{"id":197440,"date":"2026-09-01T18:59:19","date_gmt":"2026-09-01T18:59:19","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/197440\/"},"modified":"2026-09-01T18:59:19","modified_gmt":"2026-09-01T18:59:19","slug":"apres-le-degel-lalgerie-et-le-mali-face-aux-dossiers-qui-fachent-par-hatim-betioui","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/197440\/","title":{"rendered":"Apr\u00e8s le d\u00e9gel, l\u2019Alg\u00e9rie et le Mali face aux dossiers qui f\u00e2chent \u2013 Par Hatim Betioui"},"content":{"rendered":"<p>\t            \t\tLa visite \u00e0 Alger du Premier ministre malien Abdoulaye Ma\u00efga marque une \u00e9tape importante dans le d\u00e9gel des relations entre l\u2019Alg\u00e9rie et le Mali, apr\u00e8s des mois de fortes tensions. Hatim Betioui rel\u00e8ve que derri\u00e8re la reprise du dialogue diplomatique subsistent des divergences profondes sur l\u2019Azawad, l\u2019Accord d\u2019Alger et les choix s\u00e9curitaires au Sahel.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-content\/uploads\/2026\/09\/20260901_180150_1788285709853_am.jpg\" alt=\"\" width=\"290\" height=\"436\"\/><\/p>\n<p>Hatim Betioui<\/p>\n<p>La visite effectu\u00e9e lundi dernier \u00e0 Alger par le g\u00e9n\u00e9ral de division Abdoulaye Ma\u00efga, Premier ministre malien, constitue un signe de l\u2019entr\u00e9e de la crise alg\u00e9ro-malienne dans une phase de d\u00e9tente et de normalisation, apr\u00e8s avoir atteint le seuil de la rupture. Elle couronne un processus engag\u00e9 en juillet dernier par le r\u00e9tablissement des relations diplomatiques, le retour des ambassadeurs et la r\u00e9ouverture de l\u2019espace a\u00e9rien entre les deux pays. Mais une question demeure : cette visite, la premi\u00e8re d\u2019un haut responsable malien en Alg\u00e9rie depuis le d\u00e9clenchement de la crise, a-t-elle r\u00e9ellement permis de refermer tous les dossiers de contentieux encore pendants entre les deux pays ?<\/p>\n<p>Une crise aux racines anciennes<\/p>\n<p>Pour r\u00e9pondre \u00e0 cette question, il faut remonter \u00e0 la fin mars 2025, lorsque l\u2019Alg\u00e9rie a abattu un drone malien, d\u00e9clenchant une crise ouverte entre les deux pays. Mais cet \u00e9pisode n\u2019a fait que r\u00e9v\u00e9ler des divergences plus anciennes, apparues apr\u00e8s l\u2019arriv\u00e9e des militaires au pouvoir \u00e0 Bamako, le 18 ao\u00fbt 2020. Alger et Bamako se sont progressivement oppos\u00e9s sur la mani\u00e8re de r\u00e9gler la crise du nord du Mali, en particulier sur la question touar\u00e8gue et le dossier de l\u2019Azawad.<\/p>\n<p>Pendant plusieurs ann\u00e9es, l\u2019Alg\u00e9rie a occup\u00e9 une place centrale dans le dossier malien, notamment comme parrain de l\u2019Accord d\u2019Alger pour la paix et la r\u00e9conciliation, sign\u00e9 en 2015 entre Bamako et les groupes arm\u00e9s du Nord. Mais en janvier 2024, le pouvoir militaire dirig\u00e9 par le colonel Assimi Go\u00efta a d\u00e9cid\u00e9 d\u2019y mettre un terme, accusant les autres signataires de ne pas respecter leurs engagements et reprochant \u00e0 Alger d\u2019avoir accueilli des figures li\u00e9es aux mouvements de l\u2019Azawad. Bamako y a vu une ing\u00e9rence dans ses affaires int\u00e9rieures, tandis que l\u2019Alg\u00e9rie a soutenu que ces contacts relevaient de son r\u00f4le de m\u00e9diateur et de ses efforts pour faire appliquer l\u2019accord.<\/p>\n<p>L\u2019effondrement de cet accord a r\u00e9v\u00e9l\u00e9 l\u2019ampleur du foss\u00e9 entre les deux pays. L\u2019Alg\u00e9rie y voyait un outil permettant de traiter la crise du nord du Mali par le dialogue et la r\u00e9conciliation tout en pr\u00e9servant l\u2019int\u00e9grit\u00e9 territoriale malienne. Bamako s\u2019est engag\u00e9e se son c\u00f4t\u00e9 dans l\u2019option militaire. Les forces maliennes ont repris la ville strat\u00e9gique de Kidal en novembre 2023, pr\u00e9sentant cette victoire comme une affirmation de leur souverainet\u00e9 nationale.<\/p>\n<p>Le basculement des alliances maliennes<\/p>\n<p>Dans le m\u00eame temps, les alliances ext\u00e9rieures du Mali ont profond\u00e9ment chang\u00e9. Ses relations avec la France et les pays occidentaux se sont d\u00e9t\u00e9rior\u00e9es. La coop\u00e9ration militaire avec la Russie s\u2019est renforc\u00e9e, d\u2019abord de mani\u00e8re g\u00e9n\u00e9rale, puis \u00e0 travers le Corps africain russe.<\/p>\n<p>Alger n\u2019a pas vu d\u2019un bon \u0153il cette coop\u00e9ration, d\u2019autant qu\u2019il se consid\u00e9rait comme le principal alli\u00e9 traditionnel de Moscou dans la r\u00e9gion.<\/p>\n<p>L\u2019affaire du drone malien abattu n\u2019a donc \u00e9t\u00e9 que la goutte d\u2019eau qui a fait d\u00e9border le vase. Elle a pr\u00e9cipit\u00e9 les relations entre Alger et Bamako dans une crise diplomatique ouverte dont les r\u00e9percussions ont gagn\u00e9 le Burkina Faso et le Niger, alli\u00e9s du Mali au sein de l\u2019Alliance des \u00c9tats du Sahel. Leur solidarit\u00e9 avec Bamako a conf\u00e9r\u00e9 au diff\u00e9rend une dimension r\u00e9gionale.<\/p>\n<p>Le recul de l\u2019influence alg\u00e9rienne au Sahel<\/p>\n<p>Il ne fait gu\u00e8re de doute que la crise avec le Mali a constitu\u00e9 l\u2019une des manifestations les plus visibles du recul de l\u2019influence alg\u00e9rienne dans la r\u00e9gion du Sahel. Alger s\u2019est donc trouv\u00e9e contrainte d\u2019apaiser les tensions avec Bamako, en s\u2019appuyant notamment sur les Russes, qui ont contribu\u00e9 \u00e0 rapprocher les positions des deux pays gr\u00e2ce \u00e0 l\u2019influence dont ils disposent aupr\u00e8s des autorit\u00e9s maliennes.<\/p>\n<p>On peut ainsi dire que la crise est diplomatiquement termin\u00e9e, ou presque. Mais il est encore trop t\u00f4t pour affirmer qu\u2019elle est r\u00e9gl\u00e9e sur les plans politique et strat\u00e9gique, tant trois dossiers restent susceptibles de raviver les tensions \u00e0 tout moment.<\/p>\n<p>Le premier concerne l\u2019Accord d\u2019Alger pour la paix. Jusqu\u2019\u00e0 pr\u00e9sent, aucune annonce n\u2019a \u00e9t\u00e9 faite quant \u00e0 son r\u00e9tablissement dans sa forme ant\u00e9rieure.<\/p>\n<p>Le deuxi\u00e8me porte sur la question de l\u2019Azawad et des Touaregs. Les affrontements se poursuivent entre Bamako et les mouvements arm\u00e9s du Nord, ce qui signifie que toute initiative alg\u00e9rienne dans leur direction peut redevenir une source de tensions.<\/p>\n<p>Le troisi\u00e8me concerne les divergences sur la conception m\u00eame de la s\u00e9curit\u00e9 r\u00e9gionale. Bamako privil\u00e9gie l\u2019option militaire et ses alliances avec la Russie, tandis que l\u2019Alg\u00e9rie reste th\u00e9oriquement attach\u00e9e \u00e0 une approche fond\u00e9e sur le dialogue politique, la non-ing\u00e9rence et le respect de la souverainet\u00e9 des \u00c9tats.<\/p>\n<p>Le paradoxe alg\u00e9rien<\/p>\n<p>Le paradoxe appara\u00eet toutefois lorsque l\u2019Alg\u00e9rie s\u2019\u00e9carte de cette doctrine dans son diff\u00e9rend avec le Maroc autour du Sahara marocain. Alors qu\u2019elle affirme privil\u00e9gier le dialogue politique, la non-ing\u00e9rence et le respect de la souverainet\u00e9 des \u00c9tats, les relations avec Rabat restent rompues, tandis qu\u2019Alger continue de soutenir le Front Polisario, de lui fournir armes et \u00e9quipements et d\u2019accueillir ses combattants sur son territoire depuis pr\u00e8s d\u2019un demi-si\u00e8cle.<\/p>\n<p>Au Sahel, l\u2019Alg\u00e9rie et le Mali semblent d\u00e9sormais davantage convaincus de la n\u00e9cessit\u00e9 de r\u00e9tablir le dialogue diplomatique. Alger comme Bamako ont compris que le maintien de la rupture co\u00fbte plus cher que toute autre configuration de leurs relations.<\/p>\n<p>Si l\u2019Alg\u00e9rie ne peut ignorer les \u00e9volutions s\u00e9curitaires dans un pays avec lequel elle partage plus de mille kilom\u00e8tres de fronti\u00e8re, le Mali, de son c\u00f4t\u00e9, ne peut ignorer le poids g\u00e9ographique et politique de l\u2019Alg\u00e9rie dans le nord du Sahel, m\u00eame s\u2019il demeure convaincu que des vents porteurs de graves nuisances soufflent depuis ce pays.<\/p>\n<p>La visite de Ma\u00efga constitue, dans son essence, un test de la sinc\u00e9rit\u00e9 de la r\u00e9conciliation et de la capacit\u00e9 des deux pays \u00e0 passer de la phase du r\u00e9tablissement des relations \u00e0 celle de la reconstruction de la confiance.<\/p>\n<p>Elle doit aussi permettre de mesurer leur volont\u00e9 d\u2019ouvrir une nouvelle page dans leurs relations bilat\u00e9rales ainsi que dans les \u00e9quilibres s\u00e9curitaires et politiques de la r\u00e9gion du Sahel.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"La visite \u00e0 Alger du Premier ministre malien Abdoulaye Ma\u00efga marque une \u00e9tape importante dans le d\u00e9gel des&hellip;\n","protected":false},"author":2,"featured_media":197441,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":"","_share_on_mastodon":"0"},"categories":[85],"tags":[49257,281,116,31516,127,3747,53699,232,1950],"class_list":["post-197440","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","category-algerie","tag-accord-dalger","tag-actualite","tag-algerie","tag-azawad","tag-international","tag-mali","tag-quid","tag-russie","tag-sahel"],"share_on_mastodon":{"url":"https:\/\/pubeurope.com\/@afrique\/117197325596974261","error":""},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/197440","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=197440"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/197440\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/media\/197441"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=197440"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=197440"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=197440"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}