{"id":201338,"date":"2026-09-05T19:41:13","date_gmt":"2026-09-05T19:41:13","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/201338\/"},"modified":"2026-09-05T19:41:13","modified_gmt":"2026-09-05T19:41:13","slug":"elections-2026-le-maroc-face-au-risque-de-labstention","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/201338\/","title":{"rendered":"\u00c9lections 2026\u00a0: le Maroc face au risque de l\u2019abstention"},"content":{"rendered":"\n<p><a href=\"https:\/\/www.washingtoninstitute.org\/experts\/mohamed-chtatou\" target=\"_blank\" rel=\"noopener nofollow\">Mohamed Chtatou, universitaire marocain<\/a>, a publi\u00e9 une analyse sur la plateforme Eurasia Review, dans un article consacr\u00e9 aux \u00e9lections marocaines et \u00e0 la crise de la repr\u00e9sentativit\u00e9 politique. Il s\u2019appuie notamment sur les r\u00e9sultats des enqu\u00eates d\u2019<a href=\"https:\/\/www.afrobarometer.org\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener nofollow\">Afrobarometer<\/a>, un r\u00e9seau africain ind\u00e9pendant et non partisan qui mesure les tendances de l\u2019opinion publique concernant la d\u00e9mocratie, la gouvernance, les institutions politiques, l\u2019\u00e9conomie et la qualit\u00e9 de vie dans les pays africains.<\/p>\n<p>Une confiance limit\u00e9e chez les jeunes<\/p>\n<p>Les derni\u00e8res donn\u00e9es du r\u00e9seau consacr\u00e9es \u00e0 la jeunesse marocaine font appara\u00eetre un niveau de confiance limit\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9gard de plusieurs institutions et acteurs politiques. Quelque 37% des jeunes interrog\u00e9s d\u00e9clarent faire confiance au Parlement, contre 34% pour les conseils communaux et 33% pour le chef du gouvernement.<\/p>\n<p>La m\u00eame proportion, soit 33%, est enregistr\u00e9e pour les partis de la majorit\u00e9 comme pour ceux de l\u2019opposition, tandis que les autres indicateurs traduisent une appr\u00e9ciation prudente des performances de plusieurs institutions et \u00e9lus.<\/p>\n<p>S\u2019agissant de l\u2019action gouvernementale et l\u00e9gislative, 29% des jeunes approuvent la performance du chef du gouvernement, contre 28% pour celle des parlementaires. Le taux d\u2019approbation de l\u2019action des conseillers communaux s\u2019\u00e9tablit, lui, \u00e0 30%.<\/p>\n<p>Un int\u00e9r\u00eat pour la reddition des comptes, mais une faible participation<\/p>\n<p>Ces r\u00e9sultats ne signifient pas, en eux-m\u00eames, que les jeunes se d\u00e9sint\u00e9ressent de la politique. Les donn\u00e9es montrent que 67% d\u2019entre eux sont favorables \u00e0 ce que le chef du gouvernement rende des comptes devant le Parlement sur l\u2019utilisation des deniers publics, tandis que 63% approuvent son obligation de respecter les lois et les d\u00e9cisions de justice, m\u00eame lorsqu\u2019ils les jugent erron\u00e9es.<\/p>\n<p>En revanche, <a href=\"https:\/\/ar.lebrief.ma\/2004-%d8%a7%d9%86%d8%aa%d8%ae%d8%a7%d8%a8%d8%a7%d8%aa-2026-%d8%a3%d9%83%d8%a7%d8%af%d9%8a%d9%85%d9%8a-%d9%85%d8%ba%d8%b1%d8%a8%d9%8a\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener nofollow\">le r\u00e9seau rel\u00e8ve une moindre participation des jeunes<\/a> \u00e0 certaines formes traditionnelles d\u2019engagement politique, notamment le vote et le sentiment de proximit\u00e9 avec un parti, par rapport aux cat\u00e9gories plus \u00e2g\u00e9es. D\u2019autres formes d\u2019expression politique \u00e9mergent toutefois, en particulier sur les r\u00e9seaux sociaux et \u00e0 travers les mouvements de protestation.<\/p>\n<p>Cette situation met en \u00e9vidence un d\u00e9calage entre l\u2019adh\u00e9sion aux principes de gouvernance et de reddition des comptes et le niveau d\u2019implication dans certains canaux politiques traditionnels. Il s\u2019agit de l\u2019un des \u00e9l\u00e9ments que l\u2019analyse de Chtatou inscrit dans le contexte plus large de la crise de la repr\u00e9sentativit\u00e9.<\/p>\n<p>Chtatou relie l\u2019abstention \u00e0 la crise de la repr\u00e9sentativit\u00e9<\/p>\n<p>Pour Mohamed Chtatou, le risque d\u2019abstention ne doit pas \u00eatre r\u00e9duit \u00e0 un d\u00e9sint\u00e9r\u00eat pour les \u00e9lections. Il doit \u00eatre examin\u00e9 \u00e0 la lumi\u00e8re du niveau de confiance accord\u00e9 aux partis et aux institutions, ainsi que de la nature de la relation entre les \u00e9lecteurs et les acteurs politiques. Son analyse s\u2019int\u00e9resse \u00e9galement \u00e0 l\u2019\u00e9miettement du paysage partisan, \u00e0 la similitude des programmes et des discours, ainsi qu\u2019au poids des consid\u00e9rations locales, des r\u00e9seaux d\u2019influence et de l\u2019argent dans la comp\u00e9tition \u00e9lectorale.<\/p>\n<p>Selon cette lecture, une faible participation, si elle se confirme au terme du scrutin, constituera un indicateur \u00e0 analyser au m\u00eame titre que les r\u00e9sultats eux-m\u00eames. Elle pourrait refl\u00e9ter, en partie, la nature de la relation actuelle entre les citoyens et les institutions politiques.<\/p>\n<p>Il convient toutefois de rappeler que les donn\u00e9es d\u2019Afrobarometer ne constituent pas une mesure \u00e9lectorale sp\u00e9cifique aux \u00e9lections du 23 septembre et ne pr\u00e9disent pas le taux de participation ou d\u2019abstention lors de ce scrutin. De m\u00eame, leurs r\u00e9sultats sur la confiance des jeunes et la participation politique ne suffisent pas \u00e0 d\u00e9montrer que les \u00e9lecteurs s\u2019abstiendront de voter. Ils fournissent plut\u00f4t des indicateurs susceptibles d\u2019\u00e9clairer l\u2019analyse du climat politique et social entourant les \u00e9lections.<\/p>\n<p>Dans cette perspective, Chtatou pr\u00e9sente les \u00e9lections de 2026 comme un test d\u00e9passant la seule r\u00e9partition des partis au sein du prochain Parlement. Il s\u2019agit aussi d\u2019\u00e9valuer leur capacit\u00e9 \u00e0 mobiliser les \u00e9lecteurs et \u00e0 restaurer la confiance dans l\u2019action partisane et les institutions \u00e9lues, alors que plusieurs indicateurs font appara\u00eetre une distance notable entre une partie de la jeunesse et les canaux traditionnels de participation politique.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"Mohamed Chtatou, universitaire marocain, a publi\u00e9 une analyse sur la plateforme Eurasia Review, dans un article consacr\u00e9 aux&hellip;\n","protected":false},"author":2,"featured_media":201339,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":"","_share_on_mastodon":"0"},"categories":[83],"tags":[86],"class_list":["post-201338","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","category-maroc","tag-maroc"],"share_on_mastodon":{"url":"https:\/\/pubeurope.com\/@afrique\/117220139526561556","error":""},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/201338","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=201338"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/201338\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/media\/201339"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=201338"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=201338"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=201338"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}