{"id":199435,"date":"2026-09-03T19:03:30","date_gmt":"2026-09-03T19:03:30","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/199435\/"},"modified":"2026-09-03T19:03:30","modified_gmt":"2026-09-03T19:03:30","slug":"une-guitare-un-stylo-ou-un-crocodile-les-etonnants-cercueils-du-ghana-comme-un-dernier-hommage-aux-defunts-actualites","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/199435\/","title":{"rendered":"Une guitare, un stylo ou un crocodile: les \u00e9tonnants cercueils du Ghana comme un dernier hommage aux d\u00e9funts : Actualit\u00e9s"},"content":{"rendered":"<p class=\"lead \">Musicien brutalement d\u00e9c\u00e9d\u00e9 \u00e0 40 ans, le Ghan\u00e9en Frederick Teiko Ofori a pass\u00e9 une bonne partie de sa vie une guitare \u00e0 la main. C&rsquo;est donc tout naturellement que sa famille a d\u00e9cid\u00e9 de l&rsquo;enterrer dans un cercueil ayant la forme de son instrument f\u00e9tiche.<\/p>\n<p class=\"lead \">Ses proches, v\u00eatus de noir, et son \u00e9pouse, tenant dans ses bras leur b\u00e9b\u00e9 n\u00e9 \u00e0 peine une semaine avant la mort de l&rsquo;artiste dans un accident de la route, se sont recueillis une derni\u00e8re fois samedi devant l&rsquo;imposante guitare en bois peint et vernis aux cordes fushia \u00e0 Adjen Kotoku Amoama, une banlieue d&rsquo;Accra, la capitale ghan\u00e9enne. <\/p>\n<p class=\"lead \">Ce cercueil peu banal a \u00e9t\u00e9 fabriqu\u00e9 par Daniel Oblie Mensah, plus connu sous le nom de \u00ab\u00a0Hello\u00a0\u00bb, qui s&rsquo;inspire depuis 35 ans des m\u00e9tiers, des passions et du statut social des gens pour fabriquer le r\u00e9ceptacle de leur repos \u00e9ternel.<\/p>\n<p class=\"lead \">Au Ghana, en particulier au sein des communaut\u00e9s Ga autour de la capitale, les cercueils figuratifs ou fantaisistes peuvent prendre la forme de presque tout ce qui est associ\u00e9 au d\u00e9funt.<\/p>\n<p class=\"lead \">Les p\u00eacheurs peuvent \u00eatre enterr\u00e9s dans des poissons ou des pirogues, les agriculteurs dans des cabosses de cacao, les chauffeurs dans des voitures et les personnalit\u00e9s religieuses dans des bibles.<\/p>\n<p class=\"lead \">\u00ab\u00a0Chaque fois que quelqu&rsquo;un me commande un cercueil repr\u00e9sentant la profession du d\u00e9funt, cela m&rsquo;enthousiasme\u00a0\u00bb, explique Daniel Mensah dans son atelier de la banlieue d&rsquo;Accra. \u00ab\u00a0Cela m&rsquo;aide \u00e0 rendre v\u00e9ritablement hommage au d\u00e9funt et \u00e0 sa famille\u00a0\u00bb, s&rsquo;enorgueillit-il.<\/p>\n<p class=\"lead \">La tradition moderne des cercueils sculpturaux est apparue chez les artisans Ga des environs d&rsquo;Accra au milieu du XXe si\u00e8cle, s&rsquo;inspirant en partie des palanquins aux formes \u00e9labor\u00e9es utilis\u00e9s par les chefs traditionnels. <\/p>\n<p class=\"lead \">Aujourd&rsquo;hui, ces objets localement appel\u00e9s \u00ab\u00a0abebbu adekai\u00a0\u00bb (\u00ab\u00a0bo\u00eetes \u00e0 proverbes\u00a0\u00bb) occupent un espace singulier, \u00e0 mi-chemin entre l&rsquo;art fun\u00e9raire et l&rsquo;art contemporain.<\/p>\n<p class=\"lead \">Ils sont toujours enterr\u00e9s sous terre avec les d\u00e9funts, mais certaines versions sont \u00e9galement command\u00e9es par des collectionneurs et expos\u00e9es dans des mus\u00e9es \u00e0 des milliers de kilom\u00e8tres du Ghana.<\/p>\n<p class=\"lead \">Un cercueil en forme de guitare r\u00e9alis\u00e9 par l&rsquo;artiste ghan\u00e9en Paa Joe figure actuellement au Metropolitan Museum of Art de New York (Etats-Unis).<\/p>\n<p class=\"lead \">&#8211; Le dernier stylo d&rsquo;un enseignant &#8211; <\/p>\n<p class=\"lead \">Quelques jours avant l&rsquo;enterrement du musicien, l&rsquo;AFP avait assist\u00e9 \u00e0 une autre c\u00e9r\u00e9monie, celle rendant hommage \u00e0 un enseignant, Samuel Commey Tettey, d\u00e9c\u00e9d\u00e9 \u00e0 83 ans, surnomm\u00e9 \u00ab\u00a0Le Professeur\u00a0\u00bb par sa communaut\u00e9 de Paanor, dont le cercueil repr\u00e9sentait un stylo g\u00e9ant. <\/p>\n<p class=\"lead \">Daniel Mensah a pass\u00e9 environ deux semaines \u00e0 fabriquer ce stylo blanc et bleu \u00e0 la mine dor\u00e9e. Apr\u00e8s le recueillement, la musique et les rites, il n&rsquo;aura fallu que quelques minutes pour ensevelir d\u00e9finitivement le cercueil et son h\u00f4te. <\/p>\n<p class=\"lead \">Dans les ateliers des environs d&rsquo;Accra, des dizaines d&rsquo;autres vies attendent d&rsquo;\u00eatre transpos\u00e9es dans le bois.<\/p>\n<p class=\"lead \">\u00c0 l&rsquo;atelier de menuiserie Kane Kwei, Lawrence Okoe Anang, 26 ans, a grandi au milieu de ces \u0153uvres. Il a commenc\u00e9 \u00e0 apprendre le m\u00e9tier vers l&rsquo;\u00e2ge de 10 ans et dirige aujourd&rsquo;hui l&rsquo;activit\u00e9 familiale avec son fr\u00e8re. <\/p>\n<p class=\"lead \">Certains clients arrivent avec une photo repr\u00e9sentant exactement ce qu&rsquo;ils souhaitent, d&rsquo;autres se contentent de d\u00e9crire la vie de la personne d\u00e9c\u00e9d\u00e9e. C&rsquo;est dans ce dernier cas que les artisans peuvent laisser libre cours \u00e0 leur imagination. <\/p>\n<p class=\"lead \">L&rsquo;un des mod\u00e8les les plus difficiles dont se souvienne M. Anang \u00e9tait un crocodile command\u00e9 il y a plus de 10 ans pour un pr\u00eatre de la r\u00e9gion de la Volta, dans le sud-est du Ghana.<\/p>\n<p class=\"lead \">Son p\u00e8re avait fabriqu\u00e9 le cercueil, tandis que le fils, qui apprenait encore le m\u00e9tier \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque, aidait \u00e0 l&rsquo;atelier.<\/p>\n<p class=\"lead \">&#8211; Menuisier et artiste &#8211;<\/p>\n<p class=\"lead \">\u00ab\u00a0Un cercueil destin\u00e9 \u00e0 \u00eatre enterr\u00e9 co\u00fbte environ 900 dollars\u00a0\u00bb (10.000 c\u00e9dis ghan\u00e9ens, environ 770 euros), explique-t-il.<\/p>\n<p class=\"lead \">Mais les pi\u00e8ces destin\u00e9es \u00e0 des expositions peuvent se vendre le double car les artisans utilisent des mat\u00e9riaux plus r\u00e9sistants et des techniques de fabrication plus solides afin que les \u0153uvres puissent supporter le transport et les manipulations r\u00e9p\u00e9t\u00e9es.<\/p>\n<p class=\"lead \">\u00ab\u00a0Certaines cr\u00e9ations sont export\u00e9es. D&rsquo;autres sont achet\u00e9es comme objets de d\u00e9coration ou souvenirs\u00a0\u00bb, raconte Lawrence Anang, pour qui la fonction initiale des cercueils, \u00ab\u00a0honorer les d\u00e9funts\u00a0\u00bb, reste la plus importante. <\/p>\n<p class=\"lead \">La pratique a consid\u00e9rablement \u00e9volu\u00e9 depuis l&rsquo;\u00e9poque o\u00f9 seuls les outils \u00e0 main existaient. Les \u00e9quipements modernes ont acc\u00e9l\u00e9r\u00e9 la production, l&rsquo;approvisionnement en bois est devenu plus fiable et les commandes venues de l&rsquo;\u00e9tranger ont \u00e9largi le march\u00e9.<\/p>\n<p class=\"lead \">\u00ab\u00a0Je ne suis pas un menuisier ordinaire\u00a0\u00bb, commente M. Anang, qui esp\u00e8re que son propre fils suivra ses pas.<\/p>\n<p class=\"lead \">\u00ab\u00a0Je me consid\u00e8re \u00e0 la fois comme un menuisier et comme un artiste, car je cr\u00e9e quelque chose \u00e0 partir de rien, et c&rsquo;est ce que fait l&rsquo;artiste\u00a0\u00bb, estime-t-il.<\/p>\n<p class=\"small font-weight-bold text-gray3 \"> publi\u00e9 le 3 septembre \u00e0 08h07, AFP<\/p>\n<p>                             Partager<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"Musicien brutalement d\u00e9c\u00e9d\u00e9 \u00e0 40 ans, le Ghan\u00e9en Frederick Teiko Ofori a pass\u00e9 une bonne partie de sa&hellip;\n","protected":false},"author":2,"featured_media":199436,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":"","_share_on_mastodon":"0"},"categories":[161],"tags":[3801,245,278,387,60613,3257],"class_list":["post-199435","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","category-ghana","tag-artisanat","tag-culture","tag-ghana","tag-mort","tag-pompes-funbres","tag-services"],"share_on_mastodon":{"url":"https:\/\/pubeurope.com\/@afrique\/117208665493262660","error":""},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/199435","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=199435"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/199435\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/media\/199436"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=199435"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=199435"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=199435"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}