{"id":200827,"date":"2026-09-05T05:41:16","date_gmt":"2026-09-05T05:41:16","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/200827\/"},"modified":"2026-09-05T05:41:16","modified_gmt":"2026-09-05T05:41:16","slug":"surete-portuaire-afrique-et-enjeux-geopolitiques","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/200827\/","title":{"rendered":"S\u00fbret\u00e9 portuaire Afrique et enjeux g\u00e9opolitiques"},"content":{"rendered":"<p>\n    Imprimer l\u2019article \ud83d\udda8\ufe0f<\/p>\n<p>      \u00c9couter \ud83d\udd0a<br \/>\n      Stop<\/p>\n<p>lediplomate.media \u2014 imprim\u00e9 le 05\/09\/2026<\/p>\n<p><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"576\" src=\"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-content\/uploads\/2026\/09\/TEXTE-548-Olivier-dAuzon-1024x576.jpg\" alt=\"S\u00fbret\u00e9 portuaire\" class=\"wp-image-24944\"  \/>R\u00e9alisation\u00a0Le Lab Le Diplo<\/p>\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Par Olivier d\u2019Auzon \u2013\u00a0D\u00e9couvrez son dernier ouvrage chez Erick Bonnier :\u00a0<a href=\"https:\/\/www.erickbonnier-editions.com\/fonds-maghreb-afrique-3-0\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\">AFRIQUE 3.0<\/a><\/p>\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le Nigeria peut souffler. Apr\u00e8s douze ann\u00e9es de mise \u00e0 l\u2019\u00e9cart, ses ports sont enfin jug\u00e9s conformes aux normes antiterroristes de Washington. Mais pour dix autres nations africaines, l\u2019\u00e9tau se resserre. Derri\u00e8re les arcanes techniques de la s\u00e9curit\u00e9 maritime se dessine une g\u00e9opolitique imp\u00e9riale o\u00f9 les \u00c9tats-Unis, par la gr\u00e2ce du\u00a0Maritime Transportation Security Act(MTSA), placent leurs lignes rouges bien au-del\u00e0 de leurs eaux territoriales.<\/p>\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le 19 ao\u00fbt\u00a02026,\u00a0l\u2019US Coast Guard\u00a0a confirm\u00e9 le maintien sous haute surveillance de Madagascar, du Cameroun, des Seychelles, de la Guin\u00e9e \u00e9quatoriale, du Soudan, de la Gambie, de la Guin\u00e9e-Bissau, de la Libye, des Comores et de S\u00e3o Tom\u00e9-et-Principe. Tous ces \u00c9tats sont accus\u00e9s de ne pas maintenir de \u00ab mesures antiterroristes efficaces \u00bb dans leurs installations portuaires. Concr\u00e8tement, tout navire ayant fait escale dans l\u2019un de ces pays lors de ses cinq derni\u00e8res escales devra, avant d\u2019accoster aux \u00c9tats-Unis, se soumettre \u00e0 un r\u00e9gime d\u2019exception : inspections intrusives, gardes arm\u00e9s, d\u00e9clarations de s\u00e9curit\u00e9 renforc\u00e9es. En cas de manquement, l\u2019entr\u00e9e en port am\u00e9ricain peut \u00eatre purement et simplement refus\u00e9e.<\/p>\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u00c0 lire aussi : <a href=\"https:\/\/lediplomate.media\/conflit-ethiopie-somalie\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener nofollow\">ANALYSE \u2013 Le dilemme maritime de l\u2019\u00c9thiopie : Une ambition en eaux troubles<\/a><\/p>\n<p>La diplomatie du conteneur<\/p>\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Cette d\u00e9cision n\u2019a rien d\u2019une simple lubie administrative. Elle est le reflet d\u2019une diplomatie o\u00f9 la s\u00e9curit\u00e9 des cha\u00eenes logistiques devient l\u2019arme d\u2019une influence massive. En imposant ses standards au reste du monde, Washington rappelle qu\u2019il tient le gouvernail de la mondialisation maritime. Les \u00e9valuateurs de l\u2019US Coast Guard ne se contentent pas de v\u00e9rifier des barbel\u00e9s ou des badges : ils auscultent la gouvernance des \u00c9tats, leur capacit\u00e9 \u00e0 contr\u00f4ler leurs c\u00f4tes face \u00e0 la menace terroriste, et leur volont\u00e9 politique de se conformer au code ISPS (International Ship and Port Facility Security Code), ce r\u00e9f\u00e9rentiel international n\u00e9 des cendres du 11-Septembre.<\/p>\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Et ce faisant, ils tracent une ligne de fracture nette au sein du continent africain. D\u2019un c\u00f4t\u00e9, le Nigeria, qui a pass\u00e9 avec succ\u00e8s quatre audits am\u00e9ricains entre mars 2024 et avril 2026. Le pays a su muscler son agence maritime (NIMASA) et int\u00e9grer les donn\u00e9es de surveillance dans les centres r\u00e9gionaux de partage d\u2019information. Une belle le\u00e7on de r\u00e9alisme pour Abuja, qui voit d\u00e9sormais ses co\u00fbts logistiques diminuer et son attractivit\u00e9 portuaire grimper en fl\u00e8che.<\/p>\n<p>Faillites d\u2019\u00c9tat et menaces djihadistes<\/p>\n<p class=\"wp-block-paragraph\">De l\u2019autre c\u00f4t\u00e9, les dix \u00ab recal\u00e9s \u00bb partagent un triste point commun : un \u00c9tat de droit maritime d\u00e9faillant, quand ce n\u2019est pas une quasi-faillite politique. La Libye et le Soudan, d\u00e9chir\u00e9s par des guerres civiles, n\u2019ont tout simplement plus les moyens de contr\u00f4ler leurs quais. Mais le probl\u00e8me est plus profond encore. Dans le golfe de Guin\u00e9e, o\u00f9 s\u00e9vissent le Cameroun et la Guin\u00e9e \u00e9quatoriale, la menace ne vient pas seulement des pirates.\u00a0<\/p>\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La n\u00e9buleuse terroriste sah\u00e9lienne (JNIM, \u00c9tat islamique) tente inexorablement de couler vers la mer, cherchant \u00e0 utiliser les ports comme portes d\u2019entr\u00e9e pour le trafic d\u2019armes ou de stup\u00e9fiants. Les Seychelles, les Comores et Madagascar, elles, sont les vigies fragiles de l\u2019oc\u00e9an Indien, vuln\u00e9rables aux d\u00e9tournements de navires et aux trafics en provenance de la Corne de l\u2019Afrique.<\/p>\n<p>Et la France dans tout cela ?<\/p>\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Paris ne peut rester spectateur de cette surveillance renforc\u00e9e. Le pavillon fran\u00e7ais, via des armateurs comme\u00a0la CMA CGM, est en premi\u00e8re ligne. Chaque escale dans ces ports \u00ab sensibles \u00bb se traduit par une inflation des co\u00fbts d\u2019exploitation (recrutement de gardes priv\u00e9s, documentation alourdie, retards de surestaries).\u00a0<\/p>\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Ces contraintes fragilisent directement nos cha\u00eenes d\u2019approvisionnement et notre comp\u00e9titivit\u00e9. Plus encore, la France poss\u00e8de des int\u00e9r\u00eats strat\u00e9giques vitaux dans les eaux o\u00f9 ces pays sont situ\u00e9s, notamment dans l\u2019oc\u00e9an Indien avec les \u00eeles de La R\u00e9union et Mayotte. L\u2019instabilit\u00e9 portuaire \u00e0 Madagascar ou aux Comores nous expose, par ricochet, \u00e0 une ins\u00e9curit\u00e9 r\u00e9gionale que nous ne ma\u00eetrisons pas.<\/p>\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Cette d\u00e9cision am\u00e9ricaine devrait interpeller l\u2019Europe. Bruxelles se contente trop souvent de suivre les standards de l\u2019OMI sans les imposer avec la m\u00eame vigueur. Washington ne demande pas l\u2019impossible ; il exige une discipline de fer et des investissements dans la s\u00e9curit\u00e9. Peut-\u00eatre est-il temps que l\u2019Union europ\u00e9enne, et la France en particulier, se dotent de leurs propres m\u00e9canismes de v\u00e9rification pour peser dans ce jeu, sous peine de voir la\u00a0s\u00fbret\u00e9 maritimedevenir un simple synonyme de\u00a0law am\u00e9ricaine.<\/p>\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Au fond, ce que nous dit l\u2019US Coast Guard, c\u2019est que la libert\u00e9 des mers n\u2019existe plus sans la rigueur des \u00c9tats. Et que pour une dizaine de pays africains, le chemin vers la conformit\u00e9 sera long. L\u2019exemple nig\u00e9rian prouve qu\u2019il est praticable, mais il exige des gouvernements une volont\u00e9 politique que les capitales concern\u00e9es n\u2019ont pas encore montr\u00e9e. En attendant, ce sont les armateurs et, in fine, les consommateurs qui paieront la facture de cette ins\u00e9curit\u00e9 portuaire. Une mise en garde s\u00e9v\u00e8re, adress\u00e9e \u00e0 l\u2019Afrique, mais aussi \u00e0 ses partenaires europ\u00e9ens qui naviguent dans le sillage am\u00e9ricain.<\/p>\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u00c0 lire aussi : <a href=\"https:\/\/lediplomate.media\/influence-chine-commerce-maritime-afrique\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener nofollow\">ANALYSE \u2013 Comment la Chine impose son empreinte sur les ports africains<\/a><\/p>\n<p class=\"wp-block-paragraph\">#S\u00fbret\u00e9Portuaire, #S\u00e9curit\u00e9Portuaire, #S\u00fbret\u00e9Maritime, #S\u00e9curit\u00e9Maritime, #Afrique, #PortsAfricains, #USCoastGuard, #\u00c9tatsUnis, #Washington, #Nigeria, #Cameroun, #Madagascar, #Seychelles, #Guin\u00e9e\u00c9quatoriale, #Soudan, #Gambie, #Guin\u00e9eBissau, #Libye, #Comores, #SaoTomeEtPrincipe, #CodeISPS, #ISPSCode, #MTSA, #TransportMaritime, #CommerceMaritime, #G\u00e9opolitique, #G\u00e9opolitiqueAfricaine, #G\u00e9opolitiqueMaritime, #Ports, #S\u00e9curit\u00e9Internationale, #Terrorisme, #Antiterrorisme, #PiraterieMaritime, #GolfeDeGuin\u00e9e, #Oc\u00e9anIndien, #CMA_CGM, #Cha\u00eenesLogistiques, #SupplyChain, #UnionEurop\u00e9enne, #FranceAfrique<\/p>\n<p>            <img loading=\"lazy\" alt=\"auzon\" src=\"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-content\/uploads\/2026\/06\/cropped-olivier-auzon-120x120.jpg\"  class=\"avatar avatar-120 photo\" height=\"120\" width=\"120\" decoding=\"async\"\/>        <\/p>\n<p>                Olivier d&rsquo;Auzon            <\/p>\n<p>Olivier d\u2019Auzon est consultant juriste aupr\u00e8s des Nations unies, de l\u2019Union europ\u00e9enne et de la Banque mondiale. Il a notamment publi\u00e9 : Piraterie maritime d\u2019aujourd\u2019hui (VA \u00c9ditions), Et si l\u2019Eurasie repr\u00e9sentait \u00ab la nouvelle fronti\u00e8re \u00bb ? (VA \u00c9ditions), L\u2019Inde face \u00e0 son destin (Lavauzelle), ou encore La Revanche de Poutine (Erick Bonnier).<\/p>\n<p>                \u25bc Lire la biographie compl\u00e8te<\/p>\n<p>                <a href=\"https:\/\/lediplomate.media\/auteur\/olivierdauzon\/\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\"><br \/>\n                    Voir tous les articles de cet auteur \u2192<br \/>\n                <\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"Imprimer l\u2019article \ud83d\udda8\ufe0f \u00c9couter \ud83d\udd0a Stop lediplomate.media \u2014 imprim\u00e9 le 05\/09\/2026 R\u00e9alisation\u00a0Le Lab Le Diplo Par Olivier d\u2019Auzon&hellip;\n","protected":false},"author":2,"featured_media":200828,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":"","_share_on_mastodon":"0"},"categories":[4],"tags":[6,2326,193],"class_list":["post-200827","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","category-afrique","tag-afrique","tag-analyse","tag-etats-unis"],"share_on_mastodon":{"url":"https:\/\/pubeurope.com\/@afrique\/117216836963754098","error":""},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/200827","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=200827"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/200827\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/media\/200828"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=200827"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=200827"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=200827"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}