{"id":199127,"date":"2026-09-03T11:37:25","date_gmt":"2026-09-03T11:37:25","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/199127\/"},"modified":"2026-09-03T11:37:25","modified_gmt":"2026-09-03T11:37:25","slug":"commerce-sud-sud-pourquoi-lafrique-hesite-a-rejoindre-un-protocole-a-14-milliards-de-dollars","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/199127\/","title":{"rendered":"Commerce sud-sud: pourquoi l\u2019Afrique h\u00e9site \u00e0 rejoindre un protocole \u00e0 14 milliards de dollars"},"content":{"rendered":"<p class=\"default__StyledText-sc-10mj2vp-0 CxBBS body-paragraph\">L\u2019Afrique, souvent d\u00e9crite comme le continent de l\u2019avenir, a ici une chance de transformer une promesse en r\u00e9alit\u00e9. Le Syst\u00e8me global de pr\u00e9f\u00e9rences commerciales entre pays en d\u00e9veloppement (<a href=\"https:\/\/unctad.org\/topic\/trade-agreements\/global-system-of-trade-preferences\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\">GSTP<\/a>), dans le cadre du Protocole de S\u00e3o Paulo, longtemps rest\u00e9 dans l\u2019ombre des grandes n\u00e9gociations multilat\u00e9rales, pourrait devenir l\u2019instrument d\u2019une r\u00e9silience \u00e9conomique africaine fond\u00e9e sur la coop\u00e9ration Sud-Sud.<\/p>\n<p class=\"default__StyledText-sc-10mj2vp-0 CxBBS body-paragraph\">La Conf\u00e9rence des Nations unies pour le commerce et le d\u00e9veloppement (CNUCED) estime que \u00absa mise en \u0153uvre (Protocole de S\u00e3o Paulo) pourrait g\u00e9n\u00e9rer des gains de bien-\u00eatre allant jusqu\u2019\u00e0 27 milliards de dollars et des r\u00e9ductions tarifaires d\u2019au moins 20% sur environ 6.000 produits. Les pays participants repr\u00e9sentent un march\u00e9 d\u2019environ 18.000 milliards de dollars et plus de 4 milliards de personnes\u00bb, explique la <a href=\"https:\/\/unctad.org\/fr\/news\/apres-pres-de-trois-decennies-laccord-commercial-sud-sud-est-sur-le-point-dentrer-en-vigueur\" target=\"_self\" rel=\"nofollow noopener\" title=\"https:\/\/unctad.org\/fr\/news\/apres-pres-de-trois-decennies-laccord-commercial-sud-sud-est-sur-le-point-dentrer-en-vigueur\">CNUCED<\/a><\/p>\n<p class=\"default__StyledText-sc-10mj2vp-0 CxBBS body-paragraph\">Mais pour cela, il faudra que les pays africains signataires osent franchir le <a href=\"https:\/\/unctad.org\/news\/key-south-south-trade-agreement-moves-closer-implementation\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\">pas<\/a>, et que les non-signataires comprennent l\u2019int\u00e9r\u00eat de rejoindre un m\u00e9canisme qui conditionnera les \u00e9changes de demain.<\/p>\n<p class=\"interstitial-link block-margin-bottom\">Lire aussi : <a href=\"https:\/\/afrique.le360.ma\/economie\/lafrique-devrait-importer-20-millions-de-tonnes-de-riz-voici-les-10-pays-les-plus-dependants-de_OF4QYMWBNFHP5AORWAXHT7U2CY\/\" aria-label=\"Ouvrir un article associ\u00e9\" class=\"default__StyledLink-sc-10mj2vp-1 kkYPzd\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\">L\u2019Afrique devrait importer 20 millions de tonnes de riz: voici les 10 pays les plus d\u00e9pendants de l\u2019\u00e9tranger <\/a><\/p>\n<p class=\"default__StyledText-sc-10mj2vp-0 CxBBS body-paragraph\">Alors que le GSTP franchit une \u00e9tape d\u00e9cisive, les projecteurs se braquent sur le continent africain. Le Maroc, qui a pr\u00e9sid\u00e9 la 34e session du Comit\u00e9 des participants, et l\u2019\u00c9gypte, signataire du Protocole de S\u00e3o Paulo, sont en premi\u00e8re ligne. Ils sont signataires du Protocole, mais ne l\u2019ont pas encore ratifi\u00e9. Autrement dit, ces deux pays n\u2019ont pas encore accompli la proc\u00e9dure interne requise (approbation parlementaire, d\u00e9cret pr\u00e9sidentiel ou autre m\u00e9canisme constitutionnel) qui transforme l\u2019accord de principe en engagement formel et d\u00e9finitif. La ratification est l\u2019acte par lequel l\u2019\u00c9tat consent \u00e0 \u00eatre li\u00e9 juridiquement par le trait\u00e9 sur le plan international.<\/p>\n<p class=\"default__StyledText-sc-10mj2vp-0 CxBBS body-paragraph\">Ainsi, le Maroc et l\u2019\u00c9gypte ont montr\u00e9 un int\u00e9r\u00eat politique en signant le Protocole de S\u00e3o Paulo, mais tant qu\u2019ils ne l\u2019ont pas ratifi\u00e9, ils ne sont pas tenus d\u2019appliquer ses r\u00e9ductions tarifaires (20% sur 47 000 produits) et ne peuvent pas b\u00e9n\u00e9ficier des avantages qui en d\u00e9coulent entre les \u00c9tats l\u2019ayant ratifi\u00e9. Le protocole n\u2019entrera en vigueur qu\u2019apr\u00e8s le d\u00e9p\u00f4t du nombre requis de ratifications, il n\u2019en manque actuellement qu\u2019une seule, et ces deux pays africains sont en position de la fournir.<\/p>\n<p class=\"default__StyledText-sc-10mj2vp-0 CxBBS body-paragraph\">Derri\u00e8re eux, des pays comme le B\u00e9nin, le Mozambique ou la Tanzanie affichent des taux d\u2019exportation intragroupe parmi les plus \u00e9lev\u00e9s au monde. <\/p>\n<p class=\"default__StyledText-sc-10mj2vp-0 CxBBS body-paragraph\">\u00c0 quelques encablures d\u2019une ratification historique, l\u2019Afrique n\u2019est pas simple spectatrice: elle est devenue l\u2019un des piliers d\u2019un accord qui pourrait redessiner les \u00e9quilibres du commerce mondial.<\/p>\n<p class=\"default__StyledText-sc-10mj2vp-0 CxBBS body-paragraph\">Le paradoxe africain: forte d\u00e9pendance commerciale, faible adh\u00e9sion au protocole de S\u00e3o Paulo <\/p>\n<p>Pays africainPart des exportations vers l\u2019ensemble des membres du GSTP (2025)Part des exportations vers les participants au Protocole de S\u00e3o Paulo (2025)Statut vis-\u00e0-vis du Protocole de S\u00e3o PauloB\u00e9nin53%Non disponible (non signataire)Non signataireMozambique35%Non disponibleNon signataireTanzanie29%Non disponibleNon signataireNigeria27%Non disponibleNon signataireGuin\u00e9e22%Non disponibleNon signataire\u00c9gypte19%7,3%Signataire, non ratifi\u00e9Cameroun17%Non disponibleNon signataireMaroc15%8,8%Signataire, non ratifi\u00e9Soudan13%Non disponibleNon signataireAlg\u00e9rie12%Non disponibleNon signataireGhana12%Non disponibleNon signataireTunisie11%Non disponibleNon signataireZimbabwe6%Non disponibleNon signataireLibye5%Non disponibleNon signataire<\/p>\n<p class=\"default__StyledText-sc-10mj2vp-0 CxBBS body-paragraph\">Source: CNUCED, base de donn\u00e9es GSTP, UNCTADstat, 2026.<\/p>\n<p class=\"default__StyledText-sc-10mj2vp-0 CxBBS body-paragraph\">Le GSTP, n\u00e9 en 1988 sous l\u2019\u00e9gide de la CNUCED, reste le seul accord commercial interr\u00e9gional con\u00e7u exclusivement par et pour les pays en d\u00e9veloppement. Il rassemble aujourd\u2019hui 42 \u00e9conomies repr\u00e9sentant pr\u00e8s de 18.000 milliards de dollars d\u2019\u00e9changes, soit environ un cinqui\u00e8me des importations mondiales de marchandises. Pourtant, ce g\u00e9ant institutionnel demeure largement m\u00e9connu du grand public, y compris sur le continent africain o\u00f9 il compte pourtant de nombreux membres.<\/p>\n<p class=\"interstitial-link block-margin-bottom\">Lire aussi : <a href=\"https:\/\/afrique.le360.ma\/economie\/douanes-maliennes-les-7-signaux-verts-derriere-le-bond-de-32-des-recettes-semestrielles_HASIBY7ANBA2RFTIIIDU4A3PKA\/\" aria-label=\"Ouvrir un article associ\u00e9\" class=\"default__StyledLink-sc-10mj2vp-1 kkYPzd\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\">Douanes maliennes: les 7 signaux verts derri\u00e8re le bond de 32% des recettes semestrielles<\/a><\/p>\n<p class=\"default__StyledText-sc-10mj2vp-0 CxBBS body-paragraph\">La 34e session du Comit\u00e9 des participants (COP34), qui s\u2019est tenue le 20 juillet 2026 \u00e0 Gen\u00e8ve, en Suisse, a insuffl\u00e9 un nouvel \u00e9lan. Plusieurs outils concrets ont \u00e9t\u00e9 lanc\u00e9s: une base de donn\u00e9es in\u00e9dite, un projet de manuel de mise en \u0153uvre, un plan de travail 2026-2028, une note technique sur les fibres naturelles et alternatives, et un site web repens\u00e9. Mais l\u2019\u00e9l\u00e9ment le plus d\u00e9terminant r\u00e9side ailleurs: le Protocole du Cycle de S\u00e3o Paulo, sign\u00e9 en 2010, n\u2019est plus qu\u2019\u00e0 une seule ratification de son entr\u00e9e en vigueur. Or, parmi les huit signataires n\u2019ayant pas encore ratifi\u00e9, deux sont africains: le Maroc et l\u2019\u00c9gypte.<\/p>\n<p class=\"default__StyledText-sc-10mj2vp-0 CxBBS body-paragraph\">Une r\u00e9alit\u00e9 qui conf\u00e8re \u00e0 ces deux pays un pouvoir disproportionn\u00e9. En ratifiant, l\u2019un ou l\u2019autre pourrait d\u00e9clencher des r\u00e9ductions tarifaires de 20% sur environ 47.000 produits entre onze \u00e9conomies d\u2019Afrique, d\u2019Asie et d\u2019Am\u00e9rique latine. Les gains de bien-\u00eatre potentiels sont estim\u00e9s \u00e0 14 milliards de dollars pour les seuls participants au protocole, et jusqu\u2019\u00e0 27 milliards si les engagements \u00e9taient \u00e9tendus aux 42 membres du GSTP. <\/p>\n<p class=\"default__StyledText-sc-10mj2vp-0 CxBBS body-paragraph\">L\u2019Afrique, souvent per\u00e7ue comme p\u00e9riph\u00e9rique dans les n\u00e9gociations commerciales multilat\u00e9rales, se retrouve ici en position d\u2019arbitre.<\/p>\n<p class=\"default__StyledText-sc-10mj2vp-0 CxBBS body-paragraph\">Un int\u00e9r\u00eat commercial mesurable pour le Maroc<\/p>\n<p class=\"default__StyledText-sc-10mj2vp-0 CxBBS body-paragraph\">\u00abLes flux commerciaux sont en train d\u2019\u00eatre remodel\u00e9s. La coop\u00e9ration commerciale Sud-Sud dans le cadre du GSTP est plus essentielle que jamais\u00bb, fait valoir l\u2019Ambassadeur Omar Zniber, repr\u00e9sentant permanent du Maroc \u00e0 Gen\u00e8ve. Le diplomate a pr\u00e9sid\u00e9 la COP34. Sa d\u00e9claration r\u00e9sonne comme un plaidoyer pour une implication africaine accrue. Le Maroc ne se contente pas de paroles. Les chiffres montrent qu\u2019il est d\u00e9j\u00e0 un acteur significatif des \u00e9changes intragroupe.<\/p>\n<p class=\"default__StyledText-sc-10mj2vp-0 CxBBS body-paragraph\">Selon la base de donn\u00e9es GSTP de la CNUCED, le Maroc a export\u00e9 en 2025 environ 8,8% de ses marchandises vers les autres participants au Protocole de S\u00e3o Paulo, ce qui le place au quatri\u00e8me rang mondial derri\u00e8re l\u2019Indon\u00e9sie (16,5%), l\u2019Argentine (11,2%) et la Malaisie (10,2%). Si l\u2019on \u00e9largit le p\u00e9rim\u00e8tre \u00e0 l\u2019ensemble des 42 participants du GSTP, la part des exportations marocaines vers ces pays atteint 15%. <\/p>\n<p class=\"default__StyledText-sc-10mj2vp-0 CxBBS body-paragraph\">Ce chiffre, bien que modeste compar\u00e9 \u00e0 celui du B\u00e9nin (53%) ou du Mozambique (35%), reste sup\u00e9rieur \u00e0 celui de l\u2019Alg\u00e9rie (12%) ou de la Tunisie (11%), et t\u00e9moigne d\u2019une int\u00e9gration croissante du royaume dans les cha\u00eenes de valeur Sud-Sud.<\/p>\n<p class=\"interstitial-link block-margin-bottom\">Lire aussi : <a href=\"https:\/\/afrique.le360.ma\/economie\/commerce-57-des-exportations-des-pays-en-developpement-orientes-vers-le-sud-ce-que-lafrique-pourrait_DA7XV3WCJNFNZN3M6OFFCQPMI4\/\" aria-label=\"Ouvrir un article associ\u00e9\" class=\"default__StyledLink-sc-10mj2vp-1 kkYPzd\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\">Commerce. 57% des exportations des pays en d\u00e9veloppement orient\u00e9s vers le Sud: ce que l\u2019Afrique pourrait gagner <\/a><\/p>\n<p class=\"default__StyledText-sc-10mj2vp-0 CxBBS body-paragraph\">Mais c\u2019est sur le plan diplomatique que Rabat se distingue le plus nettement. En pr\u00e9sidant la COP34, le Maroc envoie un signal clair: il entend jouer un r\u00f4le de premier plan dans la red\u00e9finition des r\u00e8gles du commerce entre pays en d\u00e9veloppement. <\/p>\n<p class=\"default__StyledText-sc-10mj2vp-0 CxBBS body-paragraph\">Une posture coh\u00e9rente avec la strat\u00e9gie africaine du royaume, qui a multipli\u00e9 ces derni\u00e8res ann\u00e9es les accords bilat\u00e9raux et les investissements sur le continent. Reste \u00e0 savoir si cette ambition se traduira par une ratification rapide du Protocole de S\u00e3o Paulo. Si tel \u00e9tait le cas, le Maroc deviendrait le premier pays africain \u00e0 ratifier cet instrument, avec des retomb\u00e9es symboliques et \u00e9conomiques consid\u00e9rables.<\/p>\n<p class=\"default__StyledText-sc-10mj2vp-0 CxBBS body-paragraph\">L\u2019\u00c9gypte encore h\u00e9sitante<\/p>\n<p class=\"default__StyledText-sc-10mj2vp-0 CxBBS body-paragraph\">L\u2019\u00c9gypte partage avec le Maroc le statut de signataire africain du Protocole de S\u00e3o Paulo. Avec 7,3% de ses exportations destin\u00e9es aux autres participants \u00e0 ce protocole, elle se situe juste derri\u00e8re le Br\u00e9sil (7,3% \u00e9galement) et devant la R\u00e9publique de Cor\u00e9e (6,5%) et l\u2019Inde (5,8%). Si l\u2019on consid\u00e8re l\u2019ensemble des 42 membres du GSTP, la part \u00e9gyptienne grimpe \u00e0 19%, un niveau notable pour une \u00e9conomie de cette taille.<\/p>\n<p class=\"default__StyledText-sc-10mj2vp-0 CxBBS body-paragraph\">Le Caire n\u2019a pas encore ratifi\u00e9, et aucune d\u00e9claration officielle \u00e9manant des autorit\u00e9s \u00e9gyptiennes n\u2019est cit\u00e9e dans les documents de la COP34. Toutefois, la pr\u00e9sence de l\u2019\u00c9gypte parmi les signataires depuis 2010 montre qu\u2019elle per\u00e7oit l\u2019int\u00e9r\u00eat strat\u00e9gique d\u2019un tel accord. En tant que porte d\u2019entr\u00e9e vers le Moyen-Orient et l\u2019Afrique du Nord, l\u2019\u00c9gypte pourrait tirer profit d\u2019une baisse des droits de douane sur des milliers de produits, notamment dans les secteurs du textile, de l\u2019agroalimentaire et des produits chimiques. L\u2019enjeu est d\u2019autant plus crucial que l\u2019\u00e9conomie \u00e9gyptienne a besoin de diversifier ses d\u00e9bouch\u00e9s, dans un contexte de tensions sur les devises et de concurrence accrue sur les march\u00e9s traditionnels.<\/p>\n<p class=\"default__StyledText-sc-10mj2vp-0 CxBBS body-paragraph\">L\u2019entr\u00e9e en vigueur du Protocole de S\u00e3o Paulo offrirait \u00e0 l\u2019\u00c9gypte un acc\u00e8s pr\u00e9f\u00e9rentiel \u00e0 des march\u00e9s aussi dynamiques que l\u2019Inde, la Malaisie ou l\u2019Indon\u00e9sie, tout en renfor\u00e7ant sa position au sein du monde en d\u00e9veloppement. \u00c0 l\u2019inverse, un report prolong\u00e9 de la ratification pourrait priver Le Caire d\u2019un avantage comp\u00e9titif alors que d\u2019autres pays africains, comme le Nigeria ou la Tanzanie, intensifient leurs \u00e9changes avec l\u2019Asie du Sud-Est et l\u2019Am\u00e9rique latine.<\/p>\n<p class=\"default__StyledText-sc-10mj2vp-0 CxBBS body-paragraph\">Les autres pays africains<\/p>\n<p class=\"default__StyledText-sc-10mj2vp-0 CxBBS body-paragraph\">Les donn\u00e9es publi\u00e9es par la CNUCED mettent en lumi\u00e8re une r\u00e9alit\u00e9 frappante: plusieurs pays africains non signataires du Protocole de S\u00e3o Paulo affichent des parts d\u2019exportation vers l\u2019ensemble des participants au GSTP nettement sup\u00e9rieures \u00e0 celles des signataires africains. <\/p>\n<p class=\"default__StyledText-sc-10mj2vp-0 CxBBS body-paragraph\">Le B\u00e9nin arrive en t\u00eate avec 53% de ses exportations destin\u00e9es aux pays membres du GSTP, un record absolu parmi toutes les \u00e9conomies list\u00e9es. Viennent ensuite le Mozambique (35%), la Tanzanie (29%), le Nigeria (27%), la Guin\u00e9e (22%), le Cameroun (17%), le Ghana (12%), l\u2019Alg\u00e9rie (12%), la Tunisie (11%), le Soudan (13%), la Libye (5%) et le Zimbabwe (6%).<\/p>\n<p class=\"interstitial-link block-margin-bottom\">Lire aussi : <a href=\"https:\/\/afrique.le360.ma\/economie\/commerce-international-de-services-les-pays-et-les-secteurs-moteurs-de-la-croissance-solide-de_IETCV6CWEJDLPHR75RXMECDZ7M\/\" aria-label=\"Ouvrir un article associ\u00e9\" class=\"default__StyledLink-sc-10mj2vp-1 kkYPzd\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\">Commerce international de services: les pays et les secteurs moteurs de la croissance solide de l\u2019Afrique en 2025, selon l\u2019OMC<\/a><\/p>\n<p class=\"default__StyledText-sc-10mj2vp-0 CxBBS body-paragraph\">Ces chiffres r\u00e9v\u00e8lent une int\u00e9gration Sud-Sud d\u00e9j\u00e0 profonde pour plusieurs \u00e9conomies africaines, souvent port\u00e9e par les exportations de mati\u00e8res premi\u00e8res agricoles, de minerais et de produits halieutiques. Le B\u00e9nin, par exemple, voit plus de la moiti\u00e9 de ses ventes ext\u00e9rieures absorb\u00e9es par les autres membres du GSTP, un niveau comparable \u00e0 celui de l\u2019Iran (46%) ou de la Bolivie (40%). <\/p>\n<p class=\"default__StyledText-sc-10mj2vp-0 CxBBS body-paragraph\">Un constat qui interpelle. Alors que ces pays d\u00e9pendent fortement des d\u00e9bouch\u00e9s offerts par les autres pays en d\u00e9veloppement, ils ne b\u00e9n\u00e9ficient pas directement des pr\u00e9f\u00e9rences tarifaires pr\u00e9vues par le Protocole de S\u00e3o Paulo, faute de l\u2019avoir sign\u00e9.<\/p>\n<p class=\"default__StyledText-sc-10mj2vp-0 CxBBS body-paragraph\">Pour eux, l\u2019entr\u00e9e en vigueur du protocole ne changera rien \u00e0 court terme. Mais l\u2019\u00e9largissement \u00e9ventuel des engagements aux 42 participants, comme une possibilit\u00e9 pouvant porter les gains \u00e0 27 milliards de dollars, constituerait une opportunit\u00e9 majeure. Ces pays auraient alors tout int\u00e9r\u00eat \u00e0 rejoindre le m\u00e9canisme pour s\u00e9curiser leurs parts de march\u00e9 et accro\u00eetre leur valeur ajout\u00e9e locale. La note technique sur les fibres naturelles et alternatives, lanc\u00e9e lors de la COP34, pourrait servir de levier.<\/p>\n<p class=\"default__StyledText-sc-10mj2vp-0 CxBBS body-paragraph\">Les fibres naturelles: un cr\u00e9neau sous-exploit\u00e9<\/p>\n<p class=\"default__StyledText-sc-10mj2vp-0 CxBBS body-paragraph\">Le GSTP ne se limite pas aux droits de douane. La COP34 a \u00e9t\u00e9 l\u2019occasion de pr\u00e9senter un projet de note technique consacr\u00e9 aux possibilit\u00e9s commerciales dans les fibres naturelles et alternatives: jute, coir, algues, fibre de banane, d\u00e9chets de soie. L\u2019\u00e9tude de la CNUCED, encore en cours d\u2019\u00e9laboration, identifie des opportunit\u00e9s d\u2019expansion du commerce Sud-Sud et d\u2019augmentation de la valeur ajout\u00e9e gr\u00e2ce \u00e0 la transformation de ces mati\u00e8res premi\u00e8res en fibres et autres produits \u00e0 plus forte valeur.<\/p>\n<p class=\"default__StyledText-sc-10mj2vp-0 CxBBS body-paragraph\">Or, les membres du GSTP abritent environ 4 milliards de personnes et repr\u00e9sentent pr\u00e8s de 80% des exportations mondiales de fibres v\u00e9g\u00e9tales brutes. L\u2019Afrique y occupe une place de choix, m\u00eame si le texte ne d\u00e9taille pas la r\u00e9partition par pays. <\/p>\n<p class=\"interstitial-link block-margin-bottom\">Lire aussi : <a href=\"https:\/\/afrique.le360.ma\/economie\/commerce-meme-diversifies-les-echanges-intra-africains-ne-favorisent-pas-lintegration-regionale-les_JXLGNO3QPZGGFKVOBXQ2WUKIW4\/\" aria-label=\"Ouvrir un article associ\u00e9\" class=\"default__StyledLink-sc-10mj2vp-1 kkYPzd\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\">Commerce. M\u00eame diversifi\u00e9s, les \u00e9changes intra-africains ne favorisent pas l\u2019int\u00e9gration r\u00e9gionale: les raisons d\u2019un paradoxe <\/a><\/p>\n<p class=\"default__StyledText-sc-10mj2vp-0 CxBBS body-paragraph\">On peut toutefois raisonnablement penser que des pays comme le B\u00e9nin (coton), le Cameroun (coton, raphia), la Tanzanie (sisal), le Mozambique (coton, sisal), le Nigeria (coton, kenaf) ou la Guin\u00e9e (fibres naturelles diverses) sont directement concern\u00e9s. La transformation locale de ces fibres, plut\u00f4t que leur exportation brute, permettrait de capter une part plus importante de la valeur ajout\u00e9e mondiale.<\/p>\n<p class=\"default__StyledText-sc-10mj2vp-0 CxBBS body-paragraph\">La note technique recommande plusieurs mesures: renforcer les pr\u00e9f\u00e9rences tarifaires, consolider le traitement de la nation la plus favoris\u00e9e en franchise de droits, r\u00e9duire les obstacles non tarifaires, promouvoir la coop\u00e9ration technologique et soutenir des cha\u00eenes de valeur plus durables. Pour les pays africains, ces recommandations sont cruciales. Elles offrent une feuille de route pour sortir de la d\u00e9pendance aux mati\u00e8res premi\u00e8res brutes et b\u00e2tir des industries de transformation comp\u00e9titives, adoss\u00e9es \u00e0 un march\u00e9 pr\u00e9f\u00e9rentiel de plus de 4 milliards de consommateurs.<\/p>\n<p class=\"default__StyledText-sc-10mj2vp-0 CxBBS body-paragraph\">Un manuel pour passer de la n\u00e9gociation \u00e0 l\u2019application<\/p>\n<p class=\"default__StyledText-sc-10mj2vp-0 CxBBS body-paragraph\">La COP34 a \u00e9galement examin\u00e9 le premier projet de Manuel de mise en \u0153uvre du GSTP, destin\u00e9 aux d\u00e9cideurs politiques, aux autorit\u00e9s douani\u00e8res et aux fonctionnaires du commerce. Pr\u00e9par\u00e9 par la CNUCED, ce manuel vise \u00e0 faciliter l\u2019application du Protocole de S\u00e3o Paulo une fois celui-ci entr\u00e9 en vigueur. Il s\u2019agit d\u2019un outil essentiel pour les pays africains, dont les administrations douani\u00e8res manquent souvent de capacit\u00e9s techniques pour appliquer des r\u00e8gles d\u2019origine complexes ou g\u00e9rer des pr\u00e9f\u00e9rences tarifaires multiples.<\/p>\n<p class=\"default__StyledText-sc-10mj2vp-0 CxBBS body-paragraph\">Le texte pr\u00e9cise que le Comit\u00e9 des participants est l\u2019organe directeur du GSTP, et que la CNUCED en assure le secr\u00e9tariat. Cette architecture institutionnelle conf\u00e8re une certaine souplesse, mais elle exige aussi une appropriation politique forte de la part des \u00c9tats membres. Pour les pays africains, le manuel repr\u00e9sente une occasion de renforcer leurs comp\u00e9tences internes et d\u2019\u00e9viter les \u00e9cueils classiques des accords pr\u00e9f\u00e9rentiels mal appliqu\u00e9s, tels que les contentieux douaniers ou les d\u00e9tournements de trafic.<\/p>\n<p class=\"interstitial-link block-margin-bottom\">Lire aussi : <a href=\"https:\/\/afrique.le360.ma\/economie\/la-chine-renforce-ses-investissements-en-egypte-pour-la-premiere-visite-de-xi-en-dix-ans_YL5FU76TEVADZPN2KEADTUKISQ\/\" aria-label=\"Ouvrir un article associ\u00e9\" class=\"default__StyledLink-sc-10mj2vp-1 kkYPzd\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\">La Chine renforce ses investissements en Egypte pour la premi\u00e8re visite de Xi en dix ans<\/a><\/p>\n<p class=\"default__StyledText-sc-10mj2vp-0 CxBBS body-paragraph\">Le plan de travail 2026-2028 adopt\u00e9 lors de la COP34 met l\u2019accent sur la coop\u00e9ration technique, le renforcement des capacit\u00e9s, les travaux analytiques et la sensibilisation. Ces priorit\u00e9s correspondent aux besoins exprim\u00e9s de longue date par les \u00e9conomies africaines, souvent frein\u00e9es par le manque de donn\u00e9es fiables et d\u2019expertise juridique. La nouvelle base de donn\u00e9es GSTP, lanc\u00e9e pendant la session, r\u00e9pond en partie \u00e0 cette lacune en offrant des informations d\u00e9taill\u00e9es sur les flux commerciaux par pays, produit et partenaire.<\/p>\n<p class=\"default__StyledText-sc-10mj2vp-0 CxBBS body-paragraph\">Pedro Manuel Moreno, Secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral par int\u00e9rim de la CNUCED, a rappel\u00e9 que plus de la moiti\u00e9 des exportations des pays en d\u00e9veloppement vont d\u00e9sormais vers d\u2019autres \u00e9conomies en d\u00e9veloppement. Cette statistique, tir\u00e9e des donn\u00e9es de la CNUCED, bouleverse la vision traditionnelle d\u2019un Sud d\u00e9pendant des march\u00e9s du Nord. L\u2019Afrique participe pleinement \u00e0 cette dynamique: plusieurs de ses \u00e9conomies, comme le B\u00e9nin, le Mozambique ou la Tanzanie, r\u00e9alisent d\u00e9j\u00e0 plus d\u2019un quart de leurs exportations vers d\u2019autres pays du GSTP. Le commerce Sud-Sud est pass\u00e9 d\u2019environ 500 milliards de dollars en 1995 \u00e0 6 800 milliards en 2025, une multiplication par plus de treize en trois d\u00e9cennies.<\/p>\n<p class=\"default__StyledText-sc-10mj2vp-0 CxBBS body-paragraph\">Cette expansion spectaculaire s\u2019explique en partie par la mont\u00e9e en puissance de l\u2019Asie, mais aussi par l\u2019\u00e9mergence de cha\u00eenes de valeur r\u00e9gionales en Afrique et en Am\u00e9rique latine. Le GSTP offre un cadre institutionnel pour consolider ces flux et les orienter vers des produits \u00e0 plus forte valeur ajout\u00e9e. Pour l\u2019Afrique, l\u2019enjeu est double: d\u2019une part, s\u00e9curiser les d\u00e9bouch\u00e9s existants ; d\u2019autre part, diversifier les exportations au-del\u00e0 des mati\u00e8res premi\u00e8res brutes.<\/p>\n<p class=\"default__StyledText-sc-10mj2vp-0 CxBBS body-paragraph\">Attendre ou s\u2019engager ?<\/p>\n<p class=\"default__StyledText-sc-10mj2vp-0 CxBBS body-paragraph\">Le texte r\u00e9v\u00e8le une asym\u00e9trie frappante : sur les 42 participants au GSTP, seuls deux pays africains ont sign\u00e9 le Protocole de S\u00e3o Paulo (le Maroc et l\u2019\u00c9gypte) et aucun ne l\u2019a ratifi\u00e9. Les trois pays ayant ratifi\u00e9 sont Cuba, l\u2019Inde et la Malaisie. Cette situation place l\u2019Afrique dans une position inconfortable: elle est fortement repr\u00e9sent\u00e9e dans l\u2019accord-cadre, mais absente du m\u00e9canisme le plus ambitieux.<\/p>\n<p class=\"default__StyledText-sc-10mj2vp-0 CxBBS body-paragraph\">Les raisons de cette frilosit\u00e9 ne sont pas explicit\u00e9es. On peut toutefois avancer que les pays africains signataires p\u00e8sent le pour et le contre entre les avantages tarifaires attendus et les co\u00fbts d\u2019ajustement pour leurs industries locales. <\/p>\n<p class=\"interstitial-link block-margin-bottom\">Lire aussi : <a href=\"https:\/\/afrique.le360.ma\/economie\/millennium-challenge-corporation-2027-les-pays-africains-eligibles-les-exclus-et-ceux-sous-le_V6CZPLK36ZGCRBPLXJOADKAND4\/\" aria-label=\"Ouvrir un article associ\u00e9\" class=\"default__StyledLink-sc-10mj2vp-1 kkYPzd\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\">Millennium Challenge Corporation 2027: les pays africains \u00e9ligibles, les exclus et ceux sous le couperet de sanctions<\/a><\/p>\n<p class=\"default__StyledText-sc-10mj2vp-0 CxBBS body-paragraph\">Une r\u00e9duction de 20% des droits de douane sur 47.000 produits expose les producteurs nationaux \u00e0 une concurrence accrue de la part de pays comme l\u2019Inde ou la Malaisie, dont les capacit\u00e9s industrielles sont souvent sup\u00e9rieures. Pour des \u00e9conomies comme l\u2019\u00c9gypte ou le Maroc, qui cherchent \u00e0 prot\u00e9ger certains secteurs sensibles, la ratification exige des \u00e9tudes d\u2019impact approfondies et des mesures d\u2019accompagnement.<\/p>\n<p class=\"default__StyledText-sc-10mj2vp-0 CxBBS body-paragraph\">\u00c0 l\u2019inverse, les pays africains non signataires du Protocole de S\u00e3o Paulo, comme le B\u00e9nin ou le Mozambique, b\u00e9n\u00e9ficient d\u00e9j\u00e0 d\u2019un acc\u00e8s pr\u00e9f\u00e9rentiel au march\u00e9 du GSTP dans le cadre de l\u2019accord de 1988, mais sans les r\u00e9ductions additionnelles. Leur forte d\u00e9pendance vis-\u00e0-vis des autres membres du GSTP plaide pour une adh\u00e9sion au protocole, afin de verrouiller leurs parts de march\u00e9 et d\u2019obtenir des conditions plus favorables. L\u2019entr\u00e9e en vigueur du protocole pourrait cr\u00e9er un effet d\u2019entra\u00eenement, poussant ces pays \u00e0 demander leur adh\u00e9sion.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"L\u2019Afrique, souvent d\u00e9crite comme le continent de l\u2019avenir, a ici une chance de transformer une promesse en r\u00e9alit\u00e9.&hellip;\n","protected":false},"author":2,"featured_media":199128,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":"","_share_on_mastodon":"0"},"categories":[4],"tags":[6,116,75,12,2479,139,65,278,60491,86,1619,60490,22511,304,124],"class_list":["post-199127","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","category-afrique","tag-afrique","tag-algerie","tag-benin","tag-cameroun","tag-commerce-exterieur","tag-egypte","tag-exportations","tag-ghana","tag-gstp","tag-maroc","tag-mozambique","tag-protocole-de-sao-paulo","tag-sud-sud","tag-tanzanie","tag-tunisie"],"share_on_mastodon":{"url":"https:\/\/pubeurope.com\/@afrique\/117206912075443444","error":""},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/199127","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=199127"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/199127\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/media\/199128"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=199127"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=199127"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=199127"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}