{"id":187608,"date":"2026-08-21T08:51:09","date_gmt":"2026-08-21T08:51:09","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/187608\/"},"modified":"2026-08-21T08:51:09","modified_gmt":"2026-08-21T08:51:09","slug":"senegal-40-de-la-population-privee-de-connectivite-numerique-africtelegraph","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/187608\/","title":{"rendered":"S\u00e9n\u00e9gal : 40 % de la population priv\u00e9e de connectivit\u00e9 num\u00e9rique &#8211; Africtelegraph"},"content":{"rendered":"<p>La fracture num\u00e9rique demeure l\u2019un des angles morts les plus embarrassants de la politique publique s\u00e9n\u00e9galaise. Selon les donn\u00e9es relay\u00e9es \u00e0 Dakar, 40 % de la population n\u2019acc\u00e8de toujours pas \u00e0 une connectivit\u00e9 fiable, un chiffre qui contraste avec l\u2019image d\u2019un pays pr\u00e9sent\u00e9 comme un hub technologique en Afrique de l\u2019Ouest. Cette proportion englobe aussi bien les zones rurales enclav\u00e9es que des poches urbaines mal desservies, o\u00f9 la couverture mobile reste erratique et le haut d\u00e9bit fixe quasi inexistant. \u00c0 l\u2019heure o\u00f9 le gouvernement multiplie les annonces autour de la 5G et de la digitalisation des services publics, l\u2019\u00e9cart entre le discours et l\u2019exp\u00e9rience quotidienne des usagers se creuse.<\/p>\n<p>Un maillage in\u00e9gal qui p\u00e9nalise les territoires ruraux<\/p>\n<p>Le d\u00e9ficit de connectivit\u00e9 au S\u00e9n\u00e9gal ne se r\u00e9partit pas de mani\u00e8re homog\u00e8ne. Les r\u00e9gions de K\u00e9dougou, Tambacounda, Matam ou S\u00e9dhiou concentrent l\u2019essentiel des zones blanches, l\u00e0 o\u00f9 la rentabilit\u00e9 commerciale des op\u00e9rateurs reste faible et o\u00f9 les investissements priv\u00e9s peinent \u00e0 suivre. Sonatel, Free et Expresso, les trois op\u00e9rateurs actifs, ont b\u00e2ti leur croissance sur les grands centres urbains, Dakar en t\u00eate, laissant \u00e0 l\u2019\u00c9tat et au Fonds de d\u00e9veloppement du service universel des t\u00e9l\u00e9communications (FDSUT) la charge de couvrir les marges du territoire.<\/p>\n<p>Cette architecture pose un probl\u00e8me structurel. Les m\u00e9canismes de financement du service universel, aliment\u00e9s par une contribution des op\u00e9rateurs, souffrent d\u2019une ex\u00e9cution lente et d\u2019une gouvernance r\u00e9guli\u00e8rement critiqu\u00e9e. R\u00e9sultat : des villages restent hors r\u00e9seau, des \u00e9coles rurales n\u2019acc\u00e8dent pas aux plateformes p\u00e9dagogiques, et les t\u00e9l\u00e9services administratifs se heurtent \u00e0 un mur d\u2019exclusion silencieuse. La fracture num\u00e9rique devient alors une fracture sociale, \u00e9conomique et parfois sanitaire.<\/p>\n<p>Une souverainet\u00e9 num\u00e9rique fragilis\u00e9e par l\u2019exclusion<\/p>\n<p>Le paradoxe est frappant. Dakar h\u00e9berge des c\u00e2bles sous-marins majeurs, dont ACE et SAT-3, et se positionne comme un point d\u2019atterrissage strat\u00e9gique du trafic ouest-africain. Le pays dispose d\u2019un centre national de donn\u00e9es inaugur\u00e9 \u00e0 Diamniadio pour h\u00e9berger les donn\u00e9es publiques et affirmer une forme d\u2019autonomie technologique. Pourtant, cette infrastructure de pointe cohabite avec une r\u00e9alit\u00e9 de terrain o\u00f9 40 % des S\u00e9n\u00e9galais restent en dehors du jeu num\u00e9rique. La souverainet\u00e9 proclam\u00e9e perd de sa substance d\u00e8s lors qu\u2019une partie significative des citoyens ne peut pas en r\u00e9colter les b\u00e9n\u00e9fices concrets.<\/p>\n<p>Pour les acteurs \u00e9conomiques, cette fracture p\u00e8se sur la comp\u00e9titivit\u00e9 globale. Les PME situ\u00e9es en p\u00e9riph\u00e9rie ne peuvent pas basculer vers le commerce en ligne, les producteurs agricoles restent coup\u00e9s des plateformes de prix, et le secteur bancaire peine \u00e0 \u00e9tendre le mobile money au-del\u00e0 des corridors d\u00e9j\u00e0 \u00e9quip\u00e9s. L\u2019Autorit\u00e9 de r\u00e9gulation des t\u00e9l\u00e9communications et des postes (ARTP) a multipli\u00e9 les rapports pointant la n\u00e9cessit\u00e9 d\u2019acc\u00e9l\u00e9rer le d\u00e9ploiement, sans que le rythme observ\u00e9 ne rattrape l\u2019ambition affich\u00e9e dans la Strat\u00e9gie S\u00e9n\u00e9gal num\u00e9rique 2025.<\/p>\n<p>Quelles leviers pour combler le retard<\/p>\n<p>Plusieurs pistes sont sur la table. La premi\u00e8re tient \u00e0 l\u2019acc\u00e9l\u00e9ration du partage d\u2019infrastructures passives entre op\u00e9rateurs, une pratique qui permettrait de mutualiser les co\u00fbts de couverture dans les zones peu denses. La seconde concerne l\u2019usage des technologies alternatives, notamment les solutions satellitaires en orbite basse, dont l\u2019arriv\u00e9e pourrait changer l\u2019\u00e9quation \u00e9conomique de la desserte rurale. Enfin, la question du prix reste centrale : m\u00eame l\u00e0 o\u00f9 la couverture existe, le co\u00fbt du forfait data demeure prohibitif pour une part importante des m\u00e9nages s\u00e9n\u00e9galais.<\/p>\n<p>Le nouveau gouvernement, qui a fait de la souverainet\u00e9 num\u00e9rique un marqueur politique, dispose ici d\u2019un test grandeur nature. R\u00e9duire la fracture num\u00e9rique suppose un arbitrage clair entre subvention publique, obligation de couverture impos\u00e9e aux op\u00e9rateurs et ouverture \u00e0 de nouveaux entrants. \u00c0 d\u00e9faut, le chiffre de 40 % risque de s\u2019installer comme la mesure permanente d\u2019une promesse tenue \u00e0 moiti\u00e9. <a href=\"https:\/\/news.google.com\/rss\/articles\/CBMixwFBVV95cUxObXlMWFQ1RlIzMFZxYkJWWjF3ZHJoWUxvQS1xX28waURkTWstdTdSWmdPa2ZHNWZOeUR6MEhhQV9iaVJJejd2cDNSMUpxT0dEYU1CT0o4UGc2OEt6SkN4eGRFRWRGQ3lnNnVSMDJjMDctUjNlMVJPX2JGbUNKdmRnRlhjNVhpbFBRWXUzUFhUVnJmTDFYWmU2cVJUa3JDaVhHYTRSeUpPZjIzNjg2OTN2NEFtTXdIZjZFcWFMQ3k4QjMzRktFTm5R?oc=5\" rel=\"noopener external nofollow\" target=\"_blank\">Selon Seneweb<\/a>.<\/p>\n<p>Pour aller plus loin<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/africtelegraph.com\/blog\/fibre-optique-quatre-pays-ouest-africains-dominent-le-haut-debit\/\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\">Fibre optique : quatre pays ouest-africains dominent le haut d\u00e9bit<\/a> \u00b7 <a href=\"https:\/\/africtelegraph.com\/blog\/starlink-au-liban-25-entites-deja-equipees-avant-tout-cadre-reglementaire\/\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\">Starlink au Liban : 25 entit\u00e9s d\u00e9j\u00e0 \u00e9quip\u00e9es avant tout cadre r\u00e9glementaire<\/a> \u00b7 <a href=\"https:\/\/africtelegraph.com\/blog\/tarifs-telecom-le-mali-quinze-fois-plus-cher-que-le-senegal\/\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\">Tarifs t\u00e9l\u00e9com : le Mali quinze fois plus cher que le S\u00e9n\u00e9gal<\/a><\/p>\n<p>J\u2019aime \u00e7a\u00a0:<\/p>\n<p>J\u2019aime chargement\u2026<\/p>\n<p><a class=\"sd-link-color\"\/><\/p>\n<p>\n\tSimilaire<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"La fracture num\u00e9rique demeure l\u2019un des angles morts les plus embarrassants de la politique publique s\u00e9n\u00e9galaise. 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