rospatial illustre cette dimension strat\u00e9gique. En juillet 2024, il avait \u00e9t\u00e9 rapport\u00e9 que le Maroc pr\u00e9voyait d\u2019acqu\u00e9rir aupr\u00e8s d\u2019Isra\u00ebl Aerospace Industries deux satellites de reconnaissance Ofek 13. Ce, dans le cadre d\u2019un contrat estim\u00e9 \u00e0 environ 1 milliard de dollars, avec une livraison pr\u00e9vue sur cinq ans. Cette op\u00e9ration s\u2019inscrit dans le prolongement de la coop\u00e9ration de d\u00e9fense engag\u00e9e depuis 2021.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"Le Maroc et Isra\u00ebl : Mohammed VI et Netanyahu Les chiffres officiels du commerce entre le Maroc et&hellip;\n","protected":false},"author":2,"featured_media":185822,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":"","_share_on_mastodon":"0"},"categories":[83],"tags":[578,443,733,86],"class_list":["post-185821","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","category-maroc","tag-commerce","tag-finance","tag-israel","tag-maroc"],"share_on_mastodon":{"url":"https:\/\/pubeurope.com\/@afrique\/117121017883849059","error":""},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/185821","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=185821"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/185821\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/media\/185822"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=185821"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=185821"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=185821"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}