{"id":191969,"date":"2026-08-26T12:25:08","date_gmt":"2026-08-26T12:25:08","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/191969\/"},"modified":"2026-08-26T12:25:08","modified_gmt":"2026-08-26T12:25:08","slug":"emergence-industrielle-du-maroc-lhypocrisie-europeenne","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/191969\/","title":{"rendered":"\u00c9mergence industrielle du Maroc : L\u2019hypocrisie europ\u00e9enne"},"content":{"rendered":"<p>S\u2019il y a un sujet \u00e9conomique qui cr\u00e9e des frictions entre le Maroc et l\u2019Europe, c\u2019est l\u2019int\u00e9r\u00eat de plus en plus croissant des industriels chinois pour le Royaume. Et sur cette relation qui monte en puissance, l\u2019Europe va devoir se d\u00e9cider, faire preuve de pragmatisme et surtout de moins d\u2019hypocrisie.<\/p>\n<p>Elle ne peut pas accueillir des dizaines de milliards d\u2019investissements chinois sur son territoire, notamment dans les batteries et l\u2019automobile, puis d\u00e9couvrir soudain les dangers du capital chinois lorsque les m\u00eames industriels d\u00e9cident d\u2019installer leurs usines au Maroc.<\/p>\n<p>Ou plut\u00f4t, elle peut. Mais il faudra alors appeler les choses par leur nom.<\/p>\n<p>Car les industriels chinois arrivent en force au Maroc. Batteries, composants pour v\u00e9hicules \u00e9lectriques, pneumatiques\u2026<\/p>\n<p>Ils ne viennent \u00e9videmment pas uniquement pour vendre \u00e0 Casablanca ou Marrakech. Ils viennent parce que le Royaume leur offre ce que recherche n\u2019importe quel industriel : stabilit\u00e9, infrastructures, main-d\u2019\u0153uvre qualifi\u00e9e, \u00e9nergie propre, ports performants, \u00e9cosyst\u00e8me automobile et, surtout, une situation g\u00e9ographique exceptionnelle assortie d\u2019accords de libre-\u00e9change avec l\u2019Europe, les \u00c9tats-Unis et de nombreux autres march\u00e9s.<\/p>\n<p>Bref, ils viennent pr\u00e9cis\u00e9ment parce que le Maroc a r\u00e9ussi \u00e0 s\u2019imposer comme une plateforme industrielle fiable et comp\u00e9titive dans la r\u00e9gion. Et cela commence, bizarrement, \u00e0 inqui\u00e9ter Bruxelles.<\/p>\n<p>Un pr\u00e9c\u00e9dent existe d\u00e9j\u00e0. Celui de Dicastal, ce fabricant chinois de jantes qui s\u2019est retrouv\u00e9 surtax\u00e9 aux fronti\u00e8res de l\u2019UE \u00e0 pr\u00e8s de 49% parce qu\u2019il exporte sa production depuis le Maroc. Cette histoire de jantes raconte beaucoup de choses.<\/p>\n<p>Car derri\u00e8re elle arrivent d\u00e9sormais les batteries, les composants, les cathodes, les pneus et toute la cha\u00eene du v\u00e9hicule \u00e9lectrique. L\u2019Europe a \u00e9videmment raison de se prot\u00e9ger contre le contournement de ses r\u00e8gles.<\/p>\n<p>Une marchandise presque enti\u00e8rement fabriqu\u00e9e en Chine, d\u00e9barqu\u00e9e au Maroc pour y subir une transformation cosm\u00e9tique avant de repartir vers Rotterdam avec une nouvelle nationalit\u00e9 industrielle ne devient pas miraculeusement marocaine.<\/p>\n<p>Les r\u00e8gles d\u2019origine existent pr\u00e9cis\u00e9ment pour \u00e9viter cela. Mais une usine construite au Maroc avec des centaines de millions d\u2019euros, employant des Marocains, cr\u00e9ant de la valeur au Maroc, achetant en grande majorit\u00e9 aupr\u00e8s de fournisseurs locaux, payant des imp\u00f4ts au Maroc et transformant r\u00e9ellement des mati\u00e8res au Royaume pose une question autrement plus complexe.<\/p>\n<p>\u00c0 partir de quand une usine chinoise au Maroc devient-elle une usine marocaine ?<\/p>\n<p>Et surtout, pourquoi le raisonnement changerait-il lorsqu\u2019on traverse le d\u00e9troit de Gibraltar ?<\/p>\n<p>En 2025, les investissements chinois en Europe et au Royaume-Uni ont atteint 16,8 milliards d\u2019euros, dont 7,6 milliards dans l\u2019automobile. Lorsque les groupes chinois produisent en Europe, on parle de localisation de la cha\u00eene de valeur. Lorsqu\u2019ils produisent au Maroc, on commence \u00e0 parler de risque de contournement.<\/p>\n<p>Le d\u00e9bat d\u00e9passe donc largement la Chine. Il concerne la place que l\u2019Europe veut r\u00e9ellement donner au Maroc, que certains veulent regarder simplement comme un \u00abgarde-fronti\u00e8re\u00bb.<\/p>\n<p>Depuis des ann\u00e9es, Bruxelles parle de partenariat strat\u00e9gique, de voisinage, de transition verte, de cha\u00eenes de valeur int\u00e9gr\u00e9es et de d\u00e9veloppement \u00e9conomique de la rive sud. Tr\u00e8s bien. Mais l\u2019industrialisation marocaine devrait justement servir ces objectifs.<\/p>\n<p>Une industrie forte au Maroc cr\u00e9e des emplois pour une jeunesse qui en a besoin. Elle contribue \u00e0 stabiliser \u00e9conomiquement le voisinage imm\u00e9diat de l\u2019Europe. Et elle rapproche g\u00e9ographiquement certaines cha\u00eenes d\u2019approvisionnement que les Europ\u00e9ens disent pr\u00e9cis\u00e9ment vouloir s\u00e9curiser.<\/p>\n<p>L\u2019Europe doit donc clarifier sa doctrine. Soit elle consid\u00e8re le Maroc comme un partenaire industriel, un prolongement naturel de certaines cha\u00eenes de valeur europ\u00e9ennes, dont le d\u00e9veloppement renforce aussi la comp\u00e9titivit\u00e9 et la stabilit\u00e9 de son voisinage. Soit elle consid\u00e8re le Royaume comme un concurrent qui profite de sa proximit\u00e9 et de ses accords commerciaux.<\/p>\n<p>C\u2019est une position qui peut se d\u00e9fendre. Mais il faut alors le dire clairement et laisser le Maroc en tirer les cons\u00e9quences dans sa propre strat\u00e9gie d\u2019alliances \u00e9conomiques.<\/p>\n<p>Ce qui devient difficilement tenable, c\u2019est de vouloir simultan\u00e9ment un Maroc stable mais pas trop comp\u00e9titif, industrialis\u00e9 mais pas trop, attractif pour les capitaux mais seulement lorsqu\u2019ils viennent du \u00abbon\u00bb endroit.<\/p>\n<p>Entre partenaires, le d\u00e9saccord est permis. La concurrence aussi. Mais souffler le chaud et le froid finit rarement par produire une politique industrielle. Et encore moins de la confiance et une prosp\u00e9rit\u00e9 partag\u00e9e.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"S\u2019il y a un sujet \u00e9conomique qui cr\u00e9e des frictions entre le Maroc et l\u2019Europe, c\u2019est l\u2019int\u00e9r\u00eat de&hellip;\n","protected":false},"author":2,"featured_media":191970,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":"","_share_on_mastodon":"0"},"categories":[83],"tags":[3866,3870,815,3867,3869,86,3868],"class_list":["post-191969","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","category-maroc","tag-actualite-maroc","tag-akhbar","tag-journal","tag-journal-maroc","tag-lavieeco","tag-maroc","tag-press-maroc"],"share_on_mastodon":{"url":"https:\/\/pubeurope.com\/@afrique\/117161802091068253","error":""},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/191969","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=191969"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/191969\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/media\/191970"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=191969"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=191969"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=191969"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}