{"id":200323,"date":"2026-09-04T13:49:10","date_gmt":"2026-09-04T13:49:10","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/200323\/"},"modified":"2026-09-04T13:49:10","modified_gmt":"2026-09-04T13:49:10","slug":"migrations-cinq-pays-europeens-cherchent-leurs-centres-de-retour-en-afrique","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/200323\/","title":{"rendered":"Migrations\u00a0: cinq pays europ\u00e9ens cherchent leurs \u00ab\u00a0centres de retour\u00a0\u00bb en Afrique"},"content":{"rendered":"<p class=\"c-paragraph q-paragraph-fix\">Quel pays hors de l\u2019UE accueillera les \u00ab centres de retour \u00bb des migrants frapp\u00e9s d\u2019\u00e9loignement ? Cinq pays ont pris les devants. <a href=\"https:\/\/www.lepoint.fr\/monde\/comment-la-politique-migratoire-musclee-du-danemark-a-conquis-l-europe-08-12-2025-2604882_24.php\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer nofollow noopener\" title=\"https:\/\/www.lepoint.fr\/monde\/comment-la-politique-migratoire-musclee-du-danemark-a-conquis-l-europe-08-12-2025-2604882_24.php\">Le Danemark, fer de lance de l\u2019initiative<\/a>, r\u00e9unit aujourd\u2019hui, vendredi 4 septembre, ses partenaires allemands, autrichiens, grecs et n\u00e9erlandais. La r\u00e9union \u00e0 Copenhague sera pr\u00e9sid\u00e9e par Morten Bodskov, le ministre danois de l\u2019Immigration et de l\u2019Int\u00e9gration, un poids lourd de la social-d\u00e9mocratie danoise qui a d\u00e9j\u00e0 \u00e9cum\u00e9 les minist\u00e8res de la Justice, des Imp\u00f4ts, de la D\u00e9fense et de l\u2019\u00c9conomie, avec un int\u00e9rim aux Finances.<\/p>\n<p class=\"c-paragraph\">Il a pris son portefeuille actuel le 3 juin et, depuis, sillonne les capitales int\u00e9ress\u00e9es par cette \u00ab solution innovante \u00bb. Il \u00e9tait \u00e0 Rome le 8 juillet, chez Matteo Piantedosi, \u00e0 Berlin le 9 juillet chez Alexander Dobrindt, \u00e0 Vienne le 17 ao\u00fbt chez Gerhard Karner, \u00e0 La Haye puis de nouveau \u00e0 Berlin le 20 ao\u00fbt, et \u00e0 Ath\u00e8nes le 24 ao\u00fbt. La r\u00e9union de Copenhague est l\u2019aboutissement de cette tourn\u00e9e.<\/p>\n<p class=\"c-paragraph\">Le groupe, que les Danois appellent la \u00ab femlandegruppe \u00bb, s\u2019est constitu\u00e9 au printemps pour identifier des pays d\u2019accueil. Une douzaine ont \u00e9t\u00e9 pass\u00e9s en revue. Deux tiennent la corde : l\u2019Ouganda, avec lequel les discussions seraient les plus avanc\u00e9es selon le quotidien grec I Kathimerini, et le Rwanda, r\u00e9v\u00e9l\u00e9 par Der Spiegel. Le premier centre, dot\u00e9 de 5 000 \u00e0 10 000 places, viserait une ouverture en 2027, \u00e0 l\u2019exclusion des mineurs. Mais pour l\u2019heure, les cinq gouvernements refusent de confirmer, au motif que la publicit\u00e9 nuirait aux n\u00e9gociations.<\/p>\n<p>Tarir \u00ab le commerce louche des passeurs \u00bb<\/p>\n<p class=\"c-paragraph\">La logique des \u00ab centres de retour \u00bb est dissuasive avant d\u2019\u00eatre op\u00e9rationnelle. Elle repose sur le pari que la plupart des personnes qui seraient sujettes aux transferts choisiraient un retour volontaire dans leur pays d\u2019origine plut\u00f4t que de rester en Ouganda ou au Rwanda.<\/p>\n<p class=\"c-paragraph\">Autrement dit, il s\u2019agit moins de renvoyer que de faire savoir qu\u2019on renvoie : celui qui paie un passeur pour rejoindre Copenhague ou Lampedusa doit s\u2019attendre \u00e0 finir dans un pays africain qu\u2019il n\u2019a pas choisi (et dans des conditions peu enviables). Bodskov ne s\u2019en cache pas et parle d\u2019un \u00ab signal fort \u00bb adress\u00e9 aux migrants, dont l\u2019objet est de tarir \u00ab le commerce louche des passeurs \u00bb.<\/p>\n<p class=\"c-paragraph\">Mais l\u2019effet recherch\u00e9 suppose que la destination soit assez peu enviable pour d\u00e9courager le d\u00e9part, quand le r\u00e8glement europ\u00e9en exige, lui, que ces centres respectent les droits fondamentaux et que l\u2019accord ne soit conclu qu\u2019avec des pays o\u00f9 les standards internationaux sont observ\u00e9s. On sent une certaine contradiction\u2026<\/p>\n<p class=\"c-paragraph\">L\u2019Agence des droits fondamentaux de l\u2019Union avait pos\u00e9, d\u00e8s f\u00e9vrier 2025, trois conditions pr\u00e9alables pour que ces structures ne deviennent pas des \u00ab zones de non-droit \u00bb : une d\u00e9cision de retour valide et ex\u00e9cutoire prise apr\u00e8s examen individuel ; un accord juridiquement contraignant avec le pays h\u00f4te, assorti d\u2019une analyse d\u2019impact sur les droits fondamentaux ; des garanties de traitement licite sur place, respect du non-refoulement compris.<\/p>\n<p>Macron ne s\u2019oppose pas au principe, mais au financement par l\u2019UE<\/p>\n<p class=\"c-paragraph\">Elle y ajoutait la n\u00e9cessit\u00e9 d\u2019un m\u00e9canisme de contr\u00f4le ind\u00e9pendant, et rappelait que les \u00c9tats membres demeurent responsables des violations commises dans ces centres. Si toutes ces conditions sont respect\u00e9es, que restera-t-il de l\u2019effet dissuasif ?<\/p>\n<p class=\"c-paragraph\">Dans un communiqu\u00e9 publi\u00e9 vendredi matin, le ministre Bodskov avance que le Danemark doit \u00eatre pr\u00eat \u00e0 envoyer ses premiers \u00e9trangers en s\u00e9jour irr\u00e9gulier vers un pays partenaire avant la fin de 2027. Les ministres doivent s\u2019accorder sur les \u00e9tapes menant au premier accord de partenariat, dont le principe directeur affich\u00e9 est l\u2019avantage mutuel entre l\u2019Union et le pays d\u2019accueil. La Commission europ\u00e9enne est tenue inform\u00e9e. Pour autant, elle n\u2019est pas partie aux discussions, men\u00e9es hors des canaux de l\u2019Union.<\/p>\n<p class=\"c-paragraph\">C\u2019est une condition \u00e0 laquelle le pr\u00e9sident Macron tient. Il ne s\u2019est pas oppos\u00e9 \u00e0 l\u2019adoption du <a href=\"https:\/\/www.lepoint.fr\/monde\/retour-des-migrants-la-droite-dure-europeenne-impose-sa-ligne-JEOQPXTJPRCQDCRZDNSAWKH6VA\/\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer nofollow noopener\" title=\"https:\/\/www.lepoint.fr\/monde\/retour-des-migrants-la-droite-dure-europeenne-impose-sa-ligne-JEOQPXTJPRCQDCRZDNSAWKH6VA\/\">R\u00e8glement sur le retour<\/a> qui encadre et autorise les \u00c9tats membres \u00e0 se tourner vers les \u00ab return hubs \u00bb mais cela n\u2019en fait \u00ab pas une politique de l\u2019Union \u00bb. D\u2019o\u00f9 son refus d\u2019un financement europ\u00e9en aux pays int\u00e9ress\u00e9s.<\/p>\n<p>Le mod\u00e8le italien, sans l\u2019Italie<\/p>\n<p class=\"c-paragraph\">Cela peut para\u00eetre curieux, mais Rome, dont le protocole albanais sert pourtant de r\u00e9f\u00e9rence, n\u2019est pas membre du \u00ab club des Cinq \u00bb. Giorgia Meloni pilote le versant politique de l\u2019initiative en lien avec la Premi\u00e8re ministre danoise, Mette Frederiksen.<\/p>\n<p class=\"c-paragraph\">Les deux capitales ont fait signer, apr\u00e8s la crise de Ceuta, une lettre de vingt-deux chefs d\u2019\u00c9tat et de gouvernement \u00e0 Ursula von der Leyen. La France, l\u2019Espagne, le Luxembourg et le Portugal ont \u00e9t\u00e9 les seuls pays \u00e0 ne pas la signer (avec l\u2019Irlande tenue \u00e0 la neutralit\u00e9 en raison de sa pr\u00e9sidence tournante). Mais l\u2019Italie souhaite que ces centres soient financ\u00e9s par le budget europ\u00e9en. C\u2019est ce qui la s\u00e9pare du club des Cinq, lesquels avancent sur leurs propres fonds nationaux. D\u2019o\u00f9 les frictions Meloni-Macron sur le sujet\u2026<\/p>\n<p class=\"c-paragraph\">Le <a href=\"https:\/\/www.lepoint.fr\/monde\/pour-freiner-l-immigration-l-italie-ouvre-son-centre-pour-migrants-en-albanie-15-10-2024-2572777_24.php\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer nofollow noopener\" title=\"https:\/\/www.lepoint.fr\/monde\/pour-freiner-l-immigration-l-italie-ouvre-son-centre-pour-migrants-en-albanie-15-10-2024-2572777_24.php\">dispositif italien en Albanie sert de r\u00e9f\u00e9rence<\/a>, mais aussi d\u2019avertissement. Rome a pr\u00e9vu 670 millions d\u2019euros sur cinq ans et 36 000 places par an. Les juges de Rome ayant refus\u00e9, d\u00e8s octobre 2024, de tenir l\u2019\u00c9gypte et le Bangladesh pour des pays d\u2019origine s\u00fbrs, les centres ont \u00e9t\u00e9 convertis en mars 2025 en structures d\u2019expulsion. Ils ont re\u00e7u environ 500 personnes.<\/p>\n<p class=\"c-paragraph\">Trois affaires sur la l\u00e9galit\u00e9 de la r\u00e9tention hors de l\u2019Union sont pendantes devant la Cour de justice de l\u2019UE. Le 23 avril, l\u2019avocat g\u00e9n\u00e9ral Nicholas Emiliou dans l\u2019affaire Sedrata a estim\u00e9 que le protocole albanais \u00e9tait compatible avec le droit europ\u00e9en \u00e0 condition que les droits des migrants soient pleinement garantis. L\u2019arr\u00eat de la CJUE n\u2019est pas encore rendu.<\/p>\n<p>La crise de Ceuta en toile de fond<\/p>\n<p class=\"c-paragraph\">Le ministre danois, Morten Bodskov justifie l\u2019urgence par <a href=\"https:\/\/www.lepoint.fr\/monde\/maroc-espagne-coup-de-grisou-migratoire-a-ceuta-QBDK5FUUKJEV7F4MNZ2O6KR3VY\/\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer nofollow noopener\" title=\"https:\/\/www.lepoint.fr\/monde\/maroc-espagne-coup-de-grisou-migratoire-a-ceuta-QBDK5FUUKJEV7F4MNZ2O6KR3VY\/\">l\u2019affaire Ceuta<\/a>, o\u00f9 quelque 60 000 personnes ont franchi la fronti\u00e8re de l\u2019enclave espagnole au Maroc les 30 et 31 juillet. La quasi-totalit\u00e9 \u00e9tait repartie au Maroc en quarante-huit heures, \u00e0 l\u2019issue d\u2019un arrangement bilat\u00e9ral entre Madrid et Rabat. Le gouvernement espagnol a qualifi\u00e9 ces retours de \u00ab volontaires \u00bb.<\/p>\n<p class=\"c-paragraph\">Cependant, entre 8 000 et 11 000 personnes demeuraient \u00e0 Ceuta douze jours plus tard. Les Vingt-Sept aborderont le sujet au Conseil europ\u00e9en d\u2019octobre. Et l\u2019on s\u2019attend \u00e0 ce que les d\u00e9bats entre Pedro Sanchez, Giorgia Meloni, Emmanuel Macron, Friedrich Merz et Mette Frederiksen soient vifs.<\/p>\n<p class=\"c-paragraph\">Le d\u00e9bat porte \u00e0 la fois sur l\u2019efficacit\u00e9 pratique du dispositif et ses cons\u00e9quences g\u00e9opolitiques vis-\u00e0-vis de l\u2019Afrique. \u00ab Oui pour une politique qui lutte contre l\u2019immigration ill\u00e9gale, qui nous rend plus efficaces, qui conduit \u00e0 des retours \u00bb, affirmait Emmanuel Macron \u00e0 l\u2019issue du Conseil europ\u00e9en du 19 juin.<\/p>\n<p class=\"c-paragraph\">\u00ab Pour ce qui est de la France, disait encore le pr\u00e9sident fran\u00e7ais, non \u00e0 des centres de retour ou des \u201chubs de retour\u201d dans des pays tiers. Parce que je crois que ce n\u2019est ni efficace ni ne correspond aux principes qui sont les n\u00f4tres. (&#8230;) Bon courage pour d\u00e9fendre notre cr\u00e9dibilit\u00e9 sur le continent africain en expliquant que l\u2019on va utiliser le budget de l\u2019Union afin de faire des centres de retours sur leur continent, l\u00e0 o\u00f9 la totalit\u00e9 de l\u2019Union africaine se mobilise sur des questions historiques \u00f4 combien sensibles. \u00bb<\/p>\n<p class=\"c-paragraph\">Dans le <a href=\"https:\/\/www.ft.com\/content\/b1319f3b-5a8e-445c-918e-77f25809e2fe?syn-25a6b1a6=1\" target=\"_self\" rel=\"nofollow noopener\" title=\"https:\/\/www.ft.com\/content\/b1319f3b-5a8e-445c-918e-77f25809e2fe?syn-25a6b1a6=1\">Financial Times<\/a>, la Premi\u00e8re ministre danoise justifiait que la gauche prenne en main avec vigueur la question migratoire. \u00ab En tant que sociale-d\u00e9mocrate, il est assez clair que le prix pay\u00e9 quand la migration se transforme en probl\u00e8me est pay\u00e9 par les classes populaires de votre soci\u00e9t\u00e9, disait-elle. (&#8230;) \u00catre sociale-d\u00e9mocrate aujourd\u2019hui signifie s\u2019attaquer \u00e0 l\u2019immigration de masse en Europe. Personne n\u2019est parvenu \u00e0 me convaincre que ce n\u2019est pas une id\u00e9e sociale-d\u00e9mocrate d\u2019avoir des centres de retour hors d\u2019Europe. \u00bb Le pr\u00e9sident Macron et la Premi\u00e8re ministre danoise s\u2019en sont expliqu\u00e9s en t\u00eate-\u00e0-t\u00eate. Chacun campe sur ses positions.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"Quel pays hors de l\u2019UE accueillera les \u00ab centres de retour \u00bb des migrants frapp\u00e9s d\u2019\u00e9loignement ? Cinq&hellip;\n","protected":false},"author":2,"featured_media":200324,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":"","_share_on_mastodon":"0"},"categories":[2],"tags":[3056,1450,522,18,7957,314,3468,486,69],"class_list":["post-200323","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","category-europe","tag-allemagne","tag-autriche","tag-danemark","tag-europe","tag-grece","tag-ouganda","tag-pays-bas","tag-rwanda","tag-union-europeenne"],"share_on_mastodon":{"url":"https:\/\/pubeurope.com\/@afrique\/117213093502035059","error":""},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/200323","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=200323"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/200323\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/media\/200324"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=200323"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=200323"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=200323"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}