{"id":199849,"date":"2026-09-04T03:42:43","date_gmt":"2026-09-04T03:42:43","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/199849\/"},"modified":"2026-09-04T03:42:43","modified_gmt":"2026-09-04T03:42:43","slug":"ia-et-souverainete-numerique-alex-karp-patron-de-palantir-met-la-france-en-garde","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/199849\/","title":{"rendered":"\u00a0IA et souverainet\u00e9 num\u00e9rique : Alex Karp, patron de Palantir, met la France en garde"},"content":{"rendered":"<p>[DIGITAL Business Africa] \u2013 Le d\u00e9bat sur la souverainet\u00e9 num\u00e9rique prend une nouvelle dimension en <a href=\"https:\/\/www.digitalbusiness.africa\/cyberciminalite-la-france-secouee-par-une-vague-dattaques-sans-precedent\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener nofollow\">France<\/a>. Alors que Paris cherche \u00e0 r\u00e9duire sa d\u00e9pendance aux technologies am\u00e9ricaines dans les secteurs strat\u00e9giques, Alex Karp, directeur g\u00e9n\u00e9ral de Palantir, estime que certaines mesures prises par la France pourraient produire l\u2019effet inverse de celui recherch\u00e9.<\/p>\n<p>S\u2019exprimant aupr\u00e8s de l\u2019AFP, mercredi 2 septembre 2026, en marge d\u2019une r\u00e9union du <a href=\"https:\/\/g20.org\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener nofollow\">G20<\/a> \u00e0 Chapel Hill, en Caroline du Nord, le patron de Palantir a vivement critiqu\u00e9 les restrictions r\u00e9glementaires fran\u00e7aises visant notamment l\u2019utilisation de logiciels am\u00e9ricains par les administrations.<\/p>\n<p>\u00ab Ces mesures se retournent contre leurs auteurs \u00bb, a-t-il d\u00e9clar\u00e9, estimant que \u00ab l\u2019environnement r\u00e9glementaire n\u2019aide manifestement ni l\u2019Europe ni la France \u00bb.<\/p>\n<p>Cette sortie intervient dans un contexte particuli\u00e8rement sensible pour Palantir. La France a r\u00e9cemment d\u00e9cid\u00e9 de pr\u00e9parer le remplacement progressif de la soci\u00e9t\u00e9 am\u00e9ricaine aupr\u00e8s de la Direction g\u00e9n\u00e9rale de la s\u00e9curit\u00e9 int\u00e9rieure (DGSI), au profit de l\u2019entreprise fran\u00e7aise ChapsVision. Une d\u00e9cision motiv\u00e9e notamment par des pr\u00e9occupations li\u00e9es \u00e0 la souverainet\u00e9 des donn\u00e9es et \u00e0 la d\u00e9pendance technologique.<\/p>\n<p>Palantir fournit depuis plusieurs ann\u00e9es ses technologies d\u2019analyse de donn\u00e9es \u00e0 la DGSI. Son contrat reste actuellement op\u00e9rationnel, le temps que la solution appel\u00e9e \u00e0 lui succ\u00e9der soit d\u00e9velopp\u00e9e et d\u00e9ploy\u00e9e.<\/p>\n<p>Le choix de ChapsVision constitue n\u00e9anmoins un signal politique fort. Fond\u00e9e en 2019, l\u2019entreprise fran\u00e7aise a r\u00e9alis\u00e9 environ 200 millions d\u2019euros de chiffre d\u2019affaires l\u2019ann\u00e9e derni\u00e8re, contre 4,5 milliards de dollars pour Palantir.<\/p>\n<p>Pour Alex Karp, le probl\u00e8me ne r\u00e9side toutefois pas uniquement dans le choix entre une entreprise fran\u00e7aise et une entreprise am\u00e9ricaine. Il estime que les d\u00e9cisions concernant la souverainet\u00e9 technologique doivent \u00eatre prises \u00e0 partir d\u2019une compr\u00e9hension beaucoup plus fine des technologies utilis\u00e9es.<\/p>\n<p>\u00ab Il faut une r\u00e9glementation qui soit r\u00e9ellement utile. Et pour cela, il faut \u00eatre un expert technique \u00bb, affirme-t-il.<\/p>\n<p>Une d\u00e9claration qui vise directement la mani\u00e8re dont les \u00c9tats europ\u00e9ens construisent aujourd\u2019hui leurs politiques de souverainet\u00e9 num\u00e9rique.<\/p>\n<p>C\u2019est sur ce terrain qu\u2019Alex Karp se montre le plus offensif. Selon lui, remplacer une entreprise am\u00e9ricaine par une entreprise non am\u00e9ricaine ne garantit pas n\u00e9cessairement une v\u00e9ritable ind\u00e9pendance technologique si cette derni\u00e8re d\u00e9pend elle-m\u00eame de mod\u00e8les d\u2019intelligence artificielle propri\u00e9taires d\u00e9velopp\u00e9s aux \u00c9tats-Unis ou en Chine.<\/p>\n<p>Le patron de Palantir d\u00e9nonce ainsi ce qu\u2019il consid\u00e8re comme une \u00ab souverainet\u00e9 de fa\u00e7ade \u00bb.<\/p>\n<p>Pour illustrer son propos, il utilise une m\u00e9taphore particuli\u00e8rement provocatrice, comparant cette situation \u00e0 \u00ab un cinq \u00e0 sept sans pr\u00e9servatif \u00bb : une relation que l\u2019on pense prot\u00e9g\u00e9e alors qu\u2019elle ne l\u2019est pas r\u00e9ellement.<\/p>\n<p>Derri\u00e8re cette formule volontairement choc, son argument est plus technique : la souverainet\u00e9 num\u00e9rique ne d\u00e9pendrait pas uniquement de la nationalit\u00e9 du fournisseur, mais de la ma\u00eetrise effective des technologies, des mod\u00e8les, des infrastructures et des donn\u00e9es.<\/p>\n<p>Une question qui d\u00e9passe largement le cas de Palantir et de la DGSI. Elle concerne d\u00e9sormais l\u2019ensemble des strat\u00e9gies europ\u00e9ennes en mati\u00e8re d\u2019intelligence artificielle.<\/p>\n<p>Interrog\u00e9 sur les inqui\u00e9tudes europ\u00e9ennes concernant leur d\u00e9pendance aux technologies am\u00e9ricaines, notamment dans le contexte du retour de Donald Trump \u00e0 la pr\u00e9sidence des \u00c9tats-Unis, Alex Karp estime que l\u2019Europe ne peut plus se contenter d\u2019h\u00e9siter.<\/p>\n<p>\u00ab C\u2019est l\u2019heure du match \u00bb, lance-t-il. \u00ab Il faut r\u00e9gler les probl\u00e8mes techniques. Il y a des inqui\u00e9tudes l\u00e9gitimes, mais c\u2019est l\u2019heure du match. \u00bb<\/p>\n<p>Le dirigeant distingue cependant les pr\u00e9occupations techniques qu\u2019il juge l\u00e9gitimes de ce qu\u2019il qualifie d\u2019\u00ab alarmisme \u00bb.<\/p>\n<p>\u00ab On ne peut pas pr\u00e9tendre que les pr\u00e9occupations techniques r\u00e9elles sont la m\u00eame chose que les discours alarmistes \u00bb, soutient-il, tout en pr\u00e9cisant qu\u2019il ne consid\u00e8re pas que les entreprises am\u00e9ricaines doivent tout contr\u00f4ler.<\/p>\n<p>Karp affirme par ailleurs que ses critiques ne sont pas motiv\u00e9es par des consid\u00e9rations commerciales. Palantir \u00e9tant appel\u00e9 \u00e0 perdre progressivement son contrat avec la DGSI, cette pr\u00e9cision rev\u00eat une importance particuli\u00e8re.<\/p>\n<p>\u00ab Nous avons une pr\u00e9sence tr\u00e8s limit\u00e9e [en France]. Nous ne cherchons pas vraiment \u00e0 nous d\u00e9velopper \u00bb, assure-t-il.<\/p>\n<p>Malgr\u00e9 la virulence de ses propos, Alex Karp pr\u00e9sente son intervention comme un avertissement formul\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9gard d\u2019un pays qu\u2019il consid\u00e8re comme strat\u00e9gique.<\/p>\n<p>Il reprend ainsi un proverbe fran\u00e7ais : \u00ab Qui aime bien ch\u00e2tie bien. \u00bb<\/p>\n<p>\u00ab Je tiens \u00e0 vous \u00bb, affirme-t-il \u00e0 propos de la France, qu\u2019il d\u00e9crit comme \u00ab culturellement le pays le plus important d\u2019Europe, et \u00e9conomiquement le deuxi\u00e8me plus important \u00bb.<\/p>\n<p>Mais derri\u00e8re les formules du patron de Palantir se joue un d\u00e9bat beaucoup plus large.<\/p>\n<p>Palantir est elle-m\u00eame au c\u0153ur de nombreuses controverses en Europe. Des organisations de d\u00e9fense des droits humains d\u00e9noncent depuis plusieurs ann\u00e9es l\u2019utilisation de ses technologies dans le domaine de la surveillance et de l\u2019analyse de donn\u00e9es, ainsi que ses contrats avec le gouvernement am\u00e9ricain. L\u2019entreprise, cofond\u00e9e par Peter Thiel, a \u00e9galement \u00e9t\u00e9 critiqu\u00e9e pour son implication pr\u00e9sum\u00e9e dans les op\u00e9rations militaires isra\u00e9liennes \u00e0 Gaza.<\/p>\n<p>Ces controverses alimentent pr\u00e9cis\u00e9ment les interrogations europ\u00e9ennes sur la d\u00e9pendance aux technologies am\u00e9ricaines.<\/p>\n<p>Le choix fran\u00e7ais de privil\u00e9gier ChapsVision s\u2019inscrit donc dans une r\u00e9flexion strat\u00e9gique plus vaste : comment garantir la ma\u00eetrise des donn\u00e9es sensibles et des technologies critiques \u00e0 l\u2019heure o\u00f9 l\u2019intelligence artificielle devient une infrastructure strat\u00e9gique ?<\/p>\n<p>Alex Karp apporte une r\u00e9ponse provocatrice : changer de fournisseur ne suffit pas si les technologies fondamentales restent \u00e9trang\u00e8res.<\/p>\n<p>La France, comme le reste de l\u2019Europe, est ainsi confront\u00e9e \u00e0 une \u00e9quation complexe : d\u00e9velopper ses propres capacit\u00e9s technologiques, prot\u00e9ger ses donn\u00e9es strat\u00e9giques et, dans le m\u00eame temps, continuer \u00e0 b\u00e9n\u00e9ficier des technologies les plus performantes disponibles sur le march\u00e9.<\/p>\n<p>Un d\u00e9bat qui ne fait que commencer et qui, avec l\u2019essor de l\u2019IA, pourrait devenir l\u2019un des principaux enjeux de la souverainet\u00e9 num\u00e9rique europ\u00e9enne.<\/p>\n<p>Par Lo\u00efc SOUOP<\/p>\n<p>Source\u00a0: AFP<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"[DIGITAL Business Africa] \u2013 Le d\u00e9bat sur la souverainet\u00e9 num\u00e9rique prend une nouvelle dimension en France. 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