{"id":18692,"date":"2026-02-18T20:52:08","date_gmt":"2026-02-18T20:52:08","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/18692\/"},"modified":"2026-02-18T20:52:08","modified_gmt":"2026-02-18T20:52:08","slug":"gazoduc-transsaharien-lalgerie-et-le-niger-relancent-un-projet-de-corridor-visant-le-marche-europeen","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/18692\/","title":{"rendered":"Gazoduc transsaharien : l\u2019Alg\u00e9rie et le Niger relancent un projet de corridor visant le march\u00e9 europ\u00e9en"},"content":{"rendered":"<p>Apr\u00e8s plusieurs ann\u00e9es d\u2019incertitudes, l\u2019Alg\u00e9rie et le Niger remettent au go\u00fbt du jour l\u2019un des projets \u00e9nerg\u00e9tiques les plus ambitieux d\u2019Afrique : le gazoduc transsaharien. Cette relance se fait sur un fond plus large de rapprochement diplomatique et \u00e9conomique entre les deux pays apr\u00e8s une p\u00e9riode de tensions r\u00e9gionales. Lors de la visite \u00e0 Alger du chef de la junte nig\u00e9rienne, le g\u00e9n\u00e9ral Abdourahmanne Tiani, les 15 et 16 f\u00e9vrier, les parties ont ainsi act\u00e9 un accord sur plusieurs axes de coop\u00e9ration bilat\u00e9rale.<\/p>\n<p>Pr\u00e9vu juste apr\u00e8s le mois de Ramadan (17 f\u00e9vrier au 19 mars approximativement), signe d\u2019une volont\u00e9 d\u2019acc\u00e9l\u00e9ration concr\u00e8te apr\u00e8s une longue attente, le lancement de la construction du tron\u00e7on traversant le Niger annonce un tournant dans le partenariat \u00e9nerg\u00e9tique entre Niamey et Alger.\u00a0Au-del\u00e0 du projet d\u2019infrastructure, les discussions ont aussi port\u00e9 sur le renforcement de la coop\u00e9ration entre entreprises publiques, le transfert de comp\u00e9tences et l\u2019assistance technique.\u00a0<\/p>\n<p>Un m\u00e9gaprojet africain aux ambitions europ\u00e9ennes&#13;\n<\/p>\n<p>Le gazoduc transsaharien, aussi appel\u00e9 TSGP ou NIGAL, vise \u00e0 transporter du gaz naturel du Nigeria jusqu\u2019\u00e0 l\u2019Alg\u00e9rie via le Niger, avant une connexion aux r\u00e9seaux alimentant l\u2019Europe. Long de plus de 4 000 km et d\u2019une capacit\u00e9 pr\u00e9vue d\u2019environ 30 milliards de m\u00b3 par an, ce pipeline est con\u00e7u comme un levier de diversification \u00e9nerg\u00e9tique pour le march\u00e9 europ\u00e9en, dans un contexte de recomposition des approvisionnements gaziers. Le budget du projet est estim\u00e9 \u00e0 13 milliards USD, soit environ 11 milliards d\u2019euros.<\/p>\n<p>Les premiers m\u00e9morandums d\u2019entente datent du d\u00e9but des ann\u00e9es 2000, mais la concr\u00e9tisation a r\u00e9guli\u00e8rement \u00e9t\u00e9 frein\u00e9e par des d\u00e9fis s\u00e9curitaires dans le Sahel, des contraintes financi\u00e8res et des incertitudes g\u00e9opolitiques. La relance de ce projet strat\u00e9gique illustre un retour de volont\u00e9 politique, dans un environnement \u00e9nerg\u00e9tique mondial marqu\u00e9 par une comp\u00e9tition pour les routes d\u2019exportation du gaz africain.<\/p>\n<p>Pour l\u2019Alg\u00e9rie, elle d\u00e9passe le seul volet infrastructurel, s\u2019inscrivant dans une strat\u00e9gie de consolidation de son statut de hub \u00e9nerg\u00e9tique r\u00e9gional et de fournisseur cl\u00e9 pour la s\u00e9curit\u00e9 \u00e9nerg\u00e9tique euro-m\u00e9diterran\u00e9enne. En capitalisant sur ses infrastructures d\u2019exportation d\u00e9j\u00e0 connect\u00e9es \u00e0 l\u2019Europe, notamment via l\u2019Italie et l\u2019Espagne, Alger cherche \u00e0 se positionner comme la porte d\u2019entr\u00e9e la plus directe du gaz nig\u00e9rian vers les march\u00e9s europ\u00e9ens, dans un contexte o\u00f9 l\u2019UE cherche activement \u00e0 diversifier ses sources d\u2019approvisionnement.<\/p>\n<p>Rivalit\u00e9s gazi\u00e8res&#13;\n<\/p>\n<p>Cette relance survient toutefois dans un environnement concurrentiel, avec l\u2019existence d\u2019un projet alternatif port\u00e9 par le Maroc, qui ambitionne lui aussi d\u2019acheminer le gaz nig\u00e9rian vers l\u2019Europe \u00e0 travers un gazoduc offshore de plus de 6 000 kilom\u00e8tres longeant la fa\u00e7ade ouest-africaine. Traversant une douzaine de pays et d\u2019un co\u00fbt estim\u00e9 \u00e0 environ 20 milliards USD (environ 16,9 milliards d\u2019euros), ce corridor vise une capacit\u00e9 annuelle comparable, autour de 30 milliards de m\u00b3, avec un double objectif : alimenter les march\u00e9s ouest-africains en gaz, et, \u00e0 terme, approvisionner l\u2019Europe via le r\u00e9seau marocain.<\/p>\n<p>La cr\u00e9ation d\u2019une soci\u00e9t\u00e9 d\u00e9di\u00e9e et l\u2019int\u00e9r\u00eat manifest\u00e9 par des bailleurs de fonds multilat\u00e9raux, dont la Banque europ\u00e9enne d\u2019investissement (BEI) et la Banque islamique de d\u00e9veloppement (BID), t\u00e9moignent d\u2019une structuration progressive du projet, m\u00eame si celui-ci reste plus co\u00fbteux et techniquement plus complexe.\u00a0Dans ce jeu de rivalit\u00e9s \u00e9conomiques et \u00e9nerg\u00e9tiques, l\u2019avantage comparatif de l\u2019Alg\u00e9rie repose sur l\u2019existence d\u2019un r\u00e9seau gazier d\u00e9j\u00e0 op\u00e9rationnel, reliant ses hubs \u00e0 l\u2019Europe et r\u00e9duisant potentiellement les d\u00e9lais et les co\u00fbts d\u2019acheminement.<\/p>\n<p>Entre souverainet\u00e9 \u00e9nerg\u00e9tique et recompositions g\u00e9opolitiques&#13;\n<\/p>\n<p>Dans cette configuration, le Niger devient un maillon strat\u00e9gique servant de canal terrestre entre le Nigeria, principal d\u00e9tenteur des r\u00e9serves gazi\u00e8res, et l\u2019Alg\u00e9rie, plateforme d\u2019exportation vers le Vieux continent. Pour Niamey, les retomb\u00e9es attendues sont \u00e0 la fois \u00e9conomiques, industrielles et g\u00e9opolitiques. Le projet pourrait favoriser un transfert d\u2019expertise technique, notamment via la coop\u00e9ration avec l\u2019op\u00e9rateur public alg\u00e9rien Sonatrach, tout en rapportant des recettes suppl\u00e9mentaires gr\u00e2ce aux droits de transit, et en offrant des perspectives de valorisation des ressources \u00e9nerg\u00e9tiques nationales. Dans un contexte de reconfiguration \u00e9conomique et de recherche de nouvelles marges de souverainet\u00e9, une telle infrastructure repr\u00e9sente \u00e9galement un levier de positionnement strat\u00e9gique sur l\u2019\u00e9chiquier \u00e9nerg\u00e9tique r\u00e9gional.<\/p>\n<p>Au-del\u00e0 de l\u2019\u00e9conomie, la relance du TSGP entre dans le cadre d\u2019une recomposition g\u00e9opolitique plus large au Sahel et en Afrique de l\u2019Ouest. Elle survient en effet alors que les \u00e9quilibres r\u00e9gionaux \u00e9voluent, entre les dynamiques de l\u2019Alliance des \u00c9tats du Sahel (AES) dont fait partie le Niger, les repositionnements de la CEDEAO \u00e0 laquelle appartient le Nigeria, et les int\u00e9r\u00eats crois\u00e9s de partenaires ext\u00e9rieurs, europ\u00e9ens, russes, ou encore moyen-orientaux. Dans ce contexte, le gazoduc transsaharien redevient un instrument d\u2019influence autant qu\u2019un projet \u00e9nerg\u00e9tique, remettant Alger au c\u0153ur de la comp\u00e9tition pour la diversification des routes d\u2019exportation du gaz africain vers l\u2019Europe.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"Apr\u00e8s plusieurs ann\u00e9es d\u2019incertitudes, l\u2019Alg\u00e9rie et le Niger remettent au go\u00fbt du jour l\u2019un des projets \u00e9nerg\u00e9tiques les&hellip;\n","protected":false},"author":2,"featured_media":18693,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[85],"tags":[58,116,4263,395,8462,1436,59,461,683,96,8630,8629,283],"class_list":{"0":"post-18692","1":"post","2":"type-post","3":"status-publish","4":"format-standard","5":"has-post-thumbnail","7":"category-algerie","8":"tag-58","9":"tag-algerie","10":"tag-corridor","11":"tag-europeen","12":"tag-gazoduc","13":"tag-lalgerie","14":"tag-la-tribune-afrique","15":"tag-marche","16":"tag-niger","17":"tag-projet","18":"tag-relancent","19":"tag-transsaharien","20":"tag-visant"},"share_on_mastodon":{"url":"https:\/\/pubeurope.com\/@afrique\/116093619039131466","error":""},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/18692","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=18692"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/18692\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/media\/18693"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=18692"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=18692"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=18692"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}