{"id":200136,"date":"2026-09-04T10:46:13","date_gmt":"2026-09-04T10:46:13","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/200136\/"},"modified":"2026-09-04T10:46:13","modified_gmt":"2026-09-04T10:46:13","slug":"dossier-stress-hydrique-en-tunisie-la-crise-de-leau-ne-se-resume-plus-au-niveau-des-barrages","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/200136\/","title":{"rendered":"DOSSIER | Stress hydrique en Tunisie : la crise de l\u2019eau ne se r\u00e9sume plus au niveau des barrages"},"content":{"rendered":"<p>        <img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-401295 size-full\" src=\"data:image\/svg+xml,%3Csvg%20xmlns=\" http:=\"\" alt=\"Eau Boureille\" width=\"680\" height=\"400\" data-lazy- data-lazy- data-lazy-src=\"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/bouteilles-eau-bacteries.jpg\"\/><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-401295 size-full\" src=\"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/bouteilles-eau-bacteries.jpg\" alt=\"Eau Boureille\" width=\"680\" height=\"400\"  \/>Eau Boureille<\/p>\n<p>D\u00c9CRYPTAGE \u2014 Ressources hydriques, agriculture, nappes souterraines, gouvernance : les analyses de l\u2019experte Raoudha Gafrej invitent \u00e0 revoir en profondeur le mod\u00e8le tunisien de gestion de l\u2019eau. Si les pluies de 2026 ont offert un r\u00e9pit spectaculaire aux barrages, elles ne changent pas l\u2019\u00e9quation de fond : la Tunisie dispose structurellement de moins d\u2019eau que ses besoins et doit d\u00e9sormais arbitrer entre mobilisation de nouvelles ressources, pr\u00e9servation des r\u00e9serves et transformation des usages.<\/p>\n<p>Il suffit parfois de quelques mois de pluie pour donner l\u2019impression que la crise est pass\u00e9e. Au printemps 2026, apr\u00e8s plusieurs ann\u00e9es de s\u00e9cheresse, les barrages tunisiens ont retrouv\u00e9 des niveaux que le pays n\u2019avait plus connus depuis longtemps. Leur taux de remplissage a approch\u00e9 67 % d\u00e9but mai avant de revenir autour de 60 % \u00e0 la mi-juin, selon la Direction g\u00e9n\u00e9rale des barrages.<\/p>\n<p>Deux ans et demi auparavant, en d\u00e9cembre 2023, l\u2019experte en ressources hydriques et adaptation climatique Dr Raoudha Gafrej alertait sur un taux proche de 22 %.<\/p>\n<p>Le contraste est spectaculaire. Mais c\u2019est pr\u00e9cis\u00e9ment l\u00e0 que commence le vrai d\u00e9bat : un barrage mieux rempli ne signifie pas n\u00e9cessairement qu\u2019un pays est sorti de la p\u00e9nurie d\u2019eau.<\/p>\n<p>La crise tunisienne est d\u00e9sormais moins celle d\u2019une mauvaise ann\u00e9e pluviom\u00e9trique que celle d\u2019un d\u00e9s\u00e9quilibre durable entre ressources disponibles, demandes croissantes, infrastructures vieillissantes et \u00e9volution du climat.<\/p>\n<p>Sous les 500 m\u00b3 : une contrainte devenue structurelle<\/p>\n<p>Les estimations varient selon les ann\u00e9es et les m\u00e9thodes de calcul, mais convergent sur le diagnostic.<\/p>\n<p>La FAO situe la disponibilit\u00e9 tunisienne autour de 420 m\u00b3 par habitant et par an, tandis qu\u2019une \u00e9tude de la Banque mondiale retient environ 395 m\u00b3 en 2021. Un rapport plus r\u00e9cent projette m\u00eame une diminution de 357 m\u00b3 par habitant en 2020 \u00e0 environ 268 m\u00b3 \u00e0 l\u2019horizon 2050.<\/p>\n<p>Dans tous les cas, la Tunisie se situe sous le seuil de 500 m\u00b3 par habitant et par an, couramment utilis\u00e9 comme indicateur de p\u00e9nurie absolue ou chronique.<\/p>\n<p>Autrement dit, m\u00eame avec des barrages remplis \u00e0 100 %, la contrainte structurelle ne dispara\u00eetrait pas.<\/p>\n<p>C\u2019est pr\u00e9cis\u00e9ment l\u2019un des messages r\u00e9p\u00e9t\u00e9s par Raoudha Gafrej. Dans un entretien publi\u00e9 en 2024, elle soulignait que le remplissage des retenues ne pouvait \u00e0 lui seul r\u00e9soudre la crise puisque les besoins agricoles, domestiques, industriels et environnementaux continueraient \u00e0 se partager une ressource globalement insuffisante.<\/p>\n<p>La question n\u2019est donc plus seulement : combien d\u2019eau pouvons-nous stocker ? Elle devient : que faisons-nous de chaque m\u00e8tre cube disponible ?<\/p>\n<p>Les barrages : infrastructure indispensable ou mod\u00e8le arriv\u00e9 \u00e0 ses limites ?<\/p>\n<p>C\u2019est sur ce terrain que l\u2019analyse de Raoudha Gafrej devient particuli\u00e8rement disruptive.<\/p>\n<p>En avril 2024, l\u2019experte d\u00e9clarait que si la d\u00e9cision lui appartenait, elle ne construirait plus de nouveaux barrages et privil\u00e9gierait davantage le r\u00e9tablissement du cycle naturel de l\u2019eau. Son raisonnement : retenir toujours davantage les \u00e9coulements en surface peut se faire au d\u00e9triment de l\u2019infiltration, des nappes, des milieux situ\u00e9s en aval et des \u00e9cosyst\u00e8mes.<\/p>\n<p>Cette position ne constitue pas un consensus technique sur l\u2019utilit\u00e9 des barrages. Ceux-ci restent essentiels pour l\u2019alimentation en eau potable, l\u2019irrigation, la r\u00e9gulation des crues et les transferts entre r\u00e9gions.<\/p>\n<p>La Tunisie poursuit d\u2019ailleurs ses investissements. Les barrages de Douimis et du Mell\u00e8gue sup\u00e9rieur repr\u00e9sentent \u00e0 eux seuls pr\u00e8s de 245 millions de m\u00b3 de capacit\u00e9 suppl\u00e9mentaire, tandis que le chantier du barrage de Sa\u00efda, d\u2019environ 45 millions de m\u00b3, reste consid\u00e9r\u00e9 comme strat\u00e9gique pour renforcer le syst\u00e8me des eaux du Nord.<\/p>\n<p>Mais la critique de Gafrej pose une question \u00e9conomique plus large : ajouter des capacit\u00e9s de stockage produit-il encore le m\u00eame rendement qu\u2019au cours des d\u00e9cennies pr\u00e9c\u00e9dentes ?<\/p>\n<p>Les retenues sont confront\u00e9es \u00e0 l\u2019envasement, \u00e0 l\u2019\u00e9vaporation et \u00e0 une plus grande irr\u00e9gularit\u00e9 des apports.<\/p>\n<p>La Banque mondiale indique que l\u2019accumulation moyenne de s\u00e9diments dans les r\u00e9servoirs tunisiens avait atteint environ 22,6 % en 2021, r\u00e9duisant m\u00e9caniquement leur capacit\u00e9 utile.<\/p>\n<p>Construire davantage sans r\u00e9duire les pertes, prot\u00e9ger les bassins versants et am\u00e9liorer la gestion des r\u00e9seaux peut donc finir par ressembler \u00e0 une course permanente entre nouvelles capacit\u00e9s et capacit\u00e9s perdues.<\/p>\n<p>Stocker en surface ou recharger les nappes ?<\/p>\n<p>Le deuxi\u00e8me pilier du raisonnement de Raoudha Gafrej concerne les eaux souterraines.<\/p>\n<p>Le sol n\u2019est pas uniquement un support sur lequel l\u2019eau tombe avant d\u2019\u00eatre capt\u00e9e. Il constitue un immense syst\u00e8me de stockage naturel. Lorsqu\u2019une partie des pr\u00e9cipitations s\u2019infiltre suffisamment profond\u00e9ment, elle peut contribuer \u00e0 la recharge des nappes et constituer une r\u00e9serve mieux prot\u00e9g\u00e9e de l\u2019\u00e9vaporation directe.<\/p>\n<p>D\u2019o\u00f9 l\u2019id\u00e9e de compl\u00e9ter la logique traditionnelle du \u00ab retenir et transf\u00e9rer \u00bb par une logique de ralentissement des \u00e9coulements, infiltration, restauration des sols et recharge ma\u00eetris\u00e9e des aquif\u00e8res.<\/p>\n<p>Mais un paradoxe appara\u00eet imm\u00e9diatement : les nappes tunisiennes sont d\u00e9j\u00e0 sous pression.<\/p>\n<p>Selon la FAO, environ 68 % de l\u2019eau utilis\u00e9e pour l\u2019irrigation provient des nappes profondes et superficielles, contre environ 28 % des grands barrages. Certaines nappes pr\u00e9sentent une salinit\u00e9 \u00e9lev\u00e9e et connaissent une surexploitation chronique.<\/p>\n<p>Lorsqu\u2019un barrage manque d\u2019eau et que les allocations agricoles diminuent, les exploitants ne cessent pas n\u00e9cessairement d\u2019irriguer. Ils cherchent une autre source.<\/p>\n<p>C\u2019est pr\u00e9cis\u00e9ment ce qui inqui\u00e8te Gafrej : multiplication des sondages, forages non contr\u00f4l\u00e9s et pr\u00e9l\u00e8vements d\u00e9passant parfois la capacit\u00e9 naturelle de renouvellement des aquif\u00e8res. Elle \u00e9voquait en 2024 quelque 30 000 forages anarchiques.<\/p>\n<p>Le risque est alors de transformer une s\u00e9cheresse visible \u2014 celle des barrages \u2014 en une crise invisible : la baisse progressive du capital souterrain.<\/p>\n<p>Agriculture : le v\u00e9ritable n\u0153ud de l\u2019\u00e9quation<\/p>\n<p>C\u2019est probablement l\u00e0 que se situe la r\u00e9forme la plus difficile.<\/p>\n<p>L\u2019agriculture absorbe pr\u00e8s de 80 % des pr\u00e9l\u00e8vements d\u2019eau en Tunisie. En 2019, les usages agricoles repr\u00e9sentaient environ 2,93 milliards de m\u00e8tres cubes, soit 77 % des pr\u00e9l\u00e8vements recens\u00e9s.<\/p>\n<p>Aucune politique hydrique de long terme ne peut donc \u00e9viter la question agricole.<\/p>\n<p>Le probl\u00e8me n\u2019est pas simplement de demander aux agriculteurs de \u00ab consommer moins \u00bb. L\u2019eau d\u00e9termine les rendements, les revenus ruraux, l\u2019emploi, les prix alimentaires et, in fine, le niveau des importations.<\/p>\n<p>Une r\u00e9duction brutale de l\u2019irrigation peut \u00e9conomiser de l\u2019eau mais augmenter la facture alimentaire ext\u00e9rieure.<\/p>\n<p>L\u2019enjeu est donc celui de la productivit\u00e9 \u00e9conomique et alimentaire de l\u2019eau : quelles cultures produire, dans quelles r\u00e9gions, avec quelles techniques et pour quelle valeur ajout\u00e9e par m\u00e8tre cube ?<\/p>\n<p>Raoudha Gafrej d\u00e9fend depuis plusieurs ann\u00e9es l\u2019id\u00e9e que la Tunisie devra repenser une partie de son mod\u00e8le agricole et m\u00eame certains modes de consommation face \u00e0 une disponibilit\u00e9 durablement r\u00e9duite.<\/p>\n<p>Le changement climatique renforce cette n\u00e9cessit\u00e9. Le minist\u00e8re de l\u2019Environnement anticipe notamment une pression accrue sur les nappes, une baisse des rendements c\u00e9r\u00e9aliers et arboricoles, une perte de fertilit\u00e9 des sols et une fragilisation \u00e9conomique croissante des exploitants.<\/p>\n<p>Le phytoplancton : la crise hydrique d\u00e9passe les fronti\u00e8res des barrages<\/p>\n<p>L\u2019une des dimensions les plus inhabituelles du discours de Gafrej concerne les liens entre rivi\u00e8res, mer et climat.<\/p>\n<p>Les cours d\u2019eau transportent naturellement des s\u00e9diments et des nutriments vers les zones c\u00f4ti\u00e8res. Or les barrages en retiennent une partie.<\/p>\n<p>L\u2019experte rappelle le r\u00f4le majeur du phytoplancton dans les \u00e9cosyst\u00e8mes marins, la production d\u2019oxyg\u00e8ne et le cycle mondial du carbone. Elle cite notamment des ordres de grandeur d\u2019environ 50 % pour la contribution du phytoplancton \u00e0 la production mondiale d\u2019oxyg\u00e8ne et d\u2019environ 25 % pour l\u2019absorption du CO\u2082 anthropique par les oc\u00e9ans.<\/p>\n<p>Il faut n\u00e9anmoins distinguer le ph\u00e9nom\u00e8ne global de son impact tunisien : l\u2019importance du phytoplancton dans le climat est bien document\u00e9e, mais il serait excessif d\u2019attribuer quantitativement aux barrages tunisiens une part identifiable de la diminution mondiale du puits de carbone oc\u00e9anique.<\/p>\n<p>L\u2019int\u00e9r\u00eat de l\u2019argument est ailleurs : une politique de l\u2019eau ne peut plus \u00eatre pens\u00e9e uniquement comme une politique de tuyaux, de retenues et de pompes. Elle doit int\u00e9grer bassins versants, sols, nappes, zones humides, agriculture et \u00e9cosyst\u00e8mes c\u00f4tiers.<\/p>\n<p>Dessalement : indispensable, mais pas une permission de gaspiller<\/p>\n<p>Face \u00e0 la rar\u00e9faction des ressources conventionnelles, le dessalement s\u2019impose progressivement dans le paysage tunisien.<\/p>\n<p>Il peut s\u00e9curiser l\u2019approvisionnement des grandes zones urbaines et c\u00f4ti\u00e8res et r\u00e9duire la pression sur certaines ressources conventionnelles. Avec la r\u00e9utilisation des eaux us\u00e9es trait\u00e9es, il constitue l\u2019une des principales ressources dites \u00ab non conventionnelles \u00bb.<\/p>\n<p>Mais aucune usine de dessalement ne peut r\u00e9gler seule l\u2019\u00e9quation.<\/p>\n<p>Le dessalement demande de l\u2019\u00e9nergie, des investissements, une maintenance continue et pose la question du traitement des saumures. Surtout, produire de l\u2019eau ch\u00e8re pour la perdre ensuite dans des r\u00e9seaux d\u00e9grad\u00e9s constituerait un non-sens \u00e9conomique.<\/p>\n<p>La priorit\u00e9 accord\u00e9e par Raoudha Gafrej \u00e0 la r\u00e9habilitation du r\u00e9seau de la SONEDE prend ici tout son sens.<\/p>\n<p>La s\u00e9curit\u00e9 hydrique se joue autant dans le rendement des infrastructures existantes que dans la construction de nouvelles capacit\u00e9s.<\/p>\n<p>Du prix de l\u2019eau \u00e0 sa valeur<\/p>\n<p>Reste enfin le sujet le plus sensible politiquement : la tarification.<\/p>\n<p>Une eau artificiellement sous-\u00e9valu\u00e9e r\u00e9duit l\u2019incitation \u00e0 \u00e9conomiser la ressource et fragilise financi\u00e8rement les op\u00e9rateurs. Une hausse brutale des tarifs ferait en revanche peser le co\u00fbt de la r\u00e9forme sur les m\u00e9nages vuln\u00e9rables et les petits agriculteurs.<\/p>\n<p>La r\u00e9ponse pourrait passer par une tarification progressive : pr\u00e9server un volume essentiel accessible, puis augmenter le co\u00fbt des consommations \u00e9lev\u00e9es, tout en diff\u00e9renciant davantage les usages.<\/p>\n<p>Plus profond\u00e9ment, la Tunisie doit passer du prix administratif de l\u2019eau \u00e0 la notion de valeur de l\u2019eau.<\/p>\n<p>Cette valeur inclut son co\u00fbt de captage, de pompage, de transfert, de traitement et de distribution, mais aussi sa raret\u00e9 et son r\u00f4le \u00e9conomique, social et environnemental.<\/p>\n<p>Les cinq chiffres qui r\u00e9sument l\u2019\u00e9quation hydrique<\/p>\n<p>395 \u00e0 420 m\u00b3\/habitant\/an : ordre de grandeur r\u00e9cent de la disponibilit\u00e9 en eau en Tunisie selon les sources.<br \/>\n500 m\u00b3\/habitant\/an : seuil indicatif de p\u00e9nurie absolue ou chronique.<br \/>\nPr\u00e8s de 80 % : part de l\u2019agriculture dans les pr\u00e9l\u00e8vements en eau.<br \/>\nEnviron 60 % : taux de remplissage des barrages annonc\u00e9 \u00e0 la mi-juin 2026, contre environ 22 % lors de la situation critique \u00e9voqu\u00e9e fin 2023.<br \/>\n268 m\u00b3\/habitant\/an : disponibilit\u00e9 projet\u00e9e \u00e0 l\u2019horizon 2050 dans un r\u00e9cent diagnostic de la Banque mondiale.<\/p>\n<p>2026 : profiter du r\u00e9pit avant la prochaine s\u00e9cheresse<\/p>\n<p>L\u2019am\u00e9lioration des barrages en 2026 offre \u00e0 la Tunisie quelque chose de rare : du temps.<\/p>\n<p>La Banque mondiale a d\u2019ailleurs approuv\u00e9 en mars 2026 une premi\u00e8re phase de programmes consacr\u00e9s \u00e0 la s\u00e9curit\u00e9 et \u00e0 la r\u00e9silience hydriques, financ\u00e9e \u00e0 hauteur de 332,5 millions de dollars, visant \u00e0 la fois l\u2019eau potable et la modernisation de l\u2019agriculture irrigu\u00e9e.<\/p>\n<p>Ce r\u00e9pit serait gaspill\u00e9 s\u2019il conduisait \u00e0 consid\u00e9rer la crise comme termin\u00e9e.<\/p>\n<p>Le v\u00e9ritable indicateur de r\u00e9ussite ne sera pas le remplissage exceptionnel d\u2019un barrage apr\u00e8s une bonne saison. Il sera la capacit\u00e9 du pays \u00e0 traverser la prochaine succession d\u2019ann\u00e9es s\u00e8ches sans rationnement brutal, \u00e9puisement acc\u00e9l\u00e9r\u00e9 des nappes ni effondrement de certaines productions agricoles.<\/p>\n<p>C\u2019est au fond le principal enseignement du diagnostic port\u00e9 par Raoudha Gafrej : la Tunisie ne peut plus gouverner l\u2019eau comme si la raret\u00e9 \u00e9tait un accident climatique.<\/p>\n<p>La raret\u00e9 devient la donn\u00e9e permanente.<\/p>\n<p>La politique publique doit d\u00e9sormais \u00eatre construite autour d\u2019elle.<\/p>\n<p>EN BREF<\/p>\n<p>P\u00e9nurie structurelle irr\u00e9versible : La disponibilit\u00e9 en eau (395-420 m\u00b3\/hab\/an) reste sous le seuil de p\u00e9nurie absolue (500 m\u00b3), malgr\u00e9 le remplissage des barrages \u00e0 60 % \u00e0 mi-juin 2026.<br \/>\nObsolescence du mod\u00e8le des barrages : L\u2019envasement des retenues atteint 22,6 %, r\u00e9duisant le rendement \u00e9conomique des nouveaux investissements de surface.<br \/>\nMenace sur les ressources souterraines : L\u2019irrigation d\u00e9pend \u00e0 68 % des nappes, sous la pression de plus de 30 000 forages non r\u00e9gul\u00e9s.<br \/>\nArbitrage du mod\u00e8le agricole : L\u2019agriculture concentre pr\u00e8s de 80 % des pr\u00e9l\u00e8vements (2,93 milliards de m\u00b3), imposant une r\u00e9vision de la valeur ajout\u00e9e cr\u00e9\u00e9e par m\u00e8tre cube.<br \/>\nOpportunit\u00e9 financi\u00e8re 2026 : La Banque mondiale a engag\u00e9 332,5 millions de dollars pour s\u00e9curiser l\u2019eau potable et moderniser l\u2019irrigation.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"Eau Boureille D\u00c9CRYPTAGE \u2014 Ressources hydriques, agriculture, nappes souterraines, gouvernance : les analyses de l\u2019experte Raoudha Gafrej invitent&hellip;\n","protected":false},"author":2,"featured_media":189638,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":"","_share_on_mastodon":"0"},"categories":[120],"tags":[60882,60883,60451,10541,124],"class_list":["post-200136","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","category-tunisie","tag-barrages-tunisie-2026","tag-eau-agricole-tunisie","tag-raoudha-gafrej","tag-stress-hydrique-tunisie","tag-tunisie"],"share_on_mastodon":{"url":"https:\/\/pubeurope.com\/@afrique\/117212373716121438","error":""},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/200136","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=200136"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/200136\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/media\/189638"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=200136"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=200136"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=200136"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}