{"id":204814,"date":"2026-09-09T16:31:13","date_gmt":"2026-09-09T16:31:13","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/204814\/"},"modified":"2026-09-09T16:31:13","modified_gmt":"2026-09-09T16:31:13","slug":"choc-petrolier-post-2030-la-crise-budgetaire-guette-lalgerie-le-nigeria-et-langola-la-stabilite-sociale-sur-un-baril-de-poudre","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/204814\/","title":{"rendered":"Choc p\u00e9trolier post 2030. La crise budg\u00e9taire guette l\u2019Alg\u00e9rie, le Nigeria et l\u2019Angola: la stabilit\u00e9 sociale sur un baril de poudre"},"content":{"rendered":"<p class=\"default__StyledText-sc-10mj2vp-0 CxBBS body-paragraph\"> Le prochain choc p\u00e9trolier africain pourrait ne ressembler \u00e0 aucun des pr\u00e9c\u00e9dents. Il ne viendrait ni d\u2019un embargo, ni d\u2019une flamb\u00e9e des prix, ni d\u2019un effondrement conjoncturel provoqu\u00e9 par une r\u00e9cession mondiale. Il prendrait la forme plus lente, mais potentiellement plus d\u00e9stabilisatrice, d\u2019un recul structurel de la demande mondiale apr\u00e8s 2030.<\/p>\n<p class=\"default__StyledText-sc-10mj2vp-0 CxBBS body-paragraph\">C\u2019est pr\u00e9cis\u00e9ment cette temporalit\u00e9 qui rend le risque difficile \u00e0 appr\u00e9hender. Tant que le p\u00e9trole continue de circuler, que les cargaisons trouvent preneur et que les cours restent suffisamment \u00e9lev\u00e9s, l\u2019urgence para\u00eet repouss\u00e9e. <\/p>\n<p class=\"default__StyledText-sc-10mj2vp-0 CxBBS body-paragraph\">Pourtant, le rapport <a href=\"https:\/\/www.e3g.org\/publications\/oil-endgame-geopolitics-declining-demand\/\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\">Playing the oil endgame<\/a>, publi\u00e9 le 8 septembre par E3G, montre que les premi\u00e8res ruptures pourraient appara\u00eetre bien avant la disparition de la demande. Elles se produiraient dans les budgets nationaux, lorsque les recettes diminueront plus rapidement que les d\u00e9penses, le service de la dette ou les besoins sociaux.<\/p>\n<p class=\"default__StyledText-sc-10mj2vp-0 CxBBS body-paragraph\">Le document estime que la demande p\u00e9troli\u00e8re mondiale pourrait atteindre son plafond entre 2030 et 2035. Pour plusieurs producteurs africains, ce basculement interviendrait alors que les marges budg\u00e9taires sont d\u00e9j\u00e0 faibles et que la diversification \u00e9conomique demeure insuffisante. L\u2019Alg\u00e9rie, le Nigeria et l\u2019Angola concentrent ces vuln\u00e9rabilit\u00e9s, bien que leurs \u00e9conomies, leurs capacit\u00e9s financi\u00e8res et leurs mod\u00e8les politiques soient tr\u00e8s diff\u00e9rents.<\/p>\n<p class=\"default__StyledText-sc-10mj2vp-0 CxBBS body-paragraph\">Une crise des \u00c9tats avant celle des puits<\/p>\n<p class=\"default__StyledText-sc-10mj2vp-0 CxBBS body-paragraph\">Le principal apport du rapport est de d\u00e9placer le d\u00e9bat. Le risque ne r\u00e9side pas seulement dans les r\u00e9serves qui resteraient sous terre ou dans les infrastructures p\u00e9troli\u00e8res susceptibles de perdre leur valeur. Il tient surtout \u00e0 la mani\u00e8re dont la baisse des revenus ext\u00e9rieurs se transmettrait aux finances publiques.<\/p>\n<p class=\"default__StyledText-sc-10mj2vp-0 CxBBS body-paragraph\">Le p\u00e9trole et le gaz repr\u00e9sentent plus de 40% des recettes publiques dans 17 pays producteurs \u00e9tudi\u00e9s. Lorsque cette d\u00e9pendance se combine \u00e0 une fiscalit\u00e9 int\u00e9rieure \u00e9troite, l\u2019\u00c9tat devient lui-m\u00eame expos\u00e9 au cycle \u00e9nerg\u00e9tique. Une baisse prolong\u00e9e des exportations affecte simultan\u00e9ment les recettes budg\u00e9taires, les entr\u00e9es de devises, les r\u00e9serves de change et la capacit\u00e9 \u00e0 emprunter.<\/p>\n<p class=\"interstitial-link block-margin-bottom\">Lire aussi : <a href=\"https:\/\/afrique.le360.ma\/economie\/choc-petrolier-les-18-pays-africains-qui-pourraient-perdre-jusqua-73-de-leur-pib_GEGQKQN23VCMDLYPHF2JEN6ZUU\/\" aria-label=\"Ouvrir un article associ\u00e9\" class=\"default__StyledLink-sc-10mj2vp-1 kkYPzd\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\">Choc p\u00e9trolier: les 18 pays africains qui pourraient perdre jusqu\u2019\u00e0 7,3% de leur PIB<\/a><\/p>\n<p class=\"default__StyledText-sc-10mj2vp-0 CxBBS body-paragraph\">Le m\u00e9canisme peut alors s\u2019autoalimenter. Des recettes p\u00e9troli\u00e8res plus faibles creusent le d\u00e9ficit. L\u2019\u00c9tat emprunte davantage ou r\u00e9duit ses d\u00e9penses. La dette devient plus co\u00fbteuse, tandis que la contraction de l\u2019investissement public affaiblit la croissance non p\u00e9troli\u00e8re qui devait pr\u00e9cis\u00e9ment remplacer les hydrocarbures. <\/p>\n<p class=\"default__StyledText-sc-10mj2vp-0 CxBBS body-paragraph\">La monnaie se d\u00e9pr\u00e9cie, rench\u00e9rissant les importations et le remboursement des dettes libell\u00e9es en devises. Ce qui commence comme un choc sectoriel devient une crise budg\u00e9taire, mon\u00e9taire et sociale.<\/p>\n<p class=\"default__StyledText-sc-10mj2vp-0 CxBBS body-paragraph\">Selon les sc\u00e9narios communiqu\u00e9s par E3G, les recettes p\u00e9troli\u00e8res de l\u2019Alg\u00e9rie pourraient diminuer de 87%, tandis que celles du Nigeria reculeraient de plus de 60%. Ces taux ne constituent pas des pr\u00e9visions certaines. Ils proviennent de simulations couvrant la p\u00e9riode 2028-2040, \u00e9labor\u00e9es au terme de deux ann\u00e9es de travail avec plus de 100 responsables publics et experts. Ils mesurent n\u00e9anmoins l\u2019ampleur du d\u00e9s\u00e9quilibre auquel les gouvernements doivent se pr\u00e9parer.<\/p>\n<p class=\"default__StyledText-sc-10mj2vp-0 CxBBS body-paragraph\">Alg\u00e9rie, les r\u00e9serves ne remplaceront pas les recettes<\/p>\n<p class=\"default__StyledText-sc-10mj2vp-0 CxBBS body-paragraph\">L\u2019Alg\u00e9rie appara\u00eet comme l\u2019un des cas les plus sensibles. Ses r\u00e9serves de change, son faible endettement ext\u00e9rieur relatif et le r\u00f4le central de Sonatrach lui procurent davantage de protection imm\u00e9diate que d\u2019autres producteurs africains. Mais ces amortisseurs ne r\u00e9solvent pas la d\u00e9pendance du budget et de l\u2019\u00e9conomie aux hydrocarbures.<\/p>\n<p class=\"default__StyledText-sc-10mj2vp-0 CxBBS body-paragraph\">Le probl\u00e8me alg\u00e9rien tient moins \u00e0 un risque de d\u00e9faut imminent qu\u2019\u00e0 la rigidit\u00e9 de son mod\u00e8le budg\u00e9taire. Les revenus du p\u00e9trole et du gaz financent directement ou indirectement les transferts sociaux, les subventions, les salaires publics, les infrastructures et une partie de l\u2019activit\u00e9 \u00e9conomique. Ils fournissent \u00e9galement l\u2019essentiel des devises n\u00e9cessaires au paiement des importations.<\/p>\n<p class=\"default__StyledText-sc-10mj2vp-0 CxBBS body-paragraph\">Une contraction de 87% des recettes p\u00e9troli\u00e8res bouleverserait donc bien davantage qu\u2019un poste du budget. Elle r\u00e9duirait la capacit\u00e9 de l\u2019\u00c9tat \u00e0 maintenir simultan\u00e9ment les d\u00e9penses sociales, l\u2019investissement public et la stabilit\u00e9 du dinar. Dans un pays o\u00f9 la d\u00e9pense publique sert aussi de m\u00e9canisme de redistribution et de stabilisation politique, l\u2019ajustement ne pourrait \u00eatre purement comptable.<\/p>\n<p class=\"interstitial-link block-margin-bottom\">Lire aussi : <a href=\"https:\/\/afrique.le360.ma\/afrique-australe\/voici-les-7-principaux-producteurs-africains-de-petrole-en-2025_3C27ORJA2RHKTL7DMQAFCLDPZA\/\" aria-label=\"Ouvrir un article associ\u00e9\" class=\"default__StyledLink-sc-10mj2vp-1 kkYPzd\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\">Voici les 7 principaux producteurs africains de p\u00e9trole en 2025<\/a><\/p>\n<p class=\"default__StyledText-sc-10mj2vp-0 CxBBS body-paragraph\">Les r\u00e9serves financi\u00e8res permettraient d\u2019amortir les premi\u00e8res ann\u00e9es du choc. Mais si la baisse de la demande devenait structurelle, elles seraient progressivement mobilis\u00e9es pour financer les importations et soutenir la monnaie. L\u2019Alg\u00e9rie devrait alors choisir entre r\u00e9duire ses d\u00e9penses, augmenter la fiscalit\u00e9 int\u00e9rieure, laisser le dinar se d\u00e9pr\u00e9cier ou acc\u00e9l\u00e9rer son endettement.<\/p>\n<p class=\"default__StyledText-sc-10mj2vp-0 CxBBS body-paragraph\">La diversification annonc\u00e9e dans l\u2019agriculture, l\u2019industrie, les mines, les \u00e9nergies renouvelables et les services demeure trop lente pour remplacer \u00e0 br\u00e8ve \u00e9ch\u00e9ance la rente \u00e9nerg\u00e9tique. Surtout, d\u00e9velopper des activit\u00e9s non p\u00e9troli\u00e8res ne suffit pas si celles-ci ne g\u00e9n\u00e8rent ni recettes fiscales substantielles ni exportations capables de fournir des devises. La v\u00e9ritable mesure de la diversification alg\u00e9rienne ne sera donc pas la part du hors-hydrocarbures dans la croissance, mais sa capacit\u00e9 \u00e0 financer durablement l\u2019\u00c9tat et la balance des paiements.<\/p>\n<p class=\"default__StyledText-sc-10mj2vp-0 CxBBS body-paragraph\">Nigeria, une grande \u00e9conomie sur une base fiscale trop \u00e9troite<\/p>\n<p class=\"default__StyledText-sc-10mj2vp-0 CxBBS body-paragraph\">Le Nigeria dispose d\u2019un avantage absent chez plusieurs autres producteurs : une \u00e9conomie vaste, diversifi\u00e9e et port\u00e9e par les services, les t\u00e9l\u00e9communications, la finance, le commerce et les industries culturelles. Pourtant, cette diversification productive ne s\u2019est pas encore traduite par une base fiscale suffisamment robuste.<\/p>\n<p class=\"default__StyledText-sc-10mj2vp-0 CxBBS body-paragraph\">En 2025, les recettes publiques de la f\u00e9d\u00e9ration repr\u00e9sentaient seulement 9,5% du PIB. Les recettes non p\u00e9troli\u00e8res ont certes atteint 6,9% du PIB, contre 6,1% un an plus t\u00f4t, gr\u00e2ce notamment \u00e0 l\u2019imp\u00f4t sur les entreprises et \u00e0 la TVA. Mais le niveau global demeure tr\u00e8s inf\u00e9rieur \u00e0 la moyenne de l\u2019Afrique subsaharienne, \u00e9valu\u00e9e \u00e0 environ 19% du PIB. Plus pr\u00e9occupant encore, le service de la dette absorbait pr\u00e8s de 49,6% des recettes f\u00e9d\u00e9rales, limitant d\u00e9j\u00e0 les d\u00e9penses consacr\u00e9es aux infrastructures et au capital humain, selon la <a href=\"https:\/\/documents1.worldbank.org\/curated\/en\/099060426123038373\/pdf\/BOSIB-c080ced5-6b5d-461d-92ed-61f02f81d8ca.pdf\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\">Banque mondiale<\/a>.<\/p>\n<p class=\"default__StyledText-sc-10mj2vp-0 CxBBS body-paragraph\">Dans ces conditions, une diminution de plus de 60% des recettes p\u00e9troli\u00e8res ne frapperait pas une administration disposant d\u2019un large matelas fiscal. Elle toucherait un \u00c9tat qui peine encore \u00e0 transformer la taille de son \u00e9conomie en revenus budg\u00e9taires.<\/p>\n<p class=\"interstitial-link block-margin-bottom\">Lire aussi : <a href=\"https:\/\/afrique.le360.ma\/economie\/senegal-plus-de-12-milliard-de-dollars-de-recettes-petrolieres-et-gazieres-attendues-dici-2029_2ITL4BKMBNFCRIF3RPP5N5WVFI\/\" aria-label=\"Ouvrir un article associ\u00e9\" class=\"default__StyledLink-sc-10mj2vp-1 kkYPzd\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\">S\u00e9n\u00e9gal: plus de 1,2 milliard de dollars de recettes p\u00e9troli\u00e8res et gazi\u00e8res attendues d\u2019ici 2029<\/a><\/p>\n<p class=\"default__StyledText-sc-10mj2vp-0 CxBBS body-paragraph\">Le Nigeria pourrait ainsi devenir le paradoxe central de l\u2019apr\u00e8s-p\u00e9trole africain : une \u00e9conomie relativement diversifi\u00e9e, mais un \u00c9tat financi\u00e8rement vuln\u00e9rable. Lagos peut accueillir des banques, des fintechs, des plateformes num\u00e9riques et une industrie cin\u00e9matographique influente sans que cette vitalit\u00e9 suffise \u00e0 financer correctement l\u2019\u00e9ducation, la sant\u00e9, la s\u00e9curit\u00e9 ou les infrastructures nationales.<\/p>\n<p class=\"default__StyledText-sc-10mj2vp-0 CxBBS body-paragraph\">Les r\u00e9formes engag\u00e9es sur les subventions aux carburants, le taux de change et l\u2019administration fiscale vont dans le sens d\u2019un r\u00e9\u00e9quilibrage. Les recettes totales ont progress\u00e9 et les r\u00e9serves brutes ont atteint 45,5 milliards de dollars fin 2025. Mais ces am\u00e9liorations restent fragiles face \u00e0 la croissance d\u00e9mographique, au co\u00fbt \u00e9lev\u00e9 de la dette et \u00e0 l\u2019ampleur des besoins sociaux. Apr\u00e8s 2030, la question ne sera plus seulement de produire davantage de p\u00e9trole, mais de savoir si le Nigeria peut doubler sa capacit\u00e9 fiscale sans \u00e9touffer son secteur priv\u00e9 ni aggraver la pauvret\u00e9.<\/p>\n<p class=\"default__StyledText-sc-10mj2vp-0 CxBBS body-paragraph\">Angola: la dette rencontre le d\u00e9clin de la production<\/p>\n<p class=\"default__StyledText-sc-10mj2vp-0 CxBBS body-paragraph\">L\u2019Angola est expos\u00e9 par une autre voie. Le p\u00e9trole repr\u00e9sente encore environ 60% des recettes fiscales et 95% des exportations, selon la <a href=\"https:\/\/www.worldbank.org\/ext\/en\/country\/angola\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\">Banque mondiale<\/a>. Cette concentration place simultan\u00e9ment le budget, le kwanza et la capacit\u00e9 de remboursement de la dette sous la d\u00e9pendance des hydrocarbures.<\/p>\n<p class=\"default__StyledText-sc-10mj2vp-0 CxBBS body-paragraph\">Le choc n\u2019est d\u2019ailleurs plus seulement th\u00e9orique. En 2025, la baisse de la production p\u00e9troli\u00e8re a d\u00e9j\u00e0 affaibli les comptes publics et ext\u00e9rieurs. Le d\u00e9ficit budg\u00e9taire a atteint 4,1% du PIB, tandis que l\u2019exc\u00e9dent courant est retomb\u00e9 \u00e0 environ 0,4%. Le FMI consid\u00e8re d\u00e9sormais que les <a href=\"https:\/\/www.imf.org\/en\/news\/articles\/2026\/05\/01\/pr26135imf-executive-board-concludes-2026-article-iv-consultation-with-angola\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\">perspectives de moyen terme<\/a> sont contraintes par un d\u00e9clin structurel des recettes p\u00e9troli\u00e8res, malgr\u00e9 l\u2019am\u00e9lioration temporaire apport\u00e9e par des cours plus \u00e9lev\u00e9s en 2026.<\/p>\n<p class=\"default__StyledText-sc-10mj2vp-0 CxBBS body-paragraph\">La dette constitue le principal facteur aggravant. En 2025, le service de la dette ext\u00e9rieure devait atteindre 10,5 milliards de dollars, soit 9,1% du PIB, un montant pratiquement \u00e9quivalent aux recettes fiscales p\u00e9troli\u00e8res, estim\u00e9es \u00e0 8,6% du PIB. Autrement dit, une large part du revenu tir\u00e9 du sous-sol \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 absorb\u00e9e par le remboursement des engagements pass\u00e9s. <\/p>\n<p class=\"default__StyledText-sc-10mj2vp-0 CxBBS body-paragraph\">Cette \u00e9quation laisse peu de place \u00e0 une baisse durable des prix ou des volumes. Si les recettes p\u00e9troli\u00e8res reculent, Luanda devra r\u00e9duire les d\u00e9penses, emprunter davantage ou accepter une d\u00e9pr\u00e9ciation du kwanza. Or chacune de ces r\u00e9ponses comporte un co\u00fbt: recul de l\u2019investissement public, hausse des int\u00e9r\u00eats, inflation import\u00e9e et d\u00e9t\u00e9rioration du pouvoir d\u2019achat.<\/p>\n<p class=\"default__StyledText-sc-10mj2vp-0 CxBBS body-paragraph\">L\u2019Angola a ramen\u00e9 sa dette publique d\u2019environ 116% du PIB en 2020 \u00e0 pr\u00e8s de 52% en 2025. Mais cette am\u00e9lioration ne doit pas masquer la fragilit\u00e9 de la trajectoire. Le revenu r\u00e9el par habitant demeurait en 2025 inf\u00e9rieur de 24% \u00e0 son niveau de 2014. La croissance non p\u00e9troli\u00e8re progresse, notamment dans le commerce, l\u2019agriculture, les mines et la p\u00eache, mais elle ne g\u00e9n\u00e8re pas encore suffisamment d\u2019exportations ni de recettes publiques pour neutraliser le recul du brut.<\/p>\n<p class=\"interstitial-link block-margin-bottom\">Lire aussi : <a href=\"https:\/\/afrique.le360.ma\/economie\/choc-petrolier-les-18-pays-africains-qui-pourraient-perdre-jusqua-73-de-leur-pib_GEGQKQN23VCMDLYPHF2JEN6ZUU\/\" aria-label=\"Ouvrir un article associ\u00e9\" class=\"default__StyledLink-sc-10mj2vp-1 kkYPzd\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\">Choc p\u00e9trolier: les 18 pays africains qui pourraient perdre jusqu\u2019\u00e0 7,3% de leur PIB<\/a><\/p>\n<p class=\"default__StyledText-sc-10mj2vp-0 CxBBS body-paragraph\">Le risque ne se limite pas aux producteurs historiques. Pour le S\u00e9n\u00e9gal, r\u00e9cemment entr\u00e9 dans l\u2019\u00e8re p\u00e9troli\u00e8re et gazi\u00e8re, la menace est diff\u00e9rente mais tout aussi s\u00e9rieuse : construire des anticipations budg\u00e9taires de long terme sur une rente dont la dur\u00e9e \u00e9conomique pourrait \u00eatre plus courte que pr\u00e9vu.<\/p>\n<p class=\"default__StyledText-sc-10mj2vp-0 CxBBS body-paragraph\">Les projets peuvent rester rentables au cours de leurs premi\u00e8res ann\u00e9es, mais les investissements futurs seront \u00e9valu\u00e9s dans un march\u00e9 appel\u00e9 \u00e0 devenir plus concurrentiel. Lorsque la demande plafonnera, les producteurs \u00e0 faibles co\u00fbts et disposant d\u2019infrastructures d\u00e9j\u00e0 amorties seront mieux plac\u00e9s. Les nouveaux entrants devront, eux, r\u00e9cup\u00e9rer des investissements r\u00e9cents tout en affrontant une pression accrue sur les prix et les financements.<\/p>\n<p class=\"default__StyledText-sc-10mj2vp-0 CxBBS body-paragraph\">Le S\u00e9n\u00e9gal doit donc \u00e9viter de transformer des recettes encore incertaines en d\u00e9penses permanentes. Les revenus p\u00e9troliers peuvent financer des infrastructures, l\u2019\u00e9ducation ou la transformation productive, mais ils ne devraient pas servir de socle durable \u00e0 une expansion rigide de la masse salariale, des subventions ou de l\u2019endettement. L\u2019apr\u00e8s-p\u00e9trole doit paradoxalement \u00eatre pr\u00e9par\u00e9 d\u00e8s les premi\u00e8res ann\u00e9es de production.<\/p>\n<p class=\"default__StyledText-sc-10mj2vp-0 CxBBS body-paragraph\">Une d\u00e9cennie pour reconstruire les budgets<\/p>\n<p class=\"default__StyledText-sc-10mj2vp-0 CxBBS body-paragraph\">Le rapport d\u2019E3G ne pr\u00e9tend pas dater avec certitude une crise. Il pr\u00e9sente des sc\u00e9narios de risque, non des pr\u00e9visions assorties de probabilit\u00e9s. Mais son avertissement central est difficile \u00e0 \u00e9carter : une transition \u00e9nerg\u00e9tique lente et d\u00e9sordonn\u00e9e peut \u00eatre aussi dangereuse qu\u2019une transition rapide.<\/p>\n<p class=\"default__StyledText-sc-10mj2vp-0 CxBBS body-paragraph\">Pour l\u2019Afrique p\u00e9troli\u00e8re, le temps utile se situe donc avant le plafonnement de la demande mondiale. La priorit\u00e9 n\u2019est plus seulement de diversifier le PIB, mais de diversifier les recettes de l\u2019\u00c9tat, les exportations et les sources de devises. Elle suppose d\u2019\u00e9largir la fiscalit\u00e9 sans p\u00e9naliser les m\u00e9nages les plus fragiles, d\u2019am\u00e9liorer le recouvrement, de r\u00e9duire les exon\u00e9rations inefficaces et de convertir les derni\u00e8res rentes p\u00e9troli\u00e8res en actifs productifs.<\/p>\n<p class=\"default__StyledText-sc-10mj2vp-0 CxBBS body-paragraph\">L\u2019Alg\u00e9rie dispose encore de r\u00e9serves financi\u00e8res. Le Nigeria poss\u00e8de une \u00e9conomie non p\u00e9troli\u00e8re profonde. L\u2019Angola a engag\u00e9 un d\u00e9sendettement et d\u00e9tient un potentiel agricole et minier consid\u00e9rable. Mais aucun de ces avantages ne constitue, \u00e0 lui seul, une strat\u00e9gie de sortie.<\/p>\n<p class=\"default__StyledText-sc-10mj2vp-0 CxBBS body-paragraph\">Apr\u00e8s 2030, le p\u00e9trole africain ne dispara\u00eetra probablement pas. Il pourrait toutefois cesser de rapporter assez pour financer les \u00c9tats b\u00e2tis autour de lui. La crise commencerait alors non dans les puits, mais dans les minist\u00e8res des Finances: d\u2019abord par des investissements report\u00e9s, puis par des budgets sociaux comprim\u00e9s, des monnaies sous pression et une dette plus difficile \u00e0 refinancer. Le v\u00e9ritable compte \u00e0 rebours p\u00e9trolier de l\u2019Afrique est d\u00e9j\u00e0 budg\u00e9taire.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"Le prochain choc p\u00e9trolier africain pourrait ne ressembler \u00e0 aucun des pr\u00e9c\u00e9dents. 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