{"id":20616,"date":"2026-02-20T16:29:06","date_gmt":"2026-02-20T16:29:06","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/20616\/"},"modified":"2026-02-20T16:29:06","modified_gmt":"2026-02-20T16:29:06","slug":"la-cote-divoire-en-quete-de-solutions-pour-repondre-a-la-crise","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/20616\/","title":{"rendered":"la C\u00f4te d\u2019Ivoire en qu\u00eate de solutions pour r\u00e9pondre \u00e0 la crise"},"content":{"rendered":"<p>Alors que les prix mondiaux du cacao ont chut\u00e9 de plus de 70% depuis le sommet atteint fin 2024, la C\u00f4te d\u2019Ivoire multiplie les leviers pour contenir les effets de la correction sur sa fili\u00e8re. Entre une possible baisse du prix bord-champ et le rachat de stocks invendus, aucune solution structurelle n\u2019a encore v\u00e9ritablement \u00e9merg\u00e9, face \u00e0 une crise qui n\u2019est pas totalement in\u00e9dite.<\/p>\n<p>En 2024, les contrats \u00e0 terme sur le cacao avaient fr\u00f4l\u00e9 les 13 000 dollars la tonne, sous l\u2019effet combin\u00e9 de maladies affectant les vergers en Afrique de l\u2019Ouest et d\u2019\u00e9pisodes climatiques extr\u00eames ayant r\u00e9duit les r\u00e9coltes. Les r\u00e9gulateurs ouest-africains, qui commercialisent une grande partie de la production, plusieurs mois avant la r\u00e9colte, n\u2019avaient pas \u00e9t\u00e9 en mesure d\u2019honorer l\u2019ensemble de leurs engagements contractuels et avaient d\u00fb reporter une partie des contrats sur la campagne suivante. La situation a depuis \u00e9volu\u00e9, le prix du cacao se situant d\u00e9sormais l\u00e9g\u00e8rement au-dessus de 3 000 dollars (environ 2 551 euros) la tonne.<\/p>\n<p>Cacao ivoirien trop cher&#13;\n<\/p>\n<p>Fix\u00e9 actuellement \u00e0 2 800 FCFA (4,27 euros) le kilogramme, soit environ 4 270 euros la tonne, le prix d\u2019achat garanti par le Conseil Caf\u00e9-Cacao (CCC) en C\u00f4te d\u2019Ivoire serait trop \u00e9lev\u00e9, selon les exportateurs. Ces derniers ont conclu des contrats \u00e0 des niveaux de prix \u00e9lev\u00e9s, avant le retournement brutal des cours. Un comit\u00e9 interminist\u00e9riel s\u2019est donc r\u00e9uni pour examiner la question d\u2019une \u00e9ventuelle r\u00e9duction du prix bord-champ, a rapport\u00e9 Reuters, mercredi 18 f\u00e9vrier, citant des sources proches du dossier ayant requis l\u2019anonymat.<\/p>\n<p>Si aucune d\u00e9cision officielle n\u2019a encore \u00e9t\u00e9 annonc\u00e9e, une telle mesure suivrait l\u2019exemple r\u00e9cemment donn\u00e9 par le Ghana. Autre poids lourd du cacao en Afrique de l\u2019Ouest, le pays a d\u00e9j\u00e0 franchi le pas en r\u00e9duisant de 28,6% son prix d\u2019achat \u00e0 41 392 cedis (environ 3 197 euros) la tonne pour le reste de la saison 2025\/2026. \u00c0 Abidjan, plusieurs observateurs estiment qu\u2019un mouvement comparable pourrait \u00eatre effectif durant la campagne interm\u00e9diaire qui d\u00e9butera en avril prochain et s\u2019ach\u00e8vera en septembre.<\/p>\n<p>L\u2019\u00e9ventuelle r\u00e9duction du prix bord-champ n\u2019est pas la premi\u00e8re solution des autorit\u00e9s ivoiriennes face \u00e0 la crise. Le mois dernier, le gouvernement a annonc\u00e9 l\u2019acquisition de 123 000 tonnes de cacao stock\u00e9es dans les zones de production, afin de rassurer les planteurs et de fluidifier la commercialisation.<\/p>\n<p>Ces interventions visent \u00e0 limiter le risque de d\u00e9faut de paiement dans un contexte de tensions de tr\u00e9sorerie chez les exportateurs. Sur les quais de San Pedro et d\u2019Abidjan, plusieurs camions charg\u00e9s de f\u00e8ves sont rest\u00e9s immobilis\u00e9s ces derni\u00e8res semaines. Le Syndicat national agricole pour le progr\u00e8s en C\u00f4te d\u2019Ivoire (Synapci) a m\u00eame signal\u00e9 un blocage de la commercialisation int\u00e9rieure, une affirmation que le directeur g\u00e9n\u00e9ral du CCC, Yves Brahima Kon\u00e9, a nuanc\u00e9e en \u00e9voquant des probl\u00e8mes de conformit\u00e9 de certains documents d\u2019exportation.<\/p>\n<p>Solutions de court terme&#13;\n<\/p>\n<p>La C\u00f4te d\u2019Ivoire n\u2019en est pas \u00e0 sa premi\u00e8re gestion de crise. En 2016-2017, une hausse du prix bord-champ, combin\u00e9e \u00e0 une surproduction et \u00e0 l\u2019effondrement des cours mondiaux, avait conduit plusieurs exportateurs locaux \u00e0 faire d\u00e9faut sur des contrats portant sur environ 350 000 tonnes. Le CCC avait d\u00fb revendre ces contrats \u00e0 perte, entra\u00eenant un manque \u00e0 gagner estim\u00e9 \u00e0 plus de 200 milliards FCFA (305 millions d\u2019euros). Ces ajustements se r\u00e9v\u00e8lent n\u00e9anmoins \u00eatre des solutions ponctuelles qui ne r\u00e8glent pas l\u2019une des questions centrales du secteur, \u00e0 savoir la gestion de la volatilit\u00e9 des prix du cacao \u00e0 l\u2019international.<\/p>\n<p>Au Ghana, le gouvernement a esquiss\u00e9 une piste en annon\u00e7ant son intention d\u2019introduire un syst\u00e8me plus flexible permettant un ajustement automatique des prix domestiques lorsque les cours mondiaux \u00e9voluent. Le r\u00e9gulateur ghan\u00e9en Cocobod serait par ailleurs autoris\u00e9 \u00e0 \u00e9mettre des obligations domestiques pour financer les achats de f\u00e8ves et constituer un fonds renouvelable, en utilisant le cacao comme garantie.<\/p>\n<p>L\u2019objectif affich\u00e9 est de d\u00e9sengorger rapidement la fili\u00e8re. Le projet doit encore \u00eatre soumis au Parlement et ne s\u2019appliquerait qu\u2019\u00e0 partir de la prochaine grande r\u00e9colte en octobre, mais il ouvre un d\u00e9bat plus large en Afrique de l\u2019Ouest. Pour les producteurs, l\u2019enjeu n\u2019est pas seulement d\u2019\u00eatre prot\u00e9g\u00e9s lors des baisses, mais aussi de b\u00e9n\u00e9ficier rapidement des hausses lorsque les cours se redressent.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"Alors que les prix mondiaux du cacao ont chut\u00e9 de plus de 70% depuis le sommet atteint fin&hellip;\n","protected":false},"author":2,"featured_media":20617,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[154],"tags":[58,3369,722,216,3097,723,59,2585,8078,7661],"class_list":{"0":"post-20616","1":"post","2":"type-post","3":"status-publish","4":"format-standard","5":"has-post-thumbnail","7":"category-cote-divoire","8":"tag-58","9":"tag-cacao","10":"tag-cote","11":"tag-cote-divoire","12":"tag-crise","13":"tag-divoire","14":"tag-la-tribune-afrique","15":"tag-quete","16":"tag-repondre","17":"tag-solutions"},"share_on_mastodon":{"url":"https:\/\/pubeurope.com\/@afrique\/116103909385577557","error":""},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/20616","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=20616"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/20616\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/media\/20617"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=20616"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=20616"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=20616"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}