{"id":195134,"date":"2026-08-30T05:38:10","date_gmt":"2026-08-30T05:38:10","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/195134\/"},"modified":"2026-08-30T05:38:10","modified_gmt":"2026-08-30T05:38:10","slug":"lue-dresse-le-bilan-de-dix-ans-dape-avec-abidjan-et-accra-africtelegraph","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/195134\/","title":{"rendered":"L&rsquo;UE dresse le bilan de dix ans d&rsquo;APE avec Abidjan et Accra &#8211; Africtelegraph"},"content":{"rendered":"<p>L\u2019ann\u00e9e 2026 marquera la premi\u00e8re d\u00e9cennie d\u2019application effective des Accords de partenariat \u00e9conomique (APE) int\u00e9rimaires sign\u00e9s entre l\u2019Union europ\u00e9enne, la C\u00f4te d\u2019Ivoire et le Ghana. Bruxelles souhaite tirer un bilan chiffr\u00e9 de ces instruments, pr\u00e9sent\u00e9s \u00e0 leur signature comme le levier d\u2019une int\u00e9gration commerciale renforc\u00e9e entre les deux rives. Les volumes d\u2019\u00e9changes cumul\u00e9s atteignent aujourd\u2019hui environ 22 milliards d\u2019euros, un indicateur brut qui masque toutefois des dynamiques sectorielles tr\u00e8s contrast\u00e9es.<\/p>\n<p>Conclus dans l\u2019attente d\u2019un APE r\u00e9gional entre l\u2019UE et la Communaut\u00e9 \u00e9conomique des \u00c9tats de l\u2019Afrique de l\u2019Ouest (CEDEAO), ces accords int\u00e9rimaires ont ouvert le march\u00e9 europ\u00e9en aux exportations ivoiriennes et ghan\u00e9ennes sans droits ni quotas. En contrepartie, Abidjan et Accra se sont engag\u00e9es \u00e0 lib\u00e9raliser progressivement environ 80 % de leurs lignes tarifaires sur une p\u00e9riode \u00e9tal\u00e9e. Ce d\u00e9mant\u00e8lement asym\u00e9trique reste le c\u0153ur d\u2019une controverse persistante entre d\u00e9fenseurs de la comp\u00e9titivit\u00e9 industrielle nationale et partisans de l\u2019int\u00e9gration aux cha\u00eenes de valeur mondiales.<\/p>\n<p>Une d\u00e9cennie d\u2019\u00e9changes domin\u00e9e par le cacao et les hydrocarbures<\/p>\n<p>La structure des flux commerciaux illustre la sp\u00e9cialisation persistante des deux \u00e9conomies ouest-africaines. La C\u00f4te d\u2019Ivoire, premier producteur mondial de cacao, \u00e9coule vers l\u2019Europe l\u2019essentiel de ses f\u00e8ves et produits semi-transform\u00e9s, aux c\u00f4t\u00e9s du caoutchouc naturel, de la noix de cajou et de certains produits p\u00e9troliers. Le Ghana, pour sa part, exp\u00e9die du cacao, de l\u2019or et des hydrocarbures. \u00c0 l\u2019inverse, les importations en provenance de l\u2019Union europ\u00e9enne concernent principalement les biens d\u2019\u00e9quipement, les produits pharmaceutiques, les v\u00e9hicules et une gamme \u00e9tendue d\u2019intrants industriels.<\/p>\n<p>Ce sch\u00e9ma alimente une critique r\u00e9currente. Plusieurs organisations de la soci\u00e9t\u00e9 civile ouest-africaine estiment que les APE consolident un mod\u00e8le de division du travail d\u00e9favorable \u00e0 la transformation locale. Elles pointent le risque d\u2019un \u00e9crasement des fili\u00e8res manufacturi\u00e8res naissantes par les biens europ\u00e9ens d\u00e9tax\u00e9s, notamment dans les segments de l\u2019agroalimentaire, du textile et de la m\u00e9canique l\u00e9g\u00e8re. Les gouvernements ivoirien et ghan\u00e9en d\u00e9fendent, eux, la s\u00e9curisation des d\u00e9bouch\u00e9s europ\u00e9ens pour leurs produits d\u2019exportation strat\u00e9giques.<\/p>\n<p>Le blocage r\u00e9gional avec la CEDEAO en toile de fond<\/p>\n<p>L\u2019exercice d\u2019\u00e9valuation lanc\u00e9 par Bruxelles intervient alors que l\u2019APE r\u00e9gional avec la CEDEAO demeure au point mort. N\u00e9goci\u00e9 depuis plus d\u2019une d\u00e9cennie, cet accord global peine \u00e0 recueillir l\u2019assentiment de l\u2019ensemble des \u00c9tats membres, le Nigeria maintenant en particulier une position r\u00e9serv\u00e9e pour prot\u00e9ger son tissu industriel. La coexistence d\u2019APE int\u00e9rimaires bilat\u00e9raux et d\u2019un cadre r\u00e9gional inabouti cr\u00e9e une architecture commerciale h\u00e9t\u00e9rog\u00e8ne, complexifi\u00e9e depuis 2020 par la mont\u00e9e en puissance de la Zone de libre-\u00e9change continentale africaine (ZLECAf).<\/p>\n<p>Le calendrier d\u2019\u00e9valuation rev\u00eat donc une dimension politique. Bruxelles cherche \u00e0 d\u00e9montrer que ses accords tiennent leurs promesses en mati\u00e8re de croissance des \u00e9changes et d\u2019investissements directs, \u00e0 l\u2019heure o\u00f9 la pr\u00e9sence \u00e9conomique chinoise, russe et \u00e9miratie se renforce sur le continent. Les ports d\u2019Abidjan et de Tema figurent parmi les principaux points d\u2019entr\u00e9e de cette comp\u00e9tition d\u2019influence commerciale, chaque partenaire proposant des instruments financiers et douaniers concurrents.<\/p>\n<p>Un bilan \u00e0 lire au-del\u00e0 des chiffres bruts<\/p>\n<p>Le chiffre de 22 milliards d\u2019euros d\u2019\u00e9changes cumul\u00e9s sur la d\u00e9cennie doit \u00eatre rapport\u00e9 \u00e0 plusieurs param\u00e8tres. La progression r\u00e9elle en volume, corrig\u00e9e de l\u2019inflation et des variations de prix des mati\u00e8res premi\u00e8res, s\u2019av\u00e8re plus modeste que ne le laisserait entendre la valeur nominale. La part de la C\u00f4te d\u2019Ivoire et du Ghana dans le commerce ext\u00e9rieur total de l\u2019Union europ\u00e9enne reste par ailleurs marginale, alors que l\u2019UE demeure l\u2019un des trois principaux partenaires commerciaux des deux pays.<\/p>\n<p>La question de la mobilisation des ressources fiscales issues des droits de douane constitue un autre point sensible. La baisse progressive des recettes tarifaires, m\u00e9canique dans un accord de libre-\u00e9change, impose aux administrations d\u2019Abidjan et d\u2019Accra une r\u00e9forme continue de leur fiscalit\u00e9 int\u00e9rieure pour compenser le manque \u00e0 gagner. Les appuis budg\u00e9taires europ\u00e9ens associ\u00e9s aux APE visent pr\u00e9cis\u00e9ment \u00e0 accompagner cette transition, avec des r\u00e9sultats jug\u00e9s in\u00e9gaux par les partenaires techniques et financiers.<\/p>\n<p>Reste que l\u2019\u00e9valuation \u00e0 venir servira de matrice aux discussions sur l\u2019avenir du cadre commercial euro-africain, entre modernisation des APE existants et articulation avec la ZLECAf. <a href=\"https:\/\/www.pressafrik.com\/L-UE-evalue-ses-dix-ans-d-accords-APE-22-milliards-d-euros-d-echanges-avec-la-Cote-d-Ivoire-et-le-Ghana_a310721.html\" rel=\"noopener external nofollow\" target=\"_blank\">Selon PressAfrik<\/a>, Bruxelles entend pr\u00e9senter les conclusions de cet exercice dans le courant de l\u2019ann\u00e9e 2026.<\/p>\n<p>Pour aller plus loin<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/africtelegraph.com\/blog\/cacao-les-exportations-du-cameroun-seffondrent-de-3465-en-2025-2026\/\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\">Cacao : les exportations du Cameroun s\u2019effondrent de 34,65% en 2025-2026<\/a> \u00b7 <a href=\"https:\/\/africtelegraph.com\/blog\/cameroun-les-importations-de-poisson-bondissent-de-29-en-2025\/\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\">Cameroun : les importations de poisson bondissent de 29 % en 2025<\/a> \u00b7 <a href=\"https:\/\/africtelegraph.com\/blog\/cameroun-les-prix-sortie-usine-progressent-de-14-au-t1-2026\/\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\">Cameroun : les prix sortie-usine progressent de 1,4 % au T1 2026<\/a><\/p>\n<p>J\u2019aime \u00e7a\u00a0:<\/p>\n<p>J\u2019aime chargement\u2026<\/p>\n<p><a class=\"sd-link-color\"\/><\/p>\n<p>\n\tSimilaire<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"L\u2019ann\u00e9e 2026 marquera la premi\u00e8re d\u00e9cennie d\u2019application effective des Accords de partenariat \u00e9conomique (APE) int\u00e9rimaires sign\u00e9s entre l\u2019Union&hellip;\n","protected":false},"author":2,"featured_media":195135,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":"","_share_on_mastodon":"0"},"categories":[154],"tags":[43067,3369,999,3454,216,566,278,69,2243],"class_list":["post-195134","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","category-cote-divoire","tag-ape","tag-cacao","tag-cedeao","tag-commerce-international","tag-cote-divoire","tag-cote-d-ivoire","tag-ghana","tag-union-europeenne","tag-zlecaf"],"share_on_mastodon":{"url":"https:\/\/pubeurope.com\/@afrique\/117182851099720365","error":""},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/195134","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=195134"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/195134\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/media\/195135"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=195134"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=195134"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=195134"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}