{"id":202538,"date":"2026-09-07T10:49:59","date_gmt":"2026-09-07T10:49:59","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/202538\/"},"modified":"2026-09-07T10:49:59","modified_gmt":"2026-09-07T10:49:59","slug":"une-afrique-au-coeur-et-a-lesprit","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/202538\/","title":{"rendered":"Une Afrique au c\u0153ur et \u00e0 l&rsquo;esprit"},"content":{"rendered":"<p class=\"ap-StoryElement ap-StoryElement--mb ap-StoryText\">Didier Claes a frapp\u00e9 fort et, avant d&rsquo;en avoir un aper\u00e7u concret, nous savions d&rsquo;avance que sa d\u00e9monstration ne serait pas de la poudre pour moineaux. Pas de la poudre aux yeux. Fi de superlatifs inutiles mais un mot d&rsquo;ordre \u2013 m\u00eame si nous abhorrons de tels mots d&rsquo;o\u00f9 qu&rsquo;ils viennent : cette exposition doit triompher de toutes les r\u00e9ticences ; elle bouscule les attentes les mieux avis\u00e9es, pr\u00e9cisant d\u00e8s l&rsquo;abord, mot utile du ma\u00eetre orf\u00e8vre de Africa Legacy : \u00ab\u00a0L&rsquo;expo rend hommage aux plus grands artistes issus des civilisations majeures du continent africain \u2013 parfois diasporas \u2013 dont les \u0153uvres t\u00e9moignent encore aujourd&rsquo;hui d&rsquo;une puissance formelle et d&rsquo;une remarquable permanence.\u00a0\u00bb On ne pouvait mieux dire.<\/p>\n<p class=\"ap-StoryElement ap-StoryElement--mb ap-StoryText\">En raison d&rsquo;une sc\u00e9nographie qui, sans cloisonner quoi que ce soit, privil\u00e9gie une approche dynamique et op\u00e9rante des tr\u00e9sors mis sous des yeux, les n\u00f4tres, illico \u00e9blouis \u2013 Whaouh !, nous sommes-nous entendu prof\u00e9rer \u00e0 peine entrevue une s\u00e9lection du rez-de-chauss\u00e9e d\u00e9volue aux tr\u00e9sors ancestraux.<\/p>\n<p class=\"ap-StoryElement ap-StoryElement--mb ap-StoryText\">Ces effigies, statuettes ou masques, anciens tr\u00e9sors votifs \u00e0 haute connotation spirituelle, anc\u00eatres de la for\u00eat ou divinit\u00e9s familiales apparaissent d&rsquo;une telle anciennet\u00e9, d&rsquo;une qualit\u00e9 rarement vue ailleurs, m\u00eame dans les meilleurs mus\u00e9es du genre qu&rsquo;un label, \u00e9toil\u00e9 au maximum, enl\u00e8ve d&#8217;embl\u00e9e notre appr\u00e9ciation. M\u00eame Tervuren \u2013 et encore moins depuis sa r\u00e9novation rat\u00e9e de a \u00e0 z \u2013 ou le Quai Branly n&rsquo;ont jamais eu le chic de r\u00e9unir et confronter leurs pi\u00e8ces d&rsquo;exception (incontestables) comme elles le sont ici. C&rsquo;est dire.<\/p>\n<p>Art classique : Tellem, Dogon, Luba, etc.<\/p>\n<p class=\"ap-StoryElement ap-StoryElement--mb ap-StoryText\">En provenance des Mus\u00e9es de Tervuren, de Namur, de collections priv\u00e9es tri\u00e9es sur le volet gr\u00e2ce \u00e0 la connaissance du terrain d&rsquo;un commissaire qui, depuis l&rsquo;an 2000, s&rsquo;est \u00e9rig\u00e9, par son talent, son savoir, en porte-drapeau (vilain mot) du milieu, en \u00e9tant exclue toute pi\u00e8ce de sa collection personnelle, les 165 t\u00e9moignages d&rsquo;un art dit classique, au-dessus de tout soup\u00e7on, avalisant temps et croyances, d\u00e9roulent leurs fastes dans une lisibilit\u00e9 qui \u00e9pingle avec tact, sans en rajouter, continuit\u00e9 et \u00e9volution, d&rsquo;une r\u00e9gion, d&rsquo;une ethnie \u00e0 l&rsquo;autre.<\/p>\n<p class=\"ap-StoryElement ap-StoryElement--mb ap-StoryText\">Ensuite, au premier \u00e9tage, place aux cr\u00e9ateurs contemporains avec des peintures ou sculptures issues des ateliers ou en provenance de repr\u00e9sentants ou collectionneurs des artistes retenus. Il y a, ici aussi, mati\u00e8re \u00e0 se promener de surprise en d\u00e9couverte, la moindre n&rsquo;\u00e9tant pas celle de retrouver, au meilleur de leur forme, des t\u00eates d&rsquo;affiche qui, par exemple, de Ch\u00e9ri Samba \u00e0 Aim\u00e9 Mpane ou Vitshois Mwilambwe Bondo avaient, en 2007, fait les beaux jours du Festival Yambi Congo organis\u00e9 par le CGRI sous la houlette de Christine Favart et de Marc Kohen.<\/p>\n<p>Des choix, des couleurs, mais pas que<\/p>\n<p class=\"ap-StoryElement ap-StoryElement--mb ap-StoryText\">Les choix de ces repr\u00e9sentants d&rsquo;une actualit\u00e9 africaine en marche sont ceux de Didier Claes, en raison d&rsquo;affinit\u00e9s qu&rsquo;il ne nie pas, en raison de go\u00fbts qui, comme pour tout un chacun, peuvent \u00eatre discut\u00e9s. Mais, ce qui ressort de l&rsquo;aventure, c&rsquo;est l&rsquo;exacte lisibilit\u00e9 d&rsquo;un parcours qui, bross\u00e9 \u00e0 travers toute l&rsquo;Afrique noire actuelle, nous confie un panorama qui a de l&rsquo;allure, tient la route sans faux pas. Avis personnel : nous n&rsquo;avions pas appr\u00e9ci\u00e9 l&rsquo;exposition africaine mont\u00e9e, l&rsquo;an dernier, par Koyou Koho. En cause : son c\u00f4t\u00e9 plus imagerie qu&rsquo;artistique proprement dit. Ce n&rsquo;est pas le cas cette fois-ci, les artistes retenus n&rsquo;ayant jamais craint de phosphorer \u00e0 travers les tenants et aboutissants des moyens et tendances esth\u00e9tiques \u00e0 leur port\u00e9e.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"w-full lazyload lazyload--opacity object-contain\" style=\"aspect-ratio:125 \/ 100;opacity:1\" alt=\"Artistes Tellem, Mali, Collection priv\u00e9e.\" width=\"768\" height=\"616\" fetchpriority=\"auto\" src=\"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-content\/uploads\/2026\/02\/S5VKD3X55FFF3BW6V4SEHXNP7I.png\"  data- data-optimumx=\"1\"\/><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-content\/uploads\/2026\/09\/6DHF7VWQOBHQXJPKDUSH6VKAR4.jpg\" width=\"768\" height=\"616\" alt=\"Artistes Tellem, Mali, Collection priv\u00e9e.\" class=\"absolute inset-0 w-full\"\/>Artistes Tellem, Mali, Collection priv\u00e9e. \u00a9DAmiEn PERRONNET \u2022 Art Digital Studio<\/p>\n<p class=\"ap-StoryElement ap-StoryElement--mb ap-StoryText\">Revenons plus en d\u00e9tail sur certaines pi\u00e8ces plus remarquables. Si, c\u00f4t\u00e9 classique, Congolais, Claes a utilement mis en exergue les arts traditionnels de la R\u00e9publique d\u00e9mocratique du Congo, il a aussi vis\u00e9 bien plus large.<\/p>\n<p>Dogon, Bambara, Senoufo, Baoul\u00e9, Luba, Lega<\/p>\n<p class=\"ap-StoryElement ap-StoryElement--mb ap-StoryText\">Sur la droite en entrant, une incroyable s\u00e9rie de statuettes Tellem aux bras lev\u00e9s, signe d&rsquo;all\u00e9geance ou d&rsquo;appel aux divinit\u00e9s protectrices, vous laisse bouche b\u00e9e d&rsquo;admiration. Dans leur jus, cro\u00fbteuses, dignes dans leur simplicit\u00e9, elles avouent des si\u00e8cles d&rsquo;impr\u00e9cations. Elles qu\u00e9mandent un regard en alerte. Les petits cimiers Bambara qui les suivent, les Boli de la m\u00eame ethnie, des Dogon sans aff\u00e9terie, puis les terres cuites Nok et t\u00eates d&rsquo;If\u00e9 ne leur c\u00e8dent en rien. Le r\u00e9gal est dans les yeux comme dans le mental : un tel art \u2013 et peu importe, en fait qu&rsquo;il soit divin, royal ou usuel \u2013 suscite l&rsquo;\u00e9motion, m\u00eame si l&rsquo;on ne sait pas bien pourquoi tout cela nous touche autant. Sinon que la vie et la foi qu&rsquo;elles rec\u00e8lent tient d&rsquo;une sorte de miracle qui a travers\u00e9 des temps d&rsquo;esclavages et de destructions infiniment coupables !<\/p>\n<p class=\"ap-StoryElement ap-StoryElement--mb ap-StoryText\">Coupes des rois Kuba, si\u00e8ges Luba \u00e0 cariatides, statuettes Kongo ou Yombe charg\u00e9es de clous et de potions magiques. Grand masque Baga qui couvrait son porteur \u00e0 hauteur d&rsquo;\u00e9paules. Masques Dan d&rsquo;une beaut\u00e9 raffin\u00e9e, singes Baoul\u00e9 frustes et barbares contrastant avec leurs effigies s\u0153urs, m\u00e2les ou femelles extr\u00eamement raffin\u00e9es. Pi\u00e8ces Bamil\u00e9k\u00e9, Bangwa, reliquaires Fang ou Kota, effigies Mumuy\u00e9 ou cette \u00e9tonnante \u00e9chelle de deux m\u00e8tres de haut d&rsquo;un artiste Ngombe de la RDC qui fait un peu office ici de Madame Loyale avant de poursuivre notre route et rappelle, \u00e0 sa mani\u00e8re, la Colonne sans fin du moderne Brancusi. Du centre au sud de l&rsquo;Afrique noire, la cause est entendue : Au-del\u00e0 des styles et des r\u00e9gions, ces \u0153uvres partagent une qualit\u00e9 originelle : leurs pr\u00e9sences. Et elles exercent une force singuli\u00e8re. Et ce ne sont pas les effigies Songye qui nous contrediront.<\/p>\n<p>L&rsquo;art n\u00e8gre ? Connais pas !<\/p>\n<p class=\"ap-StoryElement ap-StoryElement--mb ap-StoryText\">D&rsquo;entr\u00e9e de jeu, \u00e0 l&rsquo;\u00e9tage, cette assertion, un n\u00e9on de 2017, de Dimitri Fagbohoun, inscrit l&rsquo;art contemporain africain dans une r\u00e9alit\u00e9 qui l&rsquo;oppose aux condescendances europ\u00e9ennes trop longtemps courantes. \u00c0 deux pas de l\u00e0, l&rsquo;installation Gold 2018, d&rsquo;Aim\u00e9 Mpane, lingots de bois dor\u00e9 et brouette de fer, pose, sans \u00e9lever le ton, la question : que sont devenues, o\u00f9 sont parties, dans quelle poche trop avide (actualit\u00e9 encore br\u00fblante), ces richesses assourdissantes, quand le peuple congolais se trouve r\u00e9duit, depuis longtemps, \u00e0 une mis\u00e8re qui, quelque part, crie vengeance ? Fait-il vraiment Bon rire, comme le souffle, en 2020, Derrick G. Boateng ?<\/p>\n<p class=\"ap-StoryElement ap-StoryElement--mb ap-StoryText\">Arr\u00eatons-nous un instant sur le livre qui accompagne l&rsquo;\u00e9v\u00e9nement. Il est utile pour la qualit\u00e9 d&rsquo;images qui reprennent les pi\u00e8ces en vitrine ou sur les cimaises. Il est recommand\u00e9 pour les propos d&rsquo;un Claes nourri, d\u00e8s l&rsquo;enfance par l&rsquo;art appr\u00e9ci\u00e9 de ses proches parents et, plus tard, par une descente du Congo, de long en large, en compagnie de Marc Leo Felix, autre amateur de premi\u00e8re ligne.<\/p>\n<p class=\"ap-StoryElement ap-StoryElement--mb ap-StoryText\">Un Claes qui y pr\u00e9cise : \u00ab\u00a0245 pi\u00e8ces qui sont une invitation au regard et vous r\u00e9v\u00e8lent des cr\u00e9ations d&rsquo;artistes\u00a0\u00bb. Pr\u00e9c\u00e9dents \u00e0 ne pas oublier : l&rsquo;expo Utotombo au Palais des Beaux-Arts en 1988 et Primitivism in the 20th century Art, \u00e0 New York en 2003.<\/p>\n<p class=\"ap-StoryElement ap-StoryElement--mb ap-StoryText\">Une centaine de pr\u00eateurs institutionnels et priv\u00e9s, le compte est bon. Il reste \u00e0 s&rsquo;\u00e9merveiller. Quand Ch\u00e9ri Samba pose la question, la toile est bien connue : Quel avenir pour notre art ?, n&rsquo;h\u00e9sitant pas \u00e0 se profiler sur le m\u00eame plan que Picasso, le B\u00e9ninois Romuald Hazoum\u00e9 y va de masques-bidons aussi po\u00e9tiques que r\u00e9v\u00e9lateurs d&rsquo;identit\u00e9s trop souvent bafou\u00e9es. En face, un grand mur farci de tableaux des pr\u00e9curseurs du Congo RDC \u2013 Lubaki, Bela, Djilatendo, Pilipili, Mutu \u2013 engage \u00e0 approfondir la question pass\u00e9 et pr\u00e9sent. Un pr\u00e9sent aux souffles puissants sign\u00e9s Barth\u00e9l\u00e9my Toguo (sa fresque Les Pleureuses fut termin\u00e9e deux jours avant l&rsquo;expo), Dominique Zinkpe, Abdoulaye Konate, Aim\u00e9 Mpane, les photographes historiques Seydou Keita, Malick Sidibe, Samuel Fosso, Robin Rhode, et puis Vitshois Mwilambwe Bondo ou Omar Ba. Claes nous partage ses coups de c\u0153ur. Un sacr\u00e9 cadeau !<\/p>\n<p>Africa Legacy<\/p>\n<p class=\"ap-StoryElement ap-StoryElement--mb ap-StoryText\">Arts classiques et contemporains O\u00f9 Espace Vanderborght, 50 rue de l&rsquo;\u00c9cuyer, 1000 Bruxelles. Quand Jusqu&rsquo;au 1er novembre, du mercredi au dimanche, de 11 \u00e0 18h ; le vendredi, de 11 \u00e0 21h. Conf\u00e9rences (Africa Legacy Talks), les vendredis \u00e0 18h.<\/p>\n<p class=\"ap-StoryElement ap-StoryElement--mb ap-StoryText\">Parution : Africa Legacy, par Didier Claes, Fonds Mercator, 260 pages illustr\u00e9es. Prix : 49 \u20ac<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"Didier Claes a frapp\u00e9 fort et, avant d&rsquo;en avoir un aper\u00e7u concret, nous savions d&rsquo;avance que sa d\u00e9monstration&hellip;\n","protected":false},"author":2,"featured_media":202539,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":"","_share_on_mastodon":"0"},"categories":[4],"tags":[18552,6,267,18562,18563,61705,10878,13850,18564,18565,15251,18567,18568,264,18569,10517,18570,61706],"class_list":["post-202538","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","category-afrique","tag-adult","tag-afrique","tag-business","tag-formal-wear","tag-front-view","tag-gray-hair","tag-headshot","tag-indoors","tag-looking-at-camera","tag-mature-adult","tag-men","tag-one-person","tag-person","tag-politics","tag-portrait","tag-security","tag-senior-adult","tag-serious"],"share_on_mastodon":{"url":"https:\/\/pubeurope.com\/@afrique\/117229376428240258","error":""},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/202538","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=202538"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/202538\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/media\/202539"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=202538"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=202538"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=202538"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}